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1373 - Jean, duc de Berry, restitue des terres au seigneur de Taillebourg

samedi 27 juillet 2013, par Pierre, 1178 visites.

Les biens de Louis Larchevque, seigneur de Taillebourg, lui avaient t confisqus en 1369, parce qu’il s’tait mis au service du Prince de Galles. La reconqute de la Saintonge et du Poitou par Duguesclin est toute frache (septembre 1372). Et Louis Larchevque a t un des premiers seigneurs de la rgion faire allgeance au roi de France, alors que les autres seigneurs poitevins, toujours fidles au roi d’Angleterre, se sont retranchs dans Niort. Cette attitude mrite rcompense.

Source : Archives Historiques du Poitou - T XIX - Poitiers - 1888 - BNF Gallica

Jean Ier de Berry, dit Jean le Magnifique


Jean Ier, duc de Berry (1340-1416)

Jean Ier de Berry, dit Jean le Magnifique, (30 novembre 1340 Vincennes - 15 juin 1416 Paris) est le troisime fils du roi de France, Jean II dit le Bon et de Bonne de Luxembourg.

Aprs la dfaite dsastreuse de Poitiers, o son pre est fait prisonnier, il est donn en otage aux Anglais lorsque le roi revient en France (1360) et il reste prisonnier en Angleterre jusqu’en 1367.

Il prend part directement aux oprations de reconqute du Poitou. En effet cette rgion est lie par des intrts conomiques l’Angleterre o elle exporte son sel. Les barons poitevins ont massivement choisi le parti anglais et il faut une campagne militaire lourde pour la faire revenir possession franaise.

La campagne pour la reconqute du Poitou, de l’Aunis, de la Saintonge et de l’Angoumois commence aussitt aprs la bataille de La Rochelle o la flotte castillane coule une bonne partie de flotte anglaise, privant la Guyenne de soutien logistique. L’arme royale assige la forteresse de Saint-Svre, qui capitule le 31 juillet 1372. Pendant ce temps, Montcontour est repris, puis Poitiers ouvre ses portes Du Guesclin le 7 aot.

Les forces franaises progressent le long de la cte, vers le sud. Le captal de Buch est captur le 23 aot alors qu’il allait secourir Soubise assige : son arme est intercepte par la flotte galloise et castillane qui remonte la Charente. Les les de R et d’Olron font leurs soumissions le 26 aot, mais les barons poitevins restent fidles aux Anglais et se retranchent dans Thouars. Philippe le Hardi et Jean de Berry arrivent alors avec des renforts rendant intenable la situation des Poitevins.

Du Guesclin continue progresser le long du littoral jusqu’ la Rochelle, qui est prise le 8 septembre. Ainsi isoles, les villes se rendent tour tour : Angoulme (la capitale du prince Noir ) et Saint-Jean-d’Angly le 20 septembre 1372, Saintes le 24.

Le duc est un grand bibliophile. Il est connu pour avoir t commanditaire de six livres d’heures : "Les Petites Heures de Jean de Berry", "Les Trs Belles Heures de Notre-Dame", "les Trs Belles Heures du duc de Berry", "Les Grandes Heures du duc de Berry", "Les Belles Heures du duc de Berry" et "Les Trs Riches Heures du duc de Berry".

Louis Larchevque, seigneur de Taillebourg


Fils an de Guy Larchevque, seigneur de Taillebourg, et de Jeanne d’Amboise, dame du Parc, mari en premires noces Jeanne de Montberon, alis de Matha, il eut pour seconde femme Jeanne de Beaumont, veuve de Braud ou Barthlmy de La Haye, seigneur de Mallivre, qu’il pousa entre le 6 avril 1375 et le 28 janvier 1378. (Voy. vol. prcdent, p. 393 note.) Ses biens furent confisqus en 1369, parce qu’il restait au service du prince de Galles, aprs la guerre dclare, et sa terre de Vautournous, dans le comt de Vendme, fut donne Jean III de Bueil par lettres de Charles V, donnes Paris, au mois d’avril de cette anne (JJ. 100, n461, fol. 144). On voit ici qu’il avait fait sa soumission au duc de Berry avant les autres barons de Poitou, enferms alors dans Thouars. La restitution de ses biens en fut la consquence.

Louis Larchevque tait Taillebourg, le 13 septembre 1373, o il reut par messager des lettres du comte de Poitou (KK. 251, fol. 128 v). Il tenait de la succession de son pre le chteau d’Apremont (Vende), dont il a t question prcdemment (t. II de ce recueil, p. 331 note). Une contestation qu’il eut avec sa sœur Isabelle de Parthenay, remarie au vicomte de Rochechouart, au sujet de la possession de ce chteau, de la terre d’Apremont et de ses dpendances, fut juge en sa faveur par la cour de la vicomt de Thouars. Le vicomte et la vicomtesse, maintenant leurs prtentions, portrent l’affaire au Parlement. La cour, par arrt du 2 aot 1376, ordonna que ces derniers seraient tenus de restituer les droits et revenus qu’ils avaient indment perus, et dont enqute serait faite par un commissaire spcial, et qu’en attendant, le chteau d’Apremont serait mis sous la main du roi (X1a 25, fol. 69 v ; voy. aussi au 23 aot suivant, id., fol. 249).

Vers cette mme poque, le sire de Taillebourg tait poursuivi par Rose Andr, dame de Champdolent. Il s’tait empar, dans les premiers mois de l’anne 1374, du chteau de Champdolent appartenant cette dame ; la tte d’une troupe arme value cent hommes, environ, il s’tait approch de la place et, la trouvant trop forte pour qu’une attaque pt russir, il avait us de ruse et tait parvenu ses fins. Nous n’entrerons point dans les dtails, bien qu’ils soient curieux, parce qu’ils nous mneraient trop loin. Le gouverneur de la Rochelle reut, le 12 aot 1374, des lettres du roi, qui lui prescrivaient d’informer sur ces faits (X1a 23, fol. 356). Ajourn au Parlement, le sire de Taillebourg ne se prsenta pas ; la cour adjugea dfaut contre lui Rose Andr et donna gain de cause cette dame, condamnant son adversaire aux dpens de l’affaire par arrt du 7 septembre 1377 (X2a 9, fol. 77,et X1a 26, fol.206).

Nous dirons encore quelques mots d’un autre procs fort intressant que Louis Larchevque soutint devant la mme cour, en qualit de tuteur de Berthelon de La Haye, fils du premier lit de sa seconde femme, Jeanne de Beaumont, contre Jean de La Martinire, capitaine du chteau de Mortagne-sur-Svre. Malheureusement nous n’avons point trouv la fin de cette affaire, que l’arrt seul aurait pu nous faire connatre fond. Jean de La Martinire accusait d’injures, excs et voies de fait le sire de Taillebourg et plusieurs de ses officiers de Mortagne pour Berthelon de La Haye, tels que Guillaume de la Voirie, Pierre Biron, Jean Grene, Geoffroy Petit et Pierre Forestier. De fait, Jean de La Martinire, nagure dtenu prisonnier par les seigneur et dame de Taillebourg au chteau de Mortagne en Poitou , fut amen Paris en vertu de lettres royaux par lui imptres. Vue au Parlement l’information faite contre lui, il obtint son largissement par la ville et dedans les bastides, jusqu’ la volont de la cour, sous les peines et soumissions accoutumes, et lut domicile en l’htel de Jean Lamy, son procureur Paris, outre Grand-Pont, le 13 janvier 1378 n. s. (X2a 10, fol. 56 v). Le 28 janvier, mandement fut adress au bailli des Exemptions pour faire une nouvelle enqute (X2a 9, fol. 108 v). A la mme date, on trouve quelques arrts de procdure qui n’apprennent que peu de chose (X2a 10, fol. 58 ; X1a 1471, fol. 8 v). Le 6 et le 31 aot, autres mandements ; il est ordonn que La Martinire rpondra en personne aux articles des malfices proposs contre lui par le sire de Taillebourg, prsentera les siens par-devant les commissaires et comparatra personnellement la cour, le jour de la rception de l’enqute (X2a 9, fol. 117 et v, X2a 10, fol. 67). Le 10 mars 1379, il se reprsenta au Parlement et fut de nouveau largi, partout cette fois, la volont de la cour (X2a 10, loi. 76 v). Le 5 mai suivant, l’enqute fut reue juger (fol. 83) ; mais, comme nous l’avons dit, l’arrt n’a pu tre trouv. Le sire de Taillebourg mourut un peu avant le 25 juin 1395 ; cette date fut fait le partage de sa succession entre ses enfants.

Confirmation, sauf certaines rserves, des lettres par lesquelles Jean, duc de Berry et comte de Poitou, remet Louis Larchevque, sire de Taillebourg, en possession de terres litigieuses entre celui-ci et le procureur du roi depuis le temps de Philippe de Valois, et qui avaient t pour ce fait saisies. Elles taient comprises entre le pont de Taillebourg et un foss prs de Bussac, le long du cours de la Charente. (JJ. 104, n 56, fol. 26 v.j

24 janvier 1373.

Karolus, Dei gracia Francorum rex. Notam facimus universis, presentibus et futuris, nos vidisse lilteras formam que sequitur continentes :

Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d’Auvergne, comte de Poitou, de Masconnois, d’Angolesme et de Xantonge, lieutenant de monseigneur le roy s dis pas et en pluseurs autres parties de son royaume. A tous ceulx qui ces prsentes verront, salut. Entendue la supplicacion de nostre bien am Loys Larcevesque, seigneur de Talhebourc contenant que comme ses prdcesseurs, dont il a cause, aient est seigneurs droit et domaine de terres, hommages, nobleces, rentes, domaines, possessions et autres choses assises ds le pont de Talhebourc, ainsi comme le court de l’ayve de la Charante emporte en alant envers Xaintes jusques un foss prs de Bussac, la dicte Charante entre deux, ainsi comme la dicte terre est divise anciennement, et pour cause de certain debat qui j piea fu entre le procureur de mon doubt seigneur et ayeul, monseigneur le roy Philippe, que Dieux absoille, d’une part, et le sire de Tailhebourc, qui lors estoit, d’autre, souz couleur ou autrement indeuement de ce que on soupposoit que les prdcesseurs du dit sire de Talhebourc avoient commis abus [de] justice ou autrement [en] la dicte terre, le dit sire de Talhebourc et ses predecesseurs ont est dessaisis de leur dicte terre et n’en ont peu joir, en leur grant grief, prjudice et dommage, ce qu’il dit, et nous a requis que sur ce lui veuillons pourveoir de convenable remede. Pour quoy nous, eue consideracion aus [choses] dessus dictes et ans bons services que le dit de Talhebourc et ses predecesseurs ont fait mon dit seigneur et nous, et noz predecesseurs, et esperons qu’il fera ou temps avenir, ycellui comme bien deservi avons donn et octroi, donnons et octroions par ces presentes, et ses hoirs et successeurs hereditablement, les dictes terres, noblesses, hommages, rentes, domaines, possessions et autres choses sus dictes, en quoy ja piea le dit debat entre le dit procureur et le dit sire de Talhebourc qui lors estoit, non obstant le dit debat et procs faiz sur ce et que les choses fussent commisses et nous ou noz predecesseurs aquises, les quielx dbat et procs nous revoquons et anullons par ces prsentes.

Item, et lui donnons et octroions, li et ses hoirs et successeurs, la terre et appartenances de Chenac [1] et le lieu, terres et appartenances de Richemond avec le minage de la ville de Saint Jehan d’Angeli, nous appartenant par confiscacion pour ce que les hoirs du feu sire de Chasteilhon en Medouc 1 et Thomasse sa femme, qui ycelles choses tenoient et esplectoient en leur vivant, sont ennemis et rebelles de mon dit seigneur et de nous, avoir, tenir et posseder, user, esploicter, prendre, cuillir, percevoir et recevoir avec tous les proffis, revenues et emolumens, hommages, nobleces, droictures et autres appartenances et choses quelconques, par le dit sire de Talhebourc et les siens hoirs et succeseurs franchement et paisiblement. Et des dictes choses par nous lui ainsi donnes li avons bailli saisine, en obstant et expellant tous autres dtenteurs d’icelles, les quelx nous, ostons par ces prsentes.

Si donnons en mandement au seneschal de Xantonge, ou son lieutenant, present et avenir, que le dit sire de Talhebourc, ou son procureur pour lui, mettent et induent royaument et de fait en saisine et possession des dictes choses par nous lui donnes, et d’icelles et chascune d’elles, et des proffis, revenues et emolumens ycelles appartenans, le laissent, facent et seuffrent user hereditablement et li rendre par les subgiez et personnes ce tenus, sans le molester ou empeschier, ou souffrir estre empeschi en aucune maniere. Car ainsi le voulons et l’avons octroi au dit sire de Talhebourc, de certaine science et grace especial, et de l’auctorit et puissance royal dont nous usons, non obstant quelconques donacions faictes ou faire. Et afin que ces choses soient fermes et perpetuelment valables au proffit du dit sire de Talhebourc, de ses hoirs et successeurs hereditablement, liavons donn ces lettres [seelles] de nostre seel secret, en absence du grant, en la de soye et cire vert.

Donn nostre ville de Xantes, le XXIIIe jour de septembre l’an mil trois cens soixante et douze [2]. Sauve en autres choses le droit de mon dit seigneur et [de] nous, et l’autrui en toutes. Donn comme dessus.

Nos igitur litteras suprascriptas, universa el singula in eis contenta, rata et grata habentes, ea volumus, laudamus, approbamus et de speciali gracia, auctoritate nostra regia et certa sciencia, tenore presencium, confirmamus. Mandantes senescallo. Xantonensi ceterisque justiciariis nostris, presentibus et futuris, vel eorum loca tenentibus, et eorum cuilibet, ut ad eum pertinuerit, quatinus prenominatum dominum de Tallebourc suosque heredes et successores premissis sibi donatis uti faciant perpetuo pacifice et quiete, prescriptasque litteras exequantur, proviso quod terre, hommagia, nobilitates, redditus et possessiones alie, super quibus debatum seu processus alias motus fuit [inter] procuratorem regium et dominum de Tallebourc, qui tunc erat, ut predicitur, non fuerint de antiquo domanio corone nostre, et quod, si loca et terre de Chenac et Richemondie cum minagio, de quibus fit mencio in litteris supradictis, reddi et restitui via tractatus et pacis seu alis debeant dictis heredibus in futurum, nullam inde recompensacionem facere teneamur. Quod ut firmum et stabile perpetuo perseveret, sigillum nostrum presentibus litteris duximus apponendum. Salvo in aliis jure nostro et in omnibus quolibet alieno. Datum Parisius, die XXIIIIa januarii anno Domini M. CCC, LXXII. et regni nostri nono.

Per regem. Yvo.


[1On lirait plutt ici Cheirat, mais plus bas, dans la confirmation, le mme nom de lieu parat bien crit Chenac, leon qui nous a paru plus satisfaisante.

[2Le duc de Bourgogne tait aussi Saintes le vendredi 24 septembre, d’aprs son itinraire. La mention des comptes de ce prince ne porte pas expressment que la ville se rendit ce jour-l, mais c’est fort probable. (E. Petit, Campagne de Philippe le Hardi, p. 41.) Quant au duc de Berry, il tait encore le 28 septembre Saintes, d’o il envoya un messager Imbaut du Peschin Saint-Jean d’Angly. (KK 251, fol 91.)

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