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1627 Éphémérides historiques de la Rochelle revisitées

Le grand siège de 1627-28

vendredi 17 avril 2020, par Pierre, 21 visites.

Les Éphémérides historiques de La Rochelle, publiées par J-B Jourdan en 1861, sont une véritable mine d’informations sur l’histoire de cette ville. Cet ouvrage essentiel est composé de 847 notices sur les événements du riche passé de cette ville. Pour chacune de ces notices, les sources d’archives sont mentionnées, et l’auteur compare les sources, leurs éventuelles contradictions.
Un ouvrage qui est aussi déconcertant pour le lecteur, puisque les événements y sont classés du 1er janvier au 31 décembre, toutes années confondues, ce qui rend impossible d’y retrouver la chronologie sous-jacente.
Nous avons "revisité" cet ouvrage en reclassant les 847 notices dans leur ordre chronologique du 21 mars 1089 au 12 novembre 1858.
Réalisée en période de confinement, propice aux travaux au long cours, cette nouvelle présentation facilitera, nous le pensons, les recherches des amateurs de l’histoire de cette ville au riche passé.
Nous avons conservé l’intégralité du contenu des 847 notices, avec leurs notes de bas de page. Pour faciliter la lecture, ces notes suivent immédiatement le texte principal de chaque notice.

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ÉPHÉMÉRIDES ROCHELAISES.
Tout le monde sait que ce fut par un édit de Charles IX , donné à Roussillon, en Dauphiné, le 9 août 1564, que le premier jour de l’année fut fixé pour l’avenir au 1er janvier. Antérieurement dans l’Aquitaine , dont faisait partie la Rochelle, l’année commençait le 25 mars, contrairement à l’ancienne coutume de France, qui fixait le premier de l’an au jour de Pâques. Toutefois, l’année municipale rochelaise continua de s’ouvrir le jeudi après la Quasimodo, jour de l’installation du Maire, dont l’élection avait lieu chaque année le dimanche de la Quasimodo.


1627 06 07. — Les gens du Roy voulurent faire publier la déclaration de Louis XIII, portant défense de trafiquer en Angleterre ni avec les Anglais ; ceux de la maison de ville s’y opposèrent, disant que cela « estoit contraire à leurs privilèges , et fust résolu par ceux du présidial qu’ils en escriproienl au Roy pour avoir sur ce sa volonté » (Colin). Les rivalités jalouses de Richelieu et de Buckingham avaient brouillé la France avec l’Angleterre. L’un avait passé avec l’Espagne un traité par lequel il s’obligeait à s’associer à tout ce que tenterait cette puissance contre la Grande-Bretagne, fut-ce même une descente en Angleterre ; l’autre, qui n’avait cessé d’entretenir des relations avec les huguenots de France, après s’être assuré du concours des deux frères Rohan et Soubise, leurs chefs, avait pris l’initiative de la rupture et avait fait saisir toutes les marchandises et navires français qui se trouvaient en Angleterre , en interdisant désormais tout commerce avec la France. La déclaration de Louis XIII, dont le corps de ville ne voulait pas permettre la publication, était la réponse de Richelieu au ministre Anglais. Les magistrats Rochelais formaient leur opposition sur leurs privilèges qui leur permettaient de trafiquer en temps de guerre, même avec les ennemis (F. 25 mai). Rien ne prouve qu’ils fussent dès-lors, comme on les en a accusés, d’intelligence avec Rohan et Soubise. ni disposés à seconder les efforts que les Anglais pourraient tenter sur ces côtes ; mais il était facile de prévoir que ce nouveau grief, venant s’ajouter à tous ceux qu’ils avaient déjà contre la cour : à son refus de raser le Fort Louis, malgré ses engagements ; à la perception de droits d’importation et d’exportation, dont les exemptaient leurs franchises ; à la persuasion où ils étaient que dès qu’il se sentirait assez fort, Richelieu était décidé à s’emparer de leur ville , cette citadelle de la rebellion et de l’hérésie , &. : tant de causes de mécontentement devaient entraîner les Rochelais à profiter des circonstances pour renouveler avec plus de force leurs réclamations et, s’il n’y était fait droit, accepter l’appui de l’Angleterre pour la défense de leur foi religieuse et de leurs privilèges. Le moment était venu où le fort prendrait la ville ou la ville le fort.
1627 07 20. — Buckingham avait promis au duc de Rohan et aux réformés un corps d’armée de 30,000 hommes, montés sur trois flottes, dont l’une descendrait à l’Ile-de-Ré, l’autre en Guienne et la troisième en Normandie, pour faire diversion quand le Roi serait occupé en Guienne ; (1) mais il n’avait pu se procurer de ressources que pour en équiper une seule, forte de 100 à 120 navires de guerre et portant 10,000 hommes environ de troupes de débarquement, dont 7,000 Anglais et 3,000 réfugiés Français, avec grand équipage de canons, bombes, grenades, pots à feu, artifices, munitions de guerre et de toutes sortes d’outils pour faire des sièges ou des forts. Elle arriva en vue de la Rochelle le 20 juillet. On la prit d’abord pour des navires de Dunkerque, qui attendaient au passage une flotte hollandaise ; mais on ne tarda pas à reconnaître une flotte anglaise, surtout lorsqu’en passant devant la citadelle de St-Martin et le fort de la Prée, on la vit tirer force coups de canons. Elle alla jeter l’ancre à la Palisse et devant la pointe de Sablanceau. Les Rochelais avaient si peu appelé les Anglais, qu’à leur approche ils fermèrent leurs portes, levèrent la chaîne de l’entrée du port, et refusèrent de recevoir les envoyés que s’empressa de leur dépêcher Buckingham. Le Maire Geoffroy leur fit répondre qu’il n’y avoit rien à faire pour eux, et qu’ils se pouvoient retirer ; que les Rochelois étoient en l’obéissance dit Roy, de la bonté duquel, plus tost que de la force, ils attendoient l’effet de ce qui leur avoit été promis par le dernier traité de paix, et que s’il y avoit quelqu’un qui entreprist sur son royaume, ils se déclareroient ses ennemis jurez, ne pouvant faire autrement sans se rendre coupable. (2) Telle pouvait être l’opinion de la plupart des magistrats municipaux et peut être de quelques riches habitants ; mais le peuple pensait tout autrement, et si Buckingham, moins préoccupé des intérêts anglais, au lieu de vouloir s’emparer de l’Ile-de-Ré, pour en faire sans doute un autre Calais et un lucratif repaire de corsaires, fut descendu sur le continent et eût marché (comme le lui conseillait les huguenots qui l’accompagnaient), droit sur le fort Louis, que Thoiras avait dégarni pour fortifier Saint-Martin, il s’en fut très probablement emparé ; les Rochelais se fussent assurément prononcés pour lui, et tout porte à croire que l’issue de la lutte en eût été complètement changée. La Rochelle y eût certainement gagné , mais la France beaucoup perdu. Dans l’intérêt donc de la grande patrie , nous devons nous féliciter de la faute de Buckingham, tout en déplorant les affreux malheurs qu’elle entraîna pour nos pères. (Préc. de la régence de Marie de Médicis, par un offic. protest. qui était à la Roch. pend. le siège. — Mervault. — H. Martin. — Michelet, &.)

(1) V. 7 juin 1627.

(2) « Ce scrupule de nos huguenots fut ce qui sauva Richelieu, et ce qui sauva la France. Si Buckingham eût mis seulement cent hommes à la Rochelle, l’effet moral était produit et Richelieu sautait. » (Michelet, Henri IV et Richelieu.)


1627 07 22. — Descente des Anglais à la pointe de Sablanceau. Comme cette descente offrait quelque difficulté , la côte étant fort roide et la mer, déjà profonde à cet endroit, rendue plus haute par la grande marée de la Madeleine, elle ne se fit pas sans beaucoup de désordre et de confusion. Thoiras eut pu en tirer grand avantage si, dans l’incertitude du lieu où débarqueraient les Anglais, il n’eût disséminé ses forces sur plusieurs points, et s’il ne se fût imaginé que ce désordre était simulé. Il eut le tort d’attendre qu’il y eut un trop grand nombre d’hommes à terre avant d’attaquer, et quand il lança contre eux sa cavalerie, fort peu nombreuse, elle pénétra bien dans les rangs ennemis, mais les bataillons anglais se refermèrent derrière elle, l’enfermant dans un cercle de fer où elle périt presque toute entière. Le terrible feu des vaisseaux, qui n’avaient pas moins de 2,000 pièces de canon, si l’on en croit l’auteur de l’Histoire de la Rebellion, fit d’affreux ravages parmi les troupes de Thoiras, et, après un combat acharné, dans lequel Anglais et Francais rivalisèrent de valeur, le Gouverneur de l’île de Ré fut obligé de se replier sur Saint-Martin. Cependant Buckingham, étonné de la rude attaque des Français, n’osa pas les poursuivre, et passa quatre ou cinq jours à se retrancher au bord de la mer, dans la crainte d’une nouvelle agression : s’il eût immédiatement marché sur la citadelle de Saint-Martin, il l’eût trouvée dégarnie de gens de guerre et de vivres, et l’eût sans doute facilement emportée. Son habile adversaire profita de ce retard pour y réunir toutes ses forces, fortifier les endroits les plus faibles et y entasser toutes les provisions qu’il put se procurer. ( Mervault. — Histoire de la Rebell. — Précis de la régence de Marie de Médicis).
1627 07 23. - En apprenant l’accueil fait aux envoyés de Buckingham par les magistrats Rochelais ( v. 21 Juillet), Soubise, qui était sur la flotte anglaise, s’était rendu lui-même le lendemain à la Rochelle, accompagné de Guillaume Becker, secrétaire du roi de la Grande-Bretagne. On lui en avait refusé l’entrée et le Maire l’avait invité à se retirer, s’il avoit à cœur le bien et la conservation de la Rochelle ; mais la vieille duchesse de Rohan, qui depuis quelque temps s’était réfugiée dans cette ville avec sa fille, étant survenue, avait pris son fils par la main et l’avait entraîné avec elle jusqu’à l’hôtel de Marsan, qu’elle habitait, au milieu des acclamations du peuple. Des commissaires avaient été aussitôt nommés par le corps de ville , par le conseil des bourgeois et par le Consistoire (1), pour aviser sur le parti à prendre dans de pareilles conjonctures. Dans une réunion qui avait eu lieu, le jour même, chez le Maire (2), Becker avait longuement développé les raisons qui avaient déterminé son maître à prendre les armes, mettant en première ligne son désir de protéger les églises protestantes de France contre la faction Jésuitique et Espagnole et de sauver la Rochelle de la ruine dont elle était menacée par elle. ( Vous tenez entre vos mains, avait-il dit en finissant, votre bien et votre mal : c’est à vous de choisir. Mais si vous refusez la précieuse occasion qui vous est offerte, en vain la rechercherez-vous plus tard : mon maître croira s’être suffisamment et pleinement acquitté de tout engagement d’honneur et de conscience. » Bien que Soubise insistât pour avoir une réponse catégorique et immédiate, l’affaire avait paru assez importante pour remettre la décision au lendemain. Le 23 Juillet, tous les commissaires s’étant réunis de nouveau à l’hôtel de la Mairie, après l’invocation du nom de Dieu, il fut résolu d’une commune voix : qu’on adresserait au Roi de la Grande-Bretagne, en la personne du duc de Buckingham, les plus affectueux remerciements pour le soin qu’il avait daigné prendre de la Rochelle ; qu’on le supplierait de travailler à sa délivrance et de poursuivre le but que s’étaient proposé sa piété et sa rnagnanimité, en l’assurant des vœux ardents que fesaient les Rochelais pour le succès de ses efforts ; mais qu’on lui ferait en même lemps observer que la cause de la Rochelle étant commune à toutes les églises réformées du royaume , ils devaient s’entendre avec elles avant de se prononcer, et qu’il leur importait d’autant plus de ménager encore les apparences, que la récolte était proche et qu’ils avaient grand intérêt à ramasser leurs blés. Le corps de ville, aussitôt assemblé, approuva cette détermination et deux députés furent chargés d’aller la communiquer au duc de Buckingham, qui ne put dissimuler le mécontentement qu’il en éprouvait. (Reg. du corps de ville. — Colin. — Mervault, etc.)

(1) « Quant au Présidial, dit Mervault, il refusa d’assister à ce conseil. »

(2) Arcère s’est trompé en disant qu’elle eut lieu à l’échevinage. (Reg. du corps de ville).


1627 07 30 (Siège de). — Pendant que les Rochelais flottaient incertains entre la rébellion et la fidélité au Roi, fermant d’abord leurs portes aux députés de Buckingham et leur donnant ensuite audience ; laissant grand nombre de gens du peuple , alléchés par le gain et la beauté des Jacobus (1), porter chaque jour à l’armée anglaise toutes sortes de provisions et rafraichissemens, et nommant d’un autre côté des députés pour aller à Marans saluer le duc d’Angoulême, commandant des troupes royales, et l’assurer qu’ils demeureroient toute leur vie ès termes de fidèles sujets envers le Roy de France, le sénéchal de Loudrières , le principal représentant de l’autorité royale à la Rochelle, donnait le premier l’exemple de la révolte ouverte et, le 30 jttillet, passait à l’île de Ré, avec 6 ou 700 hommes pour se ranger sous la bannière du Roi de la Grande-Bretagne. (Mervault). Le ministre Benoist et l’auteur du précis de la régence de Marie de Mèdicis n’hésitent pas à accuser les magistrats rochelais, et particulièrement le Maire, de s’être laissé gagner par la Cour ; mais pourquoi ne pas croire à la sincérité des motifs donnés dans le corps de ville : qu’il était de l’intérêt de la Rochelle de profiter des circonstances pour obtenir de la Cour tout ce qui leur avait été refusé jusque là ; puis de s’efforcer d’amener un rapprochement entre les deux couronnes , de façon à échapper aux malheurs de la guerre et au danger, non moins grand, devoir les Anglais s’établira l’ile de Ré, régner en maîtres sur leurs rades, et s’emparer peut-être de leur ville ? Ces raisons ne sont-elles pas assez puissantes pour disculper les magistrats rochelais d’une prétendue corruption, que dément leur conduite ultérieure, alors qu’ils eurent compris combien étaient vaines les espérances qu’ils avaient fondées sur les dispositions de la Cour.

(1) Monnaie d’or anglaise d’une valeur de 12 à 13 livres.


1627 07 31 (Siège de). — Conformément à ce qui avait été convenu avec Buckingham ( V. 23 juillet), le corps de ville expédie des députés vers le duc de Rohan et les villes de Guienne et de Languedoc, pour les informer de l’arrivée de la flotte anglaise, de sa descente à l’île de Ré et des propositions qui lui avaient été faites au nom du Roi de la Grande-Bretagne, en les priant de lui faire sçavoir promptement leur avis et résolution sur toutes ces choses, afin de les suivre. (Mervault.)
1627 08 02 (Siège). — Les Rochelais, en envoyant au duc d’Angouléme des députés chargés de tesmoigner à Sa Majesté , en la personne dudit seigneur duc, le devoir el le respect qu’ils luy portoienl comme ses vrais et naturels subjets (Rég. des délibéralions) étaient-ils bien sincères ? (V. 30 juillet). Benoît, dans son Histoire de l’édit de Nantes, semble le croire et va jusqu’à dire qu’ils avaient même offert de combattre les Anglais , si l’on consentait seulement à remettre le Fort-Louis aux mains de la Force, de Châtillon ou de la Trimouille ; il ajoute qu’ils ne s’allièrent aux Anglais qu’après avoir acquis la preuve, par des lettres interceptées, des plus hostiles dispositions de la Cour à leur égard. Ce qui paraît plus vrai, c’est que les Rochelais n’avaient pas encore de parti bien arrêté. Avant de s’engager dans une lutte contre la puissance de Richelieu, ils avaient besoin d’être assurés du concours du duc de Rohan et des villes protestantes auxquelles ils avaient écrit, et attendaient peut-être aussi que les troupes de Buckingham eussent obtenu des succès plus décisifs. D’un autre côté, ils n’étaient pas bien convaincus du désintéressement affiché par celui-ci , et n’étaient pas sans appréhension sur ses projets ultérieurs. Dans cette perplexe situation d’esprit, on peut croire qu’ils n’eussent pas été fâchés de profiter de la présence des forces anglaises , et de la crainte que devait avoir Richelieu qu’ils n’ouvrissent leurs portes à Buckingham, pour obtenir de la Cour les concessions auxquelles elle s’était jusque là refusée, et surtout la démolition de ce terrible Fort-Louis, qui les offusquait tant. Mais Richelieu avait depuis trop longtemps pris la résolution d’abattre d’un même coup, dans les murs de la Rochelle , et le parti protestant et les derniers restes de l’indépendance communale, pour prendre des engagements qui eussent indéfiniment ajourné l’exécution de ses projets : il ne voulait que gagner du temps pour réunir ses forces et retarder autant que possible l’union des Rochelais aux armes de Buckingham. Ainsi s’explique l’attitude du duc d’Angoulême vis à vis de leurs députés qui, le 2 août, rendirent compte , devant le corps de ville , de leur mission à Marans. Ils déclarèrent que : « le duc les avoit reçeus avec beaucoup de courtoisie et de faveur, et renvoyez avec de belles promesses , à condition néantmoins qu’on n’entrât point dans les intérests des Anglois, anciens ennemis de la couronne ; que le duc avoit ajouté que ce n’étoit pas le temps de demander la démolition du Fort-Louis ; mais que si l’on députoit vers le Roy, la ville assurément trouveroit de quoy être contente, en se mettant en son devoir. » Ce n’était point par d’aussi vagues espérances qu’on pouvait se flatter de déterminer les Rochelais à repousser les offres séduisantes des Anglais. (Mervault).
1627 08 15 (Siège de). — « Fut apportée dans la Rochelle la déclaration du Roy du 5 août, par laquelle il déclaroit le seigneur de Soubise et ceux de ses sujets, de quelque qualité et condition qu’ils fussent, qui auroient adhéré ou se joindroient au party des Anglois, qui le favoriseroient ou assisteroient. ou se départiroient de l’obéissance qu’ils devoient à Sa Majesté , rebelles, traîtres et pertides à leur Roy, déchus de leur patrie, criminels de lèze-Majesté au premier chef, et comme tels, leurs biens, meubles et immeubles, offices et charges acquis et confisquez. Ce qui fit que , quelques jours après , la plupart des officiers du Roy , voyant que, bien que la jonction de la ville avec l’Anglois ne fut pas encore déclarée, elle l’étoit pourtant en effet, sortirent de la ville et se retirèrent, les uns en leurs maisons, les autres à Niort et à Fontenay , et d’autres à Marans, où le Roy transféra peu après le siège présidial. Quant à ceux qui demeurèrent, qui étoient sept en nombre , ils continuèrent à administrer la justice comme auparavant. ( Mervault. ) Déjà le duc d’Angoulême était venu prendre ses logements à Aytré , la Moulinette , Bongrenne et Coureilles. Son intention d’assiéger la Rochelle ne pouvait plus être douteuse. Les Rochelais s’empressèrent d’écrire à tous leurs amis, pour réclamer leur concours, et d’expédier, ce même jour, des députés à Buckingham, pour le prier de faire rentrer à la Rochelle ceux qui étaient allés le rejoindre, et d’y envoyer aussi les autres Français , qui se trouvaient dans son armée ; ce que le duc leur accorda. (Rég. du corps de ville. — Mervault.)
1627 08 18 (Siège de). — Bien que les hostilités n’eussent pas encore commencé, il devenait chaque jour plus évident qu’elles étaient imminentes, et beaucoup de familles s’empressaient de quitter la ville. Pour mettre un terme à cette désertion, le corps de ville ordonne à tous ceux qui , étant en état de supporter les frais et charges que la guerre peut rendre nécessaires, sont sortis de la Rochelle, d’y rentrer dans le délai de huitaine, si mieux ils n’aiment donner bonne et suffisante caution de nourrir les soldats, payer les taxes et satisfaire aux autres obligations qui seront imposées aux citoyens ; faute de quoi on s’en prendra à leurs biens, meubles, et, en cas d’insuffisance, à leurs maisons , qui seront démolies (1) pour les matériaux être vendus, et les deniers en provenant être employés au profit de la ville. (Rég. des délib. du corps de ville.)

(1) Cette rigoureuse mesure fut plusieurs fois confirmée ; maison finit par en sentir les graves inconvénients, et, au mois de janvier , le conseil décida qu’il ne serait plus procédé à la démolition des maisons des absens, quand il se présenterait quelqu’un qui offrirait une somme égale à la valeur des matériaux. (Rég. des délib.)


1627 08 30 (Siège de). — Il y avait plus d’un mois que Buckingham assiégeait la citadelle de Saint-Martin. Malgré le découragement des soldats de la garnison , qui manquaient de pain, ne recevaient que deux rations d’eau par jour, malgré l’extrême chaleur, et se voyaient menacés de la plus affreuse famine, Thoiras avait rejeté avec une noble fierté les propositions que lui avait adressées, dans les termes les plus flatteurs, le général anglais. On se battait des deux côtés avec le plus grand courage ; mais dans l’intervalle des combats, on échangeait toutes sortes de politesses, si bien que les Rochelais commencèrent à en concevoir les plus sérieux soupçons, contre les dispositions de Buckingham. « Jamais, en guerre, dit un écrit du temps, il ne s’est pratiqué tant de courtoisie et honnesteté. » Ce jour-là , ajoute-t-il, Buckingham apprenant que Thoiras avait manifesté un vif désir de manger du melon, lui envoya une douzaine de beaux melons, accompagnés de la lettre la plus aimable. Le lendemain, Thoiras, après avoir largement récompensé le commissionnaire, rendit la politesse au Duc, en lui adressant six bouteilles de fleur d’orange et une douzaine de vases de poudre de Cypre. (Histoire de la rébellion. — Mervault.)
1627 09 10 (Siège de). — Les Rochelais ne pouvaient plus se faire illusion sur les dispositions du duc d’Angoulême. Après avoir commencé de construire un fort à Bongrenne, malgré leurs réclamations, il on fesait élever deux autres, l’un à la Moulinette, l’autre à l’anse des Meüils, et de nouveaux travaux étaient entrepris au Fort-Louis. Toute hésitation dut cesser dès-lors : la Rochelle releva le gant que lui jetait Richelieu, et Ie 10 septembre, le Maire fit tirer le canon de la tour de la Verdière, sur les travailleurs du Fort-Louis (1), de la Moulinette et de Bongrenne. Ceux du Fort-Louis répondirent à cette déclaration de guerre par des boulets rouges, qui mirent le feu à un magasin de fourrage, situé au canton du May-vert. (2) (Reg. des délib. — Colin. — Guillaud. — Mervault.)

(1) Colin dit que ce fut le conseiller au présidial Tessereau , qui fit tirer le premier coup de canon ; mais ce ne put être évidemment qu’en vertu des ordres du Maire. Celui-ci le déclara positivement d’ailleurs le lendemain devant le corps de ville. (Reg. des délib.) — V. 11 sept.

(2) On l’appelait aussi de Montconseil ; il était situé au point de jonction des rues des Maîtresses, de Monconseil et du Palais.


1627 09 11 (Siège de). — Le corps de ville, réuni à l’hôtel de ville, donne sa pleine approbation à l’ordre donné la veille par le Maire de faire tirer le canon contre ceux qui, au mépris des libertés et franchises de la Rochelle, travaillaient à élever des forts autour de la ville, et le prie d’empescher par quelque voye que ce soit, que cette ville soye bloquée et réduite à petit pied par le moyen de telles fortifications. Et afin que chacun tant du dedans que du dehors le royaume ait connaissance véritable de la justice des armes rochelaises, il invite le Maire à en faire au plus tôt la déclaration et manifeste, en chargeant du soin de la rédaction de cette apologie de leur conduite les personnes qu’il en jugerait le plus capables. Le conseil engageait en même temps le Maire à désigner des commissaires qui, seraient chargés de s’entendre avec les ducs de Buckingham et de Soubise sur les conditions de l’union de leurs armes à celles de la Grande-Bretagne, se réservant d’approuver ou de rejeter ces conditions, quand elles leur seraient soumises. Enfin considérant le peu de numéraire qui se trouvait en cette ville pour subvenir aux nécessités des conjonctures présentes, le conseil ordonne que la monnoie se battra, et nomme quatre de ses membres pour conférer et traiter avec ceux qui voudront faire la condition de la ville la plus avantageuse. (Reg. des délib.) V. 18 septembre et 14 octobre. Le même jour, Louis XIII, en considération des grands et recommandables services rendus par M. le duc d’Angoulême, en son armée d’Aunis, et les grandes dépenses qu’il était obligé d’y faire, lui donnait l’office de sénéchal de la ville de la Rochelle, vaquant par la forfaiture du seigneur de Loudrières, à cause du crime de lèse-majesté, dont il s’était rendu Coupable en embrassant le parti des Anglais et en portant les armes contre le Roi et son Etat. (Mervault.) — V. 30 juillet.
1627 09 13 (Siège de). — « M. le duc d’Angoulême fit commencer à travailler du côté de Coureilles, tant à la maison dud. Coureilles qu’à l’entour, à faire un fort et des retranchemens. » (Mervault. ) « Le susdit jour, vinrent de l’île de Ré les seigneurs Hatsborn pour le duc de Buckinghant, et de Saint-Surin pour le seigneur de Thoiras, pour aller trouver le Roy à Paris ; d’où led. seigneur Hatsborn , après avoir conféré avec Sa Majesté , devoit aller en Angleterre. Tous crurent que led. duc de Buckinghant s’étoit laissé piper au seigneur de Saint-Surin, et trouvèrent ce voyage fort hors de propos. » (Mervault.) Voici le singulier récit que fait Tallemant des Réaux. de ce message de Saint-Surin : « Bouquinquant prit un gentilhomme de Saintonge, nommé Saint-Surin homme adroit et intelligent, et qui sçavoit fort bien la cour. Il luy fit mille civilitez , et luy ayant descouvert son amour (pour la Reine), il le mena dans la plus belle chambre de son vaisseau. Cette chambre estoit fort dorée ; le plancher estoit couvert de tapis de Perse , et il y avoit une espèce d’autel, où estoit le portrait de la Reyne, avec plusieurs flambeaux allumez. Après, il luy donna la liberté, à condition d’aller dire à M. le Cardinal qu’il se retireroit et livreroit la Rochelle, en un mot qu’il offroit la carte blanche pourveu qu’on luy promist de le recevoir comme ambassadeur en France (1). Il luy donna aussy ordre de parler à la Reyne de sa part. Saint-Surin vint à Paris et fit ce qu’il avoit promis. Il parla au cardinal, qui le menaça de luy faire couper le cou s’il en parloit d’avantage. » (Historiettes.)

(1) Après avoir raconté les aventures amoureuses du duc avec la Reine, notre anecdotier venait de dire, quelques lignes plus haut : « Le Cardinal prit soupçon de toutes les galanteries de Bouquinquant , et empescha qu’il ne retournast en France ambassadeur extraordinaire , comme c’estoit son dessein. Ne pouvant faire mieux, il y vint avec une armée navale attaquer l’isle de Ré. » (Hist. du card. de Richelieu.)


1627 09 18. (Siège de). — Le corps de ville, après avoir décidé que, pour subvenir aux nécessités de la commune , il serait battu monnaie à la Rochelle, accepte les propositions du sieur Arnault de Montauban de fabriquer des quarts et demi-quarts d’écus, à la taille de 32 quarts d’écu par marc d’argent, sur lesquels la ville recevrait 40 sols, et aussi des douzains, dans lesquels entreraient trois gros d’argent fin par marc, devant fournir 100 à 105 douzains au plus, dont il donnerait à la commune 50 sols 3 deniers. L’entrepreneur s’engageait en outre à payer le marc de vaiselle d’argent 23 liv., pour l’argenterie marquée au poinçon de Paris, et 21 liv. pour celle au poinçon de la ville ; à prendre à sa charge tous les frais de fabrication et même les réparations à faire aux bâtiments de la monnaie. Quelques mois après, on décida qu’il ne serait plus mis d’argent dans la fonte des douzains , et qu’alors la ville recevrait 70 sols par marc. ( Reg. des délib. du corps de ville.) — V. 11 septembre.
1627 09 19 (Siège de). — « Quelques cavaliers de la Rochelle amenèrent prisonnier dans la ville un courrier du Roy, qui avoit des lettres pour M. le duc d’Angoulême, le seigneur de Marillac et plusieurs autres particuliers de l’armée. Par ces lettres ont sceut l’ordre que le Roy donnoit aud. seigneur duc d’Angoulême de faire la guerre aux Rochelois, de bâtir des forts, d’empêcher toutes sortes de vivres d’entrer en la ville du côté de la terre, de retrancher le cours des eaux (de la Fons), de fermer et ruiner le port par une digue et armée navale, et de les traiter avec le plus de rigueur qu’il pourroit. » (Mervault)
1627 09 22 (Siège de). — « Messieurs (du corps de ville) ont donné toute charge et pouvoir à M. le Maire et capitaine de ceste ville de délivrer des commissions par terre à ceux qui voudront aller à la petite guerre, et ordonné qu’il sera sursis pour les commissions de mer. faisant inhibitions et déffenses à tous les gens de guerre , tant de pied que de cheval, estans en ceste ville , de ne faire aulcune sortie pour aller à la guerre, former compagnies, troupes ou régimens et brigades de cavalerie , sans la commission et pouvoir de mon dit sieur le Maire. » (Rég. des délib. du corps de ville.)
1627 09 25 (Siège de). — Le corps de ville nomme trois commissaires pour « saisir et confisquer les deniers royaux, ecclésiastiques et autres, appartenant directement ou indirectement à gens de contraire party et qui ne portent et souffrent les frais et charges de la ville, locations de maisons, rentes hypothécaires ou foncières , ou de toutes autres sortes et manières que ce soit, ausquels tout pouvoir est donné de juger et condempner du tout nonobstant oppositions ou appellations quelconques. » Il choisit en même temps d’autres commissaires pour former un bureau de la marine, avec pouvoir « de s’emparer et saisir des navires, barques, allèges, gabarres, chaloupes et appareaux qu’ils jugeront nécessaires pour le bien et conservation de la ville, les armer et équiper en guerre, et soumettre telles personnes qu’ils verront bon estre. » (Rég. des délib.)
1627 09 27 (Siège de). — Le Maire, en vertu d’une délibération du conseil extraordinaire , ordonne aux prêtres de l’Oratoire, les seuls qui existassent à la Rochelle, de sortir de la ville dans les vingt-quatre heures. Ils se retirèrent au camp des royalistes et rentrèrent à la suite du Roi après la reddition de la Rochelle, (Mém. de la maison de l’Oratoire.)
1627 09 29 (Siège de). — Le corps de ville approuve la démolition, prescrite par le Maire, d’une partie du faubourg de Tasdon et ordonne que, pour empêcher les approches de l’ennemi, la partie, la plus rapprochée de la ville , des faubourgs de Saint-Eloy et de Lafons, sera également démolie. Il nomme en outre des commissaires pour aviser, avec le maître et le contrôleur de Partillerie, aux moyens de faire faire de la poudre et de fondre du canon. On traita, le mois suivant, avec un sieur Blanchet, maître-poudrier, et avec René Servoisier, qui déjà , en 1622, avait fondu plusieurs canons pour. la ville. — C’est en 1621 qu’avait été construite, dans la ville-neuve, la fonderie de canons, à l’extrémité nord de la rue qui porte encore son nom et vis à vis la Place-d’Armes de Cougnes. Après le dernier siège, le duc de Saint-Simon, auquel Louis XIII avait fait don de tous les terrains dépendants des fortifications, en y comprenant la ville-neuve et érigeant le tout en fief, sous le nom de Saint-Louis, établit son principal manoir dans les bâlimens de la fonderie. (Rég. des délib. — P.-verb. de prise de posses. du duc de Saint-Simon.)
1627 10 06 (Siège de). — Le siège de la citadelle de Saint-Martin durait depuis près de deux mois et demi ; malgré le dénûment extrême de ses troupes, les murmures de ses soldats et les complots de quelques-uns pour livrer la place aux Anglais, le brave Thoiras tenait toujours et s’efforçait de gagner du temps par des négociations, espérant à toute heure recevoir des secours. A bout de ressources, il venait cependant d’être obligé de stipuler avec Buckingham que, si la grande marée du 8 passait sans qu’il fut secouru, il remettrait entre ses mains la citadelle, et le fort de la Prée. Mais d’un autre côté, le découragement avait aussi gagné les chefs de l’armée anglaise ; le nombre des malades augmentait chaque jour, les vivres étaient près de manquer, et la mauvaise saison était proche. Après avoir essayé inutilement de déterminer les Rochelais à le recevoir dans leur ville, lui et ses troupes, ou tout au moins à nourrir son armée. Buckingham, dans un entretien qu’il eut le 6 octobre avec les députés Rochelais, Guiton et de Fos, leur déclara qu’ayant fait constater qu’il ne restait plus que pour douze ou quinze jours de provisions de bouche, il était dans la nécessité de se retirer ; qu’en retournant en Angleterre, il n’abandonnerait pas pour cela leur cause, et qu’au.printemps prochain, il reviendrait avec 20,000 hommes. Les députés Rochelais furent aussi surpris qu’attérés d’une pareille déclaration ; ils firent tous leurs efforts pour détourner le duc de sa détermination ; mais ils ne purent l’en dissuader, et revinrent à la Rochelle apporter cette désolante nouvelle. (Mervault.) — V. 14 octobre.
1627 10 08 (Siège de). — C’était le jour qui devait décider du sort de Thoiras et de la citadelle de Saint-Martin. (V. 6 oct.). Dans la nuit précédente, une escadrille, de trente-cinq à quarante barques et pinasses, était partie des Sables d’Olonne sous le commandement de Launay de Razilly , chargée de munitions de bouche et de guerre, et au cri de ralliement de passer ou mourir. Le vent, qui était très fort, la poussait vers la citadelle ; la petite dimension des navires leur permit de passer sous les boulets des grands vaisseaux anglais ; une vingtaine vinrent s’échouer au pied de la falaise de la citadelle, les autres furent coulés ou dispersés sur les côtes voisines ; le navire seul du commandant de Razilly fut capturé. Dès lors l’abondance succéda dans la citadelle à la plus affreuse disette ; il y avait dans les barques plus de 200 tonneaux de farine, 60 pipes de vin, 60 bœufs salés, plusieurs moutons vivants et autres provisions, sans compter une grande quantité de vêtemens, de charbon de terre, de drogues pour les malades, etc. Le lendemain les soldats, tout joyeux, montraient, au bout de leurs piques, aux assiégeans force bouteilles de vin, chapons, coqs d’inde, jambons, langues de bœuf, etc. Comme cet heureux événement avait eu lieu la veille de la fête de Saint-Denis, ceux de la citadelle firent l’épigramme suivante : « Buckinuham, vous avez juré , « De prendre Saint-Martin de Ré ; « Si Saint-Denis, seul et sans tête, « A renversé tous vos desseins , « Jugez que feront tous les saints, « S’il vous rencontrent à leur fête. » (Mervault. — Hist. de la Rebellion. - Mém. de Richelieu. Isnard. — Michelet , Henri IV et Richelieu.)
1627 10 14 (Siège de). — Le duc de Buckingham, ayant reçu des nouvelles d’Angleterre , qui lui annonçaient des renforts, et ayant reconnu que son armée pouvait encore avoir des vivres pour deux mois, avait déclaré, la veille, aux députés Rochelais qu’il renonçait à son projet de départ (V. 6 octobre.) et était décidé à continuer le siège de la citadelle de Saint-Martin. Il avait en même temps signé provisionnellement le traité d’alliance arrêté entre les commissaires Rochelais et lui, au nom du Roi d’Angleterre. Le 14 octobre, le conseil de guerre d’abord et le corps de ville ensuite approuvèrent et ratifièrent les articles du traité. Dans le préambule il était dit : que « la guerre ouverte et déploiée., qu’on leur avoit faite depuis un mois, les avoit contraintz de recourir au secours qui s’offroit à eux, et de franchir les mesures de neutralité qu’ils avoient prises au commencement ; que leurs bons et modérez comportemens n’ayant attiré sur eux , au lieu de grâces et louanges, que ruyne et désolation , ils n’avoient sçu prendre une autre voie:que celle de la naturelle et légitime défense, pour rendre à leurs familles les offices, à leur patrie les debvoirs, à leur religion les sacrifices dont ils sont tenuz par les lois divines et humaines, au péril même de leurs propres personnes et de leurs vyes ; que nonobstant les excez et injustices qu’on leur faits, l’union et conjonction qu’ils prennent avecq le seigneur Roy de la Grande-Bretagne, laquelle il a fait l’honneur de leur demander, n’avoit rien qui fut directement ou indirectement contre et au préjudice de la très humble subjection et fidélité qu’ilz recognoissent debvoir au Roy leur souverain , laquelle fidélité ils garderont sans doubte et inviolable, dans le désespoir ou les ennemys de l’Estat et de leur religion les ont mis. » Les 29 articles du traité portaient en substance : que tous les droits, prérogatives, immunités, franchises, libertés, privilèges et longues observances de la commune seraient inviolablement maintenus ; que la forme du gouvernement municipal ne serait pas changée ; que le Maire aurait seul, dans la ville, le commandement des gens de guerre, de quelque qualité et condition qu’ils fussent ; qu’il ne serait levé sur les habitans d’autres impôts que ceux accoutumés, et que les magistrats feraient lever eux-mêmes ; que durant la guerre , ils pourraient faire battre monnaie, fondre du canon, faire levée de deniers, confisquer les biens des déserteurs ennemis delà cause, équiper une flotte qui conserverait le pavillon aux armes et couleurs de la ville, et faire généralement tous autres actes de puissance souveraine et absolue ; qu’après que Buckingham se serait rendu maître de l’île de Ré, il lui rendrait les libertés dont elle jouissait avant l’arrivée de Thoiras, sans pouvoir, en aucun cas, la démembrer du gouvernement de la Rochelle ; que, pendant la guerre, il y aurait toujours près de la personne du duc deux commissaires, un membre du corps de ville et un bourgeois, avec voix délibérative et résolutive dans tous les conseils, qu’il s’agît de guerre ou de paix ; que la paix ne pourrait être conclue qu’avec l’avis et consentement des ducs de Rohan et de Soubise, et des habitans de la Rochelle, et sans qu’au préalable le fort de la Motte (1) et tous autres étant dans le gouvernement, y compris celui de l’Aiguillon, ne fussent entièrement rasés, avec assurance qu’ils ne pourront être rétablis sous quelque prétexte que ce soit, etc. ( Registre du corps de ville. — Mervault.) V. 30 mars.

(1) C’est sous ce titre que les Rochelais désignaient le Fort-Louis , auquel ils ne voulurent jamais donner ce dernier nom. En 1624 , un de leurs députés ayant reçu l’ordre de l’appeler ainsi, quand il parlerait au Roi, éluda la difficulté en s’exprimant en ces termes : Sire, ce fort qui n’est fort que parce quil porte votre nom, etc. (Vie du maréchal de Thoiras.)


1627 10 22 (Siège de). — Aussitôt après avoir approuvé les articles du traité passé avec Buckingham ( V. 14 octobre), le corps de ville, comprenant la nécessité d’envoyer des députés au Roi de la Grande-Bretagne, « pour le remercier très humblement, au nom du général de ceste ville (de tous ceux qui se trouvaient à la Rochelle), du soin particulier qu’il luy a plu prendre de sa conservation et de celle de toutes les églises du royaume, par l’envoy d’une si puissante armée en ces costes. et encore pour le supplier, en toute humilité, de vouloir continuer la faveur de son secours et assistance en l’exécution d’un si glorieux dessein », avait nommé un échevin et un pair, auxquels devaient être adjoints deux bourgeois et un ministre désigné par le consistoire. Le 22 octobre, il fut résolu qu’il ne serait envoyé que trois députés, et Jacques David, échevin, Pierre Salbert, pasteur, et Jean de Hinsse, bourgeois, furent élus. Salbert ayant refusé quelques jours après, le corps de ville admit ses excuses, et il fut remplacé par Ph. Vincent. [Rég. des délibérations.)
1627 10 26 (Siège de) (1). — Après la signature du traité fait avec Buckingham ( V. 14 octobre.) , le corps de ville sentit le besoin de publier un manifeste contenant les causes et raisons, qui ont obligé ceux de la Rochelle de prendre les armes et se joindre à celles du sérénissime Roi de la Grande- Bretagne, avec la copie des lettres de Sa Majesté à Mgr le duc d’Angoulesme ( V. 19 septembre.) , plus le serment de fidélité de Louis XI ( V. 24 mai), avec la harangue de M. Becker. ( V. 23 juillet.) Curieux monument d’orgueil municipal, dit M. H. Martin dans son histoire de France ; mais auquel on ne peut refuser une grande force de raisons, et qui contient certainement de justes et incontestables griefs. Il rappelle que la démolition du Fort-Louis était l’une des conditions de la paix de 1622, et que , malgré toutes les promesses, non-seulement on ne l’avait pas rasé, mais qu’on l’avait fortifié d’avantage ; que le traité de Montpellier n’avait pas été non plus exécuté par la cour , qui avait envoyé contre la Rochelle le maréchal de Praslin , avec une armée indisciplinée, qui avait causé toutes sortes de dégâts ; que Thoiras avait fait saisir et enlever tous les sels des habitans, pour construire , avec l’argent qu’il en avait retiré, la citadelle de Saint-Martin, et qu’à l’aide de ses vaisseaux, il empêchait l’arrivée par mer des blés et provisions, pendant que de nouveaux forts, construits aux passages de Marans et ailleurs, les interceptaient par terre ; que les garnisons voisines, au lieu d’avoir été réduites, conformément aux traités, avaient été grossies, de sorte qu’il y avait toujours eu autour de la ville 8 à 10,000 hommes , qui la tenaient bloquée ; qu’un sieur Bryet, intendant de justice à l’île de Ré, outre ses cabales dans la ville, avait fait brûler un jeune homme , faussement accusé d’avoir brisé un crucifix retrouvé peu de temps après : que, contrairement aux privilèges de la Rochelle , on y avait établi plusieurs impôts onéreux ; qu’on avait supprimé l’allocation de 2,000 liv. pour le collège , et celle de 6,000 liv. pour les fortifications, accordées par Henri IV, etc. ; qu’à ces griefs particuliers venaient encore se joindre les vexations de toute nature exercées dans tout le royaume contre les protestans ; que malgré tant de sujets de plainte , et après même l’arrivée sur leurs côtes de la flotte du Roi d’Angleterre , les Rochelais avaient envoyé des députés vers le duc d’Angoulême, pour protester de leur inviolable fidélité au Roi de France (V. 30 juillet.), en le suppliant d’intercéder au près de Sa Majesté pour qu’elle les fit jouir des conditions du dernier traité, et qu’il y avait répondu en ravageant leurs campagnes , brûlant et ruinant leurs maisons , en construisant des forts autour de la ville et en faisant des hostilités toutes ouvertes ; que les lettres du Roi, qui leur étaient tombées entre les mains (V. 1.9 sept.), les ayant convaincus que leur ruine était résolue, alors seulement ils s’étaient vu contraints d’accepter l’appui du Roi d’Angleterre , prêts à déposer les armes et à se soumettre en fidèles sujets à l’obéissance de leur légitime souverain, dès qu’il lui plairait les recevoir en grâce, faire réparer les infractions à ses édita, et les rétablir dans leurs anciennes libertés et privilèges. (Mervault. - Manifeste. )

(1) C’est la date donnée par Mervault à la publication du manifeste, que Colin reporte au 18 octobre.


1627 11 08. — Après les secours d’hommes et de munitions qu’avait reçus Thoiras, qui attendait encore de nouveaux renforts, Buckingham, avec son armée affaiblie, ne pouvait guère plus se flatter d’emporter la citadelle de Saint-Martin. Décidé à opérer sa retraite , il avait cependant consenti, sur les instances de Soubise , à tenter, le 6 novembre, un dernier assaut, qui avait échoué. Toujours chevaleresque, le duc avait alors envoyé vers Thoiras un gentilhomme, chargé de lui faire ses adieux et de lui dire qu’il quittait l’île , avant que de nouvelles troupes y arrivassent, à fin de laisser à lui seul l’honneur et la gloire de l’avoir, par sa valeur, sa prudence et sa patience, forcé à se l’embarquer. Le 8 novembre, en effet, il leva le siège et se dirigea avec ses troupes vers l’ile de Loix , où devait avoir lieu l’embarquement. Le maréchal de Schomberg était débarqué, la nuit précédente , près de Sainte-Marie, avec 4,000 hommes et 200 chevaux. Après avoir rallié la garnison du fort la Prée et fait faire la prière générale à ses troupes, il arriva à Saint-Martin, au moment où Buckingham venait de le quitter. Thoiras et ses braves soldats se joignirent à lui, et ils se mirent à la poursuite des Anglais. Thoiras était impatient de les attaquer ; Schomberg , au contraire , refusa deux fois la bataille que lui offrit Buckingham ; mais quand celui-ci fut arrivé à une longue et étroite chaussée, élevée au milieu des marais et coupée par deux ponts, qui se trouvait entre la Couarde et l’île de Loix, Schomberg lança sa cavalerie sur celle de l’ennemi, qui fut culbutée et renversée sur l’infanterie, qu’elle mit en désordre. Il profita alors de la panique des Anglais, qui, malgré les efforts de leur général pour les rallier, jetaient leurs armes pour gagner plus vite leurs vaisseaux , et les tailla en pièces. Richelieu dit, avec quelque exagération peut être dans ses mémoires, qu’ils perdirent près de 2,000 hommes (1) , soixante drapeaux (2), cinq colonels, deux cent cinquante capitaines, vingt gentilshommes de qualité et trois lieutenants-colonels. Les milords Mont-Joye, général de la cavalerie, Gray, général de l’artillerie et de Montaigu , étaient parmi les nombreux prisonniers. « Ainsy sortit de l’isle de Ré le duc de Buckingham, dit. Mervault, après y avoir demeuré trois mois et seize jours, et consommé une partie des vivres des Rochelois et mis au désespoir le party pour lequel il étoit venu en France. » ( Mervault. — Hist. de la Rébellion. — Guillaudeau. — Mém. de Richelieu, etc.)

(1) Une brochure du temps, intitulée : La défaite entière des Anglais ti leur honteuse retraite, ne porte qu’à 1,500 le nombre des morts, et à 400 celui des prisonniers. Guillaudeau est resté sans doute au-dessous de la vérité , en fixant à 400 seulement le chiffre des morts. — V. 9 norembre.

(2) « Quarante enseignes anglaises furent envoyées par le Roi a Paris , et appendues triomphalement aux voûtes de Notre-Dame. » (H. Martin.)


1627 11 09 (Siège de). — Le lendemain de la défaite des Anglais, Louis XIII recevait de Schomberg une lettre datée de la veille, et ainsi conçue : « Sire : j’ay faict en un mesme jour la descente en Ré, veu lever le siège de la citadelle et défaict l’armée angloise, de laquelle nous avons tué 1,200 Anglois, pris environ de vingt drapeaux et aucuns de leurs chefs, entre lesquels le général de leur cavalerie, appellé le milor de Mont-Joye. Celui-là m’a dit que le duc de Bouguingan s’estoit trouvé au combat. et y avoit esté blessé d’une mousquetade. Sans les marois advantageux, où les Anglois se sont sauvez, il n’en fut pas resté un seul. Je crois qu’ils s’embarqueront tous ceste nuict, etc. » Le soir, dit Mervault, » on fit de grands feux de joye à Estré, Coureilles , Bongrenne , la Moulinette , Fort-Louis et dans tous les quartiers de l’armée, avec salves de coups de canon et de mousqueterie , et de cris de vive le Roy, au sujet de la reprise de l’île de Ré sur les Anglois. Ce qui donna l’alarme bien chaude aux Rochelois , qui n’en savoient pas la cause ; tellement que, sur la crainte de quelque surprise et intelligence dans la ville (1), ils demeurèrent toute la nuit sous les armes. » (Hist. de la Rébellion. — Mervault.)

(1) La veille, on avait trouvé en plusieurs maisons « de petits paquets de poudre, avec des allumettes bien souffrées, au bout desquels étoient des mèches, qui avoient été allumées et qui néantmoins s’étoient éteintes sans avoir fait nul mal » On découvrit trois des auteurs de ces criminelles tentatives, dont l’un était serqent dans l’armée du Roi : ils furent aussitôt pendus sur la place du château. (Mervault.)


1627 11 14 (Siège de). — Longues instructions écrites données, à cette date, par le corps de ville aux députés envoyés en Angleterre, pour faire ratifier par le Roi de la Grande-Bretagne le projet de traité signé avec Buckingham. ( V. 14 octobre.) Il leur était expressément recommandé , s’il plaisoit au Roy d’y changer ou adjouter quelque chose, de ne rien accorder qui choquast leurs libertés et privilèges , et la fidélité et subjection qu’ils debvoient à leur Prince. Ils devaient le supplier de permettre en ses Estats une collecte, pour subvenir aux faibles ressources de la Rochelle, et employer les deniers qui en proviendraient en achats de denrées et munitions de guerre. (Rég. des délib. )
1627 11 17 (Siège de). — Buckingham, chassé de l’île de Ré (V. novembre.), restait encore maitre de la mer ; sa Hotte était toute entière ; il pouvait bloquer l’île, affamer les troupes victorieuses de Schomberg et déjouer les projets de Richelieu, qui se proposait de fermer aux Rochelais le chemin de la mer, comprenant déjà qu’il les dompterait plutôt par la faim que par les armes, et qu’en vain enceindrait-il la ville de lignes de circonvallation, de redoutes et de forts, si on leur laissait la mer libre pour recevoir des vivres et des secours (1). Mais le favori de Charles II était impatient de quitter le théâtre de ses revers, et de retourner à Londres fermer la bouche à ceux qui l’accusaient. Il avait écrit cependant aux Rochelais pour leur conseiller de profiter de sa présence, en traitant avec le Roi, dont il leur promettait les meilleures conditions ; sinon d’opter entre ces deux partis : le recevoir dans leur ville avec 2,000 hommes, ou le laisser partir pour l’Angleterre , d’où il s’empresserait de leur expédier des blés et tout ce qui leur serait nécessaire, promettant de revenir à la belle saison avec des forces considérables pour les délivrer. Mais, sans même attendre leur réponse , il leva l’ancre le 17 novembre (2) et fit voile pour la Grande-Bretagne. Les Anglais partis, Richelieu se trouvait seul enfin face à face avec la Rochelle , comme le lion avec sa proie ; mais cette proie, il était loin de la tenir, et elle devait lui opposer une longue et terrible résistance. (Merv.)

(1) Le 12 novembre , dit Mervault, on avait commencé , près de la maison de Coureilles, à enfoncer sur le rivage deux rangs de pieux, entre lesquels on jetait des pierres et de la terre ; de l’autre côté du canal, vers Port-neuf, on avait fait de même. Les Rochelais s’en moquaient, persuadés que la première tourmente en déferoit plus en une marée que l’on n’en scauroit faire dans un mois : cependant ils ne laissoient pas de tirer dessus afin d’en interrompre le travail. (Journal du dernier siège.) — V. 28 novembre.

(2) J’ai suivi la date de Mervault. Guillaudeau dit que Buckingham partit le 12 , le jour même où il écrivait aux Rochelais , ce qui est peu vraisemblable.


1627 11 28 (Siège de). — « Le dimanche , 28 novembre, les assiégeans commencèrent à faire une digue du côté du Fort-Louis , que deux maîtres maçons ou architectes de Paris, l’un nommé Métesiau (Clément Mélezeau, architecte el ingénieur du Roi) et l’autre Tiriot (Jean Thériot, qui devint architecte-ingénieur des bâtiments du Roi), avoient entrepris de faire à pierre perdue dans le canal pour le boucher et empêcher que rien n’entrât dans la ville de ce côté là. » (Mervault.) Voici la description de cette fameuse digue, donnée par les mémoires de Richelieu : « La digue estoit divisée en deux ; l’une commençoit au rivage vers Coreille, l’autre au rivage vers Chef-de-boys , et s’avançoient de costé et d’autre jusques à cent toises (1), qui estoit Ouverte au milieu pour le passage des marées. Elle estoit en telle distance de la ville que le canon n’y pouvoit aller. Et pour ce que , par l’ouverture, le secours eût pu entrer, on fit deux forts sur l’un et l’autre rivages, où les deux digues commençoient, et deux autres encore aux deux testes d’icelles, et on munit ces quatre forts de quantité de canons, et alin qu’aucun vaisseau de secours n’osât entre- j prendre d’y passer, on fit un autre fort au milieu de lad. ouverture , un peu avancé dans la mer, nommé le fort d’Argencourt ; et pour fermer le passage à quelque petit vaisseau, qui < eût pu se couler, on y fit d’autres machines , qui tenoient toute l’ouverture et estoient faites de grandes pièces de bois enfoncées et liées par dessus avec de la charpente ; on appela ces machines chandeliers ; et au-devant de tout cela, toute l’armée navale, disposée en bon ordre. Pour défendre du costé de la Rochelle, le cardinal avoit fait mettre au-devant de l’ouverture de la digue une palissade flottante , composée de trente-sept gros vaisseaux, attachés les uns aux autres avec des câbles, avec force canons et gens de guerre dessus, et après cette palissade, il y avait cinquante-neuf navires enfoncés en une ligne droite et un fort en triangle. » (V. 24 janvier. — 5 mars et 17 novembre.)

(1) Ce chiffre ne peut s’appliquer qu’à la portion de la digue bâtie en pierre ; car l’intervalle qui sépare les deux pointes est beaucoup plus large , et l’ingénieur Masse dit que la digue avait 740 toises d’une terre à l’autre par les mesures qu’il en a prises. On n’estime pas à moins d’une centaine les navires murés qui furent coulés , pour prolonger les deux côtés de la digue au-delà du point où on avait été obligé d’interrompre la partie maçonnée. (Mém. de Richel.)


1627 11 29 (Siège de), - On s’était flatté au camp royal que, découragés par le départ de la flotte anglaise, et se voyant menacés d’être privés de toute communication, du côté de la mer par une digue ( V. 28 novembre ), et du côté de la terre par les nouveaux forts et les lignes de circonvallation auxquels on travaillait avec ardeur , les Rochelais se montreraient moins exigeans sur les conditions de leur soumission. Déjà, le 21, un tambour du régiment des gardes avait apporté au Maire une lettre du lieutenant-criminel de Lescale, devenu l’un des intendans de l’armée du Roi, par laquelle il renouvelait certaines ouvertures d’accomodement déjà rejetées et qui n’eurent pas plus de succès. Le 29 novembre, un sieur Emery, gascon de nation, osa venir, de la part du duc d’Angoulême, offrir la paix à la condition de raser toutes les fortifications vieilles et nouvelles de la Rochelle et de réduire la ville à son ancienne enceinte de murailles. On ne fit même pas à de pareilles propositions l’honneur de les discuter, et elles n’eurent d’autre effet que de décourager entièrement ceux qui avaient nourri jusque-là quelques espérances de paix. (Merv.)
1627 12 07 (Siège de). — « Le soir, ceux du camp tirèrent quelques bombes vers la ville ; mais comme ils n’étoient pas assez près et que les mortiers n’étoient pas assez gros , ce fut sans effet. » Le même fait est attesté, dans ses mémoires, par Bassompierre, qui ajoute que ce fut un ingénieur allemand, nommé Clarvet, qui les fit tirer. C’est donc à tort que Blondel, dans son traité de l’art de jeter les bombes, s’est inscrit en faux contre l’assertion du polonais Siemienowski qu’on s’en était servi au siège de la Rochelle , et que M. Cheruel, dans son dictionnaire historique, prétend que l’usage n’en fut introduit en France qu’en 1634.
1627 12 31 (Siège de). — « Le même jour (31 décemb.), il fut découvert que le sieur Raphaël Colin , assesseur criminel de la ville, communiquoit avec les assiégeans par un aigle avec deux sonnettes d’argent, qu’il envoyoit comme présent au sieur de Thoiras, et il avoit des billets de recommandation pour luy dans lesd. sonnettes, dessus lesquelles se lisoit : « Je suis au Roy, Thoiras me garde. » (Mervault.) — V. 4 août.
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