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1623 - Inventaire du logis noble de Paul de Rabaine à Tanzac (17)

D 9 novembre 2018     H 00:31     A Pierre     C 0 messages     A 26 LECTURES


La famille de Rabaine tient une place prépondérante parmi les grandes familles de Saintonge.
Paul de Rabaine (c1590 - 1653) est seigneur de Tanzac, où il possède un logis noble. En 1623, huit ans après le décès (23 octobre 1615) de sa première épouse Françoise de Saint-Laurent, et à l’occasion de son deuxième mariage avec Louise de Beaumont, dame de Grissac, un inventaire de ce logis est fait, pour la conservation des droits de sa fille Suzanne, née le 16 mars 1612.

Un inventaire comportant un grand nombre d’articles (dont textiles) dont les noms ont partiellement disparu de nos mémoires.

Source : Etudes historiques : la maison de Rabaine - Charles Dangibeaud - La Rochelle - 1891 - BNF Gallica

Voir en ligne :

1623, 11 mai. — Inventaire sommaire est description de tous et chescuns les meubles, or et argent monnoyé et à monnoyer, appartenant à Paul de Rabayne, escuyer, conseigneur de Jazennes et Tanzac, demeurant à son logis noble dudict Tanzac, et ce pour la conservacion des droictz de damoizelle Suzanne de Rabayne, sa fille, et de deffuncte damoiselle de Sainct-Lorans, sa femme, quand elle vivoit. Pour laquelle inventaire faire, et apprès que ledict escuyer a promis et juré devant moy, greffier de la chatellanie terre et seigneurie dudict Tanzac, appartenant audict escuyer, et tesmoings bas nommez, iceux dicts meubles mettre en évidance, et pour iceux apprécier, a faict approcher Denis Vinet et Jehan Guérineau, laboureurs à boeufs de la paroisse dudict Tanzac, qui ont aussy promis et juré d’iceux meubles appretier au mieux de leur pouvoir, avons commancé à procedder audict iventaire estant au logis noble dudict escuyer, audict Tanzac, ce unziesme jour de may mil six cens vingt-trois en la forme et manière qui s’ensuit :

Et premièrement, estans en la chambre basse ou ledict escuyer faict sa demeure c’est treuvé une table à boire et manger, avecq son treteau, d’une pièce, et deux petits bans à pate ayant, comme ledict treteau, les pieds tournés, deux grands tabouretz, et six petis ayans les pieds tournés, deux chaises, l’une fermée pour porter mallades, le tout presque neuf, et deux buffaits avecq leurs armoires, et tels quels, le tout apprétié par lesdicts appretiateurs à vingt-quatre livres.

Plus trois chaslits faicts à quenouille, deux tournés et l’autre planier [1], deux couchettes aussy tournées, le tout presque neuf et leurs fonsures, apprétié par lesdicts apprétiateurs à trente livres.

Plus trois grands coffres, deux faicts à paneau et l’autre planier, et trois autres petis, les tous fermans à clefs ferré, apprétiés avecq un petit cabinet portatif à trente quatre livres.

Plus un corps de cuirace avecq son hausse col, trois grandes arquebuzes, deux de six pieds et l’autre de cinq pieds, deux escoupettes de trois pieds de canon, les toutes à rouhet, une petite rondache, un mousquet à mèche, deux fourchettes, deux pistollets, un grand et un petit aussy à rouhet, une arbaleste à jaillet, quatre meschans canons d’arquebuzes, deux bastons à deux bouts et un petit dart, le tout apprétié par les apprétiateurs à six vingts livres [2].

Plus deux payres de gros landiers, deux cramaillères, une petite palle, deux broches, l’une grosse et autre petite, deux casse, le tout de fer apprétié par lesdicts apprétiateurs aveq deux grilles aussy de fer, à vingt livres.

Plus deux grandz potz de cuivre l’un tenant un seillau et demy et l’autre deux paintes, deux potz de fer, l’un tenant trois paintes et autre deux, aveq leurs quatre couvretoires, et une autre deux d’ayrin et trois de fer et deux quillères, une de fer et autre d’ayrin, deux poisle à queue de moyenne grandeur, apprétié le tout à vingt livres.

Une fourche de moullin de fer, trois grands chaudrons...

Plus une buhe, un bassin, fasson de Tours, une quarte, une painte, une trois rocquilles, une choppine, une rocquille, une esvière, une sallière, un gobellet, un grand plat, quinze autres platz moyens, une escuelle à oreille, quinze assiettes et un flacon, le tout d’estain apprétié par lesdits apprétiateurs à trente-six livres.

Plus au fourny c’est treuvé la met...

Plus la garniture de deux chaslitz tournés consiste en huit pantz de courtine de lenne, faict de broderyes, les rideaux et le ciel de lenne de sarge blufve, fort uzées, et de l’autre les rideaux aussy de sarge verte et le ciel de toille, ensemble deux lictz de pleume avecq les deux traverciers merchés et faictz en ouvrage avecq trois cothelouvres [3] telles quelles appretiée à quatre vingtz deux livres.

Plus les deux licts des deux couchettes aveq leurs traverciers aussy de pleume faicts en ouvrage, et deux cothelouve uzé.

Plus en l’un desdicts coffres c’est treuvé une robe de taffetas noir, estoffé en descoupure à double d’un satin incarnat et taffeta bluf et les paremans du collet et manches de satin incarnat et bluf, avecq un corset de damas incarnat, grys et bluf, ensemble un cotillon de camellot de Lisle avecq six bandes de taffetas tout autour par devant, comme aussy un dessoubz de robbe de vellours chenillé noir, le tout à quatre vingts livres.

Plus quatre quillers d’argent aveq leur estuy, apprétié à neuf livres.

Plus vingt deux linceux de lain et cherve, presque neufs, apprétié la pièce, l’un portant l’autre, à six livres, revenant le tout à six vingts douze livres.

Plus trante un banlins [4] tant neufs que uzés... plus une nappe ouvrée, ayant trois aulnes de long et seize serviettes de mesme toille, apprétié à vingt livres. Plus trois nappes fines de toille de lain ayant chescune trois aulnes, et trente quatre serviettes de mesme toille, ensemble quatre autres nappes de toille de cherve, de pareille longueur et quatre douzenne de serviettes. Davantage six grosses nappes de toille d’estouppe et dix neuf serviettes de mesme toille et fort uzé, en outre dix essuemains que meschans draps servant à essuer les mains, le tout apprétié à cinquante quatre livres.

Plus en un autre desdicts coffres c’est treuvé une boyte ferrée et fermant à clef, en laquelle c’est aussy treuvé des canevats pour faire quatre pantz de courtines, estans couppé à bandes, sur partie desquelles bandes y a des broderyes de soye orangé, vert, viollet et blanc, et outre de la soye pour achever les garnitures, sçavoir cinq escheveau de soye blanche, six orangé, quatre de vert, et deux de viollet, qui n’a esté apprétié pour n’en sçavoir la valleur.

Plus en une autre boyte c’est trouvé un chappron de vellours noir ayant la brodure d’argent apprétié à douze livres.

Plus deux travaillolles de toille blanche, l’une planier, l’autre brodée à carreaux, davantage quatre souille [5] d’orillers, deux de toille de Hollande, l’une ayant du reseur autour, et les autres deux de toille de peys, et une ayant le dessus de reseur [6], apprétié le tout à dix livres. Plus c’est treuvé une boyte, laquelle en une poche de toille c’est treuvé pleine de grande dantelle d’un commancement de tavaiolle et de grand quantités de rezeurs que ledict escuyer a dict estre à faire, comme il ouy dire plusieurs foys, ladicte tavaillolle [7] et un linceul de cheminée qui n’a esté apprétié pour n’en sçavoir la valleur.

Plus trois quarts de satin à fleurs de couleur d’amarante apprétié à six livres.

Plus un deau [8] d’argent, apprétié à seize solz.

Plus une boyte ronde c’est treuvé aultre rezeur gastée et une aube de toille de ninomple [9], en laquelle est la passion représantée en tavelle [10] d’argent, soye josne, verte, orangée, incarnat, gris et blanc, qui n’a esté apprétié.

Plus ledict cabinet c’est treuvé un basnot (sic) de vellours feuille morte, un diamant en pointe et un grenat enchassés de bague d’or, une licorne [11] enchassée en argent, une crapodine enchassée et une bague d’argent, le tout apprétié à cinquante livres.

Plus une montre [12] de chambre de cuivre doré, avecq sa clef, un sublet [13] d’argent ayant deux sonnettes et une dant de loup, une aiguille aussi d’argent, à l’usage de damoiselle pour porter aux cheveux et une petite chesnette d’argent, le tout apprétié à seize livres.

Plus une burette de terre, en laquelle y a du baume naturel, de la grosseur d’une noix, qui n’a esté apprétié pour n’en sçavoir la valleur. Davantage y a oudict cabinet grand’nombre d’autres parures de damoizelle, comme deux aiguilles faictz en broderies d’or, argent, soye, une petite quillère d’argent de dragour et plusieurs chesures de geay, fil d’or, brasselets, pandans d’oreilles d’or en façon de roze, garnye de perles et diamants, un mirouher d’esbenne qui n’a esté apprétié... [14]

Le trantiesme jour de mars mil six cens trente sept, je greffier dudict Tanzac subz signé, à la requisition de Paul de Rabayne, escuyer, seigneur dudict Tanzac, me suis transporté à son chasteau dudict Tanzac, où estant il m’a remonstré que lors de la faction de son inventaire du promier lict, dès autre part, il auroit obmis de dire que des meubles y contenus, [sont] ceux qu’il avoyt recueillis et partagés avecq ses frères et soeurs, après le décès de damoizelle Marie Gombaud, dame dudict Tanzac et Cravans, vivant sa mère, et qui estoit au logis noble de Cravans, comme il se voit au partage faict d’iceux le premier de décembre mil six cens unze, reçue Cellier, greffier...


[1plan, uni, sans décor

[2En note, de l’écriture de Paul de Rabaine : « Le tout s’est perdu, tant au pillage de Pons que au pillage qui m’a esté faict dans ma maison par la compagnie du baron de Touraille. Le mousquet à mèche est à Bernessard ; le petit pistollet est en ma maison ; j’ay les deux bastons et dart. »

[3NDLR : Charles Dangibeaud écrit en note : "Ce mot n’existe dans aucun ouvrage.". Il nous semble reconnaître, un peu déformé par le transcripteur, le mot "Catelonne" ou "Cathelonne", qui ayant pour origine le mot "Catalogne", désigne un mode de tissage traditionnel de la Saintonge à partir de tissus de récupération et d’une chaîne en lin ou chanvre, connu de nos jours sous le nom de "lirette". Le mot "Catalogne" est toujours employé au Québec.

[4En vieux langage de l’Aunis et de la Saintonge c’est un drap de lit. Ce mot, dit-on, formé de la contraction du bas latin pannus lineus, dont la traduction littérale est « drap de lin » (Havard, Dict. de l’ameublement).

[5Souille est bien un mot usité dans le vieux français pour désigner une taie d’oreiller ; mais il faut peut-être lire soicille, à moins que le point sur l’i soit mal placé, ce qui n’a rien d’improbable. Cette hésitation est motivée par ce fait qu’en Saintonge on dit encore sousille en parlant du même objet.

[6En Angoumois on trouve rezoir que M. Havard pense être le même mot que razoir, mot dont la signification n’est pas nettement établie. D’après l’auteur du Dictionnaire d’ameublement ce serait une serge analogue aux razades ou razettes. Mais le mol reseul existe aussi avec le sens de rébeau, analogue à la guipure. Reseul, reseur et rezoir doivent désigner une seule et même chose.

[7Tavayole, tavaiole. Furetière donne de ce mot la définition suivante : « Toilette (c’est-à-dire petite toile) dont on se sert en quelques cérémonies de l’église, comme pour rendre le pain bénit ou pour présenter des enfans au baptesme. Elle est faite de toile bordée de dentelle et quelquefois toute de point et d’autres ouvrages. Ce mot vient de toüaille qui s’est dit autrefois pour une nappe ou serviette. » La tavaiole servait encore dans les intérieurs comme couverture d’oreiller. Elle n’a aucun caractère liturgique dans cet inventaire. (Voyez Havard, Dict. de l’ameublement).

[8Déau, dé.

[9Linomple, linon. Toile très fine.

[10Petit galon très étroit.

[11On sait en quelle estime pendant le moyen-âge, et jusqu’au XVIIe siècle, a été tenue la licorne. C’était une simple défense de narval, qui atteignait parfois des prix très élevés. Au XIVe siècle, et après, elle présidait aux essais. On croyait alors qu’elle révélait le poison dans les breuvages. Des commerçants fabriquèrent spécialement de la licorne, et comme la fraude était facile on vendait souvent de l’ivoire pour la précieuse matière. Ambroise Paré démontra son inefficacité. On vendait même de l’eau dans laquelle une dent de licorne avait séjourné, comme ayant la même vertu que l’objet lui-même, c’est-à-dire comme contre-poison. A partir de 1662, seulement, la croyance générale s’affaiblit rapidement en présence des révélations du père Kircher.

La crapaudine est une pierre qui avait, disait-on, la vertu d’indiquer, en suant, la présence du poison. (Laborde, Glossaire).

[12Probablement une de ces petites horloges que l’on posait sur un meuble ou une table.

[13Sifflet. Le mot est encore employé à la campagne.

[14L’inventaire perd tout intérêt. Il ne mentionne plus que les objets très vulgaires, barriques, mannequins, paniers, bujours, etc.

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