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1650-1699 Éphémérides historiques de la Rochelle revisitées

vendredi 17 avril 2020, par Pierre, 28 visites.

Les Éphémérides historiques de La Rochelle, publiées par J-B Jourdan en 1861, sont une véritable mine d’informations sur l’histoire de cette ville. Cet ouvrage essentiel est composé de 847 notices sur les événements du riche passé de cette ville. Pour chacune de ces notices, les sources d’archives sont mentionnées, et l’auteur compare les sources, leurs éventuelles contradictions.
Un ouvrage qui est aussi déconcertant pour le lecteur, puisque les événements y sont classés du 1er janvier au 31 décembre, toutes années confondues, ce qui rend impossible d’y retrouver la chronologie sous-jacente.
Nous avons "revisité" cet ouvrage en reclassant les 847 notices dans leur ordre chronologique du 21 mars 1089 au 12 novembre 1858.
Réalisée en période de confinement, propice aux travaux au long cours, cette nouvelle présentation facilitera, nous le pensons, les recherches des amateurs de l’histoire de cette ville au riche passé.
Nous avons conservé l’intégralité du contenu des 847 notices, avec leurs notes de bas de page. Pour faciliter la lecture, ces notes suivent immédiatement le texte principal de chaque notice.

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ÉPHÉMÉRIDES ROCHELAISES.
Tout le monde sait que ce fut par un édit de Charles IX , donné à Roussillon, en Dauphiné, le 9 août 1564, que le premier jour de l’année fut fixé pour l’avenir au 1er janvier. Antérieurement dans l’Aquitaine , dont faisait partie la Rochelle, l’année commençait le 25 mars, contrairement à l’ancienne coutume de France, qui fixait le premier de l’an au jour de Pâques. Toutefois, l’année municipale rochelaise continua de s’ouvrir le jeudi après la Quasimodo, jour de l’installation du Maire, dont l’élection avait lieu chaque année le dimanche de la Quasimodo.


1650
1650 06 26. - Monseigneur Jacques Raoul, premier évêque de la Rochelle, consacre sous l’invocation de Sainte-Geneviève, l’église des pères Capucins, qui avait été bénie dès le 17 mars 1638. (Arcère.)
1651 08 14. — Réunion des trois ordres de la sénéchaussée, convoqués par le comte du Daugnion, au palais et auditoire royal, pour procéder à l’élection des députés aux Etats généraux convoqués à Tours , pour le 8 septembre suivant, et rédiger les cahiers à présenter au Roi dans l’intérêt de l’Etat et du royaume. (Ms. du temps.)
1651 10 07. — Louis Foucault de Saint-Germain , comte du Doignon, après la mort du jeune amiral de Brezé, profitant de la faiblesse du pouvoir royal, s’était pour ainsi dire impatronisé dans le gouvernement de l’Aunis et, prenant des airs de petit souverain, s’était formé une armée et une escadre avec le produit des impôts et des salines. L’un des premiers, il avait embrassé la cause de Condé, quand celui-ci, entraîné par la duchesse de Longueville, s’était mis à la tête de la Fronde et avait donné le signal de la guerre civile. Mais quand le prince, appréciant l’admirable position que lui créeraient la Rochelle et Brouage, les îles de Ré et d’Oleron, appuyé qu’il serait par une Hotte considérable, avait manifesté l’intentention de passer dans son gouvernement, pour y transporter le théâtre de la guerre , l’ambitieux et égoïste du Doignon avait su trouver d’adroits prétextes pour ne pas livrer ses plaees, ni se dessaisir d’un gage qui fesait sa force et lui servait à négocier avec les deux partis. Il s’était engagé à les défendre seul, se fesant fort de rallier les populations au drapeau de Condé. Cependant il avait échoué dans ses tentatives auprès des Rochelais. Il résolut néanmoins, la ville étant alors toute démantelée, de transformer les deux tours de l’entrée du port en deux sortes de citadelles. Après avoir fait raser deux maisons contiguës à la tour de la Chaîne, il entoura les abords de celle-ci d’une épaisse muraille, assez haute pour communiquer avec le mur de la Chaîne, et à l’intérieur de laquelle il fit élever un rempart en terre. Pour isoler la tour de Saint-Nicolas, il fit couper, sur une largeur de 32 à 40 pieds, la muraille, qui va de cette tour à la porte St-Nicolas, ainsi que la plate-forme de terre, dont elle était doublée du côté de la grave. : il fit creuser un large fossé, allant du port à l’avant-port, de façon à laisser au pied de la tour un îlot triangulaire, sur lequel on éleva , presque à la hauteur de la muraille, une contre-escarpe, flanquée de deux demi-bastions liés par une courtine, et bien fraisée de longs pieux à grandes pointes de fer. Puis, pour rendre plus difficiles les approches de la tour, dont il avait rasé les galeries à créneaux du sommet jusqu’à la plate-forme , le 7 octobre et jours suivants , il fit démolir , jusqu’au quart de la muraille, le bastion du Gabut. (Le Mercure roch. — Mervault. — Cousin, la Fronde à Bordeaux.)
1651 10 08. — Dans la crainte d’être incommodé par le canon que l’on pourrait placer sur les clochers de Saint-Barthelémy et de Saint-Sauveur, du Doignon en fait rompre les voûtes supérieures, les planchers et charpente, et aussi les escaliers. (Mervault.) — V. 6 octobre.
1651 10 22. — Tallemant des Réaux, en parlant du comte du Doignon , dit dans ses historiettes, « ça été un grand tyran : il avoit cent gardes, montés comme des Saint-Georges et rançonnoit fermiers et marchands ; grande maison , grand équipage, etc. » Ainsi le trouvons-nous à la Rochelle. Déjà , à la fin de septembre , il avait parcouru les rues de la ville, à la tête de seize gentilhommes et escorté de quarante gardes, couverts de casaques, à fond d’écarlate, semées de croix, de flammes el d’ancres en broderies, et armés de gros mousquetons ; devant et derrière, marchaient vingt-quatre Suisses, la hallebarde en main , ses pages et laquais, habillés à ses couleurs ; enfin suivait son carosse, attelé de six beaux chevaux, de poil gris pommelé. Le 22 octobre, monté sur un cheval de prix, il traversa plusieurs quartiers de la ville avec une compagnie , qui se rendait au Braud. Il était précédé d’un suisse, son enseigne, richement vêtu et portant un drapeau blanc, au milieu duquel on avait peint une grosse nue, (Voit sortoit un bras nud, ensanglanté, tenant une épée flamboyante, avec quatre vents, qui souflloient autour de cette devise , écrite en gros caractère : EXPELLENDUS MAZARINUS — VIVAT REX. (Ms. du temps. —Mercure Rochel. — Mervault. )
1651 11 05. — Du Doignon, après avoir fait exécuter les travaux de défense dont nous avons parlé ( V. 7 octobre), était allé rejoindre, à Bordeaux, le prince de Condé. Les Rochelais profitèrent de son absence pour se préparer à déjouer ses projets. Quoique la ville fut ouverte de tous côtés, que les tours fussent au pouvoir de du Doignon , les canons prêts à mettre leurs maisons en poudre ; que des vaisseaux tinssent la mer et que de nombreuses troupes entourassent la ville, enfin qu’ils manquassent de chefs pour les commander, ils n’hésitèrent pas à se prononcer pour la cause royale. Neuf députés, choisis dans tous les corps de la ville, furent envoyés vers le Roi, qui était venu à Poitiers avec la Reine-mère, et le 5 novembre, ils furent présentés à Leurs Majestés, en présence de Messieurs du conseil. L’un d’eux , le conseiller Gaspard Pandin , seigneur des Martres, fit une longue harangue au Roi, qui l’écouta avec grande attention , manifesta toute sa satisfaction de la fidélité des Rochelais et promit qu’ils en seraient récompensés par ses bienfaits. Pendant ce temps-là , on élevait des barricades dans la ville, on formait des retranchements et on confiait à la milice bourgeoise la garde des deux ponts de Maubec et de St-Sauveur, pour intercepter les communications du faubourg St-Nicolas avec la ville. (Mervault. - Le Mercure rochelois.)V. 15 novembre.
1651 11 15. — Le marquis d’Estissac , lieutenant-général des armées du Roi au pays d’Aulnis, avait été chargé de seconder les dispositions royalistes des Rochelais ( V. 5 novembre), avec quatre compagnies des gardes et près de trois cents gentilshommes du Poitou et d’Aunis. Son arrivée à la Rochelle avait été saluée par les cris enthousiastes de vive le Roi, et par de vives démonstrations d’allégresse et de dévouement, auxquelles s’étaient associés les religieux des nombreux couvents. Du Doignon, en partant pour Bordeaux, avait laissé, à son lieutenant de Besse, le commandement des tours. En vain d’Estissac, en le rappelant à ses devoirs de fidélité au Roi, l’avait sommé de les remettre entre ses mains, de Besse s’était moqué de ses menaces. Cependant d’Estissac avait fait construire, par un sieur Suite, ingénieur-géographe , plusieurs retranchements et ouvrages de fortification, et dresser trois batteries, pour battre les tours de l’entrée du port, l’une sur la petite place voisine de la Grosse-Horloge , l’autre sur le quai de la grande rive, à l’endroit où était la poterie (1), et la troisième vers la Porte de Vérité (2), près du mur du Gabut ; il avait en outre fait pratiquer une mine sous la tour de la Lanterne. Le 15 octobre, au moment où on se disposait à faire jouer cette mine, les treize soldats, qui gardaient seuls la tour, se rendirent à discrétion , sauvant ainsi peut-être de la destruction l’un des plus remarquables monuments de notre ville. (L’Espion, de la Roch. Le Mercure Rochel.)

(1) C’était là que se tenait le marché aux pots. Une rue , qui a été détruite et qui allait de l’éijlise Saint-Sauveur au quai, et la porte, qui la terminait, portaient les noms de rue et porte de la Poterie. En face du bureau de la douane , sur un emplacement qui avançait dans le port, s’élevait une grande maison, que l’on désignait aussi sous le nom de la poterie, soit qu’on y fabriquât, soit qu’on y vendit seulement des pots. (Plans anciens. — Tableau de J. Vernet.)

(2) La porte de Vérité , située vis-à-vis de l’église Saint-Nicolas , servait à communiquer du quartier Saint-Nicolas sur le port, qu’une grande muraille, allant du mur du Gabut au pont Saint-Sauveur , séparait de ce faubourg. Cette porte était primitivement plus rapprochée du mur du Gabut, et on en a retrouvé les restes en coupant récemment ce mur, pour faire les nouvelles portes que l’on achève en ce moment.


1651 11 19. — Après s’être rendu maître de la tour de la Lanterne (V. 16 novembre), d’Estissac avait songé à s’emparer de celle de la Chaîne. « Nonobstant les grands feux d’artifice, les canonnades et mousqueteries des soldats des tours (de l’entrée du port), les troupes royales s’étoient emparées d’une maison joignant l’escalier de la muraille de la Chaisne. Dans la nuit du 19 au 20, les soldats des gardes et quelques habitants avec eux. malgré une grèle de mousquetades et de pierres qu’on leur tiroit au travers des machicoulis et des canonnières, vont à la barrière qui estoit à l’entrée de ceste tour sur la muraille, la rompent, enfoncent la première porte de la galerie, gaignent le premier pont, l’abattent et estant attachés au second, et le mineur s’estant fait ouïr au pied de la tour, où déjà il avoit advancé son travail, les ennemis, saisis de frayeur, abandonnèrent ceste tour pour aller en l’autre et, en la quittant, ils mirent le feu aux poudres et aux artifices qui estoient dedans, tellement qu’en une matinée, la fureur des rebelles détruisit un pompeux édifice, pour qui l’insolence des temps avoit eu du respect. » (1) (Mercure Rochel.)

(1) Fort endommagée par l’explosion , la tour de la Chaîne ne fut cependant pas détruite , puisqu’elle subsiste encore ; mais elle perdit ses mâchicoulis , la seconde tour qui surmontait le chemin de ronde et la cliapuce ou comble d’ardoise , qui terminait celle-ci. Commencée en 1382, cette tour avait été à peu près terminée en 1390. Massiou s’est trompé en disant qu’elle était anciennement couronnée d’une flèche pyramidale octogone, semblable à celle de la tour de la Lanterne ; et Arcère a commis une autre erreur, en disant qu’elle fut entièrement rebâtie en 1476 ; Bruneau , auquel il a sans doute emprunté cette date, dit seulement qu’elle fut parachevée cette année là et que, l’année suivante, fut faite tout à neuf sa chapuce. Elle avait treize toises de hauteur.


1651 11 28. — Il ne restait plus aux troupes du comte du Doignon que la tour de Saint-Nicolas ( V. 16 et 19 novembre. ), qui, battue continuellement depuis plusieurs jours, avait eu bientôt son chapeau et sa charpente percés à jour et une partie de ses galeries détruite. Le comte d’Harcourt, récemment arrivé avec de nouveaux renforts, avait fait sommer de Besse de lui remettre la tour ; mais celui-ci lui avait répondu qu’il la gardoit pour le service du Roy, duquel il était aussi bon serviteur que ] luy. On avait alors ouvert la tranchée ; les soldats des gardes ] étaient parvenus à rouler devant eux des paquets de liège et ) des balles de laine jusqu’à la palissade de la contrescarpe, et le mineur à se loger au milieu de la courtine. Le 28 novembre, f après un feu des plus opiniâtres de chaque côté, les assiégés cessèrent tout à coup de tirer ; le comte d’Harcourt profita de l ce silence pour faire crier qu’il y avoit bon quartier pour les i soldats et qu’ils auroient la vie sauve , moyennant qu’ils l’otassent à leur commandant. Alors, après deux chamades, un sergent et un suisse sortent de la tour et viennent trouver d’Harcourt, qui leur déclare qu’ils ne peuvent racheter leur vie que par la mort de leur chef. A leur retour, de Besse , voyant qu’il n’avait pas de quartier a espérer, menace de mettre le feu aux poudres ; mais un soldat suisse « le frappe d’un coup d’épée, après que son pistolet eût manqué, et comme il veut redoubler, de Besse fuit et demande un confesseur. Il a beau appeler et se tourmenter, il ne trouve point ce qu’il cherche. du haut du réduit, il se jette au bas du fossé ; en tombant il attrape une échelle, posée contre la muraille du fort ; y estant suspendu par les mains, il crie au seigneur Dejenlis et Puiseau , chevalier de Messignac, qu’ils le sauvent, on luy refuse ce qu’il demande ; il remplit l’air de ses cris, et ny le ciel, ny la terre n’en sont touchés ; les soldats des gardes vengent sur luy la mort de leurs compagnons : ils le percent comme un crible, à coups d’espées et de pistolets. » La garnison ouvrit alors les portes de la tour aux troupes royales. Un Te Deam fût chanté, le même jour, dans le grand Temple, où le comte d’Harcourt avait appendu les trophées de sa conquête. Il dût s’applaudir d’autant plus de ce triomphe que l’armée de Condé approchait et que, le lendemain, son avantgarde était à Muron ; elle rétrograda en apprenant la prise des tours, et bientôt la Saintonge et la Guienne tirent leur soumission. (Merc. roch. — manifeste de la Roch. — Relat. vérit., etc. )
1651 12 09. — Louis XIV, pour récompenser les Rochelais de leur fidélité et du service qu’ils lui avaient rendu en dévouant les projets du comte du Doignon , leur fait remise de quatre années de subsides arriérées et réduit à 10,000 livres la somme de 24,000 qu’ils payaient annuellement à l’Etat ( en y comprenant les 4,000 livres, à laquelle ils étaient abonnés pour toutes tailles et creues), avec assurance de n’être point augmentés à l’avenir sous aucun prétexte. Et pour leur faciliter le paiement de cette somme et les indemniser des grandes dépenses qu’ils avaient faites dans les derniers événements, il les autorise en même temps à lever à leur profit 3 liv. 10 sols sur chaque tonneau de vin et de bierre vendu en détail dans les hôtelleries et cabarets de la ville, et 15 sols sur ceux vendus dans la banlieue. ( Ms n°s 8,435-604.)
1651 12 19. — Si les troupes de du Doignon avaient été chassées des tours (V. 28 novembre) , ses navires n’en continuaient pas moins de venir de Brouage croiser sur les côtes, et l’on pouvait craindre que l’armée de Condé ne pénétrât bientôt dans l’Aunis ; les Rochelais savaient d’ailleurs quelle profonde rancune le premier gardait contre eux par suite de leur fidélité à la cause royale. En conséquence, tous les habitants s’étaient munis de bonnes armes, avaient fait provision de poudre et de plomb , ne sortaient que l’épée au côté et montaient la garde deux fois par semaine. Il leur avait fallu songer surtout, pour éviter une surprise, à fortifier les endroits les plus faibles de leur ville toute ouverte, et à l’entourer de retranchements. La Cour leur envoya pour diriger les travaux, M. de Saint-Romain, qui arriva à la Rochelle le 19 décembre. Chacun mit le plus louable empressement à aller travailler aux nouvelles fortifications , les uns avec des hottes , les autres avec des pics et des pelles , et les femmes et les filles elles-mêmes rivalisaient avec les hommes d’ardeur et d’assiduité. (Merc. Roch.)
1653 03 29. — Pose de la première pierre de la nouvelle église de Notre-Dame , reconstruite sur l’emplacement de l’ancienne église de Ste-Marie-de-Cougnes, qui avait été détruite pendant les troubles religieux. (Arcère.) — V. 10 et 19 février.
1653 06 10. — Le cardinal Mazarin est nommé lieutenant-général au gouvernement d’Aunis, île de Ré, ville et gouvernement de la Rochelle. (Arcère.)
1654 03 15. — « Le 15e de mars, Jean Guiton , escuyer, sieur de Repose-Pucelle (1), aagé de 69 ans ou environ, a esté enterré. » Telle est la simple mention qui constate , sur un des registres de décès des protestants, la mort du dernier Maire de l’ancienne commune rochelaise ; de l’intrépide amiral qui combattit si vaillamment, en 1622 et 1625, contre les forces supérieures des ducs de Guise et de Montmorency ; du héros populaire dont l’inébranlable fermeté et la sombre énergie caractérise si bien l’immortel siège de 1628. Il fut enterré dans le cimetière des protestants, situé alors près du canal de la Verdière, dans la rue nouvellement appelée de Réaumur, sur l’emplacement même de ces anciennes fortifications qu’il eût la douleur de voir tomber, après avoir tant fait pour les défendre. (Reg. des protest.) (2)

(1) Nom d’une métairie de la paroisse de la Jarne , que Guiton avait eue de sa femme.

(2) Sur le terrain aujourd’hui occupé par les maisons de MM. Morcli et Arnoux.


1660
1660 05 17 (Jour de la Pentecôte). — Consécration de l’église des religieux Augustins, sous l’invocation de Saint-Thomas-de-Villeneuve, ancien archevêque de Valence, qui venait d’être canonisé. Il y eut à cette occasion des fêtes magnifiques, qui durèrent plusieurs jours et attirèrent dans nos murs une foule immense de religieux, de fidèles et de curieux. Non-seulement les moines, les ecclésiastiques, mais encore tous les corps civils et militaires, les corporations des métiers, &., y prirent part. Le récit qui a été publié, par le prieur des Augustins, de toutes les cérémonies, processions et feux d’artifice de cette grande solennité remplit toute une brochure (1). La première pierre de cette église avait été posée le 21 décembre 1654. Nous avons vu comment les Augustins furent chassés de leur couvent par la tourmente révolutionnaire. (V. 6 mai.) En 1804, les anciennes Ursulines de la Rochelle , vinrent s’établir dans leur monastère, où elles ont été remplacées, en 1835 , par les religieuses de Chavagne.

(1) Elle a été reproduite par le journal l’Echo Rochelais , dans ses numéros de la fin de l’année 1857.


1661 09 19. — Ordonnance des juges de police, confirmée peu après par l’intendant Colbert du Terron , et enjoignant aux protestans, qui ne pouraient justifier qu’eux ou leurs auteurs fussent domiciliés à la Rochelle avant la descente des Anglais à l’île de Ré, en 1627 , de sortir de la ville dans le délai de deux mois. On les tenta par de belles promesses, s’ils voulaient changer de religion ; mais rien ne put ébranler leur foi. Malgré la mauvaise saison, on ne voulut leur accorder aucune prolongation de délai : ils furent poursuivis avec la dernière rigueur. « Les sergens saisissoient dans leurs maisons ce qu’ils trouvoient de meilleur et jetoient le reste dans la rue ; on mettoit hors de leurs maisons des vieillards, qui ne pouvoient se soutenir ; on couchoit sur le pavé des enfans encore au berceau ; on n’épargnoit ni les femmes prestes d’accoucher, ni celles qui, nouvellement accouchées, ne pouvoient quitter le lit sans danger de perdre la vie ; on n’avoit pas plus de pitié pour les malades, qu’on chassoit comme les autres , sans leur donner le temps de chercher quelque moyen de se faire transporter avec plus de commodité : quelques-uns de ces malheureux moururent entre les mains de ceux qui les emportoient. il sortit de la Rochelle près de 300 familles par ces rigueurs. (1) » (Hist. de l’édit de Nantes. — Tessereau.)

(1) « On avait mis hors de la Rochelle 300 familles , sans leur donner une heure ; elles campèrent sous les pluies de novembre. Tels moururent, tels s’enfuirent, entre autre le Rochelais Marsilly. C’était un homme seul, mais de grande action et qui pouvait ce qu’il voulait. Il agit fortement en Suède et jeta les Suédois dans la ligue qui arrêta le Roi. En 1669 , il était en Angleterre et il agissait sur le Parlement. Il eut le tort de croire qu’il gagnerait Charles II. » Craignant d’être livré par les Anglais, il se réfugia en Suisse , Louis XIV l’y fit enlever. On lui fit son procès ; il supporta la question avec une admirable fermeté. Sachant sa mort résolue , il voulut attenter à ses jours par la plus horrible mutilation. On s’en aperçut à temps ; on profita de son reste de vie pour le rouer vif. Il tint ferme jusqu’au bout , et les habitués de la place de Grève admirèrent son inébranlable courage. (Michelet, Louis XIV et la révocation de l’Edit de Nantes.)


1661 09 26. — Jugement du présidial qui condamne un prêtre , nommé Gentil, à neuf ans de galères et à faire amende honorable, pour avoir abandonné la religion catholique et embrassé le protestantisme. Il était si pauvre qu’on le déchargea de l’amende et des dépens. Avant d’être livré au bras séculier, il avait été déclaré par l’official apostat, sacrilège et profana-, leur des sacremens de son église. (Benoist, hist. de la révoc. de l’édit de Nantes.)
1664 02 26. — « Une colonie française s’embarque à la Rochelle, pour aller peupler l’île de Cayenne. » Deux ans après, au mois de mars, François de Lopis, marquis de Mondevergue, amiral et lieutenant-général, chargé du commandement des places et des vaisseaux français au-delà de la ligne de l’Equateur, partit aussi de notre ville pour Madagascar, avec dix navires, escortés par quatre vaisseaux du Roi, sous la conduite du chevalier de la Roche, chef d’escadre. (Arcère.)
1664 08 28. — Lettres de Louis XIV, qui approuvent l’établissement à la Rochelle des filles de Saint-Joseph, dites de la Providence, sous la nouvelle règle de Saint-Augustin , qu’elles venaient d’adopter. Arcère manque d’exactitude en disant qu’en 1659 Il trois pieuses filles formèrent le dessein de vivre en société pour élever de pauvres orphelins et que privées de tout bien, la charité des fidèles pourvut à leur subsistance. » Des termes de l’ordonnance royale, il résulte que ce fut à l’instance de la Royne et à la réquisition de feu fEvesque de la Rochelle (Mgr Raoul de la Guibourgère), que l’archevêque de Bordeaux envoya trois des filles de Saint-Joseph, de cette dernière ville , pour fonder à la Rochelle une société aux mêmes fonctions, conditions, droits el privilèges que celles de Bourdeaux, estant de grande nécessité dans lad. ville, pour empescher la perversion des filles abandonnées par la mort de leurs parents et donner moïen aux filles de religionnaires (protestants), qui sont en grand nombre en lad. ville et environs, de travailler à leur conversion. Aussi, dès l’année de leur arrivée, les trouve-t-on en possession d’une maison, composée de plusieurs bastiments et corps de logis , située en la paroisse de Notre-Dame et faisant face sur la rue de la Vieille-Fontaine (actuellement rue Dauphine), maison dans laquelle elles sont encore aujourd’hui. La reine Anne d’Autriche ne tarda pas à leur faire obtenir du Roi une pension de mille écus et leur établissement prospéra à ce point qu’en 1698 elles n’étaient pas moins de quarante religieuses. Elles n’étaient plus que douze, quand, au mois de septembre 1792, elles furent expulsées de leur couvent. Elles en furent remises en possession le 12 janvier 1809, et comme les bâtiments étaient en très mauvais état, le Maire autorisa une collecte pour les aider à les réparer (1). (Reg. du présid. — Ms. de la bibl. n° 2128. — Arcère.)

(1) En 1689 , on avait pris pour les fortifications une petite portion de leurs deux.vastes jardins. (Chasse.)


1666 06 17. — Réglement adopté par le corps de ville pour la vente du poisson à la Rochelle. Aux termes de ce règlement, tous poissonniers apportant du poisson en cette ville, par terre ou par mer, étaient tenus de le porter droit à la cohue (marché au poisson , situé à l’extrémité de la rue du port, près de la grande rive), pour le vendre et débiter au peuple, depuis cinq heures du matin jusqu’à dix heures, sans qu’il leur soit loisible de le vendre aux estrangers ou forrains en gros ou en détail, à quelque prix que ce soit, sur peine de 60 sols un denier d’amende. Pour le poisson qui arrivait après 10 heures, il devait être mis en vente de la même manière, pendant deux heures. Ce n’était qu’après ce délai que les marchands de poisson et revendeurs étaient autorisés à entrer dans le marché et à acheter des poissonniers le poisson en gros. Il leur était interdit, sous peine d’amende et même de prison, d’aller au-devant des pêcheurs ou d’entrer dans leurs navires, et dans un but de monopole, de surenchérir le poisson de façon que le peuple ne put en acheter à cause de son haut prix. Quand le poisson n’avait pu être vendu le jour de son arrivée, il devait être mis en vente en un seul lot, sur un banc particulier, après avoir eu la queue coupée ; enfin il était défendu de vendre aucun poisson par les rues, et ailleurs qu’à la poissonnerie. (Statuts du corps de ville.)
1666 11 16. — La bulle du pape Innocent X, qui avait ordonné la translation à la Rochelle de l’évêché de Maillezais ( V. 2 mai) , avait en même temps prononcé la sécularisation du chapitre monacal de Maillezais, en faveur du nouveau chapitre établi en cette ville ; mais l’exécution de cette dernière disposition de la bulle avait soulevé tant d’opposition de la part de l’ancien et riche chapitre de Maillezais, que la sentence de fulmination n’en put être rendue que le 16 novembre 1666. Il fut en conséquence ordonné aux ex-chanoines réguliers de quitter l’habit monacal et de se rendre immédiatement à la Rochelle, pour y remplir les fonctions de leur ministère. Jusque-là, c’était les pères de l’Oratoire qui avaient assisté l’évêque, quand il officiait pontificalement. La première assemblée capitulaire se tint à la Rochelle, le 20 décembre de la même année. Trois mois après, les paroissiens de Saint-Barthelémy qui, depuis le siège, s’étaient servis de l’ancien Temple pour leurs exercices religieux, ne pouvant s’accommoder avec les nouveaux chanoines , furent obligés de leur céder la place. (V. 20 juin.) En 1715, une bulle de Clément XI, supprimant la riche abbaye régulière de Nieul-sur-l’Autis (1), unit les manses abbatiale et conventuelle de cette abbaye au chapitre de la Rochelle. Enfin, en 1733, la manse conventuelle et les offices claustraux de l’abbaye de Notre-Dame de l’Absie, en Gâtine, furent de même réunis au chapitre, qui se composa dès-lors de neuf dignités et de vingt-un chanoines, y compris les deux théologaux (2). (Vol. de la bib. int. : Miscellanées nos 8435-637.)

(1) Ses revenus montaient à 25,000 livres de rente. (Bunsen de la Martinière.)

(2) La dignité de doyen était élective , celle d’abbé à la nomination du Roi ; l’évêque conférait les autres dignités et les canonicats ; toutefois le 21e était à la présentation de l’abbé de l’Absie. Des trois archidiacres, le premier portait le titre de grand archidiacre et avait dans son détroit ou district la Rochelle et les archiprêtrés d’Ardin et de l’île de Ré ; le deuxième avait les doyennés de Fontenay-le-Comte et de Saint-Laurent-sur-Sèvres et l’archiprêtré de Surgères ; le troisième, d’abord simple chancelier, avait les doyennés de Bressuire et de Vihiers. (Décret de Mgr, de Laval.)


1667 04 03. — Une ordonnance de Louis XIV ayant obligé toutes les villes à avoir » un hôpital général, pour loger, enfermer et nourrir les pauvres mendiants valides et invalides , nés dans la ville ou y ayant résidé pendant un an, comme aussi les enfants orphelins ou nés de parents mendiants, » les habitants de la ville, réunis en assemblée générale, donnent plein pouvoir aux membres de la commission administrative (1) de la Rochelle, pour choisir un lieu convenable et emprunter la somme nécessaire à son acquisition. On acheta à cet effet la maison du Plessis, près de Rompsay, et des lettres patentes du mois de janvier 1673 consacrèrent le nouvel établissement sous le titre d’Hôpital général de Saint-Louis. C’était moins un hôpital, dans l’acception ordinaire de ce mot, qu’un véritable dépôt de mendicité ; car les malades devaient, selon leur sexe, être transportés soit à l’hôpital des religieux de la Charité (2), soit à celui des religieuses Hospitalières ; le chirurgien, qui devait être fourni par le corps des chirurgiens de la ville, était chargé de traiter seulement les employés de l’hôpital et les indispositions légères des pauvres. D’un autre côté les lettres patentes interdisaient à toutes personnes valides, ou invalides, la mendicité dans la ville et les faubourgs, dans les rues ou dans les églises, publiquement ou secrètement, à peine de prison pour la première fois et pour la seconde d’être rasées et châtiées dans l’hôpital, où était établie une prison (3). Elles allaient même jusque là , de défendre .l’aumône , .en quelque lieu que ce fut, « nonobstant tout motif de compassion, nécessité pressante ou autre prétexte, à peine de trois livr. d’amende au profit de l’hôpital. « Le conseil de l’aumône se composait de huit directeurs ou administrateurs et d’un receveur, nommés pour deux ans et dont deux devaient être toujours pris dans les membres du chapitre de la cathédrale, et deux parmi les magistrats du présidial. Il leur était permis d’établir des manufactures de toutes sortes dans les dépendances de l’hôpital, d’en vendre et débiter les marchandises, sans être sujets à visites ni droits d’aucune sorte, d’aide, de douane ou autre (4), de faire des quêtes, « d’établir des troncs dans églises, carrefours , lieux publics, magasins, boutiques de marchands, hôtelleries, marchés, halles, foires, en tous lieux où on peut être excité à faire la charité, même aux occasions des baptêmes, mariages, convois, enterrement, etc. » Ils avaient le monopole des tentures des funérailles ; ils jouissaient encore « du droit de la boucherie de carême, à la charge toutefois de payer le prédicateur de l’avent et du carême. » Enfin il était accordé à l’hôpital de la Rochelle les mêmes privilèges qu’aux hôpitaux de Paris et de Tours. Son éloignement de la ville étant incommode, l’évêque de la Rochelle, Mgr de Laval, après la destruction du temple des protestants, en 1685, en obtint du Roi l’emplacement pour y transférer l’hôpital général, dont l’église, sous l’invocation de Saint-Louis, fut bâtie à l’endroit même ou se trouvait le prêche de la ville neuve (V. 11-r -mars.) Le Plessis fut alors vendu aux jésuites du séminaire. (Lettres pat. — Notes de Jaillot.)

(1) Depuis la suppression de la mairie et du corps de ville, en 1628, jusqu’en 1694, les affaires de la ville furent administrées par un conseil d’administration, composé de douze syndics , aux réunions desquels assistaient un commissaire de chacune des cinq paroisses. (Colin.)

(2) v. 5 mars 1630.

(3) Les administrateurs avaient le droit de punir les simples délits commis par les détenus de l’hôpital ; ce n’était qu’en cas de crimes qu’ils étaient obligés de recourir à la justice ordinaire. (Lettres pat.)

(4) « On y a établi depuis peu, dit Rrunzen de la Martinière, une (ayencerie, qui a fort bien réussi. » Ce succès ne fut pas de longue durée, nous apprend Arcère, t. 2, p. 481.


1670
1670 04 29. — Commencement des travaux entrepris pour nettoyer le port, qui fut approfondi de cinq pieds. Ce travail dura près de deux ans. (Ms. de M. Vivier.) — V. 2 janvier.
1672 04 26. — Brevet du Roi, qui autorise les membres du présidial de la Rochelle à porter la robe rouge aux processions et cérémonies, qui avaient lieu chaque année, le jour anniversaire de la réduction de la Rochelle ( V. 15 janvier), le jour de la Fête-Dieu, et à l’audience solennelle, qui inaugurait la reprise de ses travaux après les vacances. Deux autres brevets de 1750 et 1751 étendirent cette faveur aux jours de Noël , Pâques, la Pentecôte, l’Assomption et aux Te Deum chantés par ordre du Roi. Ce qui démontre que les membres du présidial assistaient alors en corps et en costume aux solennités religieuses des grandes fêtes de l’église.
1672 12 04. — Arrêté de l’intendant Colbert du Terron « faisant très expresses défenses à toutes sortes de personnes , sans aucune exception et de quelque qualité et condition qu’elles soient, de sortir des maisons où elles sont logées , en hiver, après six heures du soir et, en été, après le couvre-feu sonné, sans avoir des flambeaux ou chandelles allumées pour les éclairer dans leur marche, et de porter d’autres armes que des épées dans leur foureau. » (Acte du temps.) — V. 7 octobre.
1675 10 31. — Nous avons vu qu’après la reddition de la Rochelle, Louis XIII avait ordonné qu’il serait placé à la porte principale de l’église, que les pères Minimes devaient construire à la pointe de Coureilles, deux plaques de cuivre, pour consacrer le souvenir de l’immense ouvrage de la digue et des succès de sa flotte. (V. 20 mars.) Quarante-sept ans s’étaient écoulés sans que cette disposition de sa déclaration eût reçu son exécution. L’intendant Demuyn, bien moins dans le but de célébrer le triomphe de Louis XIII que dans celui d’ajouter encore l’insulte à toutes les vexations qu’il avait fait subir aux protestans Rochelais, fit graver sur chacun des montans de la porte de l’église Notre-Dame-de-la-Victoire, deux inscriptions, l’une latine , l’autre française , dont la dernière était ainsi conçue : A la gloire de Dieu et de la piété dit trés chrestien , Louis XIII , Roy de France et de Navarre, Arrestés-vous passans, et admirés le trophée de piété et de gloire dont le digne autheur est Louis XIII, qui a soumis la Rochelle rebelle, insolente et hérétique à la loi de Dieu et de son église , comme à celle de son sceptre. Le ministre-cardinal, duc de Richelieu , assista nostre invincible monarque de ses conseils et de ses soings dans ce glorieux ouvrage , ayant par son ordre fait construire une digue entre les flots de la, mer , qui fut le boulevard de Louis-le-juste, la barrière de l’Anglois , le lien de la mer, le frein de l’hérésie , la réduction de la ville , et la huictième merveille du monde. Cette digue, avec l’armée navale de S. M. , osta aux Anglois le pouvoir et volonté de secourir les rebelles assiégés , dont elle terrassa l’orgueil aux pieds de leur souverain, qu’ils publièrent leur victorieux, le xxvme d’octobre MDCXXVIII. Si les armes de notre glorieux monarque luy ont remis une ville rebelle , sa clémence luy acquit un illustre triomphe , donnant la vie à des habitans moribonds , l’aliment à des affâmés , la grâce à des coupables , l’amnistie à des félons et la paix à des révoltés. Et afin que la mémoire d’une si auguste victoire fust jusqu’à la consommation des siècles, S. M. fit bastir cette église et couvent dédiés à la Reyne du ciel, sous le titre de N.-D.-de-la-Victoire , désirant que ce lieu , qui avoit été le théâtre de ses combats, fust la marque éternelle de sa piété, y établissant les religieux Minimes , de la province de Touraine, reconnaissant par cette munificence les saints offices qu’ils rendirent dans son camp et leur assistance aux soldats dans le siège de la Rochelle. Au-dessous étaient gravées les armes de l’intendant, avec ce vaniteux post-scpitum : Cet éloge a été apposé à la porte de cette église , suivant l’intention de S M. , par l’ordonnance de très noble et illustre seigneur Honoré Lucas, chevalier, seigneur de Demuyn et de Courcelles , conseiller du Roy, intendant général de la justice , police, finances et armées navales de S. M. en toutes les costes du Ponant et gouvernement de Brouage , la Rochelle , pays d’Aunix , isles et costes adjacentes, le jour avant les Kalendes de novembre, MDCLXXV (31 octobre.) (1)

(1) Arcère qui ne donne pas le texte des inscriptions (que je ne crois pas avoir été imprimé), a commis une erreur , en fixant à l’année 1676 la pose de ces plaques de cuivre , qui eut un fâcheux retentissement.


1675 12 12. — Mort de Pierre Mervault, l’auteur du Journal du dernier siège. (Reg. des prot.) — V. 16 août.
1677 08 07. — A la requête des maîtres apothicaires de la Rochelle, le Roi sanctionne dix nouveaux articles ajoutés à leur ancien statut, et par l’un desquels il était fait défense expresse à tous autres qu’à des catholiques d’ouvrir boutique d’apothicaire dans cette ville. (Reg. du présidial.) — V. 14 juillet.
1677 12 29. — Avant même la révocation de l’édit de Nantes, les protestants de la Rochelle avaient été, on se le rappelle (5 mars, 14 juillet et 7 août), exclus de tous grades dans la milice bourgeoise, privés de la maîtrise des arts et métiers ; on leur avait interdit l’exercice de la médecine et de la pharmacie ; on avait été jusqu’à les priver même de leurs anciens droits de noblesse : le 29 décembre 1677, l’intendant Demuyn , en vertu d’une lettre du Roi, rendit une ordonnance qui leur fesait défense de se présenter à l’avenir et de prendre part à l’élection de ceux qui, dans chacune des cinq paroisses de la ville , étaient chargés de choisir les directeurs des affaires publiques de la Rochelle. ( Arch. du greffe du tribunal civil.) Ainsi appelait-on les membres de la commission administrative, qui depuis la réduction de cette ville, avait remplacé la Mairie élective et l’ancien corps de ville. Elle se composait de douze personnes, dont deux magistrats du présidial, deux officiers de l’élection, deux avocats, deux procureurs et quatre marchands. (Colin.)
1678 06 20. — Célébration de la première messe dans l’église de Saint-Barthélémy rebâtie. (Livre historial de l’Oratoire.) Après la destruction des églises de la Rochelle, en 1568 (V. 10 févr.), il ne restait plus de l’antique basilique de St-Barthelémy que le clocher et quelques pans de murailles en ruine. L’édit de Nantes ayant remis les paroissiens en possession de ces tristes débris, ils avaient, à l’aide de souscriptions, commencé de bâtir une nouvelle église sur les fondements de l’ancienne ; mais la population protestante et l’administration municipale ellemême leur avaient créé tant d’obstacles , que les travaux étaient loin d’être terminés, quand éclatèrent de nouveau les guerres religieuses. Après le siège de la Rochelle, Louis XIII leur abandonna la jouissance du grand temple jusqu’à ce qu’ils eussent pu reconstruire une église. Ils y étaient encore en 4666, époque à laquelle le chapitre de Maillezais vint s’y établir, en vertu de la déclaration de Louis XIII, qui avait érigé le grand temple en cathédrale. Des difficultés étant survenues alors entre les paroissiens et les chanoines, les premiers se retirèrent dans la chapelle de Sainte-Anne, près de la place du Château ; mais s’y trouvant trop à l’étroit, ils acceptèrent l’offre des frères de l’Oratoire de faire le service de la paroisse à Sainte-Marguerite (1668). Très peu de temps après, ils se transportèrent dans l’église des Augustins, pour revenir encore, au mois de juin 1673, à Sainte-Marguerite, où ils restèrent jusqu’à la reconstruction de leur église. La première pierre en avait été posée au mois d’août 1668. Son chevet, au lieu d’être orienté à l’Est comme celui de l’église primitive , était placé vers le Nord et son entrée principale dans la rue Auffrédy, près de la petite rue du Palais ; une seconde porte ouvrait dans la rue Chaudellerie, lm peu avant la rue Bazoges. Elle avait environ vingt toises de longueur (1) (sans compter les sacristies qui étaient derrière l’autel), et douze toises de largeur. La charpente était supportée par huit piliers, formant deux allées latérales. A droite du grand autel était une chapelle consacrée à Ste-Anne, l’ancienne patronne de la Rochelle , et à gauche, une seconde chapelle dédiée à la Vierge. (2) Entre l’église et la petite rue de l’Evêché , existait un petit cimetière , au bout duquel, du côté de la place, se trouvait le jardin de la cure, dont les bâtiments étaient adossés au chevet de l’église. (Livre hist. de l’Oratoire. — Plan de Masse — Plaque de cuivre trouvée dans les fondements.)

(1) Elle fut augmentée plus tard de quatre toises et demie.

(2) Le banc des trésoriers de France était placé entre le grand autel et la chapelle Sainte-Anne ; celui du gouverneur, derrière le banc des chanoines , qui fesait face à l’autel ; à droite du banc du gouverneur, était celui du lieutenant du Roi et de l’état-major ; à droite du banc des chanoines, celui des membres du présidial et à gauche, celui des bourgeois. (Plan de Masse.)


1680
1681 06 29. - Pose de la première pierre de la citadelle de Saint-Martin (île de Ré), par l’intendant Arnoul. Celle que le Thoiras avait si vaillamment défendue, en 1627, contre les Anglais, commandés par Buckingham, et qui était, d’après les mémoires de Richelieu, la plus belle fortification qui fût en France, et beaucoup plus forte que la Rochelle, avait été rasée comme les fortifications de la Rochelle et des villes environnantes. Cette seconde citadelle fut élevée sur l’emplacement de l’ancienne. Masse raconte qu’on enchâssa dans la première pierre un verre plein de vin, « symbole de cette liqueur qu’on recueille dans une île si renommée par ses vignobles, » ajoute Arcère.
1681 07 14. — Arrêt du conseil du Roi, qui établit un collége de médecine à la Rochelle, et approuve les statuts délibérés et adoptés par les médecins de cette ville et dont l’article premier excluait de la profession de médecin tous ceux qui n’étaient pas catholiques. (Statuts du corps de ville. — His. de l’édit de Nantes.) (1)

(1) Dès le mois de février 1669, un autre arrêt du conseil avait exclu les réformés de la maîtrise des arts et métiers. Déjà, en 1661 , l’intendant Colbert du Terron avait ordonné aux capitaines , lieutenants et enseignes de la milice bourgeoise, fesant profession de la religion réformée, de remettre leurs commissions entre les mains du lieutenant du Roi. (Tessereau.) — V. 7 août.


1683 02 28. — Naissance de « René, Antoine, fils de Maître René Ferchaud, Seigneur de Ruaumur, conseiller du Roy au siège présidial de cette ville, et de dame Geneviesve Bouchet, sa femme. » Ce sont les termes même de l’acte de baptême de notre illustre compatriote Réaumur, qui a laissé un si grand nom dans les sciences, et qui fut membre de l’académie royale des sciences de France, de la société royale de Londres, des académies de Saint-Pétersbourg, de Berlin , de Stockolm, de la Rochelle et de l’institut de Bologne, commandeur de l’ordre de Saint-Louis, &. (Reg. de bapt. de St-Barth.)
1684 07 14. — Dernier prêche fait dans le temple de la Ville-neuve, par le ministre de Laizement. Le lendemain, il fut arrêté avec ses deux collègues, Le Blanc et de Tantebaratz (1), sous le prétexte qu’ils avaient admis dans le temple une relapse et la fille d’un nouveau converti. Le 16, le temple fut fermé et bientôt après démoli. (Ms. du temps.) — V. 1er mars 1685.

(1) Le quatrième ministre Guibert réussit à se soustraire aux recherches.


1684 07 24. — Départ de la Rochelle de M. de la Salle, chargé d’aller reconnaître l’embouchure et le cours du Mississipi. L’armement de sa flotte s’était fait en cette ville. (Arcère).
1685 03 01. — Avant même que la révocation de l’édit de Nantes (1) eut mis le dernier sceau à toutes les iniquités auxquelles, depuis longtemps déjà, les protestants étaient en but, le parlement de Paris, confirmant en ce point une sentence du juge criminel de la Rochelle, avait ordonné la démolition du temple de la ville neuve (2), que les protestants avaient construit sur l’emplacement d’un ancien bastion, après que leur grand temple de la place du château avait été donné par Louis XIII aux catholiques (V. 15 janvier 1685). Dans sa ferveur de nouveau converti, le lieutenant criminel eut voulu imposer aux protestants euxmêmescette œuvre de destruction ; mais il s’y refusèrent, et force fut d’y employer des ouvriers catholiques, que l’on paya avec le produit des matériaux. « On somma d’abord les anciens, dit Tessereau, de remettre les vases dont ils se servoient à la communion, et qui consistoient en six coupes et en deux grands bassins d’argent. Le moindre servoit à mettre le pain de la communion et l’autre, qui étoit d’un grand poids, à recevoir sur les tables les aumônes des communians. Les ouvriers commencèrent par enlever les vitres, la cloche et les choses qu’on voulut conserver en entier ; puis ils mirent en pièces la chaire et un fort grand tableau, sur lequel étoient écrits en lettres d’or, sur fond d’azur, les commandements de Dieu. Tout autour de la cloche étoit une inscription, qui indiquoit qu’elle avoit été fondue, pour le temple de l’église réformée de la Rochelle, en 1630. Elle fut vendue par les directeurs de l’hôpital général (qui, par la volonté du Roy, étoient devenus maîtres de tout) , à l’église Saint-Barthélemy, où après amende honorable et avoir été fouettée (21), elle sert encore. » Les ouvriers mirent tant d’ardeur au travail, que cinq jours suffirent pour la démolition complète de l’édifice , dont une rue, celle du prêche, conserve encore le nom. (Ms. du temps. — Tessereau, Hist. des réf. de la Rochelle. — Benoit, Hist. de l’Edit de Nantes. — Jaillot.)

(1) L’édit de révocation est du mois d’octobre 1685.

(2) On appelait ville neuve la portion de la ville bâtie depuis l’agrandissement autorisé par Henri IV, en 1590.

(3) Je me suis abstenu de rapporter les cérémonies burlesques dont, selon le ministre Denoit, fut accompagnée cette purification de la cloche huguenote , parce qu’il prétend avoir puisé ces détails dans l’ouvrage de Tessereau, qui n’en dit rien, et que son témoignage est trop suspect pour être cru sur parole. Arcère , après avoir énergiquement protesté contre les chimères absurdes inventées par Benoit., n’osant nier la flagellation de la cloche , dit : « Si elle est vraie, elle n’a pu être qu’une saillie de canaille et de la vile populace. ) Mais ceux dont l’aveugle fanatisme avait été jusqu’à, ordonner la démolition du temple , parce qu’une fille, nouvellement convertie au catholicisme , y avait assisté au prêche, étaient bien diqnes de jouer une pareille comédie.


1684 09 12. — Jugement du présidial qui condamne les quatre ministres protestans de la Rochelle (V. 14 juillet) « à faire amende honorable devant la principale entrée de l’église Cathédrale (1), où ils seront conduits par l’exécuteur de la haute justice , nuds, en chemise , la corde au col, tenant entre leurs mains une torche ardente , du poids de deux livres , et là, étant à genoux, déclareront qu’au mépris des déclarations du Roy, ils ont reçu dans leur temple Marie Gautier, relapse ; ce fait, seront bannis à perpétuité hors le royaume ; avec injonction de garder leur ban sur peine de vie ; dit que leurs biens seront confisqués ; les condamne en outre en 4,000 liv. d’amende envers le Roy et en 800 liv. d’aumônes. Et au regard du Temple des réformés, ordonne qu’il sera démoli par eux dans un mois pour tout délai, si non qu’il sera procédé à sa démolition à leurs frais. » Sur l’appel des ministres, le parlement confirma la sentence seulement en ce qui concernait la démolition du Temple ; mais il déchargea les ministres des condamnations prononcées contre eux et se borna à les admonester, à leur interdire pendant un an le séjour de la Rochelle et de la banlieue, et à leur enjoindre d’aumôner quatre livres au pain des prisonniers de la conciergerie de Paris. — (Tessereau.) — V. 14 juillet.

(1) L’ancien grand temple de la place , qui avait été érigé en Cathédrale. — V. 15 janvier.


1685 03 05. — Arrêt du conseil, qui enlève aux protestants de la Rochelle le droit de noblesse, que leurs ancêtres avaient acquis par l’exercice des fonctions de Maire, et les soumet à la taille et autres impositions, comme de simples roturiers, tant qu’ils feront profession de la religion réformée. (Hist. de l’édit de Nantes.)
1685 09 09. — Ouverture, dans la salle d’audience du palais de justice, des conférences de cinq missionnaires, prêtres de l’Oratoire (1), envoyés à la Rochelle par la cour, après la démolition du temple protestant ( V. 1er mars), « pour ouvrir les yeux aux réformés et les convaincre des erreurs auxquelles des cabales d’orgueil et d’intérêt avoient autrefois engagé leurs pères. » Elles durèrent trois semaines ; mais « leur prédications et tous leurs discours, dit Tessereau, ne firent que peu ou point de fruits. ils se retirèrent fort mal satisfaits et dirent dans leur sermon d’adieu, qu’ils secouoient la poussière de leurs piés en malédiction contre les hérétiques de la Rochelle , les appelant un peuple rebelle et contredisant. » Le père Borde au contraire, l’un des missionnaires, assure que beaucoup d’habitants renoncèrent au calvinisme. L’année suivante, de nouveaux missionnaires furent envoyés dans l’Aunis. A leur tête était l’abbé François Salignac de la Mothe Fénélon, alors âgé de 34 ans. Louis XIV voulait qu’ils fussent accompagnés d’un corps de dragons, mais Fénélon refusa cette escorte de convertisseurs bottés. Son esprit de douceur et de charité, son infatigable dévouement et l’onction de sa parole lui concilièrent tous les cœurs et touchèrent jusqu’aux Urmes ceux mêmes qu’il ne put convertir. Mais ceux dont il blâmait, dans ses rapports à la cour, le déplorable système de ne parler aux nouveaux convertis, pour ce monde, que d’amendes et de prisons, pour l’autre, que de l’enfer et du diable, ne pouvaient approuver cette évangélique tolérance de l’apôtre de l’Aunis. Dénoncés par eux , Fénélon et ses collègues furent bientôt rappelés, et ce malheureux pays retomba sous le joug de moines fanatiques et des soldats et dragons de Louvois. ( Tessereau. — Vie de Fénélon. — Dulaure. — Seignette.)

(1) Arcère relève lui-même , dans ses notes manuscrites , l’erreur qu’il avait commise en indiquant comme l’un de ces missionnaires Hon. de Quiqueran de Beaujeu, depuis évèque de Castres.


1685 10 06. — « Au commencement d’octobre, sept à huit cents fusiliers, venant, comme on disoit, de convertir le Béarn , entrèrent à la Rochelle. Leur arrivée causa autant de joye aux catholiques que de tristesse aux réformés, chez qui seuls on les logea. ils furent logés non plus un à un, ou deux à deux, comme cela s’étoit fait jusqu’alors, mais six à six , dix à dix, et à la fin par compagnie entière. Dans les premiers jours, ils n’inquiétèrent leurs hôtes que pour leur nourriture. L’on composoit avec eux pour les appaiser, et on leur donna avec joye tout ce qu’ils voulurent : argent, linge, habits, rien ne leur fut refusé, les réformés s’étant flattés que par ce moyen, et par les présens qu’ils y ajoutoient, ils se les rendroient favorables et pourroient éviter le changement de religion, que ces soldats avoient ordre d’exiger d’eux. mais cela ne servit qu’à hâter leur ruine. Il fut défendu aux fusiliers de composer avec leurs hôtes, et on leur enjoignit de les molester et de leur faire tous les mauvais traitements dont ils pourroient s’aviser. Ils ne s’y épargnèrent pas. De mercenaires et avares qu’ils avoient paru jusque-là, ils devinrent tout à coup comme autant de lions et de tigres. Ce traitement des fusiliers contraignit 300 familles à abjurer la religion réformée, mais il y en avoit encore plus de 800 qui tenoient bon. Le seigneur Arnou (de Vaucresson, intendant), fit venir de ces derniers chez lui, le 7 octobre, et après leur avoir reproché qu’ils étoient des opiniâtres enragés et des rebelles aux volontés de leur souverain, il les menaça de les abymer, à moins qu’ils ne lui donnassent parole de se faire instruire. Tous, à la réserve d’un ., ou deux , témoignèrent de la fermeté. Ce fut alors que le sieur André Bernon, qui avoit été un des anciens du consistoire, et qui étoit un des bons marchands de la ville, lui dit en pleurant : vous m’allez damner, Monseigneur, puisqu’il m’est impossible de croire à ce qu’enseigne la religion qu’on veut que j’embrasse ! A quoi le seigneur Arnou répliqua avec insulte : je me soucie bien que vous vous damniez ou non, pourvu que vous obéissiez. » ( Tessereau.— Hist. des réformés de la Roch. )
1685 12 13. — « En exécution d’un arrêt du conseil privé , publié quelque temps auparavant, l’exécuteur traîna sur la claie, par toute la ville, le cadavre d’un gentil-homme protestant , nommé Chollet, àgé de 75 ans, qui n’avoit pas voulu recevoir la communion en mourant, et son corps fut ensuite jeté à la voirie. Cette rigueur ne s’exerça que sur ce pauvre gentilhomme et sur le corps d’une jeune fille , morte dans sa religion à Saint-Nicolas. » ( Notes du père Jaillot.)
1687 02 09. (1) — Incendie du grand temple, construit par les protestants sur la place du Château (place d’Armes) èt qui, donné en 1(528 aux paroissiens de Saint-Barthélemy, en attendant qu’ils eussent rebâti leur église , avait été érigé depuis en cathédrale, lors de la translation à la Rochelle de l’évêché de Maillezais. Toutes les milices et la population entière étaient réunies sur la place, autour du feu de joie destiné à célébrer le rétablissement du roi ; le vent, qui était très-fort, porta sans doute quelques flammèches sur l’immense charpente de l’édifice qu’aurait dû cependant préserver sa couverture de plomb, et le feu prit tout-à-coup une telle intensité qu’en peu d’heures ce beau monument, construit sur les dessins du célèbre Philibert de Lorme, fut entièrement consumé. La pluie de plomb fondu qui tombait de la toiture avait empêché les travailleurs d’approcher du foyer de l’incendie ; à peine avait-on pu sauver le saint sacrement et quelques ornements. Le chapitre fut obligé de se retirer dans l’église paroissiale de St-Barthélemy, où il demeura jusqu’à la construction de la nouvelle cathédrale. Le bruit courut que, profitant des décharges de mousqueterie faites par la milice bourgeoise, un huguenot, mécontent de voir le temple construit par ses ancêtres servir au culte catholique, avait mis dans son fusil une balle pleine d’artifice, qu’il avait dirigée sous la charpente. Déjà une premièrè fois, le 28 août 1613, le feu avait éclaté dans la toiture, par suite de l’imprudence d’ouvriers, mais il avait été promptement éteint. (Reg. du chap. — Merlin. — Colin.-Masse.- Jaillot.)

(1) Arcère , suivant le manuscrit de Colin , avait donné d’abord à ces événements la date du 29 , mais il l’a rectifiée ensuite dans ses errata.


1688 03 02. — La Rochelle, cette sainte Sion des huguenots, comme l’appelle H. Martin, dragonnée, martyrisée par les missionnai-res bottés de Louvois, et dépeuplée de ses enfants « les plus considérables par la naissance, par le mérite et par la fortune » (Tessereau) (1) possédait encore de nobles cœurs, qui gémissaient des,souffrances de leurs anciens coreligionnaires, et savaient affronter la rigueur des ordonnances pour leur manifester de généreuses sympathies. Quand , lassé des affreuses persécutions qui avaient suivi la révocation de l’irrévocable et perpétuel édit d’Henri IV, Louis XIV aima mieux déporter que mettre en liberté les hérétiques obstinés qui encombraient les prisons, un nombreux convoi de ces infortunés ( parmi lesquels se trouvaient des avocats au parlement et leurs femmes, des capitaines d’infanterie, &.) traversant la Rochelle pour’ se rendre à l’Ile-de-Ré , où il devait attendre un navire en partance pour la Martinique., avait déjà trouvé de douces consolations dans les marques d’intérêt dont il avait été l’objet de la part des habitants ; mais les malheureux déportés durent être bien plus touchés encore quand, après trois semaines de séjour dans les cachots du fort de l’Ile-de-Ré, ils trouvèrent en s’embarquant, le 2 mars , sur le navire de commerce qui devait les conduire à la Martinique, « trois dames, qui les y attendoient depuis deux jours, pour leur offrir de la part de leurs frères de la Rochelle, un assortiment de vivres délicats, de vins, de sucrerie, linge, vêtements de toutes sortes, menus ustensiles de ménage et quelque peu d’argent. » (Relation de J. Olry, avocat au parlement, l’un des exilés.)

(1) Il n’est pas aisé , ajoute Tessereau , de marquer bien exactement le nombre des personnes de l’un et de l’autre sexe qui, à l’approche ou au plus fort de la tempête, avoient quitté tout pour ne pas être exposées à la tentation et qui passèrent heureusement chez les étrangers. On fait état que dans la ville d’Amsterdam, il y a quatre à cinq cents réfugiés de la Rochelle ; cependant il n’y a guères de ville dans la Hollande et dans les autres Provinces-Unis, où il n’y en ait quelqu’un. Il y en a en Suiss’e , à Bareith , en Brandebourg , en Prusse , en Danemarck , en Angleterre , à Boston, à la Caroline et peut-être ailleurs. — « Une des plus belles parties du cap de Bonne-Espérance , dit Bougainville, dans son Voyage autour du monde , est celle à laquelle on a donné le nom de petite Rochelle. C’est une peuplade de Français chassés de leur patrie par la révocation de l’édit de Nantes. Elle surpasse toutes les autres par l’industrie des colons. Ils ont conservé à cette mère adoptive le nom de leur-ancienne patrie. « 


1689 04 04. — La Rochelle était entièrement démantelée : de ses anciennes fortifications, jadis réputées imprenables, il ne restait sur pied que le front du côté de la mer. L’ambition de Louis XIV venait de liguer contre la France l’Europe presque entière : l’Empereur, les princes allemands, l’Espagne, l’Angleterre et la Hollande. Une invasion maritime sur les côtes de l’Aunis était menaçante. Pour parer à ce danger, le conseil du Roi, sous l’influence sans doute de l’impitoyable Louvois, n’avait pas trouvé de meilleur remède que de raser la Rochelle et dé combler son port. Heureusement que le maréchal de Lorges, à qui le Roi avait confié le commandement des côtes entre la Loire et la Garonne, secondé par Ferry, ingénieur général des provinces entre la Loire et les Pyrénées , protesta contre ce projet sauvage, en s’engageant à mettre la Rochelle en état de défense dans un court délai et sans de grandes dépenses. Autorisé par la cour, il se mit aussitôt à l’œuvre et les travaux furent commencés le 4 avril (1). Six mille hommes des meilleures troupes du Roi furent mis à la disposition de l’habile et actif ingénieur, qui, en quarante jours, parvint à former l’enceinte de la place. Suivre le tracé des anciennes fortifications eût été vouer à la destruction une quantité considérable de maisons, les deux couvents des Cordeliers et des Capucins, des quartiers tout entiers qui, depuis plus d’un demi-siècle que ces fortifications avaient été rasées, s’étaient élevés sur leur emplacement el bien au-delà. Il fut donc résolu d’étendre beaucoup les limites de la place. Mais il fallut néanmoins détruire une grande partie des faubourgs de Tasdon, de Saint-Eloy, de Lafons, de celui des Lapins (situé entre ces deux derniers), de ceux du Colombier (en dehors de l’ancienne Porte-Neuve ) et des deux moulins -( vers l’extrémité de la rue de la Monnaie ), et abattre enfin plusieurs maisons et moulins isolés qui avoisinaient la ville. Comme on n’avait pas le temps d’aller chercher des pierres de taille dans les carrières de Saintonge, on se servit, pour les ouvrages qu’il fallait indispensablement faire en maçonnerie, des matériaux provenant des maisons démolies, et de ceux qu’offraient les murailles en ruine du grand temple, consumé par les flammes deux ans auparavant. (V. 9 février.) La seconde et belle porte de Cougnes, devenue désormais inutile, l’une des portes Saint-Nicolas (2), la vieille Porte-Neuve, placée dans la rue Auffrédy, furent abattues. Enfin on rasa l’ancienne monnaie, la chapelle SainteAnne et les maisons environnantes, dont l’emplacement et celui du grand temple permirent de donner à la place du Château les belles proportions qui la rendent aujourd’hui si remarquable. (Masse. — Maudet. — Alman. de 1717. — Ms. fortifications et bâtiments.)

(1) Masse, qu’ont suivi Arcère et Dupont, fixe le commencement des travaux au 29 mars : la date du 4 avril est empruntée à un manuscrit du temps conservé à la bibliothèque.

(2) Le grand ouvrage à corne de la porte Saint-Nicolas, fut entrepris à la fin du mois de décembre de la même année. (Ms. fortif. et bâtim.)


1689 12 03. — L’intendant Bégon et les élus concèdent pour cinq années à l’hôpital général la ferme des anciens et nouveaux octrois, accordés par arrêt du conseil du 4 octobre précédent, moyennant 1,500 liv. une fois payées, et 61,000 liv. par année. Mais le fermier des aides, ayant offert 62,000 liv. en remboursant les 1,500 liv. à l’hôpital, en devint le concessionnaire définitif. Avant l’établissement des nouveaux droits d’octroi sur le pied fourchu, les eaux-de-vie, minois, bierres, foins et pailles, les revenus de la ville ne consistaient qu’en 23,900 liv. sur les aides (1). (Invent. gén. des titres, etc. — Maudet :)

(1) Les nouveaux droits n’étant accordés que pour cinq années , en 1694, le prix de l’adjudication de la ferme des octrois tomba au prix de 52,500 liv. En 1698 , les droits sur le pied fourchu ayant été non-seulement rétablis, mais augmentés d’un tiers, le prix d’adjudication atteignit 83,900 liv. En 1701 , il n’était plus que de 80,000 liv. ; en 1715 , de 70,000 et en 1720, de 72,000 liv. Actuellement la moyenne de l’octroi, prise sur les dix dernières années 1850-59, est d’environ 250,000 francs. (Invent. gén. - Compte d’adminisf. du Maire.)


1690
1694 08 13. — Le séminaire, qui depuis son établissement (1664) avait été confié à des prêtres séculiers, avec un chanoine de la cathédrale pour supérieur, est remis, par Mgr de la Frezelière, aux mains des jésuites de la Rochelle. (Arcère.) — V. 1er juin.
1695 05 02. — Installation dans l’hôtel de Baillac (1), par l’intendant Bégon , du bureau des finances, établi en vertu de l’édit de Louis XIV, du mois d’avril 1694, qui créait à la Rochelle une nouvelle généralité, comprenant cinq élections : la Rochelle, Saintes, Marennes, Cognac et St-Jean-d’Angély (2), détachées des généralités de Poitiers, de Bordeaux et de Limoges, et formant un total de sept cent trente paroisses avec 360,000 âmes environ de population. Ce bureau des finances se composait primitivement de six trésoriers-de France , dont le premier était président, d’un procureur du Roi, d’un avocat du Roi, de deux greffiers, d’un receveur, de deux contrôleurs généraux des domaines et bois, et de quelques fonctionnaires inférieurs. Il connaissait de toutes les affaires relatives aux finances et domaines du Roi "et avait l’inspection de ce qui concernait les ponts-et-chaussées et la grande et petite voirie. Le nombre des présidents trésoriers généraux de France, grands voyers, Maires perpétuels de la Rochelle, comme ils s’intitulaient, fut successivement porté à dix. (Rapp. de M. Bégon. — Maudet. — Ms. intitulé : Abrégé de l’hist. milit. — Masse. — Armorial de la Rochelle, &.)

(1) En 1732, le bureau des finances fut transféré dans l’hôtel de Cheusses , loué par les trésoriers à dame Madeleine de Rambouillet de la Sablière. C’est l’hôtel qui appartient aujourd’hui à M. Potel, dans la rue Fleuriau. (Bail.)

(2) M. E. de Fréville, dans un travail publié par l’annuaire historique de 1840 , dit que la généralité de la Rochelle se composait de six élections, et ajoute à celles ci-dessus l’élection de Barbezieux. Cette dernière aurait alors été annexée depuis , car le rapport de l’intendant Bégon, dans lequel j’ai puisé ces renseignements , parle de cinq élections seulement.


1695 05 03. — Par le même édit qui créait à la Rochelle un bureau des finances, Louis XIV avait rétabli une Mairie et un corps de ville , qui n’existaient plus depuis 1628 ; non pas, on le pense bien, la mairie élective et démocratique du temps des Jacques Henry et des Guiton, mais un office de. Maire, coté à une somme énorme, et imposé aux trésoriers de France, qui devaient l’exercer tour à tour , et qui, pendant un an , se refusèrent à en payer le prix exorbitant : triste expédient financier inventé par le gouvernement royal , pour subvenir aux dépenses de guerres ruineuses. Encore moins était-il facile de reconnaître l’ancien corps de ville (F. 27 mars), qui avait porté si haut la prospérité et la grandeur de la Rochelle, dans les quatre échevins, le procureur du Roi, les douze assesseurs et les douze notables, qui devaient assister le Maire dans l’administration de la commune et de la police de la ville. M. Gabriel Froment , doyen des trésoriers , premier Maire de la nouvelle création, fut installé dans ses fonctions le 3 mai 1695, par l’intendant Begon , en présence des membres du conseil municipal. Toutes les cloches de la ville sonnèrent aussitôt, à grandes volées ; un Te Deum fut chanté en action des grâces , et le maréchal d’Estrée, commandant de la province et accompagné de la noblesse du pays et des officiers de la garnison , fit ensuite reconnaître le nouveau Maire comme colonel des milices bourgeoises , qui étaient rangées en bataille sur la place du Château. Le soir, M. Froment, entouré de tous les membres du corps de ville, et précédé de trompettes, de tambours et de nombreuses torches , se rendit sur la place pour allumer le feu de joie, ce complément obligé des fêtes rochelaises. (Maudet. — Jaillot.)
1695 06 10. — Naissance de René-Josué Valin, fils de Me Josué Valin, avocat au présidial (1), et de Geneviève Ligonnière. (Reg. de la paroisse de St-Barth.) Après avoir fait ses études de droit à Poitiers, notre illustre compatriote avait prêté serment d’avocat devant le présidial de la Rochelle, le 11 juillet 1715 ; mais « soit défiance de lui-même, soit difficulté de porter la parole en public, dit M. Bernon de Salins, dans l’éloge qu’il prononça à l’Académie de la Rochelle, après la mort de Valin (23 août 1765), il recula toujours devant la plaidoirie et se borna aux travaux de cabinet. » Il acheta la place de procureur du Roi à l’amirauté de cette ville et se voua dès lors à l’étude approfondie des lois maritimes. Tout le monde sait que son Commentaire sur l’Ordonnance de la marine ne tarda pas à acquérir une réputation européenne et que ses décisions furent trouvées si judicieuses et si sages qu’elles acquirent presque l’autorité des lois non-seulement en France, mais chez la plupart des nations maritimes. Il avait précédemment publié un nouveau Commentaire sur la coutume de la Rochelle et du pays d’Aulnis, en trois volumes in-quarto. Il remplit aussi les fonctions de procureur du Roi de la ville, jusqu’au moment où cette place fat supprimée. Valin est né dans la maison qui forme l’angle Nord-Est des rues Monconseil et de l’Évêché, et qu’il habita pendant sa vie. On raconte qu’à l’époque à laquelle on construisit l’hôtel de l’Intendance (naguères de la gendarmerie), on sacrifia la régularité de l’édifice pour respecter la demeure du savant vieillard, affligé de douloureuses infirmités. C’est là évidemment une fable, car cet hôtel a été construit pendant la jeunesse de Valin, et agrandi en 1737, alors qu’il n’avait encore que 42 ans. Les armoiries de Valin étaient de sable à un sautoir d’or. (Armor. de la bibl. imp.) (2)

(1) Cette mention de l’acte de baptême , signé par le père de Valin , contredit l’assertion de M. Bernon, qui prétend qu’il était fils de René Waslin président au siège royal de Rochefort. Il ajoute que le père de celui-ci était un négociant de Hollande, qui, chassé de sa patrie par les troubles religieux , s’était réfugié en France et fixé tout d’abord à l’île de Ré. Sans contester l’exactitude de ces derniers renseignements , je dois dire que , dès 1481 , on trouve sur des titres .de l’hôpital Saint-Barthelémy, un Régnault Valin , sergent de la cour du scel, et sur un grand nombre d’autres pièces : Régnault Vaslin, notaire (1503) ; Arnault Vallin , bourgeois (1572) ; François Vallin (1573) ; André Vallin (1610), &.

(2) On trouvera de plus amples détails sur la vie et les ouvrages de Valin dans son éloge par M. Bernon de Salins, dans la notice publiée en 1836 , par M. A. Beaussant, et dans l’éloge de Valin, que M. Gillet Lepelletier a fait imprimer à Poitiers en 1843.


1695 08 16. — « M. Mariocheau de Bonnemort a été reçu lieutenant-général, au lieu de M. Beraudin, qui a exercé ladite charge avec approbation pendant 19 ans, étant bon juge, et on en espère pas moins de M. de Bonnemort, qui a fait paraître qu’il est fort intelligent, pendant qu’il a exercé l’office de conseiller (au présidial) avec bien de l’intégrité. » (1) (Maudet). Il exerça en même temps les fonctions de sub-délégué de l’intendance.

(1) Il était seigneur des châtellenies d’Aytré , la Salle et les Rouaux , et portait : d’argent à un squelette de sable. (Reg. du presid.- Armoriai de la Roch.)


1696 07 15. — « Arrivée, devant l’île de Ré, des flottes d’Angleterre et de Hollande, qui bombardèrent, pendant trois jours, la ville de Saint-Martin , avec beaucoup de dommages. Il n’y avoit dans l’isle ni poudre ni munitions, et elle auroit été affamée si les ennemis fussent restés davantage. Il n’y avoit non plus rien de préparé à la Rochelle, où ils auroient tout désolé, si d’abord ils s’y étoient présentés, tant il y avoit de terreur. » (Maudet.) (1)

(1) Dans son Histoire de Louis XIV, Larrey dit que le bombardement , qu’il fixe au 16 juillet, ne dura qu’une nuit et un jour, et il ajoute que la citadelle répondit par un feu très nourri et. qu’un des bâtiments ennemis, qui portait des poudres, sauta avec un fracas épouvantable, en jonchant la mer de cadavres et de débris.


1697 05 03. — Ouverture du premier chapitre tenu , à la Rochelle , par les religieux Augustins de la province de Saint-Guillaume. Ils étaient au nombre d’environ 120. Le dimanche suivant, ils allèrent en procession à la Cathédrale et célébrèrent la canonisation de St-Jean de Sahagun. (Jaillot. — Maudet.)
1697 10 24 — « En exécution de l’édit du mois de juillet, il fut établi à la Rochelle 500 lanternes pour éclairer les rues. La ville devoit donner au Roy à cet effet 180,000 livres ; les chandelles devoient être d’un quarteron. On commença à les allumer le 24 octobre. Mais le 21 février 1700, on a cessé d’allumer les chandelles, faute de fonds, et le 18 janvier 1702, on a ôté les lanternes, dont l’entretien a été pris pour celui des casernes , à la requête de l’Hôtel-de-Ville. » (Maudet.) — V. 28 août 1705.
1698 03 09. — « La porte Dauphine fut ouverte et on commença à y passer. » (Maudet.) Elle avait été construite sur l’emplacement de la barrière du Landa, dont elle porta d’abord le nom (1) et d’après les dessins de M. Ferry. Commencée en 1697, elle ne fut complètement achevée qu’en 1699. Mérite-t-elle bien l’éloge qu’en fait Brunzen de la Martinière, qui la trouve d’un goût exquis, d’une propreté et d’une magnificence peu communes ?

(1) Sans doute en l’honneur du lieutenant-général du Landaz , qui demeurait vis-à-vis le Jardin des Plantes.


1698 05 16. — La gelée acheva de perdre le peu qui restait dans les vignes, déjà gravement atteintes par les gelées des 3, 9 et 10 du même mois. « Les noyers, les seigles et orges, qui estoient en fleur, gelèrent aussi. Bref, de mémoire d’homme il ne s’étoit vu une si grande perte. » (Maudet.)
1698 08 18 . — Mort de Nicolas Venette, médecin distingué de la Rochelle, disciple de Guy-Patin et auteur d’un assez grand nombre d’ouvrages, dont l’un, qui a eu d’innombrables éditions et a été traduit dans plusieurs langues, semble devoir sa célébrité moins à son mérite qu’aux licences de la même plume qui avait traduit Pétrone. Il était né à la Rochelle en 1633, et fils d’un négociant plusieurs fois nommé membre du tribunal consulaire. On lui attribue généralement la construction de la maison bizarre, formant l’angle de la rue de Lescale et de la petite rue de l’Abreuvoir, qui a porté pendant quelque temps son nom ; maison sur la façade de laquelle sont sculptées les figures des plus illustres médecins de l’antiquité, qu’accompagnent des inscriptions latines. S’il paraît certain que ce fut la demeure de Venette, son architecture semble révéler une date plus ancienne, plutôt l’époque d’Henri IV ou du commencement du règne de Louis XIII que celle de Louis XIV.
1698 08 22. — Au commencement du siège de 1572-73, après un dénombrement des habitants, les milices bourgeoises avaient été divisées en huit compagnies (1), de deux cents hommes chacune, sans compter la. compagnie colonelle (2). Les capitaines n’en pouvaient être changés que par le corps de ville , et ceux qui étaient décédés depuis cette époque avaient seuls été remplacés. Par une décision du 22 août 1598, le corps de ville, considérant que la principale dignité de la commune, celle de Maire, était annuelle, de même que les autres charges et offices de la ville ; qu’il était juste d’un autre côté de faire participer chacun aux fonctions municipales, décide que dorénavant les capitaines des compagnies seront nommés chaque année et seront choisis, eux et leurs lieutenants, parmi les membres du corps de ville, et que les enseignes et autres membres seront pris parmi les bourgeois. Et séance tenante, il fut procédé à la nomination des huit capitaines et des huit lieutenans, qui prêtèrent serment entre les mains du Maire. Le conseil ordonna en même temps que les drapeaux des compagnies seraient failz de nouveau aux despens de la ville et les armes d’icelle mises en chascun d’eux. (Ms. n° 1977. — Merlin. )

(1) Elles furent plus tard portées à 10. (V. 23 février 1622.)

(2) Les capitaines nommés étaient tous échevins : Jacques Guiton, le Maire de 1^86 ; Jean Salbert ; Alex. de Haradener, nommé Maire l’année suivante ; Jean Guiton , le Maire de 1587 ; Louis Berne, Maire en 1603 ; Jacques Cholet, receveur des tailles ; Jean Salbert, Maire de 1604 , et Jean David , qui fut l’un des coélus des années 1603 et 1604. (Ms. no 1977.)


1699 02 05. — Acte d’échange, par Louis XIV et .les enfants de Pharamond Green de Saint-Marsault, de la seigneurie de Dompierre, appartenànt à ces derniers, pour la baronnie de Châtelaillon, dont leur famille jouissait depuis près d’un siècle, mais qui avait fait retour à la couronne par la mort du dernier mâle de la maison de Longueville, à laquelle Charles VII en avait fait don, en 1458, avec clause de reversion , en la personne de Jean, comte de Dunois et de Longueville. (Dupuy. — Droits du Roi.)
1700
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