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1652 - Relation veritable la deffaite de la Cavalerie de Monsieur le Prince de Tarante pres Xaintes

D 8 octobre 2018     H 00:32     A Pierre     C 0 messages     A 1 LECTURES


Où l’on découvre que l’art de la guerre passe désormais par une bonne communication. Pendant les guerres de religion, au XVIème siècle, la guerre se faisait déjà à coups de libelles, de pamphlets imprimés et diffusés par les colporteurs. Au 17ème siècle, le phénomène s’amplifie. Sous la Fronde, les deux camps en font largement usage. En 1652, Louis XIV, né en 1638, a 14 ans, et ce sont probablement ses conseils qui tiennent la plume. Le victoire de la cavalerie du Roi est une bonne occasion de diffuser une information positive.

Le récit, très exhaustif, est un peu long. Il se termine par un long générique de fin : aucun des protagonistes (hommes et chevaux) n’est oublié !

La plaine de Perdillac, lieu de la bataille, n’est pas mentionnée sur les cartes d’aujourd’hui. Peut-être s’agit-il de Préguillac ?

Source : Bibliothèque de Bordeaux, via BNF Gallica

Voir en ligne :

Lettres du Roy. Envoyées à Messieurs les Gouverneur, Prevost des Marchands & Eschevins de sa bonne Ville de Paris. De Saumur le 22. Fevrier 1652. Avec la Relation veritable de ce qui s’est passé dans la deffaite de la Cavalerie de Monsieur le Prince de Tarante en la pleine (sic) de Perdillac pres Xaintes.

A PARIS, chez P. Rocolet Imprimeur & Libraire ordinaire du Roy, & de la Maison de Ville, au Palais, aux Armes du Roy, & de la Ville. MDCLII. Avec Privilege de sa Maiesté

MON COUSIN, La Relation que je vous envoye de la deffaite de la Cavallerie du Prince de Tarante arrivée en la plaine de Perdillac auprès de Xaintes, Vous apprendra que malgré les obstacles que mes ennemis opposent a mes desseins, Dieu continue de favoriser mes Armes, & de bénir mes intentions. Comme ie ne doubte point que mes bons Serviteurs ne prennent plaisir d’entendre les advantages qu’elles remportent ssur celles des rebelles, je désire aussi que pour les informer des particularités de ce succez, vous en fassiez imprimer la Relation ; Mais qu’avant que de la rendre publique, vous la communiquiez aux Prevost des Marchands & Eschevins de ma bonne Ville de Paris, & qu’en leur rendant la Lettre que je leur escript sur ce subject, vous les asseuriez tousjours de la bonne volonté que j’ay pour eux, & du desir que j’ay de les révoir ; Cs’est ce que je remets à vostre prudence & à vos soins accoutumcz. Cependant je prie Dieu qu’il vous ait, Mon Cousin, en sa sainte garde. Escript à Saumur le vingt-deuxième jour de Février mil six cens cinquante-deux. Signé LOUIS. Et plus bas.
De Guenegaud.

Et sur la suscription.

A mon Cousin le Sieur de Lhospital, Mareschal de France, Gouverneur & mon Lieutenant general en ma bonne Ville, Prevosté & Vicomté de Paris.

DE PAR LE ROY, TRES-CHERS ET BIEN AMEZ,

Si nous jugeons de la joye que nos bons succez vous donnent par l’amour que Nous vous portons, Nous sommes asseurez que l’advantage qu’ont eu nos Armes sur la Cavallerie du Prince de Tarante, vous sera très agréable, Nous en envoyons la Relation à nostre Cousin le Mareschal de Lhospital pour vous la communiquer, & Nous entendons qu’apres que vous l’aurez veuë il l’a faicte imprimer pour la rendre publicque, afin que tous nos bons Subjets qui s’interessent dans nos prosperitez, soient informez des particularités de celle là. Cette Lettre n’estant pour autre fin. Nous ne vous la ferons plus longue.
Donné à Saumur le 22. Fevrier 1652,. Signé LOUlS. Et plus bas. De Guenegand. -
Et sur la suscription, A nos très chers & bien amez les Prevost des Marchands & Eschevins de nostre bonne Ville de Paris.

RELATION VERITABLE DE CE QUI s’est passé dans la desfaite de la Cavallerie de Monsieur le Prince de Tarante en la plaine de Perdillac prés de Xaintes.

SUR les advis que Monsieur de Folleville eut à Baigne, conduisant Madame la Duchesse de sainct Simon, que Monsieur le Prince de Tarante tenoit à Pons toute la Cavalerie, il envoya Monsieur le Comte de Blesnac avec le sieur de Maisonville, Lieutenant du Baron de Neuaille, & quarante Maistres, pour apres avoir fait entrer Madame de sainct Simon à Montandre, s’en aller à la guerre vers Pons, & luy rapporter nouvelle des Ennemis. Ce iour il prit son quartier à Merinac, le lendemain quatorziesme à Allat Boccage, où il apprit par le retour du Comte de Blenac, que le Comte de Lorge, Mareschal de Camp & Mestre de Camp de la Cavalerie legere du Prince de Tarante estoit venu au passage d’Izac pour sonder les Guez , & qu’il s’estoit retiré à Pons à toute bride, ne l’ayant pu joindre. Que Monsieur le Prince de Tarante y faisoit porter quantité de fourage, & qu’il sembloit ou vouloir conserver ce poste, ou n’avoir aucunes nouuelles de la marche des troupes du Roy ; divers advis asseuroient la mesme chose, & six-vingts Maistres des Ennemis ayans passé la Seugne, & s’estans presentez devant Archac, faisoient mesme croire qu’ils avoient dessein sur cette Place.

Le Sieur de la Chesnay, Mareschal de bataille qui y commande, en ayant adverty Monsieur de Folleville, & promis de luy donner temps d’estre secouru, il resolut de marcher droit à Pons avec les Regimens de Cavalerie de l’Islebonne, Armaignac, Folleville & Villevert, les Compagnies de gens-d’armes & Chevaux Légers de la Reyne, gens d’armes de Mercure, de Roüannays & des Roches, les Compagnies franches de Blenac, Nuaillé& Fontenies, ayant donné ordre à son Infanterie de se rendre à sainct Simon de Clermont le jeudy quinziesme, pour apres la jonction de ses troupes, estre en estat d’entreprendre sur Pons, Monsieur le Duc de sainct Simon luy ayant promis encore cent Fuzilliers. Le Mercredy quatorziesme, il prit son quartier à Alas Boccage, d’où il fit partir le sieur de la Bretonniere, Capitaine au Régiment de l’Islebonne, avec soixante Maistres, pour aller prendre langue des Ennemis ; cependant,il marcha droit à sainct Simon de Clermont, où estoit son rendez-vous general : Il y apprit par le retour du sieur de la Bretonniere, qui luy amena le Lieutenant du sieur de Magezy, un Mareschal des Logis, & six Cavaliers qu’il avoit pris, que Monsieur le Prince de Tarante deuoit arriver à Pons, qu’il en avoit fait sortir son Infanterie & ses bagages, mais qu’il y demeureroit avec toute sa Cavalerie.

Tous les advis que Monsieur de Folleville receut estoient conformes, il se resolut de marcher auec son Infanterie, qui estoit le Régiment de Noirmoutier, commandé par le sieur de Boisguillaume ; cinquante hommes détachez d’Harcourt, & soixante des Suisses, cinquante de Monsieur le Marquis d’Ars, vingt de Monsieur de Jonzac, trente de Monsieur de Chasteau-Chesnel, & soixante Bourgeois de la Ville de Congnac, commandez par Monsieur le Chevalier de Baignolle, Mareschal de bataille, qu’il avoit particulièrement chargez de la conduite de ses troupes, & du sieur de Chasteau-Chesnel, dont le cœur & l’intelligence ont servy tres-utilement ; & sa Cavalerie arrivant devant Pons, il sceut par le sieur de Bouricquart, Lieutenant détaché de son Régiment, avec les coureurs, que Monsieur le Prince de Tarante estoit en bataille sur la hauteur de Pons vers Xaintes : Ce qui l’obligea de passer en diligence, jugeant bien qu’il ne pourroit se retirer sans combattre, les troupes ayans vu grand deffile, furent quelque temps à se mettre en bataille, la moitié passa dans la Ville, que Monfieur de Tarante abandonnoit, & s’estant trouvée par celle raison à la droite. Les Regimens de l’Islebonne & de Folleville ayans pris la hauteur, qui estoit à la gauche, on jugea ne deuoir pas changer cet ordre, de peur de perdre du temps ; Monsieur de Folleville fit en mesme temps détacher des coureurs, avec ordre d’engager les ennemis, & retarder leur marche ; le temps qu’ils avoient à s’esloigner fit, que quoy que nos troupes allassent au grand trot deux lieues durant, ils ne les eussent jamais pû joindre, si Monsieur de Folleville n’eust fait détacher cent Maistres de toute la Cavalerie legere, qui donnant à la Cravatte, les obligèrent à tourner teste. Toutes les troupes firent encore une lieue à toute bride, & les ennemis se voyans prests de passer un deffile proche Xaintes, resolurent enfin de combattre à l’heure, toutes nos troupes ne peurent prendre haleine, les ennemis faisans ferme sur la hauteur de Perdillac, elles marchèrent au petit pas : Monsieur de Folleville ayant reconnu que l’effort tomberoit sur la droite, où trois gros escadrons estoient, s’y en alla, ayant laissé Monsieur de Villevert, Mestre de Camp, commandant la Cavalerie legere à la gauche, avec le sieur de la Chapelotte, commandant le Régiment de l’Islebonne, & mis Monsieur de Souche prés, commandant les gens d’armes de Roüannays, au milieu de sa ligne, avec Monsieur le Comte de Blenac, & la Compagnie du Baron de Nuaillé, le Regiment d’Armaignac, commandé par le sîeur de Flamanville ; Ecoüille tenoit la droite, celuy de Villevert faisant deux escadrons, estoient à sa gauche ; Folleville commandé par le sieur du Boscq Rocqué, à la droite de l’lslebonne ; les Corps de referve estoient deux escadrons, l’un composé des gens-d’armes & Chevaux légers de la Reyne, commandé par Mr le Marquis d’Esthiot, & gens-d’armes de Mercure, par Mr de Courboson, l’autre des gens d’armes des Roches Baritaud, les Regimens d’Anguien, de Guyenne & de Lorge faisant trois escadrons, s’opposoient à ceux d’Armagnac & de Villevert.

Mr le Prince de Tarante ayant creu y trouver le Régiment de l’Islebonne, qu’il sçavoit estre le seul vieux Régiment de nos Troupes, avoit fortifié cette aisle ; Le Regiment.de Chasteau-neuf & de Chacaignac, faisoient teste à l’Islebonne, les deux Tarentes & les Gardes à celuy de Folleville,& aux Compagnies Franches ; Nemours, Anguien & de Berry, s’estant joints laisserent une distance assez grande pour passer un des escadrons de Villevert ; Lorge s’estant jettée encor sur la gauche, Monsieur de Folleville ne voulut pas perdre ce temps, il mena à la charge le second des escadrons, Villevert commandé par le sieur du Treil prit en flanc celuy de Lorge dans le temps qu’ils choquoient Armaignac, Anguien & de Guienne, & l’autre escadron de Villevert venoit à la charge par teste, les perce & rompt l’aisle gauche de l’Islebonne, batit Chasteau-neuf & Chavaignac ; ainsi a mesme temps la desroutte fust generale, les Gendarmes de Rouannays & les Compagnies Franches, ayant rompu les autres escadrons qui leur estoit opposez, on poussa l’espée dans les reims des ennemis jusqu’au défile prés Xaintes, sans qu’ils se soient ralliez dix hommes ensemble, & de cinq à six cens chevaux qu’avoit Monsieur le Prince de Tarante ; il ne s’en est pas sauvé soixante à Xaintes, le reste a esté tué ou pris : Les escadrons de reserve commandé par Monsieur le Marquis d’Estiols voulant donner, Monsieur de Folleville leur commanda de marcher serrez, voyant que toutes les troupes estoient meslées, & dans une déroutte si generale, voulut avoir de quoy empescher le ralliment ; en effet il ny en eut point du tout. Pour sçauoir ceux qui se sont signalez en cette occasion, il ne faut que demander le nom des Officiers de toutes les troupes, les ennemis peuvent tirer de la gloire d’y avoir combattu main à main ; il n’a point paru qu’il y eust dans ce rencontre de nouveaux Regimens, l’exemple de celuy de l’Islebonne, fut commandé par le sieur de la Chapelote, leur a fait faire, ce que les plus anciennes troupes auroient peine à entreprendre, le plus grand feu a esté sur Armaignac, aussi ont-ils eu le plus d’Officiers blessez, Monsieur de Maigremont volontaire donnoit avec eux ; le sieur de Saint-Fort combattit auprès de Monsieur de Folleville ; le sieur de la Cour portant les ordres a esté blessé de coups d’espées, meslé parmy les ennemis : Tous les autres volontaires n’ont pas moins de part a la gloire de cette action, puis que tous se sont meslez, & y ont fait ce qu’on peut esperer de gens d’honneur ; le Baron de Villevert frere du Mestre de Camp, y a esté fort blessé ; le sieur de Beauregard Capitaine & Major d’Armaignac ; le sïeur de Hatreaumont aussi Capitaine dans le mesme Régiment, ont esté blessez ayant fait ce que l*on peut attendre de la generosité de deux Officiers ; le sieur Douctot Lieutenant du Marquis de Croissy au mesme Régiment, y fut tué ; le sieur de la Cour volontaire, y a esté aussi blessé portant les ordres de Monsieur de Folleville : On peut dire que les sieurs de Beauregard & de Flamanville qui commandoit le Regiment d’Armaignac, eut son cheval tué sous luy, n’ont pas peu contribuer aussi bien que Monsieur de Fresne Capitaine, & de Tiercevilie Lieutenant de la Mestre de Camp, à faire combattre Armaignac à la mode d’Harcour, & dans le Régiment de Folleville & de Villevert, que les vieux Officiers commandants de nouveaux Corps, les sçavent bien faire combattre. Messieurs de Villevert, Compte de Blesme & de la Chapelotte, poussèrent avec tant de vigueur, qu’on ne peut assez representer combien leur generosité a bien ressi ; Le dernier prit le Capitaine des Gardes de Monsieur le Prince de Tarente pour luy, Pour nommer tous ceux qui ont part à cette action : Il ne faut que sçavoir la liste des Officiers qui y ont servy ; ceux qui n’y sont pas nommez n’ont pas moins part à l’honneur de cette action. Le sieur d’Orignac apres estre revenu de la guerre avec le Sieur de la Bretonniere retourna à la charge, & y acquist beaucoup d’honneur aussi bien que le Baron d’Ageais qui y fut blessé. Monsieur de sainct Fort combatit auprès de Monsieur de Folleville. Le Chevalier de la Ferriere & le Sieur de l’Isle Marie se trouverent à cette occasion : Nous ne pouvons encore sçavoir le nom ny le nombre des Officiers des Ennemis prisonniers : On a seulement amené Monsieur de Magezy Capitaine, commandant le vieux Tarante : Le Chevalier de Chasteau-neuf Capitaine dans Nemours : Monsieur d‘Anche Capitaine des Gardes du Prince de Tarente : Monsieur du Vernets Lieutenant de Magezi : Le Sieur du Vivier Cornette de Marsilly : Le Sieur de Lane, Lieutenant au Régiment de Lorge : le Sieur du Plessis Cornette, Mauré & des Maisons, Mareschaux des Logis : Le Sieur de Langlade Mareschal des Logis , de Corvil du Régiment de Nemours, trois Cornettes de Tarente, deux Capitaines du Régiment de Lorge fort blessez : On en attend les mémoires de chaque Corps : Il peut y auoir esté tué cent cinquante-hommes, deux cens cinquante prisonniers, le reste s’est sauvé ou par la négligence ou par la trop grande douceur des Cavaliers : mais il y est demeuré plus de quatre cens chevaux ; c’est ce qu’a present je vous puis mander.

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