Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois

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1683 - Factum contre les Prétendus Réformés de Saint-Même-les-Carrières

dimanche 9 décembre 2018, par Pierre, 44 visites.

Factum : Récit de l’une des parties, destiné aux juges, exposant sommairement les faits d’un procès. Il s’agit ici d’argumentaires en faveur de la partie catholique (Diocèse de Saintes), contre les Protestants.

Le dé-tricotage de l’Edit de Nantes, pendant les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, se fait de différentes manières :
- par l’usage de la justice Royale, ce qui nous donne des dossiers d’argumentaires (factums) pour aider le clergé du diocèse de Saintes à lutter contre les protestants ;
- par l’usage de la force : dragonnades, mises au couvent, envoi aux galères, etc.

L’intérêt de ces "Factums" est la description de la situation locale du protestantisme pendant les règnes de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, avec les noms et les rôles des acteurs locaux, lorsque cela est utile à l’argumentaire..

Source : Factums pour le syndic du clergé du diocèse de Saintes contre les prétendus réformés de Saintonge, sur le sujet des temples et des exercices publics de leur religion qu’ils ont établis dans le diocèse de Saintes, par contravention aux édits. - 1683 - BNF Gallica

Voir ici une page de synthèse sur les 41 factums en cours de publication sur ce site. On y trouve la liste des lieux concernés par un Factum, et les références réglementaires sur lesquelles s’appuie le rédacteur, Monseigneur de Châteauneuf.

SAINT MESME.

FACTUM
Pour le Syndic du Clergé du Diocese de Saintes, demandeur.
Contre les Pretendus Reformez de Saint Mesme, défendeurs.

Il est certain par l’Histoire, que les Seigneurs Hauts-Justiciers du Bourg de S. Mesme embrasserent la Reformation Pretenduë, & en firent exercice public peu de temps apres qu’elle fut introduite dans le Diocese de Saintes. Ce fut un de cette Maison, qui estant Gouverneur de la Province d’Engoumois, surprit en l’année 1568. la ville d’Engoulesme, & y commit quantité de violences contre l’Eglise Catholique, pillant les Eglises, brisant les Autels, & faisant tuer les Religieux & : les Prestres. Dans leur Terre de S. Mesme ils ont empesché pendant long-temps l’exercice de la Religion Catholique, usurpant les revenus de la Cure, qui sont assez considerables, & empeschant qu’aucun Prestre s’y put établir.

L’exercice qui s’est fait de la R. P. R. dans cette Paroisse avant l’Edit de Nantes, estoit un exercice de fief que les Seigneurs de Saint Mesme faisoient faire dans leur Chasteau, où les P. R. de ladite Terre & des Paroisses voisines venoient faire baptizer leurs enfans. Ce fait paroist par un certificat de vie & mœurs que les Anciens & Diacres de l’Eglise de S. Mesme donnerent au nommé Rossignol, Ministre en l’année 1581. Ce certificat est produit par les défendeurs sous le chiffre 4. & il est dit qu’il fut fait au chasteau de Grollet, Paroisse de S. Mesme qui est le lieu de la demeure des Seigneurs de S. Mesme.

En l’année 1615. les P. R. de ce lieu firent construire un Temple dans leur Bourg, de leur autorité propre, & sans obtenir aucune permission par des Commissaires deputez de Sa Majesté. Ce fait paroist par l’inscription qui se voit au dessus des deux portes dudit Temple. Le Syndic du Clergé de Saintes demande la démolition de ce Temple, & l’interdiction de l’exercice qui s’y fait.

Son droit est constant, & les P. R. de S. Mesme sont mal fondez.

1. Il paroist clairement par la pièce produite sous le chiffre 4. que l’exercice de la R. P. R. qu’on a fait à Saint Mesme avant l’Edit de Nantes, n’estoit qu’un exercice de fief, que les Seigneurs Hauts-Justiciers de ce lieu faisoient faire dans leur Chasteau.

2. Les défendeurs dans tous les titres qu’ils ont remis, ne donnent aucune preuve d’un exercice établi, & publiquement fait au Bourg de S. Mesme és années requises par les Edits.

Pour l’année 1577, ils produisent, à la verité, un Papier Baptistaire, coté sous le chiffre 2. où il est fait mention de quelques baptesmes faits au mois d’Aoust & au mois de Septembre de cette année 77.

Mais le Syndic répond ;

1. Que des baptesmes faits dans un lieu ne sont point des preuves d’un exercice établi & publiquement fait audit lieu.

2. Que ce Papier Baptistaire produit par les défendeurs n’est point un registre public de Baptesmes : c’est un papier ou mémoire de quelque particulier, qui n’est point signé ni de peres, ni de parains, ni de maraines, ni de Ministre, ni attesté par aucuns témoins, & par consequent qui ne peut faire aucune foy en Justice.

3. Il n’est point exprimé dans ce Papier Baptistaire, que ces baptesmes ayent esté faits au Bourg de S. Mesme ; & le Ministre qui les a administrez, n’est point nommé.

Ce que les défendeurs alleguent pour les années 96. & 97. requises par l’Edit de Nantes, est insuffisant, & ne prouve en aucune manière leur pretendu droit d’exercice.

Ils produisent sous le chiffre 3. des baptesmes faits en 96. & 97. Le Syndic répond que ce Papier Baptîstaire, ou plutost ces mémoires de baptesmes, sont une piece informe, qui n’est signee ni de peres, ni de parains & maraines, ni de Ministre, & par consequent qui ne peut point faire de foy en justice. Mais de plus, quand cette pièce seroit en bonne forme, on ne pourroit point en conclure, qu’il y eust en 96. & en 97. au Bourg de S. Mesme un exercice établi & publiquement fait de la R. P. R. Ces baptesmes pouvoient avoir esté faits à l’exercice personnel qui se faisoit quelquefois dans le Chasteau de Grollet, demeure des Seigneurs de Saint Mesme.

Ils produisent aussi un certificat du 5. Juillet 1597. donné par un nommé Gautier, qui se qualifioit Ancien de l’Eglise de Saint Mesme & de Boutteville, & qui declare qu’une certaine femme est de l’Eglise de Saint Mesme & sans reproche. Cét acte n’est point signé de ce Gautier, mais à sa requeste, un nommé Passier l’a signé. Voilà les titres des défendeurs. Peut-on rien produire de plus foible, pour prouver qu’il y avoit à Saint Mesme en 96. & en 97. jusques au mois d’Aoust, un exercice établi & publiquement fait de la R. P. R.

Le Syndic du Clergé de Saintes espere de la justice de Sa Majesté, & de celle de Nosseigneurs de son Conseil, que l’exercice de la R. P. R. sera interdit à Saint Mesme, & le Temple où il se lait, démoli jusques aux fondemens.

Monseigneur DE CHASTEAU-NEUF, Rapporteur.

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