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1795 - Il y a des ruisseaux et des rivières qui se perdent en Charente et Charente-Inférieure

Avis de recherche du citoyen Desmarest

D 14 septembre 2018     H 01:23     A Pierre     C 0 messages     A 1 LECTURES


Voilà une encyclopédie qui entre dans les détails. Le mot-clé est "ABSORBANS (Cantons)".
Grâce à cet article, nous savons quels sont les ruisseaux et rivières qui disparaissent dans les profondeurs de la terre, en Charente et en Charente-Inférieure.
Il y en a aussi qui resurgissent : c’est le cas de la Touvre, où renaissent le Bandiat et la Tardoire. Pour beaucoup, leur destination reste mystérieuse.

Nous illustrons cet article par les cartes mentionnées dans l’article.

Source : Encyclopédie méthodique. Géographie-physique. Tome 2 - Par le citoyen Desmarest. Tome premier - Paris - 1795-1828 - BNF Gallica

Voir en ligne :

ABSORBANS ( CANTONS ). Ce sont des parties plus ou moins étendues de la superficie du globe, où les eaux courantes se perdent dans, les entrailles de la terre. Quelquefois ces eaux courantes sont des rivières ; plus souvent ce sont de simples ruisseaux ou de petits filets d’eau qui sont absorbés dans des trous ou entonnoirs formés par l’affaissement de certaines couches superficielles, ou dans des fonds de cuve de vallons fort épais, ou enfin au milieu des amas de sable terreux, accumulés par les torrens., Ici les rivières ou les ruisseaux , après un cours libre plus ou moins long , se perdent & ne reparoissent plus, ou seulement ne reparoissent que par des sources. Là les rivières se perdent en laissant leur lit à sec ; mais après une interruption plus ou moins considérable , elles se montrent de nouveau pour couler comme auparavant à plein canal.

Quelques-unes de ces rivières, rrême considérables , disparoissent dessous des chaînes de montagnes, & reparoissent, au-delà, en tout ou en partie , pour continuer leurs cours : c’est d’après l’examen que j’ai eu lieu de faire de semblables disparitions & réapparutions des rivières, que j’ai cru reconnoître la marche de la Nature dans la formation des ponts natutels. (Voyez cet article. ) .

D’ailleurs, l’étude de toutes ces divisions & subdivisions des eaux courantes m’a paru, en général, d’une grande importance, pour être instruit sur toút ce qui concerne la circulation des eaux pluviales au milieu des couches superficielles du globe , & en même tems sur la constitution des différens sols qui contribuent à nous montrer ces divers phénomènes. Effectivement, lorsqu’on a bien examiné avec attention certaines contrées absorbantes, d’une certaine étendue, on sent aisément que cette .connoissance nous éclaire sur toutes les autres, où la même distribution des eaux, les mêmes caractères des sols, & surtout les mêmes distinctions des massifs se remarquent. On ne peut se dissimuler qu’un de ces caractères les plus frappans ne soit d’absorber les eaux courantes par plusieurs issues remarquables.

C’est dans ces vues que je me suis occupé à former une liste générale des ruisseaux & des rivières qui se perdent, soit en France , soit dans les pays étrangers. Je présente donc ici le résultat du dépouillement exact des N°s. de la carte de France , joint à mes propres observations, ainsi que celui des notes que j’ai pu tirer de différentes cartes de Danville & d’autres géographes. Le dénombreraent de ce que les .planches de la carte de France m’ont offert, sera divisé en deux parties : la première, renfermée dans cet article, comprendra les planches où sont figurés les cantons absorbans, dans lesquels on observe les pertes ; non-seulement les plus nombreuses , mais encore les plus apparentes ; la seconde partie nous indiquera de semblables pertes, mais qui se bornent à des rivières ou ruisseaux plus isolés, quoiqu’encore assez dignes de remarque & d’attention. On la trouvera développée dans l’article RIVIÈRES & RUISSEAUX QUI SE PERDENT.

Dénombrement des filets d’eau, des ruisseaux & des rivières qui, en France, se perdent dans les entrailles de la terre.

PREMIÈRE PARTIE.

Dans cette division, ces accidens sont désignés de manière que les naturalistes, en consultant les N°s. de la carte de France, que j’y rappelle, ou bien en parcourant les environs des villes principales s’y trouvent indiquées, rencontreront tous les détails intéressans relatifs à la circulation des eaux courantes ; ils pourront même, guidés par cette carte & par ces indications nombreuses & suivies, faire une étude des différens sols de la France & de son Hydrographie. (Voyez cet article.)

 N°. 60. ANGOULÊME. Département de la Charente.

Nous trouvons, fur cette planche, un des cantons absorbans de la France, le plus curieux & le plus étendu. Aux environs de la Rochefoucauld sont trois rivières qui se perdent dans une suite d’entonnoirs très-remarquables , & qui sont distribués le long des vallées de ces rivières, dans une longueur d’environ quatre lieues. Ces rivières sont le Bandiat & la Tardouère, avec la Ligonne, rivière latérale. Leurs eaux sont englouties dans des entonnoirs si nombreux, que même, dans les tems des crues les plus abondantes, ces rivières ne parviennent point à la rivière principale, qui est la Charente. On voit effectivement sur la carte, au dessous de la Rochefoucauld, les vallées du Bandiat & de la Tardouère à sec.

Nous remarquerons ici, en passant, que toutes ces eaux ne sont pas perdues pour la ci-devant province d’Angoumois, puisqu’à côté de la contrée où elles sont englouties par les goufres, se voit, avec étonnement, la source de la Touvre , qui nous restitue toutes ces eaux, avec lesquelles se trouve formée une rivière fort large & d’un cours uniforme, sur laquelle est établie la belle forge de Ruelle & beaucoup d’autres usines.

Je dois dire que les environs même des vallées des deux rivières qui se perdent, sont composés d’un sol également perméable à l’eau , puisqu’ils nous offrent quatre à cinq ruisseaux assez abondans pour faire tourner des moulins, lesquels se perdent dans des trous ou goufres d’une ouverture plus ou moins large, & ne parviennent point à ces rivières. II est vraisemblable que ces eaux absorbées vont gagner, par des canaux souterrains, les réservoirs immenses de la source de la Touvre, comme celles de Bandiat & du Tardouère.

Au reste, tous ces détails seront rappelés, par la suite, aux articles LA ROCHEFOUCAULD, ANGOUMOIS , BANDIAT , TARDOUÈRE , TOUVRE , & seront même figurés & décrits dans notre Atlas !

 N°. 102. SAINTES. Département de la Charente-Inférieure.

Le ruisseau de la Bridonnerie, après un cours de deux mille trois cents toises , se perd dans les sables, au bord de la mer.

Le. ruisseau qui prend sa source près la commune de Bignay, après avoir fait tourner deux moulins successivement, dans un cours d’environ douze cents toises, se perd au milieu d’un vallon ouvert.

Le ruisseau de Beaulieu , qui fait tourner un moulin, se perd près des bois de Royan, après un cours de quinze cents toises.

Le ruisseau voisin du hameau de Brunetaud coule d’abord à la superficie de la terre, sur une longueur de treize cents toises ; ensuite il tombe dans une carrière, & se réunit à un courant d’eau souterrain qui , seul même fait tourner un moulin construit au fond de cette carrière. Le courant d’eau souterrain & le ruisseau qui se perd, reparoissent à deux mille toises au dessous, & à l’extrémité du même vallon , par une source abondante. Tous ces détails curieux s’observent, avec surprise , proche le village de Venerand , à côté de la grande route de Saint-Jean-d’Angely à Saintes.

RÉFLEXIONS fur la précédente énumération des ruisseaux & de rivières qui se perdent en France.

Après cette première énumération des ruisseaux & des rivières qui se perdent en France, il me paroît important de rappeler quelques-unes des principales circonstances qui accompagnent le plus souvent ces accidens.

On trouvera peut-être que les indications de ces circonstances sont autant de redites ennuyeuses & inutiles ; mais si l’on comprend bien dans quel esprit ce travail a été entrepris, on doit penser que ce sont autant de preuves de la disposition des lits de la terre, qui sont propres non-seulement à absorber les eaux courantes superficielles, mais encore à recéler dans leur sein & à les transmettre à des couches voisines, placées ordinairement à des niveaux inférieurs, & qui les restituent par des sources plus ou moins abondantes.

D’autres fois aussi ces eaux reparoissent sous la même forme, de ruisseaux ou de rivières, qu’elles avoient quand elles ont été absorbées. Il me paroît même qu’en général cette restitution tient à un grand nombre de cas infiniment variés que j’ai cru devoir faire connoître par des indications succinctes. Et c’est en m’attachant aux différentes formes apparentes des terrains , que j’ai cru pouvoir tracer la marche intérieure de l’eau. Ainsi, convaincu par de nombreuses observations, que les sols propres à absorber les eaux & à les rendre, avoient reçu cette disposition à la suite de l’approfondissement des vallons jusqu’à certaines couches, & que ces opérations de la Nature se sont répétées souvent, j’ai cru qu’il importoit soit de ne les pas omettre , & de les rappeler de manière à y rendre attentifs ceux qui consulteroient les numéros des cartes de France où ces résultats sont figurés, ou bien même qui parcourroient les lieux où l’on peut les observer.

Ainsi, quand je dis que les ruisseaux ou les rivières se perdent dans un vallon ouvert, je prétends faire connoître que c’est ou un fond de cuve d’une certaine épaisseur qui absorbe ces eaux, ou bien que cet effet est produit par un changement de couches.

De même, lorsque je remarque que la perte des eaux a lieu dans un vallon fermé, j’indique que l’eau disparoît dessous les bords de l’enceinte de ce vallon, pour se montrer au-delà sous différentes formes : il en est de même quand il est question de la disparution des eaux courantes dessous une chaîne de montagne, & de sa réapparition audelà ; il est évident que ces grands accidens sont la suite d’une excavation d’une grande largeur & étendue , faite au milieu de couches aisées à entamer & à détruire, & que tels sont les bancs qui constituent la base de ces montagnes.

D’un autre côté, quand je parle d’un terrain plat, aterri, qui n’est pas bordé parles croupes d’un lit profond, je prétends indiquer des amas de dépôts terreux ou sabloneux, qui n’ont aucun arrangement régulier, & au milieu desquels les eaux disparoissent.

Quand je fais mention de vallons secs ou vallons abreuvés, je compare ainsi les sols qui sont au dessus du niveau des sources ou de celui des eaux courantes, avec les sols qui sont pour ainsi dire dans la région des eaux courantes souterraines.

II résulte évidemment de ces distinctions, que ces différens niveaux sont remarquables par le passage de l’eau superficielle à l’eau souterraine, & à celle des sources, lorsqu’elle se porte depuis les vallons des petits ruisseaux, jusqu’aux vallons des moyens, & de ceux-ci aux vallées des rivières.

...

II m’a toujours paru que les cantons les plus étendus, où les rivières se perdent, étoient voisins de l’ancienne terre schisteuse ou graniteuse. Tels sont les environs de Verneuil & de Laigle, dans la ci-devant province de Normandie ; ceux de Thiviers , dans le ci-devant Périgord ; ceux de Turenne & de Montignac, au département de la Corrèze ; ceux de Vezoul, département de la Haute-Saône ; ceux de la Rochefoucauld, département de la Charente. Je vais, à cette occasion , insister sur la disposition de ce dernier canton.

Si je considère la partie supérieure du cours du Bandiat & de la Tardouère ( planche d’Angoulême), je vois une masse d’eau considérable qui, recueillie à la surface de l’ancienne terre graniteuse, se trouve distribuée ensuite sur la nouvelle : c’est là que cette masse d’eau courante a d’abord creusé deux vallées, & qu’elle a suivi les pentes de ces deux vallées sans grande perte. Mais ensuite, à mesure que les premières couches qui tenoient l’eau ont été entamées, ces rivières se sont perdues par les ouvertures qu’elles ont trouvées au milieu des couches de pierres calcaires remplies de fentes. Ces premières eaux souterraines ayant agrandi les galeries qui les ont reçues, il en est résulté de grands déplacemens dans les couches qui faisoient l’office de voûtes à ces galeries. Aussi voit-on à la Rochefoucauld, des arêtes , des affaissemens considérables , des vallons fermés qui ne conservent point l’eau des pluies, & enfin des entonnoirs. Il paroît que les eaux pluviales, absorbées ainsi, n’ont creusé aucuns vallons suivis & réguliers ; en sorte que la surface de la terre, dans toute l’etendue de ce canton appartenant à la nouvelle terre, est plus altérée par les eaux souterraines, que par les eaux des torrens. J’en excepte cependant les deux vallées du Bandiat & de la Tardouère, qui sont creusées à une certaine profondeur, & dont le fond a atteint la couche de pierre assurément perméable à l’eau, par la multiplicité des entonnoirs qu’elle y rencontre.

Je distingue donc trois parties bien remarquables dans ce canton : d’abord , l’eau courante des rivières à la surface du granit ; en second lieu, des diminutions successives que cette eau éprouva à mesure qu’elle suit la pente des deux vallées, en s’engouffrant dans des entonnoirs très-apparens, jusqu’à disparoître entièrement ; enfin la même eau, devenue souterraine après avoir circulé dans les entrailles de la terre, occupant de grands réservoirs dont le débouché s’annonce par une source abondante, qui est l’origine d’une nouvelle rivière. Nous renvoyons à notre Atlas, où la carte de ce canton rendra sensibles tous ces phénomènes, & aux articles TOUVRE & LA ROCHEFOUCAULD, où ces opérations de la Nature seront présentées plus en détail.

...

Les mots-clés de l'article

pour en savoir plus sur : 16 Angoulême - 16 La Rochefoucauld - 17 Bignay - 17 Royan - 17 Saintes - 17 Vénérand - Bandiat (rivière) - Charente (fleuve) - Rivières et fleuves - Tardoire (rivière) - Touvre (rivière) -

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