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1800-1858 Éphémérides historiques de la Rochelle revisitées

vendredi 17 avril 2020, par Pierre, 60 visites.

Les Éphémérides historiques de La Rochelle, publiées par J-B Jourdan en 1861, sont une véritable mine d’informations sur l’histoire de cette ville. Cet ouvrage essentiel est composé de 847 notices sur les événements du riche passé de cette ville. Pour chacune de ces notices, les sources d’archives sont mentionnées, et l’auteur compare les sources, leurs éventuelles contradictions.
Un ouvrage qui est aussi déconcertant pour le lecteur, puisque les événements y sont classés du 1er janvier au 31 décembre, toutes années confondues, ce qui rend impossible d’y retrouver la chronologie sous-jacente.
Nous avons "revisité" cet ouvrage en reclassant les 847 notices dans leur ordre chronologique du 21 mars 1089 au 12 novembre 1858.
Réalisée en période de confinement, propice aux travaux au long cours, cette nouvelle présentation facilitera, nous le pensons, les recherches des amateurs de l’histoire de cette ville au riche passé.
Nous avons conservé l’intégralité du contenu des 847 notices, avec leurs notes de bas de page. Pour faciliter la lecture, ces notes suivent immédiatement le texte principal de chaque notice.

Page précédente Table alphabétique des matières

ÉPHÉMÉRIDES ROCHELAISES.
Tout le monde sait que ce fut par un édit de Charles IX , donné à Roussillon, en Dauphiné, le 9 août 1564, que le premier jour de l’année fut fixé pour l’avenir au 1er janvier. Antérieurement dans l’Aquitaine , dont faisait partie la Rochelle, l’année commençait le 25 mars, contrairement à l’ancienne coutume de France, qui fixait le premier de l’an au jour de Pâques. Toutefois, l’année municipale rochelaise continua de s’ouvrir le jeudi après la Quasimodo, jour de l’installation du Maire, dont l’élection avait lieu chaque année le dimanche de la Quasimodo.


1800
1800 10 27. — L’agitation révolutionnaire, peu favorable aux études littéraires, avait depuis neuf ans fermé les portes de l’académie rochelaise (V. 31 août). Le 27 octobre, le souspréfet de la Rochelle, M. de Traversay, réunit dans la salle du muséum quelques amis des lettres et il fut décidé qu’il serait formé une société de belles-lettres , sciences et arts, sous le nom de Lycée rochelais. Quelques jours après, en discutant le règlement, on changea cette dénomination en celle d’Institut littéraire, qui fut remplacée, en 1814, par l’ancien titre lV Académie royale de la Rochelle. (Reg. de l’Académie.)
1800 12 17. — Arrêté du premier Consul qui établit deux foires à la Rochelle, l’une au 1er janvier, l’autre au 30 juin. La première année , les marchands d’étoffe se placèrent dans la cathédrale, qui n’était pas encore rendue au culte, et les autres marchands sur la place d’Armes. L’année suivante , tous se transportèrent dans l’ancien couvent des Hospitalières de la rue Rambaud, où ont continué de se tenir les foires jusque dans ces derniers temps. (V. 24 décembre.)
1801 08 08. — Jour de la clôture des élections, dans toutes les communes de l’arrondissement, des officiers de la garde nationale sédentaire. La Rochelle avait deux bataillons ; les autres communes étaient divisées en dix circonscriptions, formant chacune un bataillon. (Affi. de la Roch.)
1801 12 04 (13 frim. an V.) — Arrêté des consuls, qui établit une bourse de commerce à la Rochelle, et déclare que les fonctions d’agent de change pourront être cumulées avec celles de courtiers de commerce, sans que leur nombre puisse s’élever au-dessus de six. (Bulletin des lois. )
1802 05 19. — Arrêté du premier consul qui autorise la commune de la Rochelle à établir une école secondaire dans le bâtiment de son ancien collège. L’ouverture eut lieu le 22 octobre suivant.
1803 02 25. - Arrêté du gouvernement, qui fixe à trois le nombre des églises consistoriales du département de la Charente-Inférieure , et désigne comme chefs-lieux : la Rochelle, Saintes et la Tremblade. (Affich. de la Rochelle.)
1803 10 23. — En vertu de l’arrêté du gouvernement du 30 floréal an XI, qui avait autorisé l’établissement d’une école secondaire à la Rochelle , l’ouverture en fut faite le 1er brumaire , .an XII (23 octobre 1803.) (1), sous la direction du citoyen Mounier, ancien professeur du collège. Les cours se composaient de cinq classes de latin , deux de mathématiques, d’un cours de langue anglaise et d’un autre de dessin. (Affi. de la Rochelle.)

(1) La date donnée par Dupont, du 25 octobre 1804, est doublement fausse.


1804 10 23 — Bien que la Rochelle ne fut pas le chef-lieu du département, Napoléon, par lettre close du 23 octobre, convoque le Maire Garreau à son sacre, qui devait avoir lieu le 2 décembre suivant. (Dupont.)
1807 09 25. — On lit, sous cette date, dans les affiches de la Rochelle : « L’ennemi est toujours en vue. Six vaisseaux et une corvette croisent constamment à l’embouchure du pertuis d’Antioche, faisant des apparitions de temps en temps dans le pertuis ; trois ou quatre frégates se tiennent, ou à la voile ou à l’ancre, à l’entrée de la rivière de Bordeaux, et deux corvettes n’abandonnent pas les parages des Sables d’Olonne et de la Baleine, inquiétant et faisant échouer parfois les caboteurs, qui se hasardent à sortir des ports. »
1808 08 06. — Arrivée à la Rochelle de Napoléon et de l’Impératrice Joséphine, qui descendirent à l’hôtel de M. Poupet, devenu depuis l’hôtel de la Préfecture. Un nombreux cortège était allé les attendre à une assez grande distance de la ville. Après les avoir complimentés, le Maire Paul Garreau présenta à l’Empereur les clés de la ville, et trente demoiselles offrirent à l’Impératrice une corbeille de fleurs et de nombreux bouquets. La réception des autorités terminée, l’Empereur monta à cheval, visita le port, le chantier de construction, le bassin à flot, la jetée, l’arsenal, et se rendit sur la place, où il passa la revue des quatre compagnies d’élite de la garde nationale et les troupes de la garnison. Rentré à l’hôtel, il s’entretint assez longuement, avec les principales autorités, de l’état et des besoins de la ville , manifesta tout l’intérêt qu’il y prenait, son désir de la dédommager de toutes les pertes qu’elle avait éprouvées, et sans s’exprimer catégoriquement sur la translation à la Rochelle du siège de la préfecture, promit quelle obtiendrait les avantages auxquels elle avait droit. Arrivés à deux heures et demie, les augustes visiteurs remontèrent en voiture quatre heures après, pour se rendre à Niort. Avant de quitter la Rochelle, l’Empereur signa un décret par lequel il fesait abandon au département du bâtiment national, dit l’ancien Evéché (1) pour être vendu, et les fonds en provenant être employés à l’acquisition et aux réparations de l’hôtel de M. de Pont, occupé par l’Evêque (2), et aussi du bâtiment national dit de VIntendance, pour être affecté au logement du sous-préfet. Il donna en outre à la ville, le bâtiment national, dit l’hôtel du gouvernement et le jardin en dépendant (3), pour y transférer la bibliothèque publique et le muséum d’histoire, naturelle. « L’enthousiasme que la présence de leurs Majestés avait fait naître dans tous les cœurs se prolongea longtemps après leur départ, et le soir toute la ville fut illuminée. » (Affi. de la Roch.)

(1) Acheté depuis par la ville, il sert aujourd’hui de bibliothèque publique.

(2) L’hôtel de M. de Pont est devenu l’Evêché actuel.

(3) On en avait fait un jardin botanique pour le collège. (V. 9 mars.)


1808 11 23. — A cette date, Junot, duc d’Abrantès, qu’après la convention de Cintra, des navires anglais avaient transporté de Lisbonne à la Rochelle, avec les débris de son armée , écrivait au Maire de cette ville : « Monsieur le Maire, je ne veux pas quitter la Rochelle, sans vous exprimer combien je suis reconnaissant des soins que vous vous êtes donné pour le passage de mon armée dans votre ville. Les habitans de la Rochelle m’ont donné dans tous les temps (1) des preuves de leur attachement et de leur estime, que je n’oublierai pas , et je me ferai un devoir d’en rendre compte à Sa Majesté , ainsi que du zèle que vous avez mis pour me seconder et pour améliorer, autant qu’il a été possible ; le sort des malheureux blessés, qui ont débarqué dans votre port. On est heureux de rentrer dans sa patrie, quand on y est accueilli comme ici, et par les habitans et par leurs respectables magistrats. Agréez, etc., le duc d’Abrantès. » — En donnant de la publicité à cette lettre, ajoute le rédacteur des affiches de la Rochelle , le Maire rendait un hommage particulier à la sensibilité touchante qu’ont montrée les dames rochelaises à l’égard des malheureux blessés. (Affiches de la Roch.)

(1) Junot était déjà venu à la Rochelle au mois de juin 1807, pendant qu’il était gouverneur de Paris. (Affic. de la Roch.)


1808 12 24. — Les ingénieurs Leclerc et Lescure de Bellerive font remise à la chambre de commerce, en présence de toutes les autorités invitées à la cérémonie, du bassin neuf achevé par leurs soins. (Dupont.) Les travaux, longtemps interrompus, étaient commencés depuis 1778. Il existait anciennement sur son emplacement un petit bras de mer, en forme de canal , qui formait un annexe du port principal ; il en est parlé dans un titre de 1408, sous le nom de l’achenal du port. On l’appela plus tard la fosse aux mâts, parce qu’on y déposait les pièces de bois propres à faire des mâts de navire. On n’a pas oublié que le chantier de construction a pendant très long-temps été établi sur la petite rive. (V. 15 février.)
1809 04 11. — Depuis longtemps l’Angleterre s’était contentée d’envoyer des flottes stationner à l’embouchure de nos fleuves ou aux abords de nos ports, sans prendre une attitude agressive. Nos revers en Espagne lui firent penser que le moment était venu d’écraser notre marine, affaiblie par la négligence et l’incapacité du ministre Decrès. Une escadre de neuf vaisseaux et de deux frégates, commandée par le contre-amiral Lallemand , qui venait de remplacer le vice-amiral Willaumez, était mouillée à l’embouchure de la Charente, sous la protection du canon de l’île d’Aix. Le 11 avril, lord Cochrane, qui commandait, sous les ordres de l’amiral Gambier, une partie de la flotte anglaise, s’avança jusqu’à l’entrée de la rade des Basques, et lança un grand nombre de brûlots au milieu de notre escadre, pour y mettre le feu. Les premiers, arrêtés par une sorte d’estacade, derrière laquelle l’amiral français s’était mis en défense, éclatèrent avant d’avoir pu approcher de notre flotte ; mais les autres, secondés par la marée et par une très forte brise, franchirent la barrière, qui avait été rompue par des machines infernales. En cherchant à éviter les brûlots, sept de nos vaisseaux et deux frégates allèrent s’échouer sur les Pelles, à la pointe de l’Aiguille, et dans d’autres directions, sans qu’aucun d’eux cependant eût été atteint par l’incendie. Le destin nous réservait pour le lendemain l’une des journées les plus néfastes de notre marine. Toute la population rochelaise, du haut du mur de la Chaîne ou répandue sur la côte jusqu’à la pointe des Minimes, assistait avec une douloureuse anxiété à ce terrible et effrayant spectacle. ( V. Massiou et Dupont.)
1809 04 12. — Lord Cochram ayant avisé l’amiral Gambier de la position critique de nos vaisseaux , celui-ci s’approcha de l’île d’Aix, dans la matinée du 12 avril, avec douze vaisseaux, trois frégates et un grand nombre de moindres navires. Le combat s’engagea bientôt et dura toute la journée. L’Océan, le Régulus, le Jemmapes , le Patriote et le Tourville étaient parvenus à se remettre flot en jetant à la mer une grande partie de leurs ancres , de leurs canons et de leurs projectiles ; mais tout désemparés et hors d’état de tenir la mer, ils furent pris par l’ennemi à l’exception du Tourville, en cherchant à entrer dans la Charente. Les quatre plus forts vaisseaux, l’Aquilon, la Ville-de-Varsovie, le Calcutta et le Tonnerre, malgré leurs efforts, ne purent s’arracher des bans de roche où ils étaient échoués, et restèrent exposés , couchés sur le flanc et presque sans moyens de défense, aux brûlots, aux fusées et aux boulets des Anglais. Les deux premiers furent incendiés et tous ceux qui les montaient tombèrent aux mains des vainqueurs ; les deux autres, après avoir soutenu jusqu’au dernier moment une lutte inégale, furent brûlés par leurs propres équipages, qui gagnèrent sur des chaloupes les îles ou le continent. Le lendemain, la canonnade continua contre le Tourville et la frégate l’Indienne. Ces deux bâtiments combattirent pendant deux jours avec un admirable héroïsme ; mais, dans la soirée du 14, l’équipage de la frégate, épuisé de fatigue et désespérant de pouvoir sauver son navire, y mit le feu et réussit à gagner la côte. Plus heureux, le capitaine du Tourville parvint, par une manœuvre aussi audacieuse qu’habile, à l’amener dans la Charente. ( V. de plus grands détails dans Massiou et Dupont.)
1810
1810 05 19 - Décret, daté de Bruges, qui transfère à la Rochelle le siège de la préfecture de la Charente-Inférieure, réalisant ainsi les espérances que Napoléon avait données aux Rocbelais, deux ans auparavant, à son passage dans leur ville. (V 30 juin.)
1810 06 30. — L’époque de la translation du siège de la préfecture à la Rochelle, ayant été fixée au 1er juillet ( V. 19 mai), M. le baron Richard, préfet du département, arriva la veille dans notre ville, où lui fut faite la plus sympathique réception. Il descendit au palais épiscopal, en attendant sans doute que l’hôtel de l’Intendance, qui lui était destiné, fut prêt à le recevoir. (Affich. de la Roch.) (1) (1) Ce n’est qu’en 1816 que le bel hôtel construit par M. Poupet est devenu l’hôtel de la Préfecture.
1811 03 17. - « Le 17 mars, la garde nationale fut réorganisée : elle était telle que la révolution l’avait faite, et il y avait bien des officiers qui devaient rentrer dans les rangs et céder leurs épaulettes à d’autres citoyens. M. liegnier fut nommé colonel. Un grand nombre d’habitants prirent alors l’uniforme, et la garde nationale présenta un fort bel ensemble aux fêtes qu’amena la naissance du Roi de Rome. » (Dupont, Hist. de la Rochelle.)
1811 05 03. — Décret qui établit à la Rochelle un dépôt de mendicité pour le département de la Charente-Inférieure, dans les bâtiments <de l’ancien couvent des Dames-Blanches (1). Ils devaient être mis sans délai en état de recevoir 300 mendiants de l’un et l’autre sexe. Le devis des travaux d’appropriation s’élevait à 98,293 francs. (Affiches de la Rochelle.)

(1) Il était situé dans la rue des Trois-Marteaux ; ses dépendances servent aujourd’hui à l’établissement de la maternité et au cours public d’accouchement.


1811 06 23. — Dernière des fêtes célébrées à la Rochelle, à l’occasion de la naissance du Roi de Rome. Elles avaient commencé, dès le 7 du mois, sur la place Napoléon, par une loterie de comestibles, de deux cents lots, à laquelle avaient été admis tous ceux qui s’étaient présentés, et elles avaient continué presque sans interruption pendant plus de quinze jours. Le 8, il y avait eu, sur la même place, distribution de vin et un buffet d’abondance ; le 9 , après le Te Deum, de grandes évolutions militaires, suivies de la célébration de cinq mariages dotés par la ville, avec banquet de noce à l’Hôtel-de-Ville pour les mariés et leurs parents, et à la suite trois bals, l’un à l’Hôtel-de-Ville, en l’honneur des nouveaux époux, l’autre à la Bourse, et enfin bal public sur la place ; le 10 , distribution de vin à la garnison ; le 11, grand bal donné par le général, baron Rivaud de la Raffinière ; le 12, somptueux dîner chez le préfet, qui avait réuni toutes les autorités judiciaires, civiles et militaires ; le 13, grand bal à l’hôtel de la Mairie, où quatre cent cinquante dames, placées sur trois rangs de gradins, offraient un magnifique coup d’œil (1) ; le 16. deux mâts de cocagne, abondamment garnis, nouvelle distribution de vin, danses publiques, feu de joie et bal public à la Bourse ; le 20, bal d’enfants à l’Hôtel-de-Ville, où six à sept cents enfants, de six à douze ans, de la plus belle espérance, avaient dansé depuis six heures jusqu’à une heure après minuit, soupé sur de petites tables, dont les plus sages fesaient les honneurs, et laissé ensuite la place aux grandes personnes, qui avaient prolongé le bal jusqu’à six heures du matin. Enfin, le ^3, cette longue série de plaisirs se termina par des courses nautiques, de la digue à Pavant-port ; par des courses à pied , dans le Mail, et par un feu d’artifice, tiré le soir sur la place. « Jamais, dit en finissant l’historiographe oculaire de ces fêtes, l’allégresse publique n’avait éclaté avec plus de transports. » (Aff. de la Roch.)

(1) Non seulement il y avait eu abondance de rafraîchissements, mais encore, à minuit, un buffet très-bien servi avait été offert aux nombreux invités. (Affiches de la Rochelle.)


1812 06 15. — Décret qui approuve la soumission faite, au mois d’août 1810, par les sieurs Racaud frères, pour la construction d’une tuerie publique (1), aux charges et conditions qui y sont exprimées, sauf en ce qui concerne la rente à payer à la ville, portée à 1300 francs, conformément à la nouvelle soumission du mois de Janvier précédent. (Affic. de la Roch.)

(1) Il s’agit de l’Abattoir, qui a été bâti sur le rempart, près du canal de Maubec.


1813 09 25. — Décret impérial réglementant l’exercice de la profession de boulanger à la Rochelle. Nul ne peut y exercer cette profession sans une permission spéciale du Maire. Chaque année, dix des plus anciens boulangers doivent, en présence de ce magistrat, nommer un syndic et trois adjoints. Ceux-ci sont chargés de faire le classement des boulangers en trois classes, et de surveiller l’approvisionnement de réserve imposé à chacune d’elles, en constatant la nature et la qualité des farines. Il est défendu, sous peine de confiscation, d’établir des regrats de pain en quelque lieu public que ce soit ; mais les boulangers et débitans forains sont admis , concurremment avec les boulangers de la ville, à vendre ou faire vendre du pain sur les marchés et lieux publics désignés par le Maire , etc. (Bulletin des lois.)
1813 12 05. — Jour anniversaire du couronnement de l’Empereur. Le conseil municipal avait consacré que , chaque année, il serait fait choix d’une fille sage, qui serait dotée par la commune et épouserait, ce jour-là , un militaire ayant fait la guerre. Le mariage était célébré solennellement, dans la grande salle de l’Hôtel-de-Ville, en présence de tout le conseil municipal, et les époux étaient ensuite conduits en voiture a la Cathédrale, où se trouvaient les autorités civiles, militaires et judiciaires, invitées à assister à la cérémonie religieuse. Un banquet réunissait ensuite, à l’Hôtel-de-Ville, les époux, leurs parents et six membres du conseil municipal. (Aff. de la Roch.)
1814 04 10. — Ce fut le jour de Pâques, pendant l’office, que le courrier, dont le service était interrompu depuis quelque temps, arriva à la Rochelle, apportant la nouvelle de la déchéance de Bonaparte et du retour des Bourbons. La joie publique éclata en vifs transports, bien qu’il n’y eut encore rien d’officiel (1) et qu’il régnât une grande incertitude sur les destinées de la France. Le curé de Notre-Dame alla même jusque entonner spontanément le Domine salvum fac regem. La ville se remplit aussitôt de cocardes blanches. Peu s’en fallut que le soir, au spectacle , le sang ne coulât à la suite d’un conflit qui s’éleva entre ceux qui acclamaient avec enthousiasme la rentrée des Bourbons et le petit nombre de ceux restés fidèles à la cause de l’Empereur, presque tous officiers de la garnison. (Dupont, Hist. de la Roch. - Souvenirs d’un octogénaire.)

(1) L’avis officiel du retour des Bourbons n’arriva à la Rochelle que le 12


1814 04 12. — Le général Rivaud, ayant député son chef d’état-major vers l’amiral lord Keith qui stationnait en rade , pour lui faire part de la nouvelle officielle de la rentrée des Bourbons et demander la cessation de toute hostilité , les Anglais vinrent visiter notre ville, et leur patriotisme dut s’étonner sans doute de la joie que les Rochelais firent éclater en les recevant, et des honneurs qui leur furent rendus. (Dupont.)
1814 06 12.- Le maire, Paul Garreau, accompagné de ses adjoints, de tout le corps municipal et des officiers de la garnison et de la garde nationale, escorté d’une partie des troupes et précédé par quatre pièces d’artillerie, fait la publication, à tous les cantons de la ville , du traité de paix conclu entre Sa Majesté très-chrétienne et les puissances alliées, aux cris de Vive le Roi ! Vive les Bourbons ! Le soir toute la ville fut illuminée. (Affi. de la Rochelle.)
1814 07 03. — Bénédiction, à la cathédrale, des drapeaux blancs donnés par la ville à la garde nationale, en présence de toutes les autorités civiles et militaires. Cette cérémonie fut suivie d’un grand dîner à la Bourse , auquel assistèrent tous les officiers de la garde nationale , dont M. de Missy était colonel, et ceux de la garnison , le lieutenant général Rivaud, le préfet Richard et le maire Garreau. Après le banquet, où des toasts particuliers furent portés à chacun des princes, les convives se rendirent au spectacle. Sur leur demande, on y chanta le Retour des lys et Vive Henri IV, qui furent applaudis avec transport. (Aff. de la Roch.)
1814 07 07. — Arrivée du duc d’Angoulême à la Rochelle. Suppléant à la détresse des finances communales, les citoyens se cotisèrent pour lui manifester dignement toutes leurs sympathies. Un grand nombre de jeunes gens de la ville formèrent une garde d’honneur à cheval, et allèrent au devant du prince ; on éleva un arc de triomphe vis-à-vis le champ de Mars, et toutes les maisons furent décorées de feuillage et de drapeaux blancs. Après un grand dîner, auquel assistèrent les principaux fonctionnaires, il y eut le soir illumination générale, feu de joie sur la place, un très beau bal à l’Hôtel-de-Ville, et un second bal public à la Bourse. Avant de partir, le lendemain matin,le prince, comme preuve de sa satisfaction, donna à tous les officiers, sous-officiers et soldats habillés de la garde nationale l’autorisation de porter la décoration du lis, qu’il avait déjà distribuée lui-même à tous les fonctionnaires. Peut-être l’accueil enthousiaste qu’il avait reçu des Rochelais fut-il pour quelque chose dans l’appui qu’il leur prêta, peu de temps après, pour repousser la prétention des Saintais de recouvrer le siège de la Préfecture. (Affi. de la Roch. - Dupont.)
1815 07 15. — Napoléon, renonçant à son projet de passer en Amérique, après avoir séjourné quelques jours à l’île d"Aix, se décide à se rendre à bord du Bellerophon, mouillé dans la rade des Basques, en déclarant au capitaine Maitland, commandant de ce vaisseau, qu’il venait se mettre sous la protection de son souverain et des lois d’Angleterre. ( V. les longs détails donnés par Massiou, t. VI, p. 500.)
1817 11 13. — Exécution, sur la place des Cordeliers, des deux frères Brunet, condamnés, le 23 août précédent, par la cour d’assises de Saintes, pour avoir assassiné le père, le fils et la tille Bellanger, et leur servante, au bourg d’Esnandes.
1819 01 04. — Installation, à la Rochelle des frères de l’école chrétienne. Ils s’établirent d’abord dans les dépendances de l’ancien couvent des religieuses hospitalières, dans la rue Rambaud, et quand le séminaire eut été transporté sur remplacement jadis occupé par le monastère des pères Capucins , ils vinrent prendre possession de l’ancienne maison de l’Oratoire, qui avait longtemps servi de séminaire.
1820
1820 07 19. — L’académie de la Rochelle ayant été chargée de la rédaction des deux inscriptions qu’on se proposait de placer au frontispice de l’hôpital militaire d’Auffrédy, en arrête ainsi les termes, sur la proposition de M. Emy , colonel du génie , l’un de ses membres : « L’an 1203, Alexandre Auffrédy , négociant Rochelois, fonda cet hôpital pour les pauvres, et s’y dévoua au service des malades. » — L’an 1811, cet hôpital fut érigé en hôpital militaire ; il a été successivement agrandi. » (Rég. de l’Académie).
1822 03 19. — Arrestation des principaux conjurés de la conspiration de la Rochelle, qui formait une des ramifications du vaste complot Bonapartiste, dont le général Berton était le chef. Un certain nombre de sous-officiers du 458 régiment de ligne, arrivé de Paris, depuis un mois à peine, pour tenir garnison à la Rochelle, était à la tête du mouvement. Le 10 avril, les conjurés s’étaient réunis au village de Lafons , à l’auberge du Lion-d’Or, pour se concerter sur le plan à suivre et l’un d’eux avait proposé d’égorger le colonel et les deux chefs de bataillons, et de mettre le feu aux casernes. Le 17, dans un dîner qui eut lieu à l’auberge du Soleil d’Or (vis-à-vis le Jardin des Plantes), l’heure de l’exécution avait été fixée à la nuit suivante, mais un incident inattendu la fit reculer de trois jours Dans cet intervalle, le sergent-major Goupillon, l’un des affiliés, alla tout dévoiler à son colonel, qui fit arrêter aussitôt les coupables. L’affaire ayant été évoquée par la cour de Paris , quatre des principaux conjurés : Bories, Pomier , Goubin et Raoult furent exécutés, le 21 septembre, sur la place de Grève. (Requisit. de l’avocat gén. de Marchangy.)
1823 09 16 (1). — En revenant de Bordeaux, où elle était allée à l’occasion de la guerre d’Espagne, la duchesse d’Angoulême, se rendant au vœu que lui avaient fait exprimer les Rochelais par six de leurs concitoyens, arrive à la Rochelle et descend à l’hôtel de la Préfecture. Accompagnée d’une garde d’honneur, formée par la garde nationale à cheval, elle passa en revue les troupes de la garnison, visita les hôpitaux et autres établissements de la ville et assista, le soir, dans la salle de spectacle, à la représentation d’une pièce de circonstance, due à la collaboration de MM. Brisson et Rochecave. Une médaille , gravée par Sanier , fut frappée pour perpétuer la mémoire de cette visite de la fille de Louis XVI.

(1) C’est à tort que Dupont a donné à cette visite la date du 7 août.


1826 06 12. — Dans les premiers mois de l’année 1826, quelques notables citoyens avaient eu l’heureuse pensée, non par esprit de spéculation, mais uniquement dans un but d’agrément et d’utilité générale , de doter la Rochelle d’an établissement de bains de mer. La souscription qui fut ouverte , atteignit promptement la somme de 60,000 francs., chiffre fixé pour les dépenses à faire, et le 12 juin l’acte de société fut passé par le notaire Hérard. Le plan présenté par l’architecte Gon ayant été adopté, on choisit pour la construction du nouvel établissement l’emplacement de la corderie du sieur Vergé, située à l’Ollest de la jolie promenade du Mail. Le 1(1 juin de Tannée suivante , les Bains Marie-Thérèse ouvraient au public ses tentes de baigneurs et ses beaux salons de danse. Madame la Dauphine en avait accepté le patronage et ne tarda pas à envoyer son portrait en pied , peint par Robert Lefebvre, et qui, placé dans le salon principal, fut inauguré solennellement le 29 juin 1828, en présence de toutes les autorités ecclésiastiques, civiles et militaires et des notabilités de la ville et des environs. Depuis cette époque, des agrandissements importants et de nombreuses améliorations ont fait des Bains de la Rochelle un des plus jolis et plus agréables établissements de ce genre. (1)

(1) L’idée de former à la Rochelle un établissement de bains de mer avait été conçue, dès l’année 1776, par un sieur Beneteau, régisseur de l’écluse de la porte des Deux-Moulins. Il voulait établir un ponton flottant de trente-six pieds de long sur quinze de large, auquel on descendrait, par un escalier, de sa maison située entre l’écluse et l’éperon qu’on venait de construire. Dans douze cellules, séparées par de simples cloisons de toile, devaient être placées des baignoires de bois avec.deux robinets, l’un pour donner et l’autre pour faire couler l’eau. Pour éviter la promiscuité des sexes, le matin était consacré aux hommes et l’après-dîner aux dames. Le prix des bains était fixé à une livre , linge , feu et bouillon, après le bain, compris. Le devis des dépenses ayant excédé ses ressources, Beneteau céda son entreprise à deux industriels qui, arrêtés par des obstacles invincibles, furent obligés de renoncer définitivement à l’établissement projeté. (Feuille d’annonces de la Rochelle de 1776.)


1827 11 24. — Ordonnance de Charles X qui, en vertu de l’ordonnance du 26 septembre 1814, par laquelle les villes, communes et corporations du royaume avaient été autorisées à reprendre leurs anciennes armoiries, fesant droit au vœu exprimé par le Conseil municipal le 25 novembre de l’année précédente, autorise la ville de la Rochelle à porter les armoiries ainsi réglées par un édit du Roi de 1696 : de gueules au vaisseau d’or (1), habillé d’argent, voguant sur une mer de sinople, au chef d’azur à trois fleurs de lys d’or. ( Lettres patentes sur parchemin, avec le grand sceau de cire verte, conservées aux archives de la Mairie. ) C’était, à un léger changement près (la transformation de l’ancienne mer d’argent en mer de sinople), les armoiries que, depuis quatre siècles et demi, avait portées notre ville, c’est-à-dire depuis que Charles V, en récompense de son patriotisme, qui lui avait fait chasser les Anglais pour se donner à la France, avait conféré à la Rochelle le titre de Chambre de la couronne. N’estil pas regrettable que, répudiant un si glorieux souvenir, on ait cru devoir, par un excès de scrupule politique sans doute, lacérer des titres de noblesse si antiques et, découronnant le vieil écusson rochelais, ne conserver que le vaisseau dans les armoiries récemment sculptées sur le front-sud de la nouvelle porte Saint-Nicolas ? Porte que l’on devrait appeler de Chaudrier, car elle a été ouverte dans la muraille construite avec les débris du château de Vauclair, si heureusement enlevé aux Anglais par l’ancien Maire Chaudrier. ( Voir 21 avril et 17 juin.)

(1) Arcère, induit en erreur par le manuscrit de Barreau, intitulé : Droits et domaines du Roy , fait à tort la nef, ou vaisseau, d’argent. Toutes les armoiries peintes sur des titres originaux des XVe , XVIe et XVIIe siècles , qui me sont passés sous les yeux , représentent toujours la nef d’or. La coque du navire reproduit dans les armoiries de la nouvelle porte devrait donc être héraldiquement pointillée. En retranchant le chef d’azur, on a supprimé dans les armes rochelaises l’une des trois couleurs nationales, que notre commune avait adoptées plus de quatre siècles avant qu’elles ne devinssent celles du drapeau de la France.


1829 01 31. — Exécution, sur la place des Cordeliers, de Richard, l’assassin de Madame Trimouille.
1830
1833 10 13. — Suspension des travaux du puits artésien, creusé au milieu de la promenade du Mail et qui était parvenu à 559 pieds de profondeur.
1840
1841 02 19. - Le conseil municipal de la Rochelle décide qu’il sera érigé une statue à l’héroïque maire Guiton ; mais cette délibération ne fut pas approuvée par l’autorité supérieure.
1841 12 19. La place d’Armes de la Rochelle, éclairée pour la première fois au gaz hydrogène.
1842 08 07. — Ouverture de la première exposition de tableaux et d’objets d’art, organisée par la nouvelle Société des amis des arts de la Rochelle.
1843 10 10. — Inauguration du nouveau lycée de la Rochelle, construit aux frais de la ville, sur l’emplacement de l’ancien collége communal. ( V. 14 février et 14 mars.)
1844 04 22. — Visite du prince de Joinville à la Rochelle. Dans les courts moments qu’il y passa , il put voir, aux chaleureuses et sympathiques démonstrations dont il fut l’objet de la part des Rochelais, combien ils savaient apprécier son noble et loyal caractère , le courage dont il avait fait preuve dans les combats, l’affabilité de ses manières, non moins que son intelligence inspirée par le plus pur patriotisme.
1846 10 11 — Election , par le collége de la Rochelle , de M. Bethmont, premier député de l’opposition depuis 1830.
1848 06 24. — Départ de la colonne des volontaires Rochelais, sous le commandement du baron de Nagle, colonel de la garde nationale, pour aller au secours de Paris, que menaçaient les émeutiers de juin.
1850
1852 10 12. — Passage à la Rochelle de Louis-Napoléon , président de la République. Il lui fut donné, le soir, par la ville, un bal magnifique, dans la cour de la Bourse, qui avait été couverte et parquetée. Après avoir été contempler les restes de la digue de Richelieu, et avoir visité les principaux établissemens de la ville, il partit le lendemain et alla déjeûner chez M. le baron de Chassiron, à son château de Beauregard, près Nuaillé.
1853 08 02. — Clôture du concile ecclésiastique tenu à la Rochelle, sous la présidence de l’Archevêque de Bordeaux, le cardinal Donet.
1854 09 24. — Inauguration du monument élevé , dans le jardin des plantes, à la mémoire de M. Fleuriau de Bellevue, dont le nom avait été déjà, de son vivant, donné à la rue où était sa demeure, en reconnaissance de son dévouement à sa ville natale.
1856 09 01. — Séance d’ouverture du XXIIIe congrès scientifique de France tenu dans cette ville, et dont Msr Landriot, évêque de la Rochelle , fut élu président.
1858 11 12. — Le conseil municipal décide que les rues Porte-Neuve, du Bassin, des Maîtresses, de Sainte-Catherine et le quai de la Grande-Rive, porteront à l’avenir les noms de rues Réaumur, Valin, Dupaty, Arcère et de quai Duperré (1).

(1) On pourrait croire que les illustres Rochelais, dont le conseil municipal a voulu par ce vote consacrer la mémoire, étaient nés ou avaient habité dans les rues auxquelles on a donné leurs noms ; mais aucune particularité ne rattache leur souvenir à ces rues , dont le choix a été purement arbitraire.


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