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Notice sur la ville de Maillezais (85)

lundi 4 août 2008, par Pierre, 1605 visites.

Maillezais, aujourd’hui en Vende, tait dans la province du Poitou. Autrefois sige de l’vch o taient situs La Rochelle et l’Aunis, son histoire est indissociable de celle de cette dernire province.

Source : Histoire des villes de France, avec une introduction gnrale pour chaque province - Aristide Guilbert - Paris - 1845

La petite ville de Maillezais a bien dchu : on y trouve cependant des restes prcieux. C’est ainsi qu’on peut visiter sur les bords de ses riants marais les dbris d’une glise et d’un chteau, dont l’aspect rappelle aux plus indiffrents son ancienne importance.

Maillezais fut autrefois le sige d’un puissant vch et d’un riche monastre. Son abbaye, fonde la fin du Xe sicle, ne relevait que de Rome ; ses moines suivaient la rgle de saint Benot ; longtemps ils ne s’occuprent que d’tude et se livrrent avec une louable persvrance aux soins de l’agriculture. Pendant de nombreuses annes, l’abbaye fut florissante ; mais au commencement du XIIIe sicle, un seigneur de Vouvent et de Mervent, le clbre Geoffoi de Lusignan, surnomm le grand Duit, pntra par la force des armes dans la pieuse enceinte, dont il feignit de ne pas connatre les franchises (1225). Alors, selon le vieux chroniqueur tmoin sans doute de ces fatales journes, l’glise de Maillezais chercha vainement un protecteur ; elle ne rencontra que des ennemis pour la frapper et la dpouiller. Cependant, en 1232, Geoffroi fut oblig de flchir et Maillezais reprit le cours de ses prosprits. Des offrandes lui vinrent de toute part ; personne n’avait le courage de rsister aux demandes des pieux cnobites. Ces faveurs ne furent pas les seules, l’abb Godefroi de Ponerelle ayant persuad au pape Jean XXII qu’il existait une abondante moisson dans le champ du monde et peu de moissonneurs, son abbaye fut rige en vch par une bulle donne Avignon aux ides d’Auguste 1317. Le premier vque de Maillezais fut sacr Avignon o tait alors la cour pontificale. L’vch de Maillezais comprit un archiprtr, quatre doyenns, deux cent vingt-huit paroisses, cent quarante-six prieurs et plusieurs abbayes.

Les vques de Maillezais, qui remplirent presque tous des fonctions importantes, ne sigrent que de loin en loin dans leur demeure de Maillezais ; en effet, leur palais piscopal sans clat, sans grandeur, ne pouvait gure leur plaire. Cependant quelques-uns d’entre eux ne partagrent pas cette indiffrence, l’vque d’Estissar resta presque toujours au sein de son glise. Ce fut sous ce prlat que Rabelais vcut quelque temps dans l’abbaye de Maillezais (1525) ; mais il ne put y rester, son imagination l’entrana loin de l : dserteur du clotre, il franchit les murs du monastre pour trouver la libert et l’indpendance qui lui manquaient. Malgr celle conduite d’Estissac l’aima toujours ; aussi, quand Rabelais partit pour l’Italie, en 1534, l’vque de Maillezais lui recommanda les jardins de Ligug, de l’Hermenault ; il le pria de recueillir pour lui les graines les plus rares, celles surtout qui venaient dans le royaume de Naples, car il voulait en doter ses terres de Poitou.

Sous l’piscopat d’Henri Descoubleau sieur de Sourdis et de la Chapelle-Billouin, Maillezais entendit le bruit des armes. Le roi de Navarre, qui comprit tout le parti que l’on pourrait en tirer, alla, en 1586, se saisir de l’abbaye qui n’tait garde que par un moine et par les habitants. Sa situation avantageuse dcida le puissant chef du protestantisme en faire une forteresse, dont il donna le commandement Chtillon d’Availles. Bientt aprs Maillezais fut le thtre d’un terrible massacre : Catherine de Medicis, afin de rompre une trve qui lui dplaisait, y fit gorger par surprise deux rgiments de troupes protestantes. En 1589, Henri de Navarre ayant repris Maillezais que son parti avait perdu, Agrippa d’Aubign voulut rester gouverneur de la forteresse conquise, au grand regret du roi de Navarre, qui mit tout en usage pour le dtourner de ce mdiocre gouvernement. D’Aubign n’en conserva pas moins sa confiance ; aussi, quand il fut question de conduire en un lieu sr le cardinal de Bourbon, qui les ligueurs avaient donn le nom de Charles X, on songea au gouverneur de Maillezais. Celui-ci se montra digne de cette haute confiance, en rsistant avec une fermet inbranlable toutes les offres du duc de Mayenne. Ce fut dans la forteresse de Doignon qui dpendait de Maillezais que d’Aubign fit imprimer son histoire universelle. L’une et l’autre place ne rentrrent sous l’obissance du roi que le 27 mai 1621. La cathdrale de Maillezais ayant t en partie ruine pendant les guerres du XVIe sicle, on songea transfrer l’vch La Rochelle ; aprs de longues formalits, le 16 novembre 1666, l’vque de Poitiers fulmina la bulle de scularisation, et il fut ordonn aux chanoines de quitter l’habit des moines ; quelques-uns cependant ne voulurent point laisser leurs nobles ruines, et attendirent dans le silence et la solitude le moment de leur mort. Puis Maillezais tomba dans l’obscurit la plus profonde : de toute sa gloire passe, il ne lui resta que des tours solitaires, qu’une cathdrale en deuil, et les souvenirs d’un pass qui s’efface chaque jour davantage.

Maillezais, avant la Rvolution, dpendait de l’lection de Fontenay et de l’intendance de Poitiers ; on y comptait environ mille habitants. Cette petite ville, ou plutt ce bourg, situ dans une le forme par l’Autise et la Svre Niortaise, fait aujourd’hui partie du dpartement de la Vende comme chef-lieu de canton compris dans l’arrondissement de Fontenay-le-Comte : sa population s’est accrue peu prs d’un tiers, mais le commerce y est presque nul.

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