Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois

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1683 - Factum contre les Prétendus Réformés de Frontenay-l’Abattu

Aujourd’hui Frontenay-Rohan-Rohan (79)

samedi 12 janvier 2019, par Pierre, 57 visites.

Factum : Récit de l’une des parties, destiné aux juges, exposant sommairement les faits d’un procès. Il s’agit ici d’argumentaires en faveur de la partie catholique (Diocèse de Saintes), contre les Protestants.

Le dé-tricotage de l’Edit de Nantes, pendant les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, se fait de différentes manières :
- par l’usage de la justice Royale, ce qui nous donne des dossiers d’argumentaires (factums) pour aider le clergé du diocèse de Saintes à lutter contre les protestants ;
- par l’usage de la force : dragonnades, mises au couvent, envoi aux galères, etc.

L’intérêt de ces "Factums" est la description de la situation locale du protestantisme pendant les règnes de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, avec les noms et les rôles des acteurs locaux, lorsque cela est utile à l’argumentaire..

Source : Factums pour le syndic du clergé du diocèse de Saintes contre les prétendus réformés de Saintonge, sur le sujet des temples et des exercices publics de leur religion qu’ils ont établis dans le diocèse de Saintes, par contravention aux édits. - 1683 - BNF Gallica

Voir ici une page de synthèse sur les 41 factums en cours de publication sur ce site. On y trouve la liste des lieux concernés par un Factum, et les références réglementaires sur lesquelles s’appuie le rédacteur, Monseigneur de Châteauneuf.

FRONTENAY-L’ABATTU.

FACTUM
Pour ïe Syndic du Clergé du Diocese de Saintes, demandeur.
Contre les Prétendus Reformez de Frontenay-l’Abattu, défendeurs.

Il n’y a nulle difficulté dans la cause que le Syndic du Clergé de Saintes a contre les P. R. de Frontenay-l’Abattu. Il est constant qu’ils n’ont point droit d’avoir à Frontenay un exercice public de leur Religion, & il faut estre resolu de tout soûtenir, quelque évidemment faux qu’il paroisse, pour défendre le contraire.

En effet, il paroist clairement par les pièces que les défendeurs ont produites, que non seulement dans les années requises par l’Edit de Nantes il n’y avoit point à Frontenay d’exercice établi & publiquement fait de la R. P. R. mais mesme dans les années qui ont suivi l’Edit de Nantes & long-temps aprés.

Sous cote C. ils produisent un extrait informe des actes d’un Synode tenu en Poitou le 21. Aoust de l’an 1571. où il est dit fol. 4. verso que l’Eglise de Frontenay avoit presenté requeste pour estre pourvue d’un Mïnistre. Cela fait voir qu’il n’y avoit point alors de Ministre à Frontenay ; & il n’y en a point eu que long-temps apres l’Edit de Nantes, les P. R. de ce lieu allant aux exercices voisins, & quelquefois priant des Ministres des autres Eglises de leur venir faire des Presches à certains jours, en leur donnant quelque émolument.

Sous cote B. ils produisent un extrait d’un papier de Consistoire de l’Eglise de Frontenay. Ce Papier contient neuf articles, dont le premier est un traîté que ceux de Frontenay firent en l’année 1595. avec le Ministre de Niort nomme BUcherie, pour leur venir faire des Presches sur semaine. Les cinq articles suivans n’ont point esté vidimez, comme il est dit dans l’extrait, à cause qu’on ne pouvoit lire l’écriture. Les défendeurs neanmoins prétendent dans l’inventaire de leurs piéces, qu’il est porté par ces articles, que ledit Blacherie Ministre de Niort, en vertu du traité fait avec ceux de Frontenay, s’estoit transporté plusieurs fois audit Bourg de Frontenay dans les années 96. & 97, il y avoit fait des Presches, & : administré la Cene.

Mais le Syndic répond deux choses.

La premiere : Que c’est sans raison qu’ils prétendent cela, puisqu’il est expressément dit dans l’extrait, dont est question, que les cinq articles n’ont point esté vidimez, a cause qu’on n’a pu lire ce qu’ils contenoient. Ainsi ce que disent les défendeurs, est ; sans fondement, ne peut point faire de preuve.

La seconde chose que le Syndic répond, c’est que quand il seroit constant (ce qui n’est pas) que les cinq articles contiendroient ce qu’ils prétendent, cela ne leur serviroit pas de grande chose. Car cela feroit voir que dans les années portées par l’Edit, les défendeurs n’avoient point à Frontenay d’Eglise dressée, ni de Ministre residant : par consequent point d’exercice établi de leur Religion, puisque pendant ces années ils donnoient quelque chose au Ministre de Niort qui leur venoit faire quelques Presches à sa commodité, & leur administrer la Cene. Les trois derniers articles de ce Papier de Consistoire témoignent que le Presche leur a esté donné, & la Cene administrée par le sieur Chausse-pié, par trois diverses fois, sçavoir le 10. Aoust 1600. 3. Février 1603. & 20. Aoust 1607. puisque ce Chausse-pié, qui estoit un Ministre étranger, leur estoit venu faire des Presches, & donner la Cene. II est clair encore que dans les années 1600. 1603. & 1607. les défendeurs n’avoient point de Ministre residant chez eux, & par consequent estoient sans exercice établi.

Ils n’en avoient pas mesme encore en l’année 1610. Car il paroist par deux actes du Colloque tenu à Niort au mois de Décembre 1610. remis sous cote C.que l’Eglise de Frontenay estoit jointe à celle de Foret ; que toutes deux ont comparu à ce Colloque par le nommé Pasquier, qui est qualifié Pasteur de l’Eglise de Foret en 1612. Ce mesme Ministre comparoist au Synode Provincial tenu à Luçon au mois d’Aoust pour l’Eglise de Frontenay & Foret, comme il paroist par la 3. pièce remise sous cote C. De sorte qu’il est visible que mesme en 1612. les défendeurs n’avoient point encore de Ministre residant à Frontenay, & par consequent estoient sans exercice établi, comme ils avoient toujours esté ; & ce n’est que depuis environ vingt ou trente ans qu’ils ont un Ministre residant chez eux, qui leur fait des Presches, & les autres fonctions d’un exercice public dans la maison d’un particulier ; car ils n’ont jamais eu de Temple.

Pour ces raisons, le Syndic espere de la justice de Sa Majesté, & de celle de Nosseigneurs de son Conseil, que l’exercice public de la R. P. R. sera interdit au Bourg de Frontenay, & défense faite à tous Ministres de l’y continuer, sous quelque prétexte que ce soit.

Monseigneur de Chasteau-neuf, Rapporteur.

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