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1740 - Enfants abandonnés : P. Orry, Contrôleur général des Finances à l’intendant de la Généralité de La Rochelle

D 20 novembre 2010     H 16:13     A Pierre     C 0 messages     A 2211 LECTURES


Plan général de cette étude Références et bibliographie

28 juin 1740 - Lettre de Philibert Orry (1689-1747), Contrôleur général des Finances de Louis XV à Mr Barentin, intendant de la Généralité de La Rochelle

Que fait-on des enfants abandonnés placés en famille nourricière lorsqu’ils atteignent l’âge de sept ans ? Jusqu’à cet âge, le budget public verse des allocations aux familles d’accueil. Après, ils sont mis dans des hôpitaux où ils meurent en grand nombre, ou viennent grossir les rangs des mendiants. Le ministre Orry demande à Mr Barentin, intendant de la Généralité de La Rochelle, de lui faire part de ses réflexions sur ce sujet de société.

Source : AD17 - Cote C212 - Transcription par Pierre Collenot

Voir en ligne :

A Paris, le 28 juin 1740

Monsieur,

Il n’y a personne qui ne sente combien doit être première à l’État la conservation des enfans qui sont exposés, soit pour cacher leur naissance illégitime, soit à cause de la misère de leurs parents ; les seigneurs haut justiciers, les seigneurs engagistes et le Roy luy meme dans les lieux où il a la justice les doivent faire nourrir et entretenir jusqu’à sept ans, suivant la jurisprudence qui s’est introduite dans quelques Parlements ; dans d’autres Provinces ce sont les hopitaux ou les communautés qui en sont tenues. Mais lorsqu’ils sont parvenus à l’âge de sept ans, on tombe ordinairement dans un nouvel embarras sur la manière de les nourrir et entretenir, et de les élever jusqu’à ce qu’on puisse les abandonner à eux-mêmes. Il y a bien des endroits où on les met dans les hopitaux où il arrive souvent qu’ils sont mal soignés et qu’il en périt un grand nombre. Ceux qui survivent y sont élevés dans une habitude de paresse et d’éloignement du travail qui les rend inutiles à tout et incapables de gagner leur vie. Je scay qu’il y a quelques endroits où on les employe à des Manufactures ; c’est le meilleur usage que l’on puisse en faire dans la sçituation actuelle des choses, mais il n’y a que trop de gens dans le Royaume qui s’adonnent aux travaux des Manufactures, et il seroit beaucoup plus utile d’augmenter le nombre de ceux qui s’apliquent aux travaux de la campagne. Ces réflexions m’ont fait désirer que l’on pût y destiner les enfans exposés, et j’ay pensé que l’on trouverait peut être des fermiers, métayers et autres gens de campagne qui voudroient s’en charger depuis l’âge de sept ans en les leur donnant pour s’en faire servir jusqu’à ce qu’ils ayent atteint l’âge de vingt ans ou vingt cinq ans. L’obligation réciproque seroit de la part de l’habitant de la campagne de les nourrir et entretenir et de la part de l’enfant exposé de bien servir le maître auquel on le donneroit, et de ne pouvoir le quitter jusqu’au tems qui seroit fixé sous des peines severes que l’on pourroit établir.

Un enfant de sept ans commence à rendre quelque service dans un bien de campagne, et quand il auroit atteint un âge plus avancé, ce seroit un serviteur auquel on ne payeroit point de gages et qui seroit d’autant plus utile que l’on le tiendroit dans une dépendance entière de son maître. Si les habitans de la campagne ne pouvoient pas être déterminés à se charges de ces enfans par la seule considération des services qu’ils peuvent en espérer, on pourroit peut être leur accorder quelque privilège en cette considération.

Je vous prie de faire vos refflections sur cette ouverture, et de me mander en suitte ce que deviennent les enfans exposés dans votre généralité quand ils ont atteint l’âge de sept ans, et l’usage que vous pensez que l’on pourroit en faire pour les rendre plus utiles à l’État et à eux mêmes.

Je suis, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.

Signé : Orry

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