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1755 - Saint-Jean d’Angly : nouveaux statuts des matres boulangers

dimanche 26 avril 2020, par Pierre, 131 visites.

Nous avons publi sur ce site les statuts des matres boulangers de Saint-Jean d’Angly en 1569. Voir ce document. Deux cents ans plus tard, la nouvelle version de ces statuts a une tout autre apparence. La profession se serait-elle banalise ? Cependant le pain reste cette poque un produit de base de l’alimentation des familles.

Source : Corporations, maitrises ou jurandes de la Saintonge et de l’Aunis. - L.-C. Saudau - La Rochelle - 1904 - BNF Gallica

Le blason figurant en haut de cette page est celui des boulangers de la ville de Saint-Jean d’Angly. (d’Hozier)

1755, 10 juin. — Nouveaux statuts de la communaut des matres boulangers de Saint-Jean d’Angly, homologus par arrt de la cour du 20 juin 1758.

Extrait des registres du parlement :

Veu par la cour, la requette elle prsente par Franois Bourras et Jacques Guyonnet, syndic des matres boulangers de la ville de Saint-Jean d’Angly, contenant que pour se mettre en situation de satisfaire leurs engagemens et principalement pour maintenir le bon ordre dans leur communaut, ils ont cru devoir rdiger en acte public ce qu’ils vouloient tre observ en leur ditte communaut par chacun des membres qui la composent, en consquence s’tant assembls en la manire accoutume, ils ont pass unanimement une dlibration contenant sept articles ; laquelle ayant besoin d’tre authorise et homologue par la cour pour avoir son excution, c’est pourquoy les dits suppliants requirent qu’il plaise la cour, ordonner qu’ la ditte dlibration prise par la communaut des matres boulangers de la ville de Saint-Jean d’Angly, le premier du prsent mois de juin, retenue par Delhomme, notaire royal, sera homologue et authorize. En consquence qu’elle sera excute selon sa forme et teneur ; la dite requette signe Degrange, procureur des supliants, ayant au pied de l’ordonnance de la cour de soit montr au procureur gnral du roy, du dix neuf du prsent mois de juin, et de luy rpondre par ses conclusions mises au bas le mme jour, sign : Duvigicr. Veue aussy la dite deliberation des dits matres boulangers de la ville de Saint-Jean d’Angly, retenue par acte du premier du prsent mois ; ouy le raport du sieur Dussault, conseiller du roy, en la dite cour ; dit a t que la cour ayant aucunement gard la ditte requette, du consentement du procureur gnral du roy, a authorize et homologu la dlibration prise par les matres boulangers de la ville de Saint-Jean d’Angly, par l’acte du premier du prsent mois : en consquence, que la ditte dellibration sera excute suivant sa forme et teneur, sans nanmoins approuver ny authorizer les repas ports aux articles quatre et cinq, pour ceux qui voudront faire recevoir matres, lesquels articles quand ce seront d’aucun effet ni valleur, de meme que l’article sept de la mme deliberation portant qu’aucuns matres ou veuves ne pourront vendre le pain au-dessous de la taxe. Prononc Bordeaux, en parlement, le vingt juin mil sept cent cinquante cinq. Reu trois livres dix sept sols pour les pices. Sign : Peschaur.

Messieurs Le Berthon, premier prsident, Dusault, rapporteur, pices huit cus.

Suit la teneur de la dite dlibration :
Aujourd’hui, premier juin mille sept cent cinquante-cinq, aprs midy, pardevant le notaire royal rserv hrditaire soussign, en la ville et ressort de Saint-Jean d’Angly, et prsans tmoins cy-bas nomms, ont comparu : Maurice Bezain, doyen, Jean Berthelot, sous-doyen, Jean Grolleau, Louis Genty, Jacques Jagueneau, Elie Verger, Franois Bourras, sindic, Jean Bourras, Jacques Guionnet, aussy sindic, Pierre Jaunas, Jacques Friou, Pierre Verger, Louis Ballanger, Pierre Brillouin, Elie Arcouet, Jacques et Pierre Guiberteau, Jean Alleau, Jean Ballanger, Franois Arondeau, Jean Giraud et Jean Jean, tous matres boulangers de cette ville Saint-Jean d’Angly, et faubourgs d’icelle, y demeurant, lesquels tant tous assembls se sont fait reprsenter par les dits Bourras et Guionnet, leurs sindics, leurs prcdentes dlibrations, et les diffrentes quittances des finances portant l’acquit des droits de confirmation d’union, et incorporation de plusieurs lettres et offices leur communaut, et rappele entr’autres chozes qu’outre ce qui est contenu en leurs statuts, ils ont encore depuis longtemps observ l’instar des autres communauts du mtier certains usages qui en intressent le soutien, qu’ils se sont puiss pour le paiement des dits droits, qui s’lvent des sommes trs considrables, qu’il ne serait pas juste que ceux qui leur succdront au dit mtier, jouissent des privilges qu’ils ont acquis sans s’y intresser, qu’il est d’abord utile de pourvoir au maintien du bon ordre qui subsiste depuis longues annes dans leur ditte communaut, ils ont unanimement et d’une mme voix convenu et arrest que pour y parvenir il est ncessaire de rdiger les dits uzages en les articles suivants :

Article premier :
Pour tre reu matre boullanger, il faut avoir apris le mettier d’un matre, et avoir travaill en boutique pendant trois ans.

Article deuxime :
Chaque matre qui prendra un aprentif pour luy enseigner le mettier, donnera huitaine aprs l’entre du dit aprentif en la maison, entre les mains des sindics, la somme de dix-huit livres, pour l’entretien des cierges et torches de la confrrie de la communaut.

Article troisime :
Sy l’apprentif est fils de matre, le matre qui le prendra sera dispens de donner la dite somme de dix-huit livres.

Article quatrime :
Celluy qui voudra se faire recevoir matre, s’il est fils de matre, donnera dix-huit livres entre les mains des sindics, en outre deux repas aux matres de la communaut, et le chef-d’œuvre.

Article cinquime :
Celluy qui voudra se faire recevoir matre, et qui ne sera pas fils de matre, donnera entre les mains des sindics la somme de cinq cens livres, un repas aux matres de la communaut, et le chef-d’œuvre.

Article sixime :
Sy un des dits matres ayant un aprentif dcedde avant le temps de l’apprentissage finy, sa veuve sera tenue d’envoyer et remettre sur le champ le dit apprentif entre les mains des sindics, qui lui montreront le mtier pendant le temps qui reste du dit apprentissage, ou le placeront chez un autre matre pour ce faire n’y ayant que les matres qui puissent montrer et enseigner le mettier.

Article septime :
Ne pourront aucun des dits matres ouvrouer, vendre pain au-dessous de la taxe, soit au moins de quelques deniers de moins, ou de la traizaine ou demi-traizaine, pour enlever des pratiques aucun des autres matres ou veuves.

Pour qu’il ne puisse tre apport aucun changement aux dits articles et uzages, et qu’ils ne soient fermes, estables et troitement observs l’avenir, les dits comparants ont charg les dits Bourras et Guionnet, leurs scindics, de se pourvoir en la cour de parlement de Bordeaux, pour y requrir et solliciter l’homologation du contenu au prsent acte, leur donnant par tant que de besoin tout pouvoir de ce faire, et gnrallement, tout ce qui sera necessaire pour cet effet, dclarant aprouver ds prsent comme d lors et dlors comme ds prsent, tout ce qui sera fait et administr de la part d’iceux dits Bourras et Guionnet au dit nom, promettant, en outre, les dits comparants, chacun en droit soy, contribuer la dpense qu’il conviendra faire pour parvenir la dite homologation et de tout ce qui pourra s’ensuivre, ce que les dits Bourras et Guionnet ont accept et promis faire au gr des prsentes, tout ce que dessus a t, par les dits matres susnomms, agr, stipull cl accept, et pour l’entretien ont oblig tous leurs biens prsents et futurs, et renonc toutes choses contraires, dont de leur consentement ils ont t jugs cl condamns par le dit notaire soussign. Fait et pass au dit Saint-Jean, les jour et an susdits, en prsence de Pierre Lger et Benjamin Rulland, clercq, demeurants au dit Saint-Jean, tesmoins connus, requis soussign, avec parties des comparants, ce que les autres ont dclar ne savoir faire, de ce requis, suivant l’ordonnance. La minute est signe : Benin, Berthelot, L. Grolleau, Louis Genty, Jacques Jaguenaud, Verg, Franois Bourras, Bouras, Jacques Guionnet, Jonas, Friou, Verg, Arcouet, Jacques Guiberteau, Pierre Brillouin, Allos, Franois Arondeau, Giraud, J. Jean, Tillaud, Lger, et du notaire royal soussign. Controll Saint-Jean d’Angly, le quatre juin mil sept cent cinquante-cinq, reu douze sous. Sign : Robinet. et scell. Et a sign, Delhomme, notaire royal rserv et hrditaire.
Roger, greffier.

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