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1788 - Glossaire des moulins et des meuniers - 1ère partie (A-J) (Encyclopédie Panckoucke)

D 24 mai 2009     H 22:53     A Pierre     C 0 messages A 4481 LECTURES


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Le moulin (à eau ou à vent) est un concentré d’ingéniosité et de symboles. Il utilise une énergie renouvelable pour fabriquer le produit alimentaire le plus simple et le plus universel : la farine. Au 18ème siècle, il a atteint l’apogée de sa technique. Il a aussi donné naissance à un riche vocabulaire spécifique.

340 définitions sont données ici.

Nota : Ce glossaire ne contient pas ou peu de vocabulaire local ou régional de la meunerie. A l’occasion de nos lectures, nous pourrons être amenés à compléter ce glossaire des mots locaux ou régionaux.

2ème partie (L-Z)

Vocabulaire de l’Art du Meunier

A B C D E F G H I J L M N O P Q R S T U V

A

Accouples ; nom que l’on donne aux supports qui servent à attacher le palonnier du bluteau contre la tête de la huche. On les fait, en fer dans les grands moulins ; d’acier de Hongrie dans les moyens, & seulement de cordes dans les petits. Les meilleures accouples sont de fer. On les forme avec deux petites plaques d’une épaisseur convenable percée de trous en échiquiers. Au bout de chaque plaque pend un fort anneau de fer pour accrocher les accouples aux deux extrémités du palonier.

Ailes ; ce sont quatre leviers composés de deux volans qui passent au travers de l’arbre tournant du moulin, avec des lattes qui reçoivent les toiles contre lesquelles le vent vient frapper.

Ailes de Tarare ; ce sont des planches fort minces qui partent de l’axe du tarare, & se terminent à sa circonférence.

Aller à deux airs ; cela se dit d’un moulin qui va plus ou moins fort, & qui prend plus ou moins de blé alternativement.

Alluchons ; pointes ou chevilles qui sont plantées perpendiculairement sur le plan du rouet d’un moulin à vent.

On nomme aussi alluchons les dents d’un hérisson, lesquelles saisissent les fanaux d’une lanterne.

Allumelles ; ce sont dans un moulin à vent deux bandes de fer encastrées dans l’épaisseur du bois du rouet.

Amont ; terme dont on se fert pour exprimer le côté par où l’eau arrive au moulin.

Anche , ou gouttière des archures : c’est un petit canal en forme de gouttière , posé sur un plan incliné, sous une ouverture faite dans les archures, presque à la hauteur du dessus. de la meule gisante, à l’endroit où le bluteau en approche le plus, pour que le grain moulu, en sortant d’entre les meules, puisse tomber dedans. Pour cet effet, on amène ce-canal jusqu’au dessus de la gueulette de la manche du bluteau.

Anche, c’est aussi, dans un moulin, un conduit de bois ou de fer blanc par lequel la farine tombe dans la huche ou dans le blutoir.

Anille ; c’est une pièce de fer ayant la forme de deux C adossés (pc), au milieu de laquelle est un trou carré qu’on nomme l’œil de l’’anille. L’anille est incrustée & scellée avec du plâtre ou du plomb dans le milieu de la partie intérieure de la meule courante.

Antes ; longues pièces de bois qui font parties des ailes d’un moulin à vent.

Arbre tournant ; c’est L’axe de la roue & du rouet qui sont en-dedans du moulin. Cet arbre ’est le centre du mouvement du moulin ». On l’armé de cercles de fer vers ses extrémités , pour le fortifier, & on place à chacun de ses bouts dans leur centre un tourillon de fer. Comme il est couché horizontalement, c’est sur ces tourillons qu’il se meut.

Archures ; c’est dans un moulin une menuiserie de deux pieds de haut sur 20 pieds de pourtour environ, qui enferme les deux meules. Cet assemblage de fortes planches est posé sur le châssis qui soutient les meules. Il empêche que la farine & les gruaux provenant du grain moulu ne se perdent. On assemble les archures de manière qu’on puisse les démonter facilement lorsqu’on veut travailler aux meules.

Assortiment du grain. Les meuniers qui moulent pour leur compte, achètent diverses sortes de froment, & les mêlent ensemble dans les proportions que leur expérience & leur habileté leur ont fait apprécier. Par l’assortiment bien entendu des blés, non-seulement on fait de meilleure farine, mais même on en retire davantage.

Attaches du bluteau ; ce sont de petits anneaux de cuir fortement cousus à la bordure du bluteau, & qui servent à y assujettir la baguette. On en met deux, au plus trois à chaque bluteau.

Atterrer les meules ; c’est laisser moins de vide entre elles, en approchant davantage la meule courante de la gisante. Il faut plus atterrer les meules pour repasser les gruaux, que pour moudre le grain.

Aval ou avalant ; ce terme signifie le côté par où l’eau s’échappe du moulin.

Avant-plancher ; c’est le nom qu’on donne à un faux plancher établi par dessus la huche, quand celui du beffroi n’est pas assez grand pour pouvoir faire le service des meules.

Aubes d’un moulin à eau ; ce sont des palettes de bois inclinées & attachées à la roue du moulin.

Auge ; conduite de bois qui reçoit l’eau de la reiliere. Elle est ouverte par son extrémité, pour que l’eau qui s’en échappe, tombe dans les godets de la roue. On tient l’extrémité par où l’eau tombe sur la roue, plus serrée, afin de lui donner plus de force dans sa chute ; si l’auge a un pied de large à l’endroit où elle joint la reiliere , on la réduit à 6, 7 ou 8 pouces, à celui où l’eau se jette dans les godets. On fait tomber ordinairement cette eau dans le godet qui correspond à la perpendiculaire qui seroit abaissee de la circonférence de la roue, à celle de l’arbre avalant l’eau.

Auget ; l’auget, appelé dans quelques endroits sabot est une petite trémie fermée en dessous, mais ouverte d’un côté, qu’on pose au dessous de la grande trémie ; l’ouverture de l’auget se place près de l’oeillard des meules, où le grain tombe par petite quantité, dans une proportion réglée par le mouvement de trépidation que l’auget reçoit, au moyen du frayon : & pour que le f rayon puisse le faire mouvoir, on prolonge un des côtés de l’auget joignant son ouverture. Cette saillie que le frayon atteint en tournant, s’appelle la main de l’auget.

Auget de tarare ; il se place sous la trémie du tarare, & en reçoit le grain, qu’il reverse sur les ailes, du tarare.

Axe de la lanterne ; c’est l’essieu de fer qui traverse la lanterne & les meules.

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B

Babillard ; on appelle ainsi un petit arbre posé verticalement, & terminé par deux pivots, dont celui d’en-bas joue sur le petit palier, près le tourillon du dedans du grand arbre., & celui d’en-haut est reçu dans un collet fixé à une des solives du plancher du beffroi. On y adapte deux bras, dont l’un répondant à la croisée de la lanterne, s’appelle batte, & l’autre, qui tient au bluteau, s’appelle baguette.

Dans beaucoup de moulins, le babillard se place en dehors du beffroi. Alors on fait jouer le pivot d’en-bas dans un morceau de bois, joint à tenons & mortoises au dehors de la sole du beffroi ; & celui d’en-haut, dans une bourdonnière terminée en queue d’aronde, & chevillée dans la pièce à empoutrerie du dehors du beffroi. Le babillard ainsi placé, étant plus reculé, la baguette entre plus aisément dans la huche pour saisir le bluteau , & il n’est pas besoin d’établir un petit palier.

Babillard du dodinage ; il se place sur le petit palier, ordinairement à mont-l’eau : mais lorsque le babillard du premier blutage est placé par nécessité à mont-l’eau. on pose celui du dodinage avalant-l’eau. Le babillard du dodinage se place aussi souvent en dehors du beffroi, & conséquemment, souvent sur le petit palier.

Baguette ; c’est le bras du babillard qui tient au bluteau & qui lui imprime le mouvement que le babillard reçoit de la batte. On attache ordinairement la baguette à seize ou dix-huit pouces du palonnier.

Baguette de dodinage ; c’est celle attachée au bluteau, qui porte ce nom, & par laquelle il est mis en mouvement.

Baille- blé : c’est une petite tringle de bois, clouée d’un bout à un des trémillons & arrêtée de l’autre, dans les hoches ou dents d’une crémaillère de bois, clouée sur le trémillon opposé ; là on attache à la main de l’auget, une lanière de cuir qui va se terminer sur un petit moulin, cloué au dehors de l’enchevêtrure ou châssis des meules, près l’anche, & on fait passer cette lanière par dessus le baille-blé, sur lequel on la roidit. Tout étant ainsi disposé, le moulin mis en mouvement, le frayon, en frappant la main du baille-blé , fait remuer l’auget, & tomber le grain qu’il contient dans l’œillard de la meule courante. Le meunier règle la quantité qui en doit tomber à chaque secousse que donne le frayon à l’auget, en posant à des hoches différentes de la crémaillère, le bout du baille-blé. S’il amène le baille-blé vers l’œillard , alors il relève l’auget, & il verse peu de grain. S’il ramène au contraire son bout vers la feuillure de la meule, il baisse l’auget, qui verse alors plus de grain

Bascule de la trempure ; c’est une pièce de bois formant levier, qui est placée au dessus du beffroi.

Bastian ; quelquels meuniers appellent ainsi le frayon, qui est un morceau de bois taillé quarrémant, faisant chapeau sur le papillon du gros fer.

Batte ; c’est le bras du babillard du premier bluteau, qui reçoit son mouvement de la croisée posée dessus ou dessous la lanterne. Le bruit que fait cette batte , a fait donner le nom de babillard à l’arbre d’où elle part. Dans les moulins qui expédient beaucoup, on donne trois bras seulement à la croisée. Dans ceux : qui ont moins de vitesse, on lui en donne quatre, cinq, & même jusqu’à six. Un meunier instruit fait toujours régler les proportions de la batte & de la croisée, & sent toute l’importance de cette disposition, pour opérer un bon blutage.

Batte du dodinage ; c’est celle du babillard, dont le jeu donne le mouvement à ce blutage ; elle frappe sur une croisée placée ordinairement sous la lanterne du gros fer. Quand on peut faire frapper la batte du dodinage par la même croisée que celle qui sert à la batte du premier bluteau, cela épargne une croisée, dégage le moulin, & vaut bien mieux. C’est de la disposition de la huche que cet arrangement dépend principalement.

Beffroi ; c’est un assemblage de charpente, composé de pieds droits & de pièces d’enchevêtrure, qui soutient le meulage.

Bisaille ; c’est la dernière des farines ; on la nomme ainsi à cause de son défaut de blancheur, & parce que le pain qu’on en fait est bis. La bisaille fait un bon pain & de bon goût, quand c’est du germe du blé, qu’elle tire principalement sa couleur. Mais la bisaille ne donne qu’un pain bis & de mauvais goût, lorsque la farine est bise, soit parce que les meules trop ardentes ont échauffé la farine, & pulverisé le son, soit par la mauvaise qualité du grain dont l’intérieur est attaqué.

Bis-blanc ; ce sont les deuxièmes & troisièmes farines tirées du froment. On les nomme ainsi, parce qu’elles sont moins blanches que la fleur ou première farine, & qu’il s’y trouve quelques petites parties de son pulvérisé par les meules, & qui passent au travers du bluteau, avec la farine. Le bis-blanc est moins fin que la première farine, mais il a plus de goût, à cause des portions du germe qu’il contient.

Biscuit ; nom des galettes de pain, dont chacune pèse dix-huit onces, poids de marc. Elles servent à la nourriture des équipages à la mer, ou des troupes dans les siéges & dans les marches longues. Pour faire le biscuit, on n’emploie que la fleur de farine. On y met, pour la pétrir, la moitié moins d’eau que pour faire le pain ordinaire. Comme on tient le biscuit deux heures au moins au four , toute l’eau s’évapore , & en outre, près d’un vingtième du poids de la farine, ou plutôt l’humide propre qu’elle contient. On a soin, de piquer les galettes avant de les mettre au four, pour qu’elles ne se fendent & ne se boursoufflent point ; ce qui les feroit casser, & nuiroit à leur conservation. Le travail du biscuit est plus considérable que celui du pain, par la difficulté de le pétrir, & par le soin & le temps qu’en demande la cuisson. Quand le biscuit est bien fait, & gardé dans un lieu sec, il se conserve aisément un an, sans s’altérer, ni se moisir. Mais en vieillissant, il perd beaucoup de son goût.

On fait plus cuire le biscuit destiné pour les campagnes de mer, que celui qu’on donne aux troupes de terre, par la raison que celui de mer a besoin de se conserver plus long-temps. Le biscuit en pâte doit peser 24 onces, afin qu’étant cuit, il puisse en rendre dix-huit.

Blanc ou le blanc ; c’est la première farine ou la fleur.

Blanc-bourgeois ; c’est la farine qu’on tire du premier gruau.

Blé ; mot générique , qui désigne tous les grains propres à faire du pain.

Blé bouffi ; on nomme ainsi les fromens qui sont gros, jaunes & légers, & qui rendent au moulage beaucoup de son. La farine en est moins abondante & moins bonne.

Blé étuvé ; c’est-à-dire, celui qu’on a passé à l’étuve pour le sécher , & pouvoir mieux le conserver. Il rend moins de fleur de farine : mais étant moulu économiquement, il rend plus de farine que le blé ordinaire : cette farine prend aussi plus d’eau.

Blé glacé ; c’est un froment dont le grain est court, & la ’peau mince & approchant plus de la couleur grise que de la jaune : il est lourd, rend beaucoup de farine & peu de son. Les fromens qui se sèment en mars , & dans les terres pierreuses, dites grouettes, produisent beaucoup de grains de ce genre. C’est celui qui est le plus recherché par les Meuniers & les Boulangers.

Blé revêche ; c’est un blé dur à moudre, & dont la farine demande plus de travail pour prendre l’eau & se bien boulanger. Il fait de meilleur pain que les blés gras & bouffis. Les terres nouvellement marnées, & les grouettes sont celles qui en rendent le plus. Ce terme s’étend au froment, au seigle & à l’orge.

Blés sonneux ; ce terme s’applique à tons les grains dont on fait de la farine & du pain. Il désigne les grains secs & alongés qui ont été saisis ou havis par l’ardeur du soleil, lorsque le grain étoit en lait, & qui n’ont point pris de nourriture ou du moins très-peu. Ils se trouvent communément au sommet des épis. Les blés versés en rendent aussi beaucoup. On les appelle sonneux, parce qu’ils produisent beaucoup de son, & fort peu de farine.

Blé de grouettes ; bon froment, qui est gris, glacé & plein. C’est un froment qui se récolte dans les terres pierreuses, dites grouettes.

Bluteau ou blutoir ; il sert à sèparer la farine des sons & gruaux. Pour en tirer cet avantage, on le compose d’une forte étamine de laine, assez claire pour donner passage à la farine, & trop serrée pour le permettre aux sons & gruaux.

Le bluteau a la forme d’un sac ; on coud une petite manche dans sa partie supérieure , qui est terminée par un cercle de trois à dix pouces de diamètre. C’est par cette manche qu’entre le grain moulu. L’extrémité inférieure du bluteau reste ouverte, au moyen d’un cercle de bois de 8 à 12 pouces, & même d’un plus grand diamètre, qu’on y adapte, & qu’on couvre, en y assujettissant les bouts de l’étamine. On étend au contraire à plat l’extrémité supérieure du bluteau, & on y attache un rouleau de bois nommé palonnier. Pour rendre le bluteau solide, on en renforce non seulement, toutes les coutures, mais on soutient de plus ses côtés & la partie qui est ouverte, par des bordures de sangle.

Le bluteau se place dans la huche, sur un plan incliné d’an pouce par pied de sa longueur, qui est de 5 à 8 pieds : pour cet effet, on attache vers le sommet de la tête de la huche, le palonnier du bluteau avec des accouples de fer, de cuir ou de cordes ; & ensuite on étend le bluteau, l’on fait sortir le cercle qui le termine & forme sa gueulette, par le permis ou trou, pratiqué pour le recevoir, dans la cloison du pied de la huche, où il est fortement assujetti.

Le bluteau étant ainsi tendu dans la huche & incliné de la tête au,pied, on attache le bout de la baguette du babillard, à un de ses cotés, avec des courroies de cuir, cousues au bluteau pour le recevoir, à 16 ou 18 pouces du palonnier : on fait sortir aussi par le dessus de la huche, l’orifice ou gueulette de la manche, dont on a parlé ci-dessus : on l’y assujettit, de manière qu’il réponde exactement à l’extrémité de l’anche.

Mettant ensuite le moulin en mouvement, le grain moulu tombe dans la manche du bluteau , & pénètre par son poids, dans l’intérieur. La baguette attachée au bluteau lui donne en même temps un mouvement de trépidation très-vif, par la communication de celui qu’elle reçoit du jeu du babillard : alors la farine traverse en poussière très-fine, par l’étamine du bluteau : au contraire, les sons & gruaux s’amassant ensemble, descendent en suivant le plan de son inclinaison, & ayant gagné l’orifice ou gueulette qui tient au pied de la huche, ils sortent & tombent dans un sac placé au dessous pour les recevoir.

Bluteau de dodinage ; il a à peu près la même forme que celui de la huche supérieure : mais comme il est destiné à séparer les gruaux , & à en rejeter le son , on le fait premièrement d’étamine plus claire que celle du bluteau supérieur. Secondement, on le forme avec deux étamines différentes, composant la moitié supérieure d’une étamine plus douce que la moitié inférieure. Par cette précaution, on parvient à séparer les gruaux. Les plus fins traversent la partie supérieure , & tombent dans la portion de la huche qui en approche la tête, tandis que les plus gros tombent dans la partie de la huche qui en avoisine le pied. Pour que ces gruaux ne se mêlent pas, on fait au dessus du bluteau, au milieu de la huche, une petite cloison de voliche. A l’égard du gros son, comme le bluteau est composé, dans ses deux parties, d’étamines allez denses pour ne lui pas donner passage, il est rejeté par le mouvement & la pente du bluteau, hors de la huche, & tombe dans un sac ou cuvier disposé pour le recevoir à sa sortie de l’orifice ou gueulette inférieure.

Bluteau cylindrique ; on le nomme ainsi, à cause de sa forme ; on en fait usage dans les grands moulins. La construction de sa mouture ou carcasse, ressemble beaucoup à celle du crible cylindrique ; on la couvre de canevas ou d’étamine de soie, divisée en trois parties de diverses densités, dont les lés se joignent successivement, de manière que l’étamine la plus serrée soit placée vers la tête du bluteau, celle qui l’est moins ensuite, & que la plus claire le termine. On pratique trois divisions sur le sol du plancher de la huche, qui contient ce bluteau, pour tenir les gruaux qu’il tamise séparés. Les sons, recoupes & reçoupettes qu’il rejette, sont reçus, à son extrémité, dans un sac ou cuvier placé au dessous. Pour faciliter ce rejet, on le tient, lorsqu’il travaille, sur un plan incliné, mais un peu moins que les autres bluteaux, & on laisse son extrémité inférieure ouverte. On donne à ces bluteaux, depuis 7 jusqu’à 10 pieds de longueur & 2 pieds de diamètre, peu plus, peu moins.

Dans plusieurs moulins, on les emploie pour l’opération du dodinage, qui alors partage les gruaux en trois classes ; au lieu que dans les dodinages ordinaires, on ne les divise qu’en deux grosseurs.

Bluter à la main ; c’est tourner le blutoir avec une manivelle dans un appartement destiné à cet usage.

Boite de la meule ; espèce de moyeu creusé dans son centre ; qui se place au milieu du gîte ou meule gisante. On y adapte deux panneaux de bois nommés bottillons, allant de bout en bout, de 3 à 4 pouces de gros, sur 6 à 7 de long. Ces panneaux sont contrebandés par deux autres morceaux posés en sens contraire, dit de plat en plat, nommés faux boitillons ; ils servent à soutenir les boitillons, & complètent le bourrage qui empêche la meule de grener, c’est-à-dire, que le grain ne passe au travers de l’œillard, & ne se perde. La boîte doit être de bon bois d’orme ; on peut la faire avec un vieux moyeu de charrette.

Boisseau ; mesure en usage pour les grains & faines ; il varie dans sa grandeur, suivant les lieux.

Le boisseau de Paris a 8 pouces 2 lignes & demie de haut, sur 10 pouces de diamètre ou de largeur. Il contient 16 litrons.

Boitillons ; ce sont deux petits panneaux qui servent à bourrer ou remplir la boîte du gîte.

Bord d’une meule ; c’est sa circonférence extérieure.

Bordure ou jantes du rouet. Comme tout le moulage s’opère par le mouvement du rouet ; pour surmonter la résistance qu’il a à vaincre, il faut que cette pièce soit très-solide. Afin de fortifier les chanteaux qui en composent la circonférence, on pose dessus des jantes qui y sont fortement chevillées ; en outre, les chevilles ou alluchons qui les traversent, ainsi que les chanteaux, contribuent encore à la solidité de cet assemblage ; au moyen de quoi, on se contente de faire joindre bout à bout les jantes l’une contre l’autre. On donne à ces jantes, depuis 7 jusqu’à 9 à 10 pouces de largeur, sur 3 à 4 pouces d’épaisseur.

Boudinière (meule) ; c’est la meule gisante convexe de trois ou quatre lignes au cœur, en allant toujours en diminuant.

Bourrage ; on se sert de ce mot pour désigner les pièces qui remplissent l’œillard de la meule gisante, de manière qu’il n’y reste plus que le vide nécessaire, pour le jeu du gros fer qui y passe. Le bourrage est composé de la boite, des boitillons & faux boitillons.

Bourdonnière ; c’est un support de bois attaché à une poutre ou solive du plancher de la salle du moulin. On en pose plusieurs dans un moulin.

Bout sur l’anche ; c’est le bout de la meule du côté ou la farine tombe dans le bluteau.

Bout sur la roue ; c’est le bout de la meule qui est du coté de la roue du moulin.

Bouts du papillon du gros fer ; ce sont les deux côtés par lesquels il touche a l’anille : on les oriente comme les bouts de la meule courante, parallèlement au grand arbre.

Bran ; nom que les Meuniers de quelques cantons donnent au gros son, lorsqu’il est bien sec & bien purgé de farine & de gruau.

Branle , bascule ou trempure ; pièce de bois formant levier, placée au dessus du beffroi, parallèlement à la braie de trempure. L’épée ou fer de la trempure y tient vers son extrémité, du côté de la tampane. A l’extrémité opposée, est un cordage qui sert, en pesant dessus, ou le lâchant, à mouvoir la branle ou bascule, & à faire lever ou baisser l’épée de trempure, qu’on fixe au point désiré, en arrêtant ce cordage sur une cheville frappée sur le montant ou pilier du beffroi y répondant. La branle faisant l’effet du levier, on l’appelle par cette raison, en beaucoup d’endroits, bascule.

Braye ; ce sont deux traverses de charpente placées dans le bas des piliers du beffroi, parallèlement au grand arbre, l’une amont, l’autre avalant l’eau ; elles soutiennent le palier. Celle d’aval est la plus essentielle, parce quelle reçoit du côté de la tampane, l’épée de trempure, qui sert à rapprocher ou atterrer les meules. Les braies peuvent s’élever du côté de l’intérieur du moulin, au moyen de grandes mortaises en lumière, pratiquées dans les piliers du beffroi, où leurs tenons entrent sans y être chevillés. Leur autre extrémité est placée dans d’autres mortaises creusées dans les piliers opposés, joignant la tampane.

En chassant dessous les braies des coins plus ou moins fortement, on fait aller avec plus ou moins d’ardeur les meules ; la manière dont ces coins sont chassés, augmentant ou diminuant la résistance que l’eau de la roue a à vaincre pour faire mouvoir les virans & travaillans. On parvient même par ce moyen à forcer l’eau à passer par dessus la roue, sans pouvoir la faire tourner.

Brouette ; les brouettes des moulins n’ont pas la forme des brouettes ordinaires ; leur roue est fort basse, Si leur corps ressemble à une civière, dont les bords & les bras seroient fort cambrés. Elles servent à transporter les sacs d’un côté à l’autre des salles du moulin.

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C

Cage ; on entend par ce mot, le corps entier des bâtimens d’un moulin, & plus particulièrement le lieu où est placé le beffroi, & tout ce qui a rapport au mécanisme du moulin. Il est essentiel , en construisant un moulin, de donner à la salle du moulage, la grandeur & la hauteur convenable, pour que le service ne soit point gêné dans aucune partie.

Canevas ; toile claire dont on se sert pour faire des bluteaux ; on ne l’emploie plus que pour les bluteaux ronds ou cylindriques. Les bluteaux de la première huche, & ceux du dodinage, se composent presque généralement d’étamine de laine.

Cases ; ce sont les séparations qu’on fait dans les huches, pour empêcher le mélange des farines & des divers gruaux.

Cerces ; nom qu’on donne aux archures ; c’est-à-dire, à la menuiserie qui entoure les deux meules.

Cerces de meules ; on appelle ainsi un fort cerceau de bois , ou un grand cercle de fer, dont on entoure la meule courante quand elle est composée de plusieurs morceaux : cela se fait pour en mieux soutenir l’assemblage , & empêcher qu’en tournant, aucuns carreaux ou pièces ne s’écartent.

Chable ; c’est une grosse corde ou haussière composée de plusieurs torons : l’une de ses extrémités est arrêtée & solidement fixée sur l’arbre du treuil d’en-haut de la salle du moulin ; l’autre s’attache à la meule, lorsqu’on veut l’ôter de sa place ; en virant sur le treuil, & faisant tourner son arbre ou axe, ce chable s’enveloppe autour, enleve la meule, & facilite le moyen de la poser & renverser où on veut.

Chaîne de bluteau cylindrique ; on le fait mouvoir plutôt au moyen d’une chaîne de fer, que par une corde, sur-tout lorsqu’il reçoit son action par un rouet de poulie , placé sur le grand arbre du moulin, entre la tampane & le rouet : cette chaîne, qui essuie un frottement auquel une corde ne résisteroit pas, s’élève en passant sur plusieurs poulies de renvoi du bas du moulin, à l’endroit où le bluteau cylindrique est placé, & fait marcher la poulie adaptée à son tampon.

Chaise ; c’est dans un moulin un assemblage quarré de quatre pièces de bois, dont la partie supérieure est arrondie cylindriquement pour soutenir la cage d’un moulin.

Chaises ; ce sont des traverses ou tringles de bois appliquées en dehors sur le plafond de la roue, & clouées aux embrasures : elles servent à renforcer l’assemblage de la circonférence de la roue.

Chaise d’arbre ; c’est une pièce de bois qu’on place dessous les chevetsiers ; il n’y en a pas sous tous les grands arbres : l’on n’en met que lorsque cela devient nécessaire, pour élever davantage l’arbre , & donner un jeu plus libre à la roue.

Chanteaux de rouet ; ce sont quatre espèces de jantes qui en composent la circonférence : on les lie à plat-joint, en formant des empatemens pratiqués à demi-épaisseur du bois, auxquels on donne 15 à 18 pouces, suivant que la circonférence plus ou moins grande du rouet le permet ; pour mieux soutenir les chanteaux , & les lier dans les angles qu’ils forment, en se joignant à leur extrémité concentrique, on fortifie cette jonction de goussets emmanchés par leurs tenons, dans des mortaises pratiquées dans l’épaisseur des chanteaux & bien chevillés : on donne aux chanteaux le plus de largeur qu’on peut, suivant que le bois qu’on a à employer a d’équarrissage & ordinairement depuis 18 jusqu’à 22 pouces, sur une épaisseur de 3 à 4 pouces.

Chapeau ou chapeau de chevetsier ; c’est un morceau de bois amovible, avec lequel on couvre le milieu du chevetsier, où pose le tourillon de l’arbre de la roue : on y fait une entaille en demi-cercle, pour qu’il ne touche point au tourillon.

Chaperon de flache ; les Charpentiers, pour renforcer l’assemblage de leur charpente, ont soin que les pièces qui arcboutent ou portent sur celles qui ont des flaches, soient entaillées de manière que l’entaillure couvre la flache. Cette entaillure s’appelle chaperon.

Chaperon de frayon ; c’est le dessus du frayon, d’où sort une cheville ou dent, qui fait mouvoir le baille-blé.

Chaperon de treuil ; c’est un morceau de bois creusé exprès, pour pouvoir en couvrir les tourillons, dans l’endroit où ils portent, sans nuire à leur jeu.

Châssis ; assemblage de quatre pièces d’enchevêtrure placées sur le plancher du beffroi : on pose d’aplomb sur ce châssis la meule gisante, & les archures qui entourent les deux meules.

Chaussée ; c’est dans un moulin à vent, une espèce de sac que l’on couche dans la huche.

Chevalet ; c’est dans un moulin un assemblage de charpente qui sert à entretenir la montée avec la queue.

Chevetsier ; ce sont des pièces de bois placées horizontalement aux deux extrémités du grand arbre, sur lesquelles posent ses tourillons ; on y fait , pour les recevoir , une entaille en demi-cercle , où l’on met de la graille ou du vieux oing, pour que les tourillons n’éprouvent point de résistance en tournant.

Chevetsier du dedans ; est celui qui reçoit le tourillon de l’arbre placé dans la salle du moulin, sous son beffroi.

Chevetsier du dehors ; est celui qui reçoit le tourillon de l’arbre en dehors du moulin, & qui est posé comme un linteau sur la contrescarpe de la coursière. Il est ordinairement le plus fort, & on lui donne plus de longueur qu’à celui du dedans.

Chevilles de rouet ; les chevilles ou dents du rouet sont placées sur sa face intérieure, & s’engrenant dans les fuseaux de la lanterne, elles la font tourner : on les fait de pommier ou autre bois dur.

Chommer ; terme qui signifie que le moulin ne travaille pas, faute d’ouvrage, ou à cause de quelques réparations qui sont à y faire.

Ciel de hotte ; est le nom qu’on donne au fond du godet, dont la forme ressemble assez à celle d’une hotte. Ce ciel est formé par une tringle de bois clouée sur le plafond ou doublage des cellules, sur lequel les deux jantiiles s’appuient & se terminent.

Ciseau à tranchant par le bout ; propre à couper le bois & la pierre : on en tient plusieurs dans un moulin, le meunier étant dans le cas d’en avoir souvent besoin.

Ciseau à pipes ; c’est un ciseau à froid, dont on se sert pour chasser les pipes ou les lever.

Clef de meule ; c’est la même chose que l’anille ; ce dernier terme est le plus usité.

Clés ; c’est dans un moulin les morceaux de bois que l’on fait entrer dans des mortoises tenant aux pièces du rouet.

Cloisons de godets ; ce sont de petites planches qui servent à les former, & qui sont placées dans les rainures ou coulisses que l’on pratique dans les jantiiles pour les recevoir. La cloison fait la séparation de chaque godet.

Cœur de la meule ; c’est son centre. Il commence à l’entrepied, & finit à l’oeillard. Le grain commence à s’écraser au cœur de la meule.

Coin de braie ; ce sont des coins de bois qu’on chasse dessus ou dessous les braies, pour faire mieux prendre aux meules leur aplomb.

Coins à soulever ou à soutenir ; ce sont des coins de bois ; il y en a toujours une couple au moins dans chaque moulin, de grosseur différente , qu’on place entre les meules, lorsqu’on veut lever, & sur-tout replacer la meule courante, pour se mieux gouverner dans cette opération, & soutenir cette meule lorsqu’elle porte à faux.

Collet ; c’est un morceau de bois rond ou quarré, percé dans son milieu pour recevoir un pivot, & qu’il puisse y jouer. Quand les pièces à pivot ne sont pas d’un grands poids , ou n’ont pas dans leur mouvement une forte résistance à vaincre , on fait tourner leur pivot dans un collet.

Collet du babillard ; il s’attache à une solive du plancher du beffroi, pour recevoir le pivot d’en-haut du babillard.

Conservation du blé ; pour conserver le grain, on le met en tas dans des greniers ; l’on a soin qu’il ne soit pas exposé à l’humidité ; on le remue fréquemment, & on y renouvelle souvent l’air.

Conservation des farines ; pour conserver la farine, il faut la garder sur un plancher de bois ; avoir attention qu’elle ne touche point le mur, & n’approche rien qui puisse lui donner de l’odeur ou en exciter la fermentation. Quand on veut voir si la farine s’échauffe, il faut enfoncer la main dedans ; si elle a plus de chaleur dans l’intérieur du monceau qu’au dessus, il convient alors de la remuer. Le temps où la farine fermente le plus, est en mai & en juin.

Contrescarpe de la coursière ; c’est le mur de dehors de la coursière du moulin, qui fait face à la tampane,

Corde du baille-blé ; elle sert à élever ou baisser l’auget , & par-conséquent à lui faire verser plus ou moins de grain dans l’oeillard : on se sert également d’une lanière de cuir pour régler le mouvement de l’auget.

Cordes de poulies de renvoi & autres ; elles sont proportionnées à la gorge du rouet de la poulie ; c’est par leur moyen que s’exécutent tous les mouvemens qu’on se procure par les poulies. Il faut étudier clans chaque moulin leur passage, pour concevoir le secours qu’on en tire.

Corde de tarare ; c’est celle qui le fait mouvoir.

Corde de trempure ; on l’attache à l’extrémité de la branle ou trempure , du coté opposé à l’épée ; elle sert à mouvoir la branle & à peser dessus.

Cotrets ; morceaux de bois qui font partie des ailes d’un moulin à vent, & qui sont destinés à entretenir les lattes.

Courtière ; c’est l’espace où la roue du moulin tourne ; son fonds est en plan incliné , afin que l’eau ne s’y arrête pas.

Couverseaux ; ce sont des planches minces, dont on forme un couvercle aux meules ; ces planches s’assemblent de façon qu’on puisse les lever ou abattre facilement, pour visiter les meules & faire le service du moulin ; on laide au milieu une ouverture, afin que le frayon puisse jouer, & le grain tomber entre les meules.

Coyaux ; ce sont deux petites pièces de bois entaillées sur la roue.

Crapaudine ; cette pièce , qui doit être d’un acier excellent, se place au milieu de la poilette sur le palier, elle reçoit le pivot du fer de la lanterne appelé, gros fer ; il y tourne sur un des ronds qui y sont creusés en forme de section sphérique, & destinés a le recevoir. On pratique ordinairement trois de ces ronds appelés pas, dans chaque crapaudine, pour qu’elle puisse servir plus long-temps ; on place à volonté, sur celui qu’on veut, le pivot du gros fer, lorsqu’on a relevé la meule courante & qu’on peut le remuer.

Crappe (meule qui prend) ; c’est une meule qui s’engraisse & qui arrête trop la farine.

Crémaillère ; c’est une petite pièce de bois de chêne ou de pommier, taillée en gradins, qu’on place entre les meules, lorsqu’on lève ou rabat la meule courante ; elle sert principalement a appuyer le levier qu’on emploie pour la soulever, ou la remuer, lorsqu’on veut lui faire prendre son aplomb.

Crémaillère de baille-blé ; c’est une petite tringle de bois clouée sur un des trémions, qui a des dents ou hoches comme une crémaillère ordinaire ; on fait porter le baille-blé sur l’une de ses hoches , & on l’arrête au point convenable pour faire verser suffisamment de grain par l’auget dans l’œillard de la meule courante.

Crible ; on a dans tous les moulins des cribles ordinaires, pour pouvoir retirer les principales ordures du grain.

Crible cylindrique ; on lui donne sept à huit pieds de longueur sur deux pieds quelques pouces de diamètre ; sa circonférence est formée de planches de fer-blanc , percées comme une passoire de batterie de cuisine. On le place dans un chassis sur un plan incliné, comme les bluteaux dans la huche ; les deux cercles qui terminent ce crible, restent ouverts , & forment deux orifices égaux.

Au centre du cylindre on place un axe, qui est contre-tenu de distançe en distance, par quatre rayons qui se croifent on allant se terminer a la circonférence : on met, dans le chassis qui reçoit ce crible, une traverse sur laquelle repose l’extrémité supérieure de l’axe ; on fait sortir au contraire du chassis l’extrémité inférieure, & reposer le bout inférieur de l’axe sur une traverse, soutenue par des supports en saillie en dehors du chassis, & placés à la demande de l’inclinaison qu’on donne au crible : ensuite on pose à son sommet une trémie, pour y verser le grain ; sous la trémie on ajuste un auget dont le bec entre clans l’intérieur du crible, & y verse le grain qu’il a reçu de la trémie.

Pour faire mouvoir le crible, on adapte une manivelle à l’extrémité supérieure de l’axe , & lorsqu’elle est vivement tournée , le crible en se mouvant rejette toute la poussière, les corps étrangers & les mauvais grains, par les trous des planches de fer-blanc, formant sa circonférence ; Si le bon grain tombe & se ramasse en tas en dehors du châssis, de ssous la traverse inférieure.

Crible à pied & trémie ; c’est un grand crible à grille de fil d’archal, monté sur un châssis à pied. Ce crible auquel on donne depuis six jusqu’à sept pieds de long, sur deux pieds à deux pieds & demi de large, est placé sur un plan incliné de trois à quatre pouces par pied. Il reçoit le grain qu’on verse dessus par une grande trémie placée à son sommet ; le grain roule sur son treillage , & tombe au pied du crible ; les ordures traversent le treillage : les plus légères se perdent en route ; les plus grosses se rassemblent dans un petit cuvier ou baquet placé sous le treilage , dans le bas , vers son extrémité.

Croisée ; c’est une pièce de bois dur qui a la forme d’une étoile : on la place dessus ou dessous la lanterne, & elle fait autant de tours qu’elle. Cette pièce reçoit dans ses angles rentrans ou bras, la batte du babillard, & lui donne son mouvement.

Croisée de dodinage ; c’est celle sur laquelle s’engraine la batte de ce blutage. La huche du dodinage étant au dessous de celle du premier blutage, il s’enfuit que la place naturelle de la croisée du dodinage doit être sous la lanterne du gros fer.

Croix de St. André ; ce sont des pièces de charpente qui se croisent, & qu’on place en dedans d’un assemblage pour le contre-soutenir intérieurement.

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D

Débrayer & rembrayer ; c’est ferrer plus ou moins la barre sur la croisée , ou ferrer la baguette plus ou moins près de la huche du côté de la croisée.

Déchet des grains par la mouture ; on estime ordinairement ce déchet dans la mouture commune ou rustique, à deux livres par setier de Paris ; elle ne doit jamais passer trois livres ; le déchet est plus considérable dans la mouture économique, parce que le grain étant repassé plusieurs fois sous la meule, il y a plus d’évaporation. Plus le mouvement de la meule est vif, plus le déchet est considérable ; car en échauffant la farine, elle dissipe une partie du volatil & de l’humide qu’elle renferme. On estime le déchet par la mouture économique de cinq à sept livres par setier ; mais on regagne cette perte avec usure, par le surcroît de farine qu’elle procure. On comprend dans les déchets dont on parle, celui qui provient du blutage ; car le mouvement des bluteaux occasionne aussi une perte. Quand les meules sont nouvellement rebattues, lorsqu’elles sont ardentes & fort rapprochées, ou atterrées, le déchet est plus considérable. Il faut encore observer que le déchet est plus fort sur les blés bien secs, que sur les blés nouveaux ; la qualité des blés influe aussi sur le déchet , & il y a, à cet égard, souvent une différence de deux ou trois livres entre ceux d’une récolte & ceux d’une autre.

Déversoir ; c’est une ouverture que l’on pratique à un des cotés de la reiliere , & que l’on ferme avec un empalement qui se lève pour laisser échapper l’eau, lorsqu’on ne veut pas qu’elle arrive sur la roüe du moulin. Dans beaucoup de moulins, la petite vanne ou empalement qui sert à fermer le déversoir, sert aussi à arrêter la communication de l’eau à l’auge du moulin. Pour cela on ne fait que la lever d’une place, pour la poser dans l’autre.

Dodinage ; c’est l’appareil d’un second bluteau qu’on place sous le premier, & qui sert à séparer les gruaux du gros son.

Doubleaux ; espèce de solives servant à former le plancher d’un moulin à vent.

Dresser la meule ; c’est la charger du côté opposé à celui qui baisse.

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E

Embrassures de la grande roue ; c’est l’assemblage de deux raies de cette roue. Les raies de la grande roue d’un moulin sont toujours placées par couples parallèlement l’une & l’autre, dans des mortoises pratiquées dans l’arbre. La distance de ces mortoises est fixée par la largeur du plafond de la roue. Chaque couple de raies allant se terminer sur les jantilles au point où descend le rivet, contretiennent, soutiennent & embrassent le plafond & les jantilles ; c’est ce qui leur a fait donner le nom d’embrassures.

Embrassure de la signolle ; on entend par ce mot, doux raies parallèles qui tiennent à une même, traverse, & qui embrassent conséquemment son ceintre, formé par ses traverses : il y a donc autant d’embrassures qu’il y a de traverses.

Embrassures du rouet ; ce sont les quatre rayons placés dans des lumières pratiquées au grand arbre, & qui aboutissent à la circonférence du rouet qu’ils coupent à angle droit. On les appelle embrassures, par imitation du même terme dont on se sert pour exprimer les raies de la grande roue ; cependant, n’étant point doubles, elles n’embrassent rien. On fait passer les embrassures derrière ou en dehors de la bordure du rouet, en l’entaillant & le réduisant à mi-bois ou à peu près, jusqu’à ce qu’elles soient parvenues à l’extrémité de la circonférence du rouet, où elles sont encastrées en queue d’aronde ; on les attache à la bordure avec des chevilles de bois ou de fer.

Empalement ; c’est une petite vanne. On fait, vis-à-vis d’un petit courant ou foible retenue d’eau qu’on veut arrêter ou fixer, avec une planche souvent très-petite, ce qu’on fait avec une vanne vis-à-vis d’une masse plus considérable ; & c’est cette planche ou petite vanne, qu’on appelle empalement.

Empoutrerie ; ce sont les deux poutres qui soutiennent le plancher du beffroi ; elles forment chapeau sur les piliers ; on y taille en dessous des mortoises pour en recevoir les tenons.

Engin ; c’est une machine placée dans le comble d’un moulin , destinée à monter le blé.

Engin à virer au vent ; c’est un treuil dont on se sert pour faire tourner un moulin.

Engrainer ; c’est verser du grain dans la trémie pour donner de l’ouvrage au moulin.

Entrepied d’une meule ; c’est la partie qui joint la feuillure concentriquement & qui se termine au cœur : les gruaux se forment dans cette partie.

Épée de trempure ; c’est une barre de fer posée verticalement en haut dans la branle, & par bas dans la braie d’aval, à leurs extrémités vers la tampane : elle sert, par le mouvement qu’on lui donne avec la corde de trempure , à soulever ou abaisser la meule supérieure ou courante, & à lui faire prendre mieux son aplomb.

Epée de la bascule du frein ; c’est dans un moulin à vent une pièce de bois de 15 pieds de long sur 8 pouces de hauteur & 4 pouces d’épaisseur, dont un des bouts entre dans une mortoise faite dans un des poteaux corniers.

Epreuve de la farine ; on juge de la qualité de la farine, à la couleur, à l’odorat & au goût ; plus elle est blanche , plus elle est estimée. Cependant les farines de gruaux, qui sont moins blanches, font de meilleur pain qui a plus de goût. Il faut que la farine n’ait aucune odeur qui indique qu’elle soit échauffée ou qu’elle ait souffert de l’humidité, ni qu’elle laisse aucun mauvais goût en en mettant un peu dans la bouche.

Étamine à bluteau ; ce sont des étoffes claires, de laine , de poil de chèvre ou de soie, fabriquées exprès pour former les bluteaux.

Les étamines pour les bluteaux de la première huche, ou bluteaux à blanc ou fleur de farine, sont de laine , & portent de largeur depuis un quart, jusqu’à une demi-aune de Paris : on choisit pour ces bluteaux, les plus serrées, c’est-à-dire, celles qui contiennent les plus de fils dans une même portée & ordinairement 36 à 44.

Les étamines des bluteaux de dodinage sont beaucoup plus claires. Ces étamines se tirent, pour la plus grande partie, des fabriques de Rheims : on se sert peu d’étamines de poil de chèvre ; l’usage de celles de soie est plus commun ; on les emploie principalement pour les bluteaux ronds. Ces dernières étamines sont beaucoup plus larges, & se fabriquent à Paris.

Étoile ; c’est dans un moulin une petite roue de 4 ou 5 pouces de diamètre dentée en rochet.

Ëveillure ; on appelle ainsi les petits trous ou pores remarquables des meules, qui les rendent plus mordantes.

Exillon ; c’est une pièce de bois mobile à volonté, qu’on arc-boute sur le palier du moulin d’un bout, & de l’autre sur un pilier du beffroi placé exprès pour le recevoir, vis-à-vis l’extrémité du palier ; ensuite on chasse à demande un coin entre ce poteau & l’exillon, & par ce moyen, on fait porter un peu plus amont ou aval le gros fer, autant qu’il est besoin pour bien orienter les meules & fixer leur aplomb. Souvent dans les moulins mal aménagés , ce pilier manque au beffroi ; alors on met, pour y suppléer, une planche contre le mur de goutte, & on fait porter un des bouts de l’exillon dessus, & on chasse un coin entre la planche & le bout de l’exillon, pour exécuter la manœuvre dont on vient de parler.

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F

Farine ; c’est la poudre nourrissante qui forme l’intérieur des grains, & qu’on parvient à retirer, en la détachant & séparant par le moulage & le blutage de leurs écorces appelées son.

Farine alongée ; c’est la meilleure ; on appelle ainsi la farine, dont la pâte s’alonge étant tirée dans tous les sens sans se briser.

Farine de gruaux ou des premiers gruaux ; c’est celle qu’on appelle dans la mouture économique seconde farine , & qui provient des premiers gruaux repassés sous la meule : elle est moins blanche que la fleur, parce qu’elle est mêlée avec la farine du germe ou celle qui l’approche ; mais elle a plus de goût, elle prend aussi plus d’eau que la fleur ou première farine, & en reçoit jusqu’à onze onces par livre poids de marc

Farine de minot ; c’est le nom adopté dans nos provinces méridionales, pour exprimer la plus belle farine : c’est la fleur de farine qui se tire de grains choisis ; elle doit être douce & bien alongée. Les farines de minot de Nérac & de Moissac sont celles qui ont le plus de réputation.

Farine piquée ; on appelle ainsi celle où l’on remarque des taches ; c’est un défaut qui la déprise. Si ces taches sont noires, elles indiquent qu’elle est échauffée, qu’elle est mauvaise ou au moins qu’elle a souffert. Si elles ne sont que grises ou jaunâtres, elles indiquent qu’elle a été mal blutée, que les bluteaux ont laissé passer du son qui s’y est mêlé.

Farines revêches ; ce sont des farines plus difficiles à traiter, par quelle qualité que ce soit.

Farine simple ; on appelle ainsi la farine qui est moins fine que celle dite de minot.

Faux boîtillons ; ce sont deux morceaux de bois posés en sens contraires ou de plat en plat qui servent à soutenir les boitillons & le bourrage de chanvre & de graisse dont on garnit la fusée du gros fer.

Faux-pont ; c’est dans un moulin la partie qui est au haut de la montée, & qui a 3 pieds & demi de large sur 8 pieds de long.

Fer (le gros) c’est l’arbre de fer qui supporte la meule courante.

Feuillure d’une meule ; c’est la partie de la meule qui joint concentriquement la bordure. Les gruaux étant poussés de l’entrepied dans cette partie, par le mouvement de rotation & la force centrifuge, s’y convertissent en fleur de farine.

Flache signifie le vide qui se trouve dans l’équarrissage d’une pièce de charpente. Un arbre n’est jamais d’une grosseur égale, ni parfaitement droit ; pour perdre moins sur la longueur & la grosseur des pièces qu’on en tire, on ne les équarrit pas exactement : les vides qui empêchent qu’elles ne fassent des parallélépipèdes parfaits, s’appellent flaches.

Flanière (meule) ; c’est la meule courante qu’on rend concave proportionnellement à la convexité de la meule gisante, & dans la même étendue.

Fléau de baguette de bluteau & de dodinage ; lorsque dans un moulin, les huches de blutage, au lieu d’être orientées dans le sens de l’arbre, ont au contraire leurs têtes & leurs pieds amont & avalant l’eau, il faut nécessairement employer deux morceaux de bois pour communiquer aux bluteaux le mouvement qu’ils doivent recevoir des babillards ; la tringle qui engrène dans la croisée, retient le nom de batte, celle qui joint la baguette , & qui fait alors angle droit avec elle, prend le nom de fléau. Pour que le fléau puisse imprimer à la baguette le mouvement qu’il reçoit du jeu du babillard, on y cloue fortement, comme à un fléau à battre le blé, une lanière double de cuir, qui saisit l’extrémité de la baguette vers la tête de la huche.

Fleur de farine ou fleur ; c’est la farine que produit le premier moulage, qui est la plus blanche, & la plus fine ; elle ne fait pas cependant le pain qui a le plus de goût, parce que le germe du grain s’écrase rarement au premier moulage, & que c’est la farine que rend le germe, qui donne le plus de saveur au pain, quoiqu’elle ne soit pas si blanche que la fleur qui sort du corps du grain. La bonne fleur de farine de froment prend dix onces & demie d’eau par livre.

Fleurage ; c’est une issue de la mouture du gruau, ou pour mieux dire le son du gruau.

Frayon ; c’est un morceau de bois dur, taillé quarrément, faisant chapeau sur le papillon du gros fer. On fortifie les angles du frayon par des targettes de fer ; il sert à donner le mouvement nécessaire à l’auget, afin que le grain puisse tomber dans l’œillard ; pour cet effet, on le place de manière qu’en tournant, ses angles frappent la main de l’auget ; le frayon coiffe le gros fer, & posé sur l’anille, il est assujetti de manière qu’il ne vacille point, mais qu’on puisse aussi l’enlever facilement quand on veut.

Frein ; morceau de bois de 32 pieds de long, 6 pouces de large, & ¼ d’épaisseur, qui s’ajuste avec le rouet du moulin à vent.

Frettes ; ce sont de forts cercles de fer, dont on arme les deux extrémités du grand arbre, pour les fortifier & empêcher qu’elles ne se fendent ; on en met ordinairement trois dans la partie de l’arbre en dehors de la roue , & deux seulement à l’extrémité donnant dans l’intérieur du moulin.

Frettes de la lanterne ; on donne ce nom à un fort cercle de fer, qui entoure la circonférence de chaque tourteau, pour en soutenir l’assemblage.

Fuseaux de la lanterne ; ce sont des bâtons ronds, de bois dur, ordinairement de pommier ou de poirier, placés dans la circonférence de la lanterne, contre-tenus par les deux tourteaux, où ils sont assemblés ; les chevilles du rouet s’y engrènent, & font par ce moyen tourner la lanterne.

Fusée du gros fer ; c’est la partie du gros fer qui traverse la meule gisante.

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G

Gai ; terme en usage pour exprimer le mouvement du moulin ; on dit, par exemple : Ce moulin va gai ; cela signifie qu’il va bien, & que sa meule tourne vite. Obtenir un mouvement plus gai, cela veut dire, parvenir à faire tourner la meule plus vite.

Garouenne ; nom qu’on a donné à une pièce de bois, au bout de laquelle est une grande mortoise qui sert de moufle à un rouet de poulie, for lequel passe la corde employée à monter les sacs dans le moulin, ou à les descendre.

Garouenne du dedans ; c’est celle qui sert à monter ou descendre les sacs dans l’intérieur de la cage du moulin, d’une chambre à une autre ; on la place de manière que la corde de sa poulie à laquelle le croc pour saisir les sacs est attaché, passe dans le centre des trapes par lesquelles ils doivent être enlevés ou descendre.

Garouenne du dehors ; c’est celle qui sert pour monter les sacs du dehors de la cage du moulin dans les greniers ou chambres ; on la place de manière qu’elle ait une saillie suffisante en dehors du bâtiment, en même temps qu’on lie solidement son extrémité opposée à la charpente du faîte du bâtiment, au-dessus des linteaux de la fenêtre ou ouverture par laquelle on reçoit ou descend les sacs.

Gîte ou le Gîte ; façon abrégée de désigner la meule gisante, fort en usage parmi les meuniers.

Godets ou pots ; ce sont, dans les moulins à eau, des cellules pratiquées entre les deux cours des jantilles. La proportion à leur donner n’est pas indifférente Plusieurs mécaniciens pensent qu’on doit en fixer la profondeur aux deux quinzièmes du diamètre de la roue, & que la distance de leur séparation doit être d’un dixième de ce diamètre. Leur plan est excentrique, & coupe obliquement les jantes de la roue. On forme ces godets au moyen d’une planche qui s’emboîte dans des rainures creusées dans l’épaisseur des jantilles ; les qualités essentielles des godets sont qu’ils se remplissent sans perte d’eau , & qu’ils soient totalement vuides, lorsqu’ils sont parvenus au bas de la courtière.

Gousset ; on donne ce nom à de petites pièces de charpente, cintrées, ou faisant angle droit, qui ont deux tenons à leurs extrémités „ reçus dans les mortoises de deux pièces de charpente différentes. On place les goussets au-dessous de la jonction des grandes pièces qui s’unissent par tenons & mortoises, pour fortifier cette jonction.

Grenailleurs ; nom qu’on donne aux marchands qui font un commerce de son gras dont ils tirent le gruau, qu’ils font ensuite remoudre.

Grener ; terme dont se servent les meuniers pour désigner que le bourrage de la meule gisante est mal fait, & qu’il passe ou se perd du grain au travers de son œillard.

Grésillon ; c’est le nom qu’on donne à la troisième farine, dans la mouture des pays méridionaux de la France.

Grésillon fin ; terme en usage dans les pays méridionaux du Royaume, pour exprimer le mélange de la farine simple, qui est dans les moutures de ces cantons la seconde, avec le grésillon, qui est la troisième.

Gros fer ; fort essieu de fer, qui traverse la lanterne & les meules ; sa partie inférieure, qui est bien acérée, se termine en pivot & pose sur une crapaudine enchâssée dans le palier ; il passe dans le centre de la lanterne par deux orifices garnis de fer, pratiqués au milieu des tourteaux, ou il est assujetti, sans avoir aucun jeu, afin qu’il soit forcé de tourner avec elle. Il traverse ensuite la meule intérieure ou le gîte, par une ouverture ronde appelée œillard, formée à son centre. On place une boîte dans l’œillard, qui empêche avec son bourrage, le gros fer de se de verser & le blé de se perdre. La meule supérieure est percée ainsi que la première, mais son œillard est disposé en dessous pour recevoir une rosette de fer acérée, terminée par des branches à crampons , qu’on appelle nille ou anille. On pose l’anille sur le papillon du gros fer, comme une roue de voiture dans son essieu : & pour que l’anille & la meule qu’elle saisit, tournent avec le fer dont elles reçoivent leur mouvement, on chasse entre le papillon du gros fer & l’anille , des petits coins de fer qu’on appelle pipes ; ils servent à les assujettir & serrer de façon qu’ils puissent bien tourner ensemble, & mettre la meule de dessus, ou courante , en bon moulage, quand elle est bien emboîtée dans l’anille. L’extrémité supérieure du papillon , qui est aussi celle du gros fer, se termine en pointe arrondie, & n’excède l’anille que d’un demi pouce.

Les parties principales du gros fer sont : son pivot, son fût, qui est quarré 8t qui traverse la lanterne, sa fusée qui est ronde, & qui passe au travers de la meule gisante, & son papillon qui est aplati & reçoit l’anille.

Gruaux ; ce sont les portions de grains concassés & brisés par les meules, qui sortent par l’anche, sans avoir été réduits en farine. On les repasse au moulin : comme ils ont moins d’épaisseur que le grain, on a foin de rapprocher les meules pour qu’ils soient bien broyés. Cette, opération n’exigeant pas autant de force que le premier moulage du grain, elle se fait plus vite. Il ne faut pour repasser les gruaux, que les deux tiers du temps qu’on emploieroit pour moudre une mesure égale de grain.

Gruaux bis ; ces gruaux sont séparés par le bluteau cylindrique. Comme on pratique trois séparations dans sa huche, on les distingue en première, seconde & troisième qualités. On les appelle gruau bis, parce que la farine qu’ils produisent est bise, ces gruaux contenant les parties les plus dures du germe, & presque toute la séconde écorce du froment ; la farine qui en provient a bon goût, quoiqu’elle soit inférieure : elle prend plus d’eau que toutes les autres.

Gruaux fins ; ce sont les plus petits & les plus blancs. Ils sont séparés par l’opération du dodinage, & passent par la partie la plus serrée du second bluteau ; ils tombent dans la séparation qui leur est marquée vers la tête de la huche, & sont formés par la partie la plus ferme du grain, qui enveloppe le germe.

Gruaux gris, ou seconds Gruaux ; ce sont les plus gros, qui passant à l’opération du dodinage, par la partie la plus claire du second bluteau, tombent dans la séparation qui leur est assignée vers le pied de la huche. Ils sont composés de la portion la plus proche de i’écorce du grain & de quelques parties du germe.

Gueulette ; on appelle ainsi les orifices de la manche & de l’extrémité inférieure du bluteau.

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H

Habiller un moulin ; c’est en garnir les ailes avec environ 220 aunes de toile.

Hardeau ; corde attachée au bout du frein d’un moulin à vent.

Hérisson ; c’est une roue dentelée sur sa circonférence , comme on en voit dans les tourne-broches & les horloges. On fait les hérissons de différentes grandeurs, suivant le service au quel ils sont destinés ; leur plus grande différence avec les rouets, est que les chevilles de ces dernières roues sont placées dans l’épaisseur des jantes, sur leur plat : les uns & les autres servent également à multiplier le mouvement par l’engrènement de leurs chevilles & dents dans les fuseaux des lanternes.

Heurtoir ; c’est dans un moulin une pièce de bois contre laquelle s’appuie le bout de l’arbre tournant coupé perpendiculairement & garni d’une plaque de fer.

Huche ; on désigne par ce mot, une caisse ou coffre oblong, soutenu sur quatre piliers ou pieds droits, dans lequel on place le bluteau. La huche se pose près les meules & on la tient fermée, pour que la farine ne se perde pas ; on perce une ouverture dans son dessus pour faire sortir la manche du bluteau, de manière que le produit total de la mouture puisse tomber dedans ; le bluteau se terminant à l’extrémité de la huche, on fait une ouverture dans la planche qui ferme son pied, pour y adapter la gueulette du bluteau , & que les sons & gruaux puissent tomber dans un sac qu’on attache sous cette ouverture ; un des côtés de la huche ne se ferme que par un rideau ou par des planches brisées qui se meuvent dans des coulisses, afin de pouvoir, en levant le rideau, ou tirant ces planches, ramasser la farine qui tombe dans la huche, en passant au travers de l’étamine qui forme le bluteau. On oriente les huches de deux manières, suivant l’espace qu’on a : si la cage du moulin est grande , on place la tête de la huche près les archures, & on oriente ses côtés amont & aval l’eau , c’est la meilleure manière. Si l’espace manque, on oriente la huche en sens contraire, la tête amont & le pied aval.

Huche de dodinage ; elle se place sous celle du premier bluteau, en sens contraire , c’est-à-dire, que sa tête doit répondre au pied de la huche supérieure ; on fait excéder la tête de la huche du dodinage de quelques pouces le pied de la huche du premier bluteau, afin que les sons & gruaux que rejette te bluteau de la première huche, puissent tomber dans l’orifice de la manche du bluteau du dodinage. On fait, dans tous les bons moulins, dans la huche du dodinage, une séparation au milieu , dessous le bluteau, pour que les gruaux fins tamisés dans la partie supérieure de ce bluteau restant séparés des plus gros, traversent sa partie inférieure, qui est faite avec une étamine plus claire.

A B C D E F G H I J L M N O P Q R S T U V

I

Issues ; on donne ce nom à ce qui reste des moutures après la farine.

A B C D E F G H I J L M N O P Q R S T U V

J

Jantille ; on appelle Jantiiles , les planches qui forment les côtés de la circonférence d’une roue à pot.

Jeu ; on appelle ainsi dans un moulin à vent, une pièce de bois qui est emmortoisée dans les hautes pannes des ailes.

Joc ou à Joc ; terme dont on se sert, pour exprimer que le moulin ne va pas : mettre le moulin à joc, c’est l’arrêter.

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