Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois

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1792-1799 - Marc-Ren de Montalembert lutte pour sa radiation de la Liste des Emigrs

jeudi 5 novembre 2020, par Pierre, 258 visites.

Marc-Ren, marquis de Montalembert, est n Angoulme le 16 juillet 1714 et mort Paris le 28 mars 1800.

Il a jou un rle de tout premier plan dans l’histoire de l’Angoumois, o il est particulirement connu pour ses crations industrielles. Elles ont travers les sicles : les forges de Ruelle (Charente) et de Forge-Neuve Javerlhac (Dordogne), qui ont fourni l’Arsenal de Rochefort (Charente-Maritime) des canons de marine rputs, en sont des tmoignages toujours visibles. Membre de l’Acadmie des Sciences, il est aussi un spcialiste des fortifications et il met ses comptences techniques au service de la Rvolution.

Le citoyen-Gnral Marc-Ren Montalembert fait, de fin juin au 3 novembre 1792 un sjour en Angleterre pour raisons de sant : il va "prendre les eaux" Bath, station thermale rpute. Quand il revient en France, l’administration du dpartement de la Charente l’a inscrit sur la Liste des Emigrs de ce dpartement. Cette inscription va avoir pour lui des consquences catastrophiques (sociales, professionnelles et patrimoniales). Nous suivons pas pas partir du 26 janvier 1793 (5 jours aprs la mort du roi) sa lutte acharne en vue d’obtenir sa radiation de cette Liste. Un univers kafkaen, o les diverses administrations rvolutionnaires semblent tout faire pour freiner le rglement de son dossier.

Source : Archives Nationales - Les migrs de la Rvolution franaise : dossiers nominatifs des demandes de radiation et de main-leve de squestre (F/7/4826 F/7/5789/2). Dossier de Marc-Ren de Montalembert (cote F/7/4991/1).

Le dossier comporte 350 pages manuscrites. Il couvre une priode de 7 ans et 5 mois allant du 21 mai 1792 (formalits de demande de passeport par M-R Montalembert pour se rendre en Angleterre) au 25 vendmiaire an VIII [17 octobre 1799] (mise en application de l’arrt du Directoire excutif du 11 vendmiaire an VIII qui prononce la radiation dfinitive de Marc-Ren Montalembert de la Liste des Emigrs).

Il ne profite pas longtemps de cette reconnaissance de la Nation, prement obtenue au terme de plus de 7 annes de procdures, puisqu’il dcde 6 mois plus tard, le 28 mars 1800.

La Rvolution aura fait payer bien cher Marc-Ren de Montalembert son origine aristocratique, toujours suspecte dans la France de 1800.

Nous avons fait une slection des documents pour prsenter sur Histoire Passion ceux qui nous semblaient les plus intressants.

En bas de cette page, nous avons ajout les notices biographiques de Marc-Ren de Montalembert et de Jean-Charles, baron de Montalembert - Source : Gnalogie par Courcelles, (d. 1833). Voir sur Histoire Passion

 
1 - Certificat fourni Marc-Ren Montalembert pour obtenir un passeport pour l’Angleterre - 21 mai 1792

Municipalit de Paris
21 mai 1792
Section de Popincourt

Certificat de commissaire de police sur demande de passeport

Nous, commissaire de police de la section de Popincourt, certifions que Marc Ren Montalembert Marchal de camp, natif d’Angoulme, dpartement de la Haute Charente, g de 80 ans, taille de 5 pieds 2 pouces, cheveux et sourcils blancs, yeux gris, nez long, bouche grande, menton sec, front dcouvert, visage long, demeurant rue de la Roquette n 40, dans l’tendue de cette Section, Nous a dclar qu’il est dans l’intention d’aller Bath, en Angleterre, & qu’il n’y a nul inconvnient ce qu’il lui soit dlivr un Passeport, ainsi que nous l’ont attest MM Audoux, rue de la Roquette, et Caperonnier, Peintre, rue St Sbastien n 23, Citoyens de cette Section, qui ont sign avec nous & le dnomm au prsent Certificat (1)

Dlivr Paris, ce vingt-un may mil sept-cent quatre-vingt-douze, l’an quatrime de la Libert.

Signatures
Audoux, Montalembert, Capperonnier
De Salvins ? Secrtaire-greffier de Police
Daqu, Commissaire de Police

(1) N. B. Le Certificat doit tre dlivr individuellement, pour une seule personne (art. 3 de la Loi)
On ne fera mention du lieu de la destination que lorsque la personne qui demandera le Certificat, voudra sortir du Royaume (article 4 de la Loi)

2 - Passeport pour aller en Angleterre - 22 mai 1792

Passeport
...
Laissez passer M. Montalembert dnomm, qualifi & dsign dans le certificat du Commissaire de Police de l’autre part, & prtez lui aide & assistance en cas de besoin.

Dlivr la Maison commune de Paris, le vingt-deux mai mil sept-cent quatre-vingt-douze, l’an quatrime de la Libert.

Vu et lu le 20 juin 1792 (date du dpart en Angleterre)
Vu au Greffe de la municipalit de Calais, le citoyen dnomm au passeport ci dessus tant dbarqu en ce port cejourdhui a dclar venir d’Angleterre audit Calais le 3 novembre 1792 l’an premier de la Rpublique
Sign Clinet,Secrtaire Gnral

3 - Le citoyen Marc-Ren Montalembert demande au Dpartement de la Charente de le rayer de la liste des Emigrs (inscription du 3 juin 1792) et d’annuler le squestre de ses biens. - 12 octobre 1793

Aux citoiens administrateurs et membres du dpartement de la Charente, Angoulme

Observations du citoien Marc Ren Montalembert Marchal des camps et armes de France, ayant toujours demeur, sans interruption, depuis 1772 et demeurant toujours Paris rue de la Roquette faubourg Saint-Antoine, section de Popincourt, propritaire de terres et domaines paroisse de Juignac, Saint-Amand, et es environ district de Barbezieux dpartement de la Charante.

Sur les prtentions, erronnes, des municipalits de Juignac et Saint-Amand du district de Barbezieux, et du dpartement de la Charante, qu’il est migr, ne l’tant pourtant bien certainement pas, et ne pouvant mme l’tre, ni tre considr comme tel.

1 le citoyen Montalembert ayant t dangereusement malade, pendant plus de 8 mois de 1791 1792, lui ayant t indiqu, pour le parfait rtablissement de sa sant, de prendre l’une de plusieurs eaux dsignes, tant acadmicien livr l’tude des sciences, et particulirement dans l’art des fortifications et artillerie [1], dsirant voir les places et arcenaux d’Angleterre pour prendre de nouvelles connoissances relative l’art qu’il exerce quant ce, depuis plus de 50 ans, afin d’en composer un nouveau volume, qui s’impriment actuellement, faisant le neufviesme, pour parfaire l’ouvrage en 8 volumes in 4 qu’il a dj publi depuis environ 10 ans sur cette matire, prfra les eaux de Bath, aux autres qui lui toient indiqus, comme d’Aix-la-Chapelle, o les migrations se faisoient, le sjour d’Angleterre n’tant pas alors suspect, et voulant se donner de garde d’aller dans un lieu qui pourroit l’tre.

2 En consquence, et connoissant que l’article 8 du dcret du 1er aoust 1791, sanctionn le 6 dudit mois, exceptoit d’migration ceux qui ne s’toient absent qu’en vertu de passeport en due forme, pour cause de maladie, et cette loi n’ayant point t abroge, croyant pouvoir s’en tenir allguer la seule cause de maladie pour requrir un passeport pour aller avec sret aux eaux de Bath en Angleterre, et en revenir sans courir aucunes consquences ni aucuns risques son retour, se contenta de demander passeport qui lui fut accord, dans toutes les formes, le 22 du mois de mai 1792, pour aller ces eaux, ne croyant pas, et ne pouvant mme s’imaginer qu’il seroit inquit ni suspect, soit pendant son absence, soit pendant et depuis son retour, tant Paris que dans les diffrents endroits o sont ses possessions et proprits.

3 qu’il n’est sorti de France qu’ la fin de juin dernier, et qu’il y ait rentr ds le 3 novembre suivant, ce qui ne fait qu’environ 4 mois d’absence, au lieu de 6 rputs pour migration sans nouvelles.

4 qu’il n’a cess, pendant son absence, de justifier o il toit, par des certificats qu’il a fait passer, en diffrents temps, sa section de Popincourt, qui lui a dlivr des certificats comme il n’a jamais t regard comme migr, qu’il a exerc des bienfaits et qu’elle a fait des arrts pour que son retour en France fut protg et pour que ses proprits soient respectes, ayant dclar les mettre sous la sauvegarde.

5 qu’ son retour, tant par ce que le citoyen Montalembert, s’toit cru autoris et avoit en effet t autoris par son passeport de s’absenter pour cause de maladie, que par ce que l’article 6 du dcret du 30 mars, sanctionn le 8 avril 1792, exceptoit d’migration les absents qui justifieroient par brevets et inscriptions qu’ils sont livrs l’tude des sciences et qui ont t notoirement connus avant leur dpart pour s’tre consacrs ces tudes, le dpartement ayant eu une entire connoissance et justifications du titre d’acadmicien livr l’tude des sciences, comme est le citoyen Montalembert, et se trouvant absolument dans le cas de la loi, n’a pas fait de difficult, en lui rendant justice, de lui accorder le 26 janvier dernier un arrt par lequel conformment la loi du 8 avril son absence ne peut tre rpute migration et qu’en consquence les scells apposs dans sa maison, alors qu’on les a apposs chez tous les absents indistinctement dans le temps des visites domiciliaires qui eurent lieu Paris au mois d’aoust de l’anne dernire, seroient levs, comme ils l’ont effectivement t sans description.

6 que depuis cet arrt du dpartement de Paris, le citoyen Montalembert a obtenu de sa section, de la municipalit, et du dpartement les 6, 22 et 26 mars derniers, dans toutes les formes requises par la loi, un certificat de rsidence, constatant bien positivement que le moment d’absence dont vient d’tre parl, ne pouvait lui nuire ni prjudicier, le faire cesser d’tre regard comme prsent, et tre rput migration, et au contraire qu’il a toujours t regard comme prsent, et non pas comme migr ce qui devoit le tranquilliser de manire devoir tre regard tel dans tous les endroits o sont ses possessions.

7 que pour donner connoissance de tout ce que dessus, particulirement au dpartement de la Charante dans l’tendue duquel le citoyen Montalembert a des proprits, paroisse de Juignac, Saint-Amand et environs, district de Barbezieux, il a fait passer et remettre ce dpartement ces diffrents certificats, ainsi que son arrt et certificat de rsidence, des 26 janvier et 6, 22 et 26 mars 1793, pour empcher d’tre ni suspect ni considr comme migr.

8 que nonobstant ces raisons, moyens et preuves incontestables, le citoyen Montalembert vient d’apprendre avec surprise qu’il est regard par le dpartement de la Charente comme migr, trait comme tel, et en consquence que ses biens sont squestrs.

9 que ce dpartement pour agir et le traiter ains,, n’a dit ou considr le citoyen Montalembert que comme s’tant absent pour cause de maladie sans le considrer, ainsi qu’il n’est pourtant ignor de personne,, comme acadmicien, livr et consacr l’tude des sciences, ce qui, ayant mis l’cart la loi non abroge, des 1er et 6 aot 1791, qui excepte les causes de maladie, pour ne s’en tenir qu’ la loi du 8 avril 1792, qui ne les excepte pas. Et sans considrer l’exception pour cause de sciences, a fait tomber le dpartement dans l’erreur, mais de laquelle, sans la plus petite difficult, comme on l’espre bien, et qu’il en est pri, il sera srement le premier revenir d’aprs ces prsentes et les vrits y contenues, le dpartement ayant, comme il va tre dit, par-devers lui les preuves crites dans les arrts du dpartement de Paris, du 26 janvier 1793, et certificat de rsidence des 6, 22 et 26 mars ensuivant, de tout ce que dessus.

10 le citoyen Montalembert a prouv et justifi 1 de sa qualit d’acadmicien, d’aprs son brevet qu’il a fourni, 2 qu’il est notoirement connu pour tel, d’aprs 46 almanachs, et 46 tableaux de l’acadmie de 46 annes de suitte, 3 que sa section de Popincourt l’a toujours regard comme prsent, comme bon citoyen, comme ayant accord des secours, et lui a accord protection d’aprs les certificats qu’il en a produits, 4 qu’il n’a t mis ni au rang ni sur la liste des migrs, d’aprs la vrification qui en a t faitte par le dpartement de Paris, 5 qu’il lui a t accord carte de citoyen, d’aprs la reprsentation qu’il lui en a fait, 6 qu’il a fait les serments requis, d’aprs le certificat qui lui en a t dlivr, 7 qu’il a pay touttes contributions patriotiques et autres, et tous les secours que lesd. cas ont exigs, d’aprs les quittances qu’il en a rapportes, ce qui ne ressemble surement point migration, et ce que n’ont bien surement pas fait ceux qui se sont migrs.

11 dans l’tat des choses au dpartement de la Charante, et pour les remettre comme elles doivent tre, c’est dire comme le citoyen Montalembert, n’tant aucunement migr, et ne pouvant sous aucuns point de ves tre regard comme tel, devant au contraire tre ray de cette classe d’hommes o il a t mal propos, et par erreur mis, ce citoyen profondment affect d’tre regard et trait, dans le lieu o il est n, et o il a pass plusieurs annes de sa vie, pour ce qu’il n’est pas, et n’a jamais eu l’intention d’tre, d’aprs les services importants et connus qu’il a rendus en tout temps l’Etat, ses travaux, ses compositions, ses plans, ses desseins, ses ouvrages, son cabinet prcieux, tude et travail de plus de cinquante annes, dont il a fait hommage et don l’assemble nationale constituante, ds le 22 septembre 1789, au seu et vu de la nation, cabinet qui lui a cot plus de cent mille cus, enfin les services qu’il rend encore maintenant la nation, par les lumires qu’il procure aux Ministres de la Guerre et de la Marine, pour les fortifications et artilleries de la Rpublique, dont il a lesd. preuves administrer dans les lettres de ces Ministres, ne peut se voir enlever, sous prtexte d’migration, et par la voye du sequestre ou autrement, ses proprits et sa vie, ne l’ayant jamais mrit, ni donn aucune atteinte pour tre ainsi trait, en consquence il a cru pouvoir mettre sous les yeux des administrateurs du dpartement de la Charante, pour leur faire connoitre leur erreur, et les en faire revenir, les observations cy dessus et les textes des loix, d’aprs lesquelles ce citoien mal jug, ne peut tre trait comme il est, surtout ayant t examin par le dpartement de Paris, son domicile ordinaire, et depuis longtemps sans interruption, qui avoit autant d’intrt, comme le dpartement de la Charante, au maintien de l’excution des loix et tenir le citoyen Montalembert pour migr s’il l’eut t, l’ayant au contraire jug comme toujours prsent, et non migr, comme il ne pouvoit en tre autrement.

Voiez donc les loix que le citoyen Montalembert met sous les yeux du dpartement.

Loi du 6 aoust 1791, article 8 : "Sont excepts des dispositions cy dessus les franois qui ne se sont absents qu’en vertu de passeports en due forme pour cause de maladie"
Nota : cette loi n’a point t abroge.

Loi du 8 avril 1793, article 6 : "Ne sont point sujets aux dispositions du prsent dcret les biens des franois qui justifieront par brevet et inscriptions qu’ils se sont livrs l’tude des sciences, arts ou mtiers, et ceux qui avant leur dpart ont t notoirement connus pour s’tre consacrs ces tudes."

Le citoyen Montalembert, ayant justifi, de la manierre cy-devant ditte, qu’il s’est livr et consacr l’tude des sciences, et qu’il est notoirement connu comme tel est donc absolument et irrvocablement dans le cas de lad. exception. Le voyage qu’il a fait ne pouvoit donner atteinte et tre regard comme migr, et en consquence le dpartement de Paris l’a donc bien jug par son arrt du 26 janvier, et le dpartement de la Charante l’a donc mal jug, en le dclarant et le traitant comme migr, au moyen de quoi le dpartement ne peut donc vallablement, sans contrevenir aux loix, se refuser de revenir sur ses pas, de reconnoitre son erreur, de dclarer le citoyen Montalembert comme non migr, de le rayer de dessus la liste des migrs, de lever le squestre de ses biens, et de faire pour tout ce que dessus, tout ce qui est ncessaire pour qu’il puisse jouir des droits sacrs de libert, de bon citoyen et de proprit, quoi le citoyen Montalembert conclut. Et ce qu’il espre de l’quit du dpartement qui ne peut qu’tre tomb en erreur, et ne peut se dispenser de rendre la justice qui lui est demande.

Au surplus surtout ce que dessus, et au moyen de la contradiction qu’il y a dans les arrts de dpartement de Paris et de la Charante, pour empcher qu’ils ne soient passs outre, voyez ce que la loi du 28 mars dernier, article 67 dcide : "si les dpartements ont pris des arrts contradictoires sur la mme personne (comme on fait les dpartements de Paris et de la Charante), l’excution en sera suspendue, et les procureurs gnraux, syndics des dpartements se pourvoiront sur le champ pour obtenir une dcision deffinitive est motive du conseil excutif."

Ainsi, il ne peut donc tre pass outre sur la prtendue migration, ni sur le squestre des biens du citoyen Montalembert, dans le dpartement de la Charante, sans qu’il ait t statu ainsi que de raison sur ces justes observations et rclamations, sous les peines portes contre les administrateurs et fonctionnaires publics, par la mme loi du 28 mars 1793, aux 2 articles de la section 10.

Non seulement le citoyen Montalembert rclame vis--vis du dpartement de la Charente (...). De plus ce dpartement qu’il rclame aussi vis--vis du conseil excutif, auquel il a adress un mmoire avec l’arrt du dpartement de Paris le 26 janvier dernier, et le certificat de (...), des 6, 22 et 26 mars pass dernier, et auquel il va aussi adresser copie des prsentes.

D’aprs ces mmes prsentes, et la loy sur quoi il se fonde, le citoyen Montalembert espre donc que le dpartement de la Charante voudra bien comme il en est pri, le traiter avec toute la justice qui lui est due, ne pouvant croire (...) qu’il en puisse tre ni qu’il en soit autrement, pourquoi il a adress et adresse, avec la plus ferme confiance, ses justes, lgitimes et incontestables rclamations, tabli et justifi avec la plus grande vidence et fondes sur la loi, tant au dpartement qu’au conseil excutif, qui l’un et l’autre, justes et tablis pour cela, lui a accord (...) surement, pour quoi mieux parvenir, il espre de plus que le dpartement sera le premier se pourvoir vis--vis le Conseil Excutif et obtenir de lui ce que rclame ainsi juste titre et avec tant de droit le citoyen soussign.

Montalembert

4 - Etat des biens de Marc-Ren Montalembert - 8 floral an 6 [27 Avril 1798]

Je soussign, Marc Ren Montalembert, Gnral divisionnaire des armes de la Rpublique, en activit, demeurant Paris, rue de la Roquette n 39 division de Popincourt, depuis 1772, mal propos inscrit sur la liste des Emigrs du dpartement de la Charente, provisoirement ray de lad. liste et poursuivant ma radiation dfinitive depuis prs de 6 ans.
En excution et pour satisfaire l’arrt du Directoire Excutif du 25 germinal an 6 [14 Avril 1798] article 1er.

Dclare n’avoir aucuns biens, aucunes proprits ni autre chose que ce qui suit.

1 une rente viagre de 20000 livres par an, sur Charles Philippe d’Artois, due aujourd’hui par la nation au moyen de l’migration dudit Charles Philippe, pourquoi j’ai une inscription sur le grand livre et dont je ne reois rien. [2]

2 18240 livres de pensions qui m’ont t accordes en diffrents tems pour prs de soixante ans d’importants services que j’ai rendus l’tat et dont je ne reois rien.

3 600 livres de rente perptuelle dont j’ai inscription sur le grand livre et dont je ne reois rien.

4 un capital et intrt d’environ 4000 livres pour vente et cession des eaux de la rivire de Touvre prs Angoulme, pourquoi je suis en liquidation depuis plusieurs annes et dont je ne reois rien.

5 droits de rentrer dans ma terre de Maumont [3] situe commune de Juignac canton de Montmoreau dpartement de la Charente, que j’ai t oblig de vendre pour faire honneur mes affaires et vivre, et ce en papier monnaye qui m’a produit 14 15000# numraire pour une terre vallant prs de 200000#, mtallique et dans laquelle j’ai intention de revenir aussitt que la loi sur les rescisions de vente en papier monnaye, sera rendue et promulgue. Nota : cette terre est squestre aujourd’hui sur mes acqureurs en vertu de la loi du 19 fructidor an 5 au moyen de ce qu’elle l’avait t mal propos sur moi en 1792 sur la mise qu’on avait faite de mon nom et de ma personne sur la Liste des Emigrs.

6 il m’est encore d des fermages et revenus de cette terre par le citoyen Dumonteil qui tait fermier gnral et qui rsultent d’un compte ensemble.

7 n’ayant point vendu des rentes foncires que j’avais cause de cette terre sur diffrents particuliers qui peuvent monter 2500 ou 3000# par an, dont je ne reois rien, les dbiteurs les prtendant supprimes, sauf mes droits et actions au contraire, n’en voulant rien payer, elles m’appartiennent encore, quoi que je n’en reoive rien.

8 j’ai des droits exercer sur la Nation cause de marchs pour l’entreprise de fonderie et fourniture de canons pour la Marine, qui dpendent de l’vnement du jugement qui sera rendu en tems et lieu, sur une instance qu’il y a eu une commission nomme cet effet ds avant la Rvolution, mais je ne reois rien de ces droits.

9 j’ai des droits exercer pour la vente des forges de Ruelle en Angoumois, et Forge neuve [4] en Prigord, d’aprs l’instance en rescision qui est pendante aux tribunaux de Paris, objet dont je ne reois rien et qui sont les gages et hypothques de ma rente viagre ci-devant porte art 1er.

10 j’ai des crances que j’ai payes comme caution de Jean-Charles Montalembert, sur ce dernier, mais qui ne sont pas liquides et dont je ne reois rien.

11 je jouis heureusement de la maison et dpendances que j’occupe depuis 1792, comme l’ayant achete et paye alors pour ma vie, sans quoi je ne pourrais [sic] comment faire pour payer un loyer.

12 il me reste encore un faible mobilier, ayant vendu le surplus pour m’aider vivre depuis la Rvolution, au moyen de ce que j’ai cess de recevoir mes rentes et pensions comme par le pass.

13 j’ai des dettes personnelles arrires que je ne puis acquitter par les vnements arrivs.

14 enfin j’ai eu le malheur, dans un tems o on ne pouvait prvoir ce qui est arriv, de subir pour Jean-Charles Montalembert , pour au moins 1200000# numraire de cautionnements que je ne puis acquitter, et pour lesquels engagements je suis continuellement tourment et poursuivi rigoureusement de toutes manires, pour raison d’acquisitions d’habitations considrables en Amrique et Saint-Domingue qui sont dvastes et pries.

D’aprs ce que dessus, il est facile de voir les embarras dans lesquels je suis, mon ge de prs de 85 ans, non pas par ma faute, mais par celle de tous ceux qui m’ont desservi en tout tems, et par l’effet des vnemens de la Rvolution.

Fait Paris ce 8 floral an 6 [27 Avril 1798] de la Rpublique franaise une et indivisible.

Le citoyen Montalembert gnral divisionnaire.

5 - Demande en radiation de la liste des migrs. Postrieure au 8 floral an 6 [27 Avril 1798]

Nom, prnoms et ge du rclamant : Montalembert (Marc, Ren) g de 87 ans
tat, qualit ou profession antrieure l’inscription : Marchal de camp, membre de l’Acadmie des sciences
Date de l’inscription : 3 juin 1792
Dpartement et lieu de domicile de l’inscrit : Paris, Dpart. de la Charente
Dpartement qui a inscrit : Charente
Date de la demande de radiation : 26 janvier 1793
Date de la production des pices : 26 janvier 1793
Date de la radiation provisoire : 26 janvier 1793
Motifs allgus en faveur de la radiation : rsidence depuis plusieurs annes et notamment depuis le 9 mai 1792 prouve lgalement et sans interruption l’exception d’une absence d’un mois justifie par un passeport rgulier.
Observations : Les formalits prescrites par l’arrt du 20 vendmiaire an 6 n’ont pas t observes. Le prvenu a fourni la dclaration de ses biens.
Proposition : Radiation dfinitive.

6 - Le point sur la procdure en cours - 13 fructidor an 7 [30 Aot 1799]

Minute
Division des Emigrs - 6e Bureau
Dp. Charente
Montalembert (Marc, Ren) domicili dans notre arrondissement
Expdi le 13 fructidor an 7 [30 Aot 1799]

Le Ministre de la Police gnrale au Commissaire du Directoire (...) l’administration municipale du 8me arrondissement du Canton de Paris.

Marc Ren Montalembert, membre de la ci-devant Acadmie des Sciences et Gnral divisionnaire demande le classement (...), la radiation dfinitive de son nom de la Liste des Emigrs que le Directoire du Dpartement de la Charente lui a provisoirement accorde par arrt du 15 octobre 1793.

A l’appui de sa rclamation, il produit

1 un certificat de rsidence qui lui a t dlivr le 4 germinal an 6 par l’administration municipale de notre arrondissement.

2 une attestation de la mme administration datte du 2 germinal de la mme anne, portant qu’il est parfaitement connu de l’administration pour homme de lettres de la ci-devant acadmie des Sciences depuis 1747, comme travaillant pendant toute sa vie, et encore tous jours sur la fortification et sur les nouveaux affuts de son invention, tant pour l’artillerie de terre que de mer, sur quoi il a compos un superbe cabinet de plans en relief dont il a fait hommage la nation.

Les formalits prescrites par les art. 2 et 3 de l’arrt du Dre. excutif en datte du 20 vendmiaire an 6, n’ont pas t observes pour le certificat de rsidence relat ci-dessus.

D’un autre ct l’attestation de votre administration n’est pas conforme aux dispositions du paragraphe 5 de l’article 2 de la loi du 25 brumaire, que le prvenu invoque en sa faveur.

En effet elle ne porte pas que cet individu n’a aucune fonction publique, civile ou militaire, qu’il a t notoirement connu avant son dpart pour s’tre consacr exclusivement l’tude des sciences, et qu’il ne s’est absent que pour acqurir de nouvelles connoissances dans son tat.

Vous voudrez donc bien, Citoyen Commissaire, provoquer auprs de votre administration l’excution des formalits prescrites par le Directoire excutif, quoique le nom du prvenu ne soit pas inscrit sur le bulletin et me faire passer dans le plus court dlai les rsultats de ces formalits.

Je vous invite en mme temps instruire le rclamant de la ncessit de produire une nouvelle attestation qui remplisse entirement le vœu du paragraphe 5 de l’art. 2 de la Loi du 25 brumaire.

J’attends le prompt envoi de ces diverses pices pour prsenter au Directoire excutif le rapport de cette affaire.

Salut et fraternit

7 - Rapport du Ministre de la Police au Directoire excutif - expdition du 12 vendmiaire an 8 [4 Octobre 1799]

Citoyens directeurs

Marc-Ren Montalembert, ci-devant Marchal de camp et membre de l’Acadmie des sciences, gnral de division, domicili Paris, g de 87 ans, demande la confirmation d’un arrt du dpartement de la Charente en date du 15 octobre 1793 qui lui accorde la radiation provisoire de son nom sur la liste des migrs et la mainleve du squestre appos sur ses biens.

Les pices produites l’appui de la demande tablissent les faits suivants (1)

Faits

Le prvenu domicili Paris depuis plusieurs annes, sortit de France la fin du mois de mai 1792, muni d’un passeport obtenu sur la Section de Popincourt le 21 mai 1792, pour aller Bath en Angleterre, est rentr en France le 30 novembre suivant (2).

Ds le mme jour, il fit constater Calais o il dbarque (3), son retour de Bath o il venoit de prendre les eaux et obtint acte de sa comparution par devant le maire et officiers municipaux de la commune de Boulogne (4).

Cependant la section de Popincourt instruite de son arrive, prit le 7 novembre 1792, sur la ptition de son charg d’affaires, et d’aprs les certificats de divers mdecins d’Angleterre, qui attestoient que ledit Montalembert avait pour sa sant, pris les eaux de Bath, une dlibration contenant invitation aux municipalits de son passage, de lui prter aide et secours pour revenir Paris (5).

Le 9 du mme mois la Section arrta que ses proprits seraient mises sous la sauvegarde de la Section, et chargea 2 de ses membres de faire la commune les instances ncessaires pour qu’il ne fut appos aucun scell chez lui, attendu qu’il tait all Bath, au su de tous les habitants de la Section, pour le rtablissement de sa sant (5).

Cependant les scells furent apposs chez lui, en excution d’un arrt de la commune, du 25 aot 1793, qui ordonnoit les visites domiciliaires et l’apposition des scells chez ceux qui ne se trouveroient pas chez eux ; la section de Popincourt auprs de laquelle il rclama le lendemain de son arrive Paris, le 16 novembre 1792, ne crut pas devoir procder la mainleve des scells, sans l’autorisation du Dpartement, et dclara cependant que cette mainleve ne devoit souffrir aucune difficult, attendu que le rclamant n’avoit jamais t regard comme migr (6).

D’un autre ct, il avoit t inscrit pendant son absence, le 3 juin 1792, sur la liste des migrs du dpartement de la Charente, o il n’est que possessionn.

Il se pourvut alors de nouveau, tant en radiation qu’en mainleve de squestre, en allguant qu’il ne s’toit absent que pour cause de maladie. Par cette allgation le dpartement de Paris dclara le 20 novembre 1792, qu’il n’y avait lieu dlibrer, attendu que la cause de maladie n’est pas comprise au nombre des exceptions portes par l’article 6 de la loi du 8 avril 1792 (7).

Le district de Barbezieux, dans un avis du 8 dcembre 1792, rejetta aussi sa demande, d’aprs les motifs qui avoient dtermin le dpartement de Paris, est attendu l’irrgularit de son certificat de rsidence (8).

Le prvenu invoqua alors l’exception accorde aux artistes et sur sa nouvelle rclamation, le dpartement de Paris, par arrt du 26 janvier 1793, dclara que son absence ne peut tre rpute migration, et ordonna la mainleve du squestre appos chez lui (9).

Le 15 dcembre 1793, le directoire du dpartement de la Charente, sur le v des pices nonces ci-dessus et un certificat de la section de Popincourt, qui atteste la rsidence non interrompue de Montalembert sur cette section, depuis nombre d’annes jusqu’au 22 juin 1793, date de ce certificat, lui accorde la radiation provisoire de son nom sur la liste des migrs et la mainleve du squestre appos sur ses biens (10).

Cependant le comit de lgislation auquel cette affaire fut soumise astreignit le rclamant rapporter, 1 un nouveau certificat de rsidence nonciatif de l’absence qu’il avouoit avoir faite, 2 l’acte de notorit exige par la loi, pour obtenir l’exception accorde aux artistes.

En l’an 6, le rclamant produisit :

1 un certificat de rsidence en date du 4 germinal de l’an 6, dlivr par l’administration municipale du 8e arrondissement du canton de Paris, et attestation qu’il rside et a rsid sans interruption sur cet arrondissement depuis longues annes et notamment depuis le 9 mai 1792, except que depuis le mois de juin de ladite anne, il a pass comme acadmicien en Angleterre, tant pour acqurir de nouvelles connoissances que pour prendre les eaux de Bath, et qu’il est revenu le 3 novembre 1792 (11).

2 un certificat des membres de l’administration du mme arrondissement, en date du 9 germinal an 6 portant que ledit Montalembert est parfaitement connu de l’administration pour homme de lettres de la ci-devant Acadmie des Sciences depuis 1747, comme travaillant pendant toute sa vie, et encore tous les jours sur les fortifications et sur les nouveaux affts de son invention, tant pour l’artillerie de terre que de mer, sur quoi il a compos un superbe cabinet de plans en relief, dont il a fait hommage la nation (12).

Depuis la production de ces nouvelles pices, le directoire ordonna au moins de frimaire dernier l’ajournement indfini de cette affaire.

L’ajournement est motiv sur ce que l’exception invoque par le rclamant ne lui est pas applicable (13).

L’administration municipale du 8e arrondissement ne m’a point encore envoy, aux termes de votre arrt du 20 vendmiaire an 6, la copie du certificat de rsidence obtenu le 4 germinal an 6 ; mais les autres formalits prescrites, tant par cet arrt que par celui du 25 germinal de la mme anne ont t observ et leur rsultat favorable au prvenu (14) et (15).

C’est en cet tat que vous avez prononcer.

L’absence du prvenu, qui n’a dur que quelques mois, ne peut tre considre comme une Emigration puisqu’il a fait usage, avant la publication de la loi du 28 juillet 1792, du passeport qu’il avoit obtenu et qu’il toit autoris obtenir d’aprs celle du 28 mars prcdent, et que d’ailleurs il est sorti de France de l’agrment et au su de toute la section, comme le prouve les pices ci-dessus.

D’un autre ct, la notorit publique, sa qualit de ci-devant membres de l’Acadmie des Sciences, et les termes du certificat du 16e arrondissement du canton de Paris, en date du 2 germinal an 6, ne permettent pas de douter qu’il n’ait droit l’exception accorde aux artistes par le paragraphe 5 de l’article 2 de la loi du 25 brumaire.

En consquence je vous propose, aux termes de ce paragraphe, sa radiation dfinitive dans le projet d’arrt suivant.


Nous avons choisi de prsenter une partie des pices justificatives jointes au rapport prcdent.


Pice n 6 - Certificats fournis pendant le sjour en Angleterre et au retour

Extrait des pices cy-aprs

6 aoust 1792
Certificat du S. Farquhar chirurgien Londres qui atteste qu’il a conseill Marc Ren Montalembert marchal des camps de se rendre sans dlai Bath pour y prendre les eaux sur le lieu mme, au lieu de les prendre Londres comme ledit Montalembert avoit tmoign le dsirer.
Au bas et le certificat de Bonnet notaire Londres qui atteste la vrit la signature de Farquhar est plus bas celui de Chauvelin ministre plnipotentiaire de France Londres qui atteste que Bonnet est tel qu’il s’est qualifi. Lesdits certificats sont revtus du sceau des signataires.

26 septembre 1792
Certificat de John Owen, mdecin de l’hpital de la cit de Bath qui atteste que Marc Ren Montalembert s’est rendu en cette cit pour y prendre les eaux en conformit de l’avis de son mdecin de Paris et de son chirurgien Londres.
Ledit certificat collationn par W. Wilshire Mayor of Bath qui atteste que Marc Ren Montalembert s’est fait porter l’Htel-de-Ville pour y faire contrler sa prsence et a sign ledit certificat qui est revtu des timbres et sceau d’usage de la ville et contresign par P. E. George de St Ytoron.

19 et 24 octobre 1792
Autres certificats des Sr W. Wilshire et Moys en Mayor Bath qui atteste que Marie Commarieu de Montalembert, Marthe Joseph Commarieu de Montalembert sa soeur, Jean-Charles de Montalembert se sont rendus il y a plusieurs semaines Bath pour y accompagner Marc Ren de Montalembert dont la sant avoit besoin des eaux minrales et qu’ils se sont tous prsents l’Htel-de-Ville pour y faire constater leur rsidence. Ledit certificat revtu des timbres d’usage et sceau de la municipalit.

Nous prsident et commissaire du Comit Permanent de la section de Popincourt certifions tous qu’il appartiendra que les certificats dont l’extrait est ci-dessus ont t prsents l’assemble gnrale de la Section et sur les mesures leur arrive pour constater que le Citoyen Montalembert, sa femme, sa belle-soeur et son neveu se sont rendus Bath ainsi qu’ils l’avoient annonc, lorsqu’ils ont donn dans tous les tems des preuves de civisme, et nous prions nos frres d’armes des Municipalits o ils se rendront de leur prter aide, le secours ncessaire pour leur faciliter les moyens de venir nous rejoindre.
En l’assemble du Commit le 7 novembre 1792.
Signe Cailleux Prsident et autres membres du Commit.

9 novembre 1792. Le Cytoien charg des affaires du Citoyen Montalembert a prsent l’Assemble Gnrale un certificat des officiers municipaux de Calais qui atteste que Marc Ren Montalembert revenant de Bath s’est prsent l’htel de ville. Ledit certificat vis par les Officiers du District. Et sur le rapport de trois des membres du Conseil de la commune ont annonc l’intention d’aller demain apposer les scells chez le cytoien Montalembert.

L’assemble a dtermin que le Citoyen Montalembert, ses proprits seront mis sous la sauvegarde de la section et elle a charg les citoyens La Corbinaye Prsident, le Vron vis-prsident de faire la commune les instances ncessaires pour qu’il ne soit appos aucun scells chez le Cytoien Montalemert qui est all Bath au veu de tout les habitans de la Section pour le rtablissement de sa sant et qui est en route pour en revenir. Son grand ge de 80 ans le forant ne le faire qu’ petites journes.

Pour copie conforme l’original.

Pice n 14 - Enqute de voisinage du 29 fructidor an 7 [15 Septembre 1799]

Le 29 fructidor an 7 de la Rpublique franaise une et indivisible, nous administrateur de la municipalit du 8e arrondissement du canton de Paris, dpartement de la Seine, avons conformment l’article 2 de l’arrt du directoire excutif du 20 vendmiaire an 6 fait comparotre devant nous les tmoins qui ont attest la rsidence du citoyen Marc Ren Montalembert demeurant rue de la Roquette n 39 et avons procd leur interrogatoire isolment en prsence du commissaire du directoire excutif ainsi qu’il suit.

Premirement est comparu le citoyen Humbert (Charles) rentier demeurant rue de la Roquette n 49
lui demand s’il connot le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu qu’il ne se les rappeloit point
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu environ 83 ou 84 ans
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 652 mm, de couleur
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu qu’il tait dans le gnie
lui demand comment il l’avoit connu ?
a rpondu comme tant son voisin
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu que non
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur de citoyen Montalembert ?
a rpondu que non
lui donn lecture de l’article 33 de la loi sur les Emigrs, et de sa rponse consigne par crit, il y a persist et y a sign Humbert

Deuximement est comparu le citoyen Diricq (Franois) vitrier demeurant rue de la Roquette n 76
lui demand s’il connoissoit le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu qu’il ne se les rappeloit point
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu environ 84 ans
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 600 mm, cheveux blancs
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu Ingnieur
lui demand comment il l’avoit connu ?
a rpondu comme voisin
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu qu’il avoit voyag pour aller prendre les eaux en 1791
lui demand s’il avoit connoissance des lieux o il avoit t ?
a rpondu que non
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur du citoyen Montalembert ?
a rpondu que non
lui donn lecture de l’article 33 de la loi sur les Emigrs, et de sa rponse consigne par crit, il y a persist et y a sign Diricq

Troisimement est comparu le citoyen Batagne (Ren) jardinier demeurant rue de la Roquette n 47
lui demand s’il connoissoit le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu (Marc Ren)
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu environ 85 ans
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 600 mm, cheveux blancs, figure allonge
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu Ingnieur
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu que non
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur du citoyen Montalembert ?
a rpondu que non
lui donn lecture de l’article 33 de la loi sur les Emigrs, et de sa rponse consigne par crit, il y a persist et a sign Batagne

Quatrimement est comparu le citoyen Fenandel (Charles) journalier demeurant rue de la Roquette n 83
lui demand s’il connoissoit le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu qu’il ne se les rappeloit point
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu environ 85 ans
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 600 mm, cheveux blancs, figure colore
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu Ingnieur
lui demand comment il l’avoit connu ?
a rpondu comme demeurant en face de sa maison
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu que oui
lui demand s’il avoit connoissance des lieux o il avoit t ?
a rpondu qu’il avoit t prendre les eaux en Angleterre
lui demand s’il avoit t longtemps dans ses voyages ?
a rpondu environ trois ou quatre mois et qu’il est sa cognoissance qu’il soit rentr avant le Dcret
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur du requrant ?
a rpondu que non
lui donn lecture de la loi sur les Emigrs, et de sa rponse consigne par crit, il y a persist et y a sign Fenandel

Cinquimement est comparu le citoyen Coffin (Pierre Joseph) coutellier demeurant ci devant Rue Baffroy n 5, prsentement mme rue n 11
lui demand s’il connoissoit le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu qu’il ne se les rappeloit point
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu environ 80 et quelques annes
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 650 mm, visage plat, cheveux blancs
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu Ingnieur
lui demand comment il l’avoit connu ?
a rpondu comme ayant travaill pour lui
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu que non
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur du requrant ?
a rpondu que non
lui donn lecture de l’article 33 de la loi sur les Emigrs, et de sa rponse consigne par crit, il y a persist et y a sign Coffin

Siximement est comparu le citoyen Boulard (Pierre) jardinier demeurant rue Baffroy n 26
lui demand s’il connoissoit le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu que non
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu environ 88 ans
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 650 mm, front haut, cheveux blancs, visage long, menton pointu
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu Ingnieur
lui demand comment il l’avoit connu ?
a rpondu comme voisin depuis 15 ans
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu que oui
lui demand s’il avoit connoissance des lieux o il avoit t ?
a rpondu Bourbonne
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait t longtemps dans ses voyages ?
a rpondu environ trois ou quatre mois, mais qu’il toit rentr avant le dcret
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur du requrant ?
a rpondu que non
lui donn lecture de l’article 33 de la loi sur les Emigrs, et de sa rponse consigne par crit, il y a persist et y a sign Boulard

Septimement est comparu le citoyen Thomas (Claude Charles) marchard de vin demeurant rue de la Roquette n 86
lui demand s’il connoissoit le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu qu’il ne se les rappeloit point
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu environ 83 ou 84 ans
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 650 mm, front haut et les cheveux blancs
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu Ingnieur
lui demand comment il l’avoit connu ?
a rpondu comme son voisin
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu que oui
lui demand en quels lieux il avoit t ?
a rpondu qu’il croyoit qu’il avoit t Spa
lui demand s’il avoit t longtems dans ses voyages ?
a rpondu environ trois quatre mois, mais qu’il ne se rappeloit point des poques de sa sortie et de sa rentre
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur du requrant ?
a rpondu que non
lui donn lecture de l’article 33 de la loi sur les Emigrs, et de sa rponse consigne par crit, il y a persist et y a sign Thomas

Huitimement est comparu le citoyen Doinet (Charles Nicolas) jardinier demeurant rue de Popincourt n 64
lui demand s’il connoissoit le citoyen Montalembert ?
a rpondu que oui
lui demand quels toient ses prnoms ?
a rpondu qu’il ne se les rappeloit point
a lui demand quel toit son ge ?
a rpondu 80 ans passs
lui demand quel toit son signalement ?
a rpondu taille d’environ 1m 650 mm, cheveux blancs
lui demand quel toit son tat ?
a rpondu Ingnieur
lui demand comment il l’avoit connu ?
a rpondu comme tant son voisin
lui demand s’il avoit connoissance qu’il ait voyag ?
a rpondu que non
lui demand s’il tait parent, fermier, crancier ou dbiteur du requrant ?
a rpondu que non
lui donn lecture de l’article 33 de la loi sur les Emigrs, et de ses rponses consignes par crit, il y a persist et y a sign Doinet.

Neuvimement et attendu que le citoyen Piron (Pierre) chapelier lequel demeuroit rue de la Roquette n 46 est dmnag et a quitt cette demeure, sans que l’on sache sa rsidence actuelle, nous avons fait la prsente mention afin que le Ministre de la Police puisse prendre telle mesure qu’il jugera convenable.

Les 8 autres tmoins entendus et l’absence du 9e mentionn conformment l’article 2 de l’arrt du Directoire Excutif, et ayant t interrogs sparment, nous avons clos et arrt en prsence du Commissaire du Directoire Excutif. Le prsent fait la municipalit du 8e arrondissement du canton de Paris ce 29 fructidor an 7 [15 Septembre 1799] de la rpublique franaise. Sign ...
Pour copie conforme et collationne
Marchal, secrtaire en chef.

8 - Le Directoire excutif publie un arrt de radiation de M-R Montalembert des listes des Emigrs - 11 Vendmiaire an VIII (3 Octobre 1799)

Paris, le 25 Vendmiaire an 8 de la Rpublique franaise, une et indivisible

Le Ministre des Finances,
Au Ministre de la Police gnrale de la Rpublique (4e division, 6e bureau, Emigrs)

J’ai reu, Citoyen Collgue, avec votre lettre du 14 Vendmiaire courant, une expdition de l’arrt du Directoire excutif du 11 Vendmiaire, qui ordonne la Radiation sur les listes des Emigrs du nom du Citoyen Marc-Ren Montalembert.

Comme il parat que cet arrt a t adress directement par vous au dpartement du domicile de ce citoyen, je me borne en transmettre un extrait la Rgie nationale de l’Enregistrement et des Domaines, afin qu’elle mette ses Prposs porte de concourir, en ce qui les concerne, son excution.

Le premier Commis de la 3e Division, 2e Section, Pajot
Le Ministre des Finances, R. Lindet

Notices biographiques - Source : Gnalogie par Courcelles, (d. 1833). Voir sur Histoire Passion
Marc-Ren, marquis de Montalembert, seigneur de Maumont, de Juignac, de Saint-Amand, de Montmoreau en Angoumois, de la Vigerie en Saintonge, et du fief de Forgeneuve en Prigord, naquit Angoulme le 16 juillet 1714. Aprs avoir termin d’une manire brillante ses tudes, o s’taient manifests son penchant pour les lettres et l’aptitude de son esprit aux connaissances les plus abstraites de la gomtrie, il entra au service eu qualit de cornette an rgiment de Conty, cavalerie, le 1er juin 1733. La guerre qui venait de s’allumer de nouveau entre la France et l’empereur Charles VI, l’occasion de la couronne de Pologne, lui offrit de frquentes occasions de signaler sa valeur. Il se trouva la mme anne au passage du Rhin et au sige du fort de Kehl, qui se rendit le 28 octobre. Aux mois de juin et de juillet 1734. il combattit sous le duc de Berwick, au sige de Philisbourg, o fut tu ce marchal. Il s’tait trouve le 4 mai prcdent la prise des lignes d’Etlingen par le marchal de Noailles. En 1735, il prit part l’affaire de Clausen. La paix. qui se ngocia vers la fin de cette anne, et qui dura jusqu’ la mort de l’empereur Charles VI (octobre 1740), offrit au marquis de Montalembert quelques annes de loisirs, qu’il sut remplir utilement pour sa gloire et pour l’utilit de sa patrie. Il avait t nomm capitaine au rgiment de Conty le 25 mars 1734. Il commanda sa compagnie l’arme de Westphalie en 1741, mais il la quitta pour la charge de capitaine des gardes de S. A. S. le prince de Conty, dont il fut pourvu le 10 juillet 1742*. Ayant suivi ce prince l’arme de Bavire, il se trouva au secours de Braunau, au ravitaillement dEgra, la dfense de Deckendorff en 1743. Le prince de Conly ayant t appel au commandement en chef de l’arme d’Italie le 1er fvrier 1744, le marquis de Montalembert se trouva prs de sa personne la prise des retranchements de Montalban, de Villefranche et de Nice, aux siges de Chteau-Dauphin, de Demont et de Coni, ainsi qu’ la bataille de Madona-del-Ulmo. Le 18 octobre de la mme anne, il reut une commission pour tenir rang de mestre-de-camp de cavalerie. Il fit en cette qualit la campagne de 1745 l’arme du Bas-Rhin, dont le prince de Conty venait de prendre le commandement, et fut nomm chevalier de l’ordre de Saint-Louis le 15 avril 1746*. Dans la mme anne, il se trouva aux siges et la prise de Mons, de Saint-Guilain et de Charleroy. Le 4 janvier 1748, le roi lui assura la survivance du gouvernement du chteau de Saint-Andr-de-Villeneuve-ls-Avignon, dont il prit possession la mort de son pre le 30 avril 1751. En 1750, il avait cr en Angoumois la clbre fonderie de canons de Ruelle, qui est encore le plus bel tablissement de ce genre qu’il y ait en France. II fut pourvu, le 20 mars 1752, de la lieutenance gnrale du gouvernement de la Saintonge et de l’Angoumois, sur la dmission du marquis de Jonzac-Aubeterre, puis, le 4 juillet suivant, de la charge de troisime cornette des chevau-lgers de la garde du Roi. Le 13 juillet 1747, le marquis de Montalembert fut nomm associ libre de l’Acadmie royale des sciences. La guerre de sept ans ayant clat, en 1757, il fut charg d’une mission importante et la fois militaire et diplomatique auprs de l’tat-major-gnral des armes de Sude et de Russie, qu’il devait diriger conformment aux mouvements des armes franaises. Il se trouva toutes les actions de cette campagne, aprs en avoir concert le plan avec les gnraux allis : il tait charg en mme temps de rendre compte au ministre franais de toutes les oprations militaires. Il se rendit Stockholm au mois d’avril 1758, et fut promu, les 1er et 7 mai de cette anne, aux grades de brigadier de cavalerie et de deuxime cornette de la compagnie des chevau-lgers. Il servit toute cette anne en Pomranie, d’o il revint au mois de dcembre pour passer l’hiver en France. Le 19 mai 1759, il prit cong du roi, et se rendit l’arme de Russie, alors en guerre avec la Prusse, se trouva la bataille de Zullichau le 29 juillet, la prise de Francfort sur l’Oder et la victoire remporte Cunersdorf le 12 aot de la mme anne. En 1760, le marquis de Montalembert fut lu membre de l’acadmie impriale de Ptersbourg. Ce fut lui qui, au mois d’octobre de cette anne, dtermina les gnraux Czernicheff et Tottleben marcher sur Berlin et s’emparer de cette capitale, o ils restrent dix jours. (Y. Archenholtz, Histoire de la guerre de sept ans, t. II, p. 83.) Il continua de diriger les armes russes jusqu’ la mort de l’impratrice Elisabeth (1762). Ce fut dans le cours de cette guerre qu’il reut sa promotion au grade de marchal-de-camp, du 20 fvrier 1761. Il devint premier cornette de sa compagnie le 11 juillet suivant, deuxime enseigne le 15 octobre 1762, et sous-lieutenant le 13 avril 1766. Crateur d’un nouveau systme de fortifications, le succs dont il fut couronn aux siges de Hanovre et de Brunswick dtermina le gouvernement en faire l’application aux positions dfensives de la Bretagne et de l’le d’Olron. Mais la hardiesse de ses vues lui suscita bientt autant d’adversaires qu’il y eut d’esprits routiniers dans le corps du gnie ; et le duc de Choiseul, premier ministre, ajouta la disgrce et l’exil aux dgots qui furent d’abord le seul prix des sacrifices et des veilles d’un homme qui avait os modifier avec bonheur et perfectionner le systme de Vauban. Cependant son grand ouvrage de la Fortification perpendiculaire, ou l’Art dfensif suprieur l’offensif, commenait fixer l’attention des puissances europennes et du gouvernement franais. En 1779, aprs la rupture avec l’Angleterre, on le chargea de mettre en tat de dfense l’le d’Aix, qui protgeait la cte et la rade de Rochefort. Les ingnieurs avaient port plus de seize millions le devis de ces travaux. Le marquis de Montalembert n’y consacra que 800,000 fr., et en moins de deux ans, il construisit un fort en bois d’une solidit et d’une perfection tonnantes. Son systme a t adopt depuis dans plusieurs pays, notamment en Prusse, o il a t appliqu aux nouvelles fortifications de Cologne et de la ligne du Rhin, en Bohme Prague, et en Grce Missolonghi, o le fort Montalembert a oppos aux Turcs une longue et glorieuse rsistance. Il avait pous, le 13 avril 1770, en prsence des ducs de Richelieu et d’Aiguillon, du marquis de Tryon, etc., Marie de Commarieu, fille de Pierre de Commarieu, chevalier, seigneur d’Hervilly, inspecteur-gnral des domaines de la couronne, distingue par ses crits littraires, morte Paris le 3 juillet 1832, l’ge de 82 ans. Le marquis de Montalembert avait joui d’une brillante fortune. Une partie en fut aline par vingt ans de travaux et de sacrifices faits pour l’utilit publique. Une autre plus considrable, ses forges de Prigord, fut cde pour six millions l’administration de la marine, sans qu’il pt en obtenir le remboursement. Cependant lorsque la rvolution imposa la France tant de charges accablantes, M. de Montalembert s’empressa d’abandonner aux besoins de l’tat une pension militaire qu’il devait la perte d’un œil. Nomm gnral de division en 1792, il mourut Paris le 29 mars 1800, l’ge de 88 ans, doyen des gnraux et des membres de l’acadmie des sciences. Quelques mois avant sa mort, il avait lu l’Institut un Mmoire sur les affts de la marine. La clart de ses ides et la force de son organe excitrent une vive admiration. On peut voir dans le t. 29, pp. 447 449 de la Biographie universelle,, la nomenclature de ses nombreux ouvrages militaires publics depuis 1757. Sa Correspondance, diplomatique et militaire pendant la guerre de sept ans, imprime d’abord en Angleterre, a eu un grand succs, et, aprs avoir eu diverses ditions en franais, a t traduite en plusieurs langues, notamment en allemand, Breslau en 1780.Il trouvait un dlassement ses travaux dans la posie lgre et le thtre lyrique, qu’il cultivait avec succs. J’ai de Montalembert, dit Lalande,, un grand nombre de contes en vers et de chansons que je voudrais publier, parce qu’on y trouve de la grce, de l’lgance et de l’imagination. On trouve une Notice sur lui dans le Magasin encyclopdique, 6* anne, t. I, pp. 123-129 ; une autre Notice lue par M. Desaudray au Lyce des Arts, in-8 de 15 pages ; son loge historique par de Lisle de Sales et le comte de la Platire. Paris, 1801, in-4 de 76 pages, avec le portrait de Montalembert grav par Saint-Aubin. Son buste a t excut par le sculpteur Bonvallet.
Jean-Charles, baron de Montalembert, n Louisbourg, Ile-Royale, le 6 fvrier 1757, lev l’cole militaire, fut pourvu, au mois d’avril 1775*, d’une cornette dans la compagnie des chevau-lgers de la garde du Roi. Le 23 juin de la mme anne, il pousa Marthe-Josphine de Commarieu [38], demoiselle d’Hervilly, seconde fille de Pierre de Commarieu, chevalier, seigneur d’Hervilly, inspecteur-gnral des domaines de la couronne, et de dame Marguerite-Louise-Csarine de Bouchard de Ravenel. Aprs avoir remplac son beau-frre, le marquis de Montalembert, comme sous-lieutenant des chevau-lgers de la garde, le baron de Montalembert fut nomm, la dissolution des compagnies rouges, colonel dans le rgiment de Berry, cavalerie. Il tait dj chevalier des ordres de Saint-Louis et de Saint-Lazare. migr en 1792. aprs que tout espoir de salut eut t perdu pour la monarchie, il rejoignit Coblentz les princes Franais qui, la fin de cette anne, le chargrent d’une mission particulire prs le roi d’Espagne. Pass ensuite en Angleterre, il y organisa une lgion d’migrs, connue sous le nom de lgion de Montalembert, et compose d’infanterie, d’artillerie et de cavalerie. Il en fut colonel commandant en chef. M. le comte de Bruges, depuis lieutenant-gnral et aide-de-camp du Roi, commandait en second ce corps, qui tait trs-considr en Angleterre, tant cause de son chef que du grand nombre d’anciens officiers de l’arme franaise qui y taient entrs. Le baron de Montalembert conduisit sa lgion Saint-Domingue, o il rendit les plus grands services pendant toute la guerre contre les ngres. Le gouvernement anglais, pour lui tmoigner d’une manire clatante sa reconnaissance, le nomma brigadier-gnral, grade qui n’avait jamais t confr un catholique avant lui. Il conserva le commandement de sa lgion jusqu’ l’poque du licenciement de tous les corps trangers en 1799. De ce moment il employa avec un zle sans bornes toute son influence auprs du gouvernement britannique pour adoucir le sort de ses braves compagnons d’armes. La renomme de sa bravoure aventureuse, de ses talents militaires, et surtout de sa loyaut chevaleresque, a survcu dans le souvenir de tous ceux qui l’ont connu ou qui ont servi sous ses ordres. Le Roi et les princes exils l’honoraient d’une confiance illimite, comme le prouvent plusieurs lettres autographes conserves par ses descendants. Il est mort la Trinit d’une fivre pidmique le 20 fvrier 1810. De son mariage avec Marthe-Josphine de : Commarieu, morte au mois d’avril 1808, il avait eu un fils.

Voir en ligne : Dossiers nominatifs de demandes de radiation et de main-leve de squestre (1769-1817)


[1Les crits de Marc-Ren de Montalembert la Bibliothque Nationale

[3La seigneurie de Maumont Juignac appartenait en 1752 Marc-Ren, marquis de Montalembert. Il y fit de temps autre des sjours, habitant le plus souvent Paris. Il y passa cependant presque toute l’anne 1778.
Ayant fait de mauvaises affaires et press par des difficults financires, il fut contraint de mettre en vente cette terre, dont les btiments taient en mauvais tat. La vente, faite par adjudication, eut lieu le 4 prairial an III, et ne lui rapporta que 14 000 15 000 livres numraires alors qu’elle tait estime alors prs de 200 000 livres mtalliques.
En 1957, le chteau a t converti en monastre bndictin par des bndictines de Saint-Jean-d’Angly.
Source : Wikipdia

[4Forge-Neuve, commune de Javerlhac, dpartement de la Dordogne
Forge hydraulique mentionne ds le dbut du 16e sicle. L’importance de la forge, installe sur le Bandiat, grandit au 18e sicle avec les besoins de l’artillerie. Les deux hauts fourneaux jumels construits en 1751 par Franois Lapouge servent alimenter la grande fonderie royale de Ruelle ct d’Angoulme, dirige par le marquis de Montalembert. En 1766 cette forge tait loue par M. de Roffignac au clbre Blanchard de Sainte-Catherine, qui y fabriqua entre 1751 et 1772 les nombreux canons utiliss par la Marine Royale. Aprs le rglement d’eau de 1832, l’usine fer fut cde Blanchon-Lasserve qui en poursuivit l’activit. Un rcolement de 1867 mentionnait encore ses deux hauts fourneaux, ses deux feux d’affinerie, les deux marteaux et un bocard, mais notait que les foreries de canons avaient t supprimes depuis longtemps. La production fut abandonne vers 1870.
Source : Base Mrime

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