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-20(c) av JC - Strabon dcrit l’Aquitaine et les Aquitains

mercredi 23 novembre 2016, par Pierre, 471 visites.

Peu de choses de sa vie sont connues.

Sa famille habite Amase, une ville dans la rgion du Pont-Euxin. Strabon lui-mme dit qu’il a tudi auprs d’Aristodme de Nysa, prcepteur des enfants de Pompe, en Carie. Ensuite, il s’installe Rome et tudie auprs de Tyrannion, gographe et grammairien.

En 25 ou 24 av. J.-C., il accompagne le prfet romain lius Gallus dans un voyage en gypte, le long du Nil. Aprs de nombreux autres voyages, il retourne Amase, et entreprend de rdiger une Histoire (Ἱστορικὰ Ὑπομνήματα / Historika Hypomnếmata), qui tient en 47 volumes, et qu’il voulait tre la continuation de l’œuvre de l’historien Polybe. Aucun des volumes de cet ouvrage de Strabon ne nous est parvenu.

Il commence ensuite une Gographie (Γεωγραφικά / Gegraphik), conue comme complmentaire de l’Histoire, en 17 volumes, dont ne manquent que quelques parties du livre VII. Le but de Strabon tait d’offrir un lectorat aussi large que possible un livre agrable et instructif, qui pt tre lu d’affile. Selon Suzanne Sad, techniquement, Strabon appartient la priode hellnistique, mais, par son propos, on peut dj le rattacher la priode romaine .

Elle prcise dans un autre ouvrage : Strabon d’Amase (64/63 av. J-.C. - 24/25 ap. J.-C.), un Grec originaire du Pont, un moment o cette rgion est dj tombe sous la coupe de Rome, aprs l’chec de Mithridate, connut la fois la tourmente des guerres civiles et l’ordre nouveau instaur par Auguste, dont il fit un vibrant loge . On peut considrer que Strabon accepte ainsi de mettre l’rudition grecque au service de la conqute romaine .

Source : Gographie de Strabon. I. Livres I-VI / traduction par Amde Tardieu - BNF Gallica

ΚΕΦ. Β’.

1. Ἑξῆς δὲ περὶ τῶν Ἀκουιτανῶν λεκτέον καὶ τῶν προσωρισμένων αὐτοῖς ἐθνῶν τετταρεσκαίδεκα Γαλατικῶν τῶν μεταξὺ τοῦ Γαρούνα κατοικούντων καὶ τοῦ Λείγηρος, ὧν ἔνια ἐπιλαμβάνει καὶ τῆς τοῦ Ῥοδανοῦ ποταμίας καὶ τῶν πεδίων τῶν κατὰ τὴν Ναρβωνῖτιν. Ἁπλῶς γὰρ εἰπεῖν, οἱ Ἀκουιτανοὶ διαφέρουσι τοῦ Γαλατικοῦ φύλου κατά τε τὰς τῶν σωμάτων κατασκευὰς καὶ κατά τὴν γλῶτταν, ἐοίκασι δὲ μᾶλλον Ἴβηρσιν. Ὁρίζονται δὲ τῷ Γαρούνᾳ ποταμῷ, ἐντὸς τούτου καὶ τῆς Πυρήνης οἰκοῦντες. Ἔστι δὲ ἔθνη τῶν Ἀκουιτανῶν πλείω μὲν τῶν εἴκοσι, μικρὰ δὲ καὶ ἄδοξα, τὰ πολλά, τὰ μὲν παρωκεανιτικὰ, τὰ δὲ εἰς τὴν μεσόγαιαν καὶ τὰ ἄκρα τῶν Κεμμένων ὀρῶν μέχρι Τεκτοσάγων ἀνέχοντα. Ἐπειδὴ δὲ μικρὰ μερὶς ἦν ἡ τοσαύτη, προσέθεσαν καὶ τὴν μεταξὺ τοῦ Γαρούνα καὶ τοῦ Λείγηρος. Παράλληλοι δέ πώς εἰσιν οἱ ποταμοὶ τῇ Πυρήνῃ καὶ δύο ποιοῦσι παραλληλόγραμμα πρὸς αὐτὴν χωρία, ὁριζόμενα κατὰ τὰς ἄλλας πλευρὰς τῷ τε ὠκεανῷ καὶ τοῖς Κεμμένοις ὄρεσι· δισχιλίων δ’ ὁμοῦ τι σταδίων ἐστὶν ὁ πλοῦς ἑκατέρων τῶν ποταμῶν. Ἐκβάλλει δ’ ὁ μὲν Γαρούνας τρισὶ ποταμοῖς αὐξηθεὶς εἰς τὸ μεταξὺ Βιτουρίγων τε τῶν Ὀίσκων ἐπικαλουμένων καὶ Σαντόνων, ἀμφοτέρων Γαλατικῶν ἐθνῶν· μόνον γὰρ δὴ τὸ τῶν Βιτουρίγων τούτων ἔθνος ἐν τοῖς Ἀκουιτανοῖς ἀλλόφυλον ἵδρυται, καὶ οὐ συντελεῖ αὐτοῖς, ἔχει δὲ ἐμπόριον Βουρδίγαλα ἐπικείμενον λιμνοθαλάττῃ τινί, ἣν ποιοῦσιν αἱ ἐκβολαὶ τοῦ ποταμοῦ. Ὁ δὲ Λείγηρ μεταξὺ Πικτόνων τε καὶ Ναμνιτῶν ἐκβάλλει. Πρότερον δὲ Κορβιλὼν ὑπῆρχεν ἐμπόριον ἐπὶ τούτῳ τῷ ποταμῷ, περὶ ἧς εἴρηκε Πολύβιος, μνησθεὶς τῶν ὑπὸ Πυθέου μυθολογηθέντων, ὅτι Μασσαλιωτῶν μὲν τῶν συμμιξάντων Σκιπίωνι οὐδεὶς εἶχε λέγειν οὐδὲν μνήμης ἄξιον, ἐρωτηθεὶς ὑπὸ τοῦ Σκιπίωνος περὶ τῆς Βρεττανικῆς, οὐδὲ τῶν ἐκ Νάρβωνος οὐδὲ τῶν ἐκ Κορβιλῶνος, αἵπερ ἦσαν ἄρισται πόλεις τῶν ταύτῃ, Πυθέας δ’ ἐθάρρησε τοσαῦτα ψεύσασθαι. Τῶν δὲ Σαντόνων πόλις ἐστὶ Μεδιολάνιον. Ἔστι δ’ ἡ μὲν παρωκεανῖτις τῶν Ἀκουιτανῶν ἀμμώδης ἡ πλείστη καὶ λεπτή, κέγχρῳ τρέφουσα, τοῖς δὲ ἄλλοις καρποῖς ἀφορωτέρα. Ἐνταῦθα δ’ ἐστὶ καὶ ὁ κόλπος ὁ ποιῶν τὸν ἰσθμὸν πρὸς τὸν ἐν τῇ Ναρβωνίτιδι παραλίᾳ Γαλατικὸν κόλπον, ὁμώνυμος ἐκείνῳ καὶ αὐτός. Ἔχουσι δὲ Τάρβελλοι τὸν κόλπον, παρ’ οἷς ἐστι τὰ χρυσεῖα σπουδαιότατα πάντων· ἐν γὰρ βόθροις ὀρυχθεῖσιν ἐπὶ μικρὸν εὑρίσκονται καὶ χειροπληθεῖς χρυσίου πλάκες, ἔσθ’ ὅτε μικρᾶς ἀποκαθάρσεως δεόμεναι. Τὸ δὲ λοιπὸν ψῆγμά ἐστι καὶ βῶλοι, καὶ αὗται κατεργασίαν οὐ πολλὴν ἔχουσαι. Ἡ δὲ μεσόγειος καὶ ὀρεινὴ βελτίω γῆν ἔχει, πρὸς μὲν τῇ Πυρήνῃ τὴν τῶν Κωνουενῶν, [ ὅ] ἐστι συνηλύδων, ἐν ᾗ πό λις Λούγδουνον καὶ τὰ τῶν Ὀνησιῶν θερμὰ κάλλιστα ποτιμωτάτου ὕδατος· καλὴ δὲ καὶ ἡ τῶν Αὐσκίων.
CHAPITRE II.

1. Parlons prsent des Aquitains et de ces quatorze peuples de race galatique ou gauloise, habitant entre le Garounas et le Liger et en partie aussi dans la valle du Rhne et dans les plaines de la Narbonnaise, qui ont t runis administrativement l’Aquitaine. [Je dis administrativement,] car autrement et prendre les choses comme elles sont en ralit, les Aquitains diffrent des peuples de race gauloise tant par leur constitution physique que par la langue qu’ils parlent, et ressemblent bien davantage aux Ibres. Ils ont pour limite le cours du Garounas et sont rpandus entre ce fleuve et le mont Pyrn. On compte plus de vingt peuples aquitains, mais tous faibles et obscurs ; la plupart habitent les bords de l’Ocan, les autres l’intrieur mme des terres, o ils s’avancent jusqu’aux extrmits des monts Cemmnes et aux frontires des Tectosages. Ainsi dlimite, l’Aquitaine formait une province trop peu tendue, c’est pourquoi on l’a accrue de tout le pays compris entre le Garounas et le Liger. Ces deux fleuves, peu prs parallles au mont Pyrn, dterminent, par rapport cette chane de montagnes, un double paralllogramme, dont les deux autres cts sont figurs par l’Ocan et par les monts Cemmnes. Le cours de chacun d’eux mesure peu prs 2000 stades. C’est entre les Bituriges-Vibisques et les Santons, deux peuples de race gauloise, que le Garounas, grossi des eaux de trois affluents, dbouche dans l’Ocan. Les Bituriges-Vibisques sont les seuls trangers dont les possessions se trouvent enclaves parmi celles des Aquitains ; mais ils ne font pas partie pour cela de leur confdration. Ils ont leur emporium ou march principal Burdigala, ville situe au fond d’un estuaire que forment les bouches du Garounas. Quant au Liger, c’est entre les Pictons et les Namnites [ou Namntes] qu’il dbouche. On voyait nagure sur les bords de ce fleuve un autre emporium, du nom de Corbilon [1] ; Polybe en parle dans le passage o il rappelle toutes les fables dbites par Pythas au sujet de la Bretagne. Scipion, dit-il, ayant appel des Massaliotes en confrence pour les interroger au sujet de la Bretagne, aucun d’eux ne put le renseigner sur cette contre d’une faon tant soit peu satisfaisante, les ngociants de Narbonne et de Corbilon pas davantage ; et c’taient l pourtant les deux principales villes de commerce de la Gaule : on peut juger par ce seul fait de l’effronterie avec laquelle Pythas a menti. Mediolanium est la capitale des Santons. En gnral, tout le long de l’Ocan, le sol de l’Aquitaine est sablonneux et maigre, et, dfaut des autres crales, ne produit gure que du millet pour la nourriture de ses habitants. C’est aussi sur les ctes d’Aquitaine que l’Ocan creuse le golfe qui forme, avec le golfe Galatique du littoral de la Narbonnaise, l’isthme dont nous avons parl : comme celui auquel il correspond, le golfe de l’Ocan porte le nom de Galatique. Les Tarbelli qui en occupent les bords ont dans leur territoire les mines d’or les plus importantes qu’il y ait en Gaule, car il suffit d’y creuser des puits d’une faible profondeur pour trouver des lames d’or, paisses comme le poing, dont quelques-unes ont peine besoin d’tre affines. Mais en gnral, c’est sous la forme de paillettes et de ppites que l’or s’y prsente, et, dans cet tat-l mme, il n’exige jamais un grand travail d’affinage. Dans les plaines de l’intrieur, ainsi que dans la partie montagneuse, le sol de l’Aquitaine est de meilleure qualit, il est notamment fertile dans le voisinage du mont Pyrn, chez les Convnes, ou, comme nous dirions en grec, chez les Synlydes [2], peuple dont la capitale se nomme Lugdunum, et qui possde les Thermes Onsiens [3], sources magnifiques donnant une eau excellente boire. Le territoire des Auscii est galement d’une grande fertilit. [Ajoutons que quelques-uns des peuples aquitains proprement dits, et dans le nombre les Auscii et les Convnes, ont reu des Romains le droit latins [4].]
Carte du monde vu par Strabon
2. Τὰ δὲ μεταξὺ τοῦ Γαρούνα καὶ τοῦ Λείγηρος ἔθνη τὰ προσκείμενα τοῖς Ἀκουιτανοῖς ἐστιν Ἐλουοὶ μὲν ἀπὸ τοῦ Ῥοδανοῦ τὴν ἀρχὴν ἔχοντες, Ὀυελλάιοι δὲ μετὰ τούτους, οἳ προσωρίζοντό ποτε Ἀρουέρνοις, νῦν δὲ τάττονται καθ’ ἑαυτούς· εἶτα Ἀρουέρνοι καὶ Λεμοουίκες καὶ Πετροκόριοι· πρὸς δὲ τούτοις Νιτιόβριγες καὶ Καδοῦρκοι καὶ Βιτούριγες οἱ Κοῦβοι καλούμενοι· πρὸς δὲ τῷ ὠκεανῷ Σάντονοί τε καὶ Πίκτονες, οἱ μὲν τῷ Γαρούνᾳ παροικοῦντες, ὡς εἴπομεν, οἱ δὲ τῷ Λείγηρι. Ῥουτηνοὶ δὲ καὶ Γαβαλεῖς τῇ Ναρβωνίτιδι πλησιάζουσι. Παρὰ μὲν οὖν τοῖς Πετροκορίοις σιδηρουργεῖά ἐστιν ἀστεῖα καὶ τοῖς Κούβοις Βιτούριξι, παρὰ δὲ τοῖς Καδούρκοις λινουργίαι, παρὰ δὲ τοῖς Ῥουτηνοῖς ἀργυρεῖα· ἔχουσι δ’ ἀργυρεῖα καὶ οἱ Γαβαλεῖς. Δεδώκασι δὲ Λάτιον Ῥωμαῖοι καὶ τῶν Ἀκουιτανῶν τισι, καθάπερ Αὐσκίοις καὶ Κωνουέναις.

3. Ἀρουέρνοι δὲ ἵδρυνται μὲν ἐπὶ τῷ Λείγηρι· μητρόπολις δ’ αὐτῶν ἐστι Νεμωσσὸς ἐπὶ τῷ ποταμῷ κειμένη. Ῥυεὶς δ’ οὗτος παρὰ Κήναβον, τὸ τῶν Καρνούτων ἐμπόριον κατὰ μέσον που τὸν πλοῦν συνοικούμενον, ἐκβάλλει πρὸς τὸν ὠκεανόν. Τῆς δυνάμεως δὲ τῆς πρότερον Ἀρουέρνοι μέγα τεκμήριον παρέχονται τὸ πολλάκις πολεμῆσαι πρὸς Ῥωμαίους, τοτὲ μὲν μυριάσιν εἴκοσι, πάλιν δὲ διπλασίαις. Τοσαύταις γὰρ πρὸς Καίσαρα τὸν θεὸν διηγωνίσαντο μετὰ Ὀυερκιγγετόριγος, πρότερον δὲ καὶ εἴκοσι πρὸς Μάξιμον τὸν Αἰμιλιανόν, καὶ πρὸς Δομίτιον δ’ ὡσαύτως Ἀηνόβαρβον. Πρὸς μὲν οὖν Καίσαρα περί τε Γεργοουίαν πόλιν τῶν Ἀρουέρνων, ἐφ’ ὑψηλοῦ ὄρους κειμένην, συνέστησαν οἱ ἀγῶνες, ἐξ ἧς ἦν ὁ Ὀυερκιγγέτοριξ· καὶ ( ὁ) περὶ Ἀλησίαν πόλιν Μανδουβίων, ἔθνους ὁμόρου τοῖς Ἀρουέρνοις, καὶ ταύτην ἐφ’ ὑψηλοῦ λόφου κειμένην, περιεχομένην δ’ ὄρεσι καὶ ποταμοῖς δυσίν, ἐν ᾗ καὶ ἑάλω ὁ ἡγεμών, καὶ ὁ πόλεμος τέλος ἔσχε· πρὸς δὲ Μάξιμον Αἰμιλιανὸν κατὰ τὴν συμβολὴν τοῦ τ’ Ἴσαρος καὶ τοῦ Ῥοδανοῦ, καθ’ ἣν καὶ τὸ Κέμμενον ὄρος πλησιάζει τῷ Ῥοδανῷ· πρὸς δὲ Δομίτιον κατωτέρω ἔτι κατὰ τὴν συμβολὴν τοῦ τε Σούλγα καὶ τοῦ Ῥοδανοῦ. Διέτειναν δὲ τὴν ἀρχὴν οἱ Ἀρουέρνοι καὶ μέχρι Νάρβωνος καὶ τῶν ὅρων τῆς Μασσαλιώτιδος, ἐκράτουν δὲ καὶ τῶν μέχρι Πυρήνης ἐθνῶν καὶ μέχρι ὠκεανοῦ καὶ Ῥήνου. Βιτυίτου δέ, τοῦ πρὸς τὸν Μάξιμον καὶ τὸν Δομίτιον πολεμήσαντος, ὁ πατὴρ Λουέριος τοσοῦτον πλούτῳ λέγεται καὶ τρυφῇ διενεγκεῖν, ὥστε ποτὲ ἐπίδειξιν ποιούμενος τοῖς + φίλοις τῆς εὐπορίας ἐπ’ ἀπήνης φέρεσθαι διὰ πεδίου, χρυσοῦ νόμισμα καὶ ἀργύρου δεῦρο κἀκεῖσε διασπείρων, ὥστε συλλέγειν ἐκείνους ἀκολουθοῦντας.
2. Voici, maintenant, quels sont les peuples compris entre le Garounas et le Liger qui ont t, avons-nous dit, annexs l’Aquitaine : les luens, d’abord, dont le territoire commence partir du Rhne ; immdiatement aprs les luens, les Vellaves, qui faisaient partie nagure de la nation des Arvernes, mais qui, aujourd’hui, sont indpendants ; puis les Arvernes eux-mmes, les Lmovices et les Ptrocoriens, auxquels il faut ajouter les Nitiobriges, les Cadurques et les Bituriges-Cubes ; sur le littoral, les Santons et les Pictons, les premiers, riverains du Garounas, les autres, riverains du Liger ; enfin, les Rutnes et les Gabales, sur les confins de la Narbonnaise. Il y a de belles forges chez les Ptrocoriens, ainsi que chez les Bituriges-Cubes ; des fabriques de toiles de lin chez les Cadurques, et des mines d’argent chez les Rutnes et chez les Gabales.

3. C’est dans le voisinage du Liger que sont tablis les Arvernes [5] : ce fleuve baigne les murs de Nemossus, leur capitale, puis il passe Cenabum, principal emporium ou march des Carnutes, dont l’emplacement marque peu prs le milieu de son cours, pour se diriger de l vers l’Ocan o il se jette. Ce qui peut donner une haute ide de l’ancienne puissance des Arvernes, c’est qu’ils se sont mesurs plusieurs reprises avec les Romains et leur ont oppos des armes fortes de 200 000 hommes, voire mme du double, car l’arme avec laquelle Vercingtorix combattit le divin Csar tait bien de 400 000 hommes. Dej auparavant, ils avaient combattu au nombre de 200 000 et contre Maximus Aemilianus, et contre Domitius Ahenobarbus. Avec Csar, la lutte s’engagea d’abord devant Gergovia, ville des Arvernes, btie au sommet d’une haute montagne et patrie de Vercingtorix ; elle recommena sous les murs d’Alesia, ville appartenant aux Mandubiens, nation limitrophe des Arvernes, et situe, comme Gergovia, au haut d’une colline trs leve, avec d’autres montagnes et deux rivires autour d’elle ; mais le chef gaulois y fut fait prisonnier, ce qui mit fin la guerre. Quant la lutte contre Maximus Aemilianus, elle avait eu lieu prs du confluent de l’Isar et du Rhne, lequel en cet endroit, touche presque la chane des monts Cemmnes ; et c’est plus bas, au confluent du Sulgas et du Rhne, que s’tait livre la bataille contre Domitius. Ajoutons que les Arvernes, non contents d’avoir recul les limites de leur territoire jusqu’ Narbonne et aux confins de la Massaliotide, taient arrivs dominer sur la Gaule entire, depuis le mont Pyrn jusqu’ l’Ocan et au Rhin. Enfin le fait suivant peut donner une ide de l’opulence et du faste de Luerius [6], pre de ce fameux chef, Bituit, qui livra bataille Maximus et Domitius : pour faire montre de sa richesse aux yeux du peuple [7], il aimait se promener en char dans la campagne en jetant de droite et de gauche sur son passage des pices d’or et d’argent, que ramassait la foule empresse le suivre.

[1Sur le nom de Corbilon, qui n’est connu que par ce passage de Strabon, voy. la conjecture de M. Mller : Ind. var. lect., p. 963, col. l, 42.

[2Συνηλύδων, au lieu de Συγκλύδων, restituton de Coray.

[3M. Mller, Ind. var. lect., p. 963, col. t, 1. 48, a rsum tout ce qui a t dit au sujet de ce nom que Strabon est seul avoir mentionn, et, comme Ukert, il semble incliner le maintenir tel que le donnent les Mss.

[4Il nous a paru vident que cette phrase, qui dans toutes les ditions termine le paragraphe suivant, devait tre reporte ici.

[5Casaubon estime que Strabon avait dit crire Νέμεττος (Augustonemetum)

[6Athne qui raconte le mme trait nomme le pre de Bituit Λουέρνος, Luernius.

[7(33) Ὄχλοις au lieu de φίλοις. Conjecture de Coray fonde sur le texte d’Athne.

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