1823 - Un touriste raconte son voyage en Charente et Charente-Inférieure

D 20 janvier 2008     H 02:11     A Pierre     C 0 messages A 2360 LECTURES


Dans le style agréable de la conversation, un voyageur raconte à une Louise Jenny réelle ou imaginaire son voyage en Charente et Charente-Inférieure. Il ne nous fera pas tout savoir sur l’histoire des lieux traversés, mais nous permet cependant de les parcourir avec le regard d’un homme cultivé du début du 19ème siècle.
Mettons-nous à la place de Louise Jenny ...

Source : L’Anacharsis Français, ou description historique et géographique de toute la France à Louise Jenny par un jeune voyageur. - G. de Lucenay - Paris - 1823 - Books Google

Les intertitres ont été ajoutés par le rédacteur du site

Marans

J’ai fort heureusement traversé le dernier canal, dit du Marais sauvage ; je gagne la Folie, attrape les Grandes Allouettes ; je ne suis déjà plus dans le département de la Vendée, et j’entre à Marans, situé de l’autre bord, sur la rive méridionale de la Sèvre. Cette rivière, après avoir reçu les eaux de la Vendée, forme un port assez commode pour la ville de Marans ; elle en fait même comme l’entrepôt des marchandises expédiées, de tous les ports, pour les départements de la Vendée et des Deux-Sèvres, et vice-versa. La marée, en remontant jusqu’au gouffre, endroit situé a une lieue au-dessus de la ville, rend le port très praticable ; cependant les bâtiments qui portent plus de cent tonneaux ne peuvent encore, jusqu’à présent, remonter à Marans ; ils sont obligés de prendre et de débarquer leur cargaison dans la rade l’Aiguillon, à l’embouchure de la Sèvre. Marans, avec ces avantages, devrait être une ville passable. Son nom indique assez le voisinage de marais salants, qui existent effectivement autour de la ville, et rendent son abord difficile en cas d’attaque ; ce qui n’empêche pas la ville d’être encore entourée de bonnes défenses, en sorte qu’elle est presque imprenable ; ce dont tu pourrais t’informer plus amplement auprès du maréchal de Biron, (s’il vivait encore) ; il l’assiégea vainement et fut contraint, par les habitants, de repasser la Charente. Sous Henri III, les gens de Marans, moins heureux, virent leur cité plusieurs fois prise et reprise.

Encore un canal après Marans, puis une mortelle lieue dans le marais, puis le nouveau canal de la Rochelle, puis ensuite des pays de nature marécageuse ; voila ma route jusqu’à la Rochelle. Bref on ne trouve, aux extrémités nord-ouest et sud de ce département, que des marais ; ils peuvent avoir leur utilité, j’en conviens, surtout ceux de l’ouest ou des côtes, qui fournissent un sel très-beau, mais, soit dit entre nous, ils rendent le pays malsain ; l’air est doux et tempéré, mais humide.

Origine des noms Saintonge et Aunis

Tu devineras facilement, Jenny, que le département de la Charente-Inférieure tire son nom de la rivière qui l’arrose à son embouchure. Voila ce qui se conçoit de reste. Mais s’il me plaisait te demander, en vieux style, d’où proviennent ces noms de Saintonges et d’Aunis, qui servoient a désigner les anciennes provinces dont ce département fut composé, ton embarras seroit un peu plus grand sans doute. Tu me diras peut-être que la Saintonges était, sous César, habitée par les Santones, d’où l’étymologie de Saintonges. A merveille, Jenny ; vous avez pâli, je le vois, sur les Commentaires de César. Mais maintenant je vous le donnerais en cent pour trouver, dans ces amusants délassements d’un grand homme, la source du nom d’Aunis, qui n’a rien que d’original, mais point du tout de romain. La voici : Un roi de France fort ancien, j’aime à le croire, guerroyait pour réunir ce pays a sa couronne. L’ambition est un défaut qui date de loin. Ses conseillers, voyant un pays couvert de marais alors impraticables, réunirent tous leurs efforts pour détourner le roi de cette manie de conquête. Mais le monarque persévérant leur répondit qu’il avoit tellement a cœur d’obtenir cette province, qu’il s’estimerait heureux, quand même il n’en pourrait gagner qu’une aune par jour. Il est probable que ce bon roi auna la province à sa manière, puisque les Anglais, qui l’occupoient alors, en furent chasses : le pays, ainsi auni, conserva le nom d’Aunis.

Aurais-tu, je te le demande, Jenny, trouvé semblable explication dans César ? Pourroit-il être jamais question d’aunes, chez un homme qui entreprenait les conquêtes à la toise ? Il faut convenir que si les traditions ne sont pas toujours instructives, elles sont au moins parfois divertissantes.

La Rochelle

Ce bon roi qui aunait ainsi les provinces devoit être Louis VIII, puisque ce fut lui qui le premier repoussa les Anglais jusqu’au-delà de la Garonne, et leur prit, en passant, Ia Rochelle, capitale de l’Aunis, et de nos jours chef-lieu du département. La Rochelle est une ville dont l’origine remonte bien au-delà de l’invasion des Anglais ; on la croit l’ancien Portus-Santonum, que Ptolémée place a peu prés au même endroit. Mais quelques historiens veulent à leur tour que cette ville ne doive son origine qu’à certain château nommé Vauclair, bâti près de la côte dans le dixième siècle, pour l’opposer aux pirateries des Normands ; selon eux, des habitants s’y vinrent établir apres la ruine de Castell Aillon, ancienne ville, aujour-d’hui Chatellaillon, modeste village situé à deux petites lieues sud. S’il te plait, Jenny, donner raison a ces derniers, nous rattacherons a ce village le Pertus-Santonum ; puis, sans nous arrêter, pour mettre ces messieurs d’accord, nous passerons outre pour voir ce que devint La Rochelle en des temps plus rapprochés de nous.

Cette ville, délivrée des Anglais par Louis VIII en 1224, retomba en leur pouvoir en vertu du traité de Brétigny ; mais cette fois, ne pouvant supporter plus long-temps Ie joug honteux des insulaires, les habitants profitèrent de l’absence d’une partie de la garnison pour chasser le reste, et pour appeler le connétable du Guesctin dans leurs murs. Ils demeurèrent ainsi paisibles à peu près jusques à l’époque où la réforme s’introduisit chez eux. Peu de cités eurent alors a soutenir des sièges plus opiniâtres et plus inexorables que la Rochelle dans les guerres de religion. Henri III n’étant encore que duc d’Anjou, vint, au nom de son frère Charles IX, pour s’emparer de cette ville, en 1573. Mais les protestants, qui l’occupaient depuis quatre ans sons les ordres du prince de Condé, l’avaient si bien fortifiée, que les efforts de Henri furent impuissants. Comme ce prince aimait d’ailleurs beaucoup mieux travailler pour ses propres intérêts que pour le compte des autres, il quitta brusquement les assiégeants et les assiégés pour aller s’asseoir sur le trône de Sigismond II. On prétend que, durant ce siège, La Rochelle résista à vingt attaques partielles, à trois assauts en règle, et qu’enfin elle essuya plus de trente mille coups de canon ; circonstance d’autant plus incroyable entre nous, qu’à cette époque, l’art de détruire mathématiquement l’espèce humaine était encore en son enfance. Alors on vit des bourgeois tellement impatients de se mesurer avec leurs ennemis, qu’ils se glissaient furtivement dans les fossés pour les appeler en combat singulier. Une femme, notamment, parcourut le champ de bataille, s’empara des habits et des armes d’un soldat, mort à peine, et s’en vêtit pour combattre. Pensant que certain épisode qui se rattache à ce siège ne sera pas sans intérêt pour toi, je vais te signaler le courage et la présence d’esprit d’un soldat, natif de l’île de Ré. Cet homme avait été constitué seul gardien d’un moulin ; l’armée royaliste le vint entourer, croyant s’emparer d’un poste important. Notre soldat reconnaît l’erreur de l’ennemi aux précautions qu’il prenait. Bien résolu de profiter de cette confiance, il se multiplie sur tous les points, semble commander a toutes les sentinelles un feu que lui seul exécute. De son côté, un capitaine, du nom de Lenormand, propriétaire du moulin, remarquant, d’une hauteur éloignée, l’embarras et la ruse de l’assiégé, lui adresse des signaux et des ordres, comme s’il eut été à la tête d’un fort détachement. Les royalistes, ébranlés par une contenance aussi ferme, doutaient encore s’ils devaient attaquer, mais le soldat, voyant venir le jour, ne jugea pas à propos de tenir plus long-temps les ennemis en haleine : il demande à capituler ; on y consent. Quel fut l’étonnement des royalistes, en reconnaissant le capitaine et la garnison dans le même individu. Faut-il bien l’avouer ! leur générosité ne fut pas grande : loin de récompenser un si beau courage, ils envoyèrent ce brave soldat aux galères ; mais fort heureusement il s’en échappa.

En 1622, Louis XIII vint assiéger La Rochelle, et c’est dans le but de se rendre maître de cette ville qu’il fit construire le Fort-Louis, près l’entrée du port. Mais ce monarque ne fut cette fois guère plus heureux que ne l’avait été Henri III. Quand le cardinal de Richelieu eut pris les rênes de l’Etat, il ne vit pas sans inquiétude la tranquillité dont jouissait le chef-lieu des Réformés ; Louis XIII vint donc essayer encore ses armes contre ces orgueilleux remparts. Richelieu l’y suivit, comme on sait ; ce fut là-même qu’il déploya, comme général, ce vaste génie qu’il apportait dans les conseils. Le siège commença le 10 aout 1627. Le cardinal fit d’abord tracer autour de la ville une ligne de circonvallation pour la priver de toute Communication par terre ; mais, comme il vit que les Anglais fournissaient aux assiégés, du côté du port, des munitions et des vivres, il le fit fermer au moyen d*une digue composée de poutres, de pierres, et de cinquante vaisseaux coulés bas tout exprès. L’accomplissement de ce grand œuvre dura six mois, et priva les habitants de toutes ressources. C’est dans ces circonstances désespérées que ces malheureux élurent, pour leur maire, un homme d’un caractère non moins inébranlable que le cardinal, en un mot, Guitton. L’opiniâtreté de ces deux chefs attira sur La Rochelle une foule de maux inouïs. « Oui, je serai maire, s’écria Guitton en recevant l’investiture de ses fonctions ; mais c’est à condition qu’on me permettra d’enfoncer mon poignard dans le sein du premier qui parlera de se rendre. J’exige qu’on en use de même a mon égard si je proposais une capitulation ; je demande que ce poignard reste sur la table du lieu de nos délibérations. » Cet héroïsme, bien louable sans doute, s’il n’eut dégénéré bientôt en barbarie, maintint, pendant quatorze mois et dix-huit jours, les habitants partagés entre la honte de se rendre et la crainte de périr de la mort des traîtres. Déjà l’on ne trouvait plus ni herbes ni coquillages pour se nourrir. La famine diminuait chaque jour le nombre des assiégés. On crut devoir en prévenir Guitton, qui répondit froidement : Il suffit qu’il en reste un pour fermer la porte ! Mais enfin Guitton fut contraint de se rendre ; alors, sur quinze mille âmes, plus de douze mille individus de tout âge et de tout sexe avaient succombé aux horreurs de la faim. Le fameux cardinal fit, avec son maître, son entrée triomphante dans ce vaste champ de morts. Quels devoirs furent rendus à ces nombreuses victimes ? quels regrets excita leur fin déplorable ? Un Te Deum, en action de grâces, servit de De profundis aux trépassés ; les chants d’allégresse des vainqueurs se confondirent avec les cris douloureux des vaincus. Louis XIII, ou plutôt son ministre, ne cessa d’écouter cet effrayant concert, que pour laisser parler la vengeance. La Rochelle, si bien fortifiée, vit soudain tomber ses remparts redoutables. On aperçoit a la marée basse les débris de cette digue qu’enfanta le génie de Richelieu. J’eus peine à me défendre des tristes réflexions que fait naitre son aspect. J’établissais alors un parallèle entre le genéreux Henri IV et son fils. Je me représentais avec attendrissement ce sensible Béarnais versant des larmes sur ce peuple que le fanatisme retenait dans les murs de Paris ; je le voyais faisant apporter par ses soldats des vivres à ce peuple affamé, attendre même l’ombre de la nuit pour épargner aux ingrats la honte de rougir, et dérober ses bienfaits aux regards farouches de leurs bourreaux. D’un autre côté, je remarquais Louis XIII dépensant trente millions et plus pour enlever toutes ressources à des malheureux égarés, pour faire périr enfin d’inanition douze mille de ses sujets. Et cependant, ma chère Jenny, l’on dit tout aussi bien : Le Grand Richelieu, quand on parle de ce ministre intolérant, implacable, qu’Henri-le-Grand, pour designer le meilleur de nos rois.

Louis XIV, dont l’orgueil est bien pardonnable, quand sa gloire se lie à celle de la nation, Louis XIV répara les fautes de son père et, grâce au génie de Vauban, rendit à La Rochelle son attitude imposante. Son port, déjà très sur, est défendu par des batteries menaçantes. Cette ville doit aux avantages combinés de l’art et de la nature toute la prospérité de son commerce. Placée au fond d’un petit golfe, elle est bâtie avec assez de régularité. La plupart de ses maisons ont des arcades qui servent d’abri aux piétons. La porte de l’Horloge forme également une arcade très-belle et très-élevée, depuis qu’on a fort adroitement supprimé le pilier qui la séparait en deux, sans lui rien ôter de son aplomb. L’hôtel-de-ville mérite quelque mention. La place d’armes, dite du Château, est admirable ; quant à la promenade du Mail, je ne saurais t’en faire un plus sincère éloge qu’en t’avouant que j’ai passé jusqu’au soir à contempler de là tour-à-tour la rade, l’Océan, les îles de Ré, d’Aix, et d’Oléron, puis enfin une grande étendue de côtes jusqu’à Brouage et Marennes. J’avais bien aussi mes raisons pour examiner de loin, bien qu’un peu superficiellement, ces lieux dont mon itinéraire me détourne. Car c’est d’un pareil observatoire que je te vais décrire ces divers lieux, aussi laconiquement qu’il me sera possible, surtout même avec autant d’exactitude que me le permettront deux dames, assises sur un banc près de moi. Je voudrais bien aussi te dire un mot des Rochelaises, car ou trouver de plus beaux modèles ? Mes deux voisines ne m’aideront toutefois pas à te donner une juste idée du costume de leurs compatriotes : ce sont deux prêtresses de la Mode, épouses de négociants, à ce que je puis supposer, et conséquemment fort au courant des décrets de l’aimable déesse. Quelques mots, parvenus jusqu’à moi, me donnent à penser qu’ici comme à Paris la toilette est une affaire de haute importance ; qu’une garniture de robe, une couleur d’étoffe en vogue, une forme de chapeau, sont, pour ces dames, l’objet d’une discussion tellement sérieuse, que le sénat romain ne mettait pas plus d*importance à décréter l’accommodement d’un turbot. Loin de vouloir déranger mes voisines, je ne vais penser qu’a toi : c’est le moyen d’oublier promptement ces yeux expressifs, ces traits mobiles et délicats, cet accent doux et flexible, qui sentent un peu le voisinage de la Garonne.

Les îles de Ré, d’Aix et d’Oleron

L’ile de Ré, située a trois lieues de La Rochelle, est longue de quatre lieues, large de deux. Les Romains la connaissaient parfaitement ; ils y envoyaient leurs malfaiteurs, et la nommaient pour ce motif insula Reorum, d’où ce nom d’île de Ré ; on y compte deux petites villes, Saint-Martin et La Flotte, comme aussi quatre fortes défenses où brille le génie de Vauban. L’île de Ré est d’un accès difficile ; son extrémité occidentale est sur-tout accompagnée d’une chaîne de rochers qui s’avancent assez loin en mer. Cette circonstance a nécessité l’établissement, dans cette partie, d’un phare dit la tour des Baleines, au haut de laquelle un grand nombre de réverbères sont placés de manière à faire distinguer l’entrée du pertuis Breton. C’est à l’ile de Ré que le prince de Soubise s’empara de deux bâtiments de guerre confiés au duc de Nevers ; il s’en servit pour capturer trente-neuf bâtiments marchands qu’ensuite il arma pour déclarer la guerre au roi. Louis XIII envoya contre lui une escadre combinée, sous les ordres de l’amiral de Montmorenci. Les deux flottes se rencontrèrent le 15 septembre 1624 et se battirent avec acharnement depuis dix heures du matin jusqu’à la nuit. Le lendemain ramena les combattants, mais le prince de Soubise s’était esquivé ; ses partisans, se voyant abandonnés, amenèrent pavillon. C’est à cette époque que Louis XIII prit l’île de Ré et la fit défendre par deux forts. Le duc de Buckingham vint trois ans après avec deux cent dix voiles, pour secourir les Rochellois contre Louis XIII et son ministre, mais il fut contraint de se retirer.

L’ile d’Aix, beaucoup plus rapprochée du continent, n’est point à comparer aux autres sous le rapport de l’étendue ; mais elle est aujourd’hui si bien fortifiée que les Anglais essaieraient difficilement d’en jamais faire sauter les défenses, comme ils l’ont fait en 1757.

L’ile d’Oleron, située au sud des deux premières, est plus grande encore et plus peuplée que l’ile de Ré. Divisée comme elle en deux cantons, elle a de même ses forts et ses deux villes, savoir : Saint-Pierre et le château du Bourgon-Oléron. Sa fécondité est surprenante ; mais, par une espèce de compensation, son territoire est sans cesse menacé par le sable des dunes, et leurs progrès ne laisseraient même pas d’être alarmants pour l’avenir, si l’administration du département n’avait prévu ces malheurs, en affectant près de 5000 fr. pour des semis destinés à fixer les sables. Au reste, ici la nature n’a pas laissé moins a prévoir à l’extérieur que dans l’’intérieur de l’ile. Des écueils nombreux, en multipliant les dangers, ont nécessité des soins infinis pour rendre la navigation moins périlleuse dans ces parages. A l’ouest, près de la côte sauvage, on a élevé la tour de Chassiron : deux réchauds ardents brûlent là, placés l’un sur l’autre, pour que les marins puissent, de la tour de Cordouan, distinguer ce phare et signaler l’entrée du pertuis d’Antioche. Au sud, un plant de balises indique aux marins menacés par la tourmente les lieux où ils peuvent sauver ou leur navire ou leur cargaison au moins. Ici, deux canons sont placés exprès pour répondre aux signaux de détresse ; là, une digue a été pratiquée pour recevoir les pilotes et caboteurs ; partout, enfin, ou la nature a laissé un danger, les hommes ont placé des secours. Ainsi, toute compensation faite du bien et du mal, l’ile d’Oléron est encore un nouvel Eden sous le rapport de sa fertilité, de ses agréments, et des mœurs paisibles de ses habitants. J’ajouterai même, en dépit de leur modestie, qu’ils sont des plus habiles dans l’agriculture, dans la saunerie, et d’ailleurs marins si bien expérimentés, qu’Eléonore de Guienne calqua sur leurs usages ses règlements de police maritime, nommés Rolles d’Oleron, qui depuis servirent, à leur tour, de modèle aux ordonnances de notre marine. Je t’entretiendrais maintenant volontiers des autres endroits qui s’offrent à ma vue, mais le départ de mes deux voisines me fait prévoir la chute du jour. Je vais aller goûter les douceurs du sommeil, toutefois après avoir rappelé à ta mémoire les illustres enfants de la Rochelle, au nombre desquels Talmont, Nougaret, Venete, Colomiez, savant bibliographe ; le président Dupaty, dont les Lettres sur l’Italie te sont mieux connues que les sentences ; le comédien Larive, et le célèbre Réaumur, sans lequel Paris ne verrait pas aujourd’hui dans son sein tous ces magasins de porcelaines qui surpassent en beauté, comme en formes gracieuses, toutes les merveilles de la Chine.

Rochefort

De La Rochelle, je vole à Rochefort sans m’arrêter.

A suivre …

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