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1585 et 1604 : Epidémies de peste à la Rochelle

Confinement, prise de distance et propreté pour lutter contre la contagion.

vendredi 20 mars 2020, par Pierre, 79 visites.

En 1585 et 1604, des épidémies de peste décimèrent la population de La Rochelle et de ses environs. Dans ses "Ephémérides", J.-B. Jourdan décrit ces événements et plus particulièrement l’organisation de la lutte de la ville contre la contagion.
La méthode n’a guère changé au cours des siècles. En l’absence de vaccin contre le virus, seuls le confinement, la distanciation et la propreté permettent de se protéger de la contagion.

Source : Éphémérides historiques de la Rochelle - J-B Jourdan - La Rochelle - 1861 - BNF Gallica

Pourtraict de la ville de La Rochelle avec ses forteresses, comme elle est à présent (1621) - BNF Gallica

8 mai 1585.

- Il est souvent fait mention dans nos annales, sous les noms de peste ou de contagion, d’affreuses maladies contagieuses, dont la nature et les caractères ne sont pas déterminés, mais qui causaient d’épouvantables ravages et fesaient bien plus que décimer la population. Arcère ne parle pas de la terrible épidémie qui affligea la Rochelle en 1585. Sans donner aucun détail, Baudouin nous apprend que « le mal contagieux continuant de plus en plus, le corps de ville fit, à la date du 8 mai, l’ordonnance dont le texte nous a été conservé dans les statuts de la commune, sous ce titre : Règlement pour la contagion. Après avoir prescrit de nombreuses précautions de propreté urbaine, il défend aux bouchers de ne plus buffer (souffler) la viande ; il interdit « à toutes personnes malades et à tous ceux qui les traitent d’aller quérir de l’eau aux fontaines ni autrement que premièrement le couvre-feu ne soit sonné, ni par la ville, sans porter une verge blanche en la main, de deux pieds de long, pour estre remarquez et ne se mesler, en façon que ce soit, parmy les autres, à peine d’être mis hors la ville et d’amende arbitraire. »

Dès que la contagion se manifestait dans une maison, les portes en devaient être aussitôt fermées et, sur l’avis que les voisins étaient tenus d’en donner au Maire, celui-ci fesait marquer la maison d’une croix blanche.

Le domaine de Mireuil [1], qui appartenait à l’hôpital Saint-Barthelémy, était affecté au traitement des pauvres frappés par le fléau. Les deux hommes désignés pour marquer les maisons et ensevelir les morts étaient en outre chargés de conduire les indigents au lieu de la santé, comme l’appelle Merlin. On leur avait affecté pour costume distinctif « un bonnet rouge et une casaque bleue, avec une barre blanche, et une verge blanche en la main de la longueur cy-dessus. » Six autres individus devaient porter les morts aux cimetières et creuser leur fosse, si le fossoyeur ordinaire s’y refusait, &. (Baudouin. — Statuts du corps de ville.)

20 juillet 1604.

La peste avait été apportée en cette ville, au mois d’août précédent, par un individu de Niort, où elle régnait alors.

Après des alternatives de diminution et de recrudescence, le fléau, depuis une dizaine de jours, redoublant de fureur, on avait augmenté le nombre des commissaires chargés de pourvoir à toutes les mesures nécessaires, et nommé deux échevins, deux pairs et trois bourgeois. Mais comme la désertion était générale, le corps de ville décide que ceux qui resteroient plus de deux nuits aux champs, à raison de la contagion, perdroient leur estat, tant les eschevins et pairs que bourgeois.

Mireuil fut encore choisi pour le dépôt des malheureux pestiférés. On fit construire, pour les y transporter, un charriot de bois et une chaise, dont les porteurs avoient des habits bleus, chamarrés de blanc. On avait d’abord tapissé de blanc les portes des malades de la ville, on se contenta ensuite de les marquer d’une croix blanche. Il mourut jusqu’à 200 personnes par mois au seul lieu de Mireuil. On remarqua que la peste frappait principalement ceux qui se tenoient salement en leur maison,, qui se nourissoient de mauvaises viandes, et ceux qui faisoient excès avec les femmes, au vin et aux tripots, et aussi qu’on peschoit une quantité incroyable de maigres : cequi estoyt une signification de peste, disoyent les personnes âgées. Le terrible fléau ne diminua qu’au mois de novembre ou de décembre, et se prolongea jusqu’au mois d’août 1605. Il n’avait pas tardé à envahir les campagnes, et les bourgs de Laleu, Marsilly, Esnandes, Longèves, Cyré, Aytré,
Tasdon, Saint-Rogatien et Bourgneuf furent principalement maltraités. (Conain. -Merlin. —
Baudouin.)


[1Il s’appelait jadis Montmirail, mons mirabilis ; situé naguère dans la commune de Saint-Maurice, il fait aujourd’hui partie de celle de Laleu. (Titres de l’hôp. St-Barth.)

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